Laurel et Hardy revisite sans toutefois laisser un souvenir impérissable.

Laurel et Hardy: sage hommage à deux légendes

CRITIQUE / Stan Laurel et Oliver Hardy ont fait les beaux jours du cinéma muet à la fin des années 20. Pendant un quart-de-siècle, au fil d’une centaine de films, le mythique duo comique a imposé sa marque à Hollywood. C’est à ces destins hors du commun, marqués autant de hauts que de bas, de bons coups que de drames, que la comédie musicale Laurel et Hardy revisite sans toutefois laisser un souvenir impérissable.

Installée à la salle Albert-Rousseau jusqu’à samedi, la pièce a vu grand en voulant embrasser en un peu plus d’une heure et demie la prolifique carrière et la vie personnelles mouvementée des deux acteurs, incarnés avec une belle complicité par André Robitaille et Louis Champagne qui, en plus d’avoir le physique de l’emploi, démontrent une belle complicité. Avec eux sur scène, sept autres comédiens, dont Bernard Fortin, Brigitte Lafleur et Myriam Leblanc. 

Il émane un sentiment d’inachevé dans plusieurs numéros qui ne peuvent compter sur la force des textes pour faire passer le spectacle à une vitesse supérieure. Le burlesque est évidemment au rendez-vous – Feydeau n’est jamais loin avec ces portes qui s’ouvrent et se ferment - mais sous une forme pas toujours convaincante. 

La pièce, mise en scène par Carl Béchard, épouse de façon chronologique les différentes étapes de la carrière de Laurel et Hardy, s’attardant particulièrement sur le plateau de tournage de quelques-uns de leurs films. Sur celui de Vive la liberté!, sorti en 1929, les deux comédiens se retrouvent entre ciel et terre, sur une poutre d’un immeuble en construction. Un astucieux procédé permet d’assister à leurs supposées prouesses sur grand écran, alors que c’est plutôt une caméra qui les filme en plongée, couchés sur scène, faisant semblant de jouer aux équilibristes, un policier à leurs trousses. 

Les problèmes personnels des deux hommes sont abordés sans qu’on se sente nécessairement interpellé. Séducteur impénitent, marié à cinq reprises, Stan Laurel démontre dans un numéro qui s’étire inutilement son faible pour l’autre sexe, en compagnie d’une domestique frivole. De son côté, Hardy, qui a dilapidé sa fortune aux courses de chevaux, est en vedette dans segment plus ou moins drôle, où lui et ses invités imitent fébrilement, dans les estrades, le jockey se dirigeant vers le fil d’arrivée. Sur le tournage de La maison de la peur, la mort du nouveau-né de Laurel s’invite, mais l’émotion reste en rade.

Plus souvent qu’autrement, le volet didactique du spectacle dispute le haut du pavé avec le divertissement. Stéphane Archambault, en journaliste s’apprêtant à interviewer Stan Laurel en fin de carrière, sert de fil conducteur entre les numéros. Il intervient régulièrement auprès du public pour livrer des informations pertinentes, certes, sur les différentes étapes de vie des deux hommes, mais le procédé s’avère un brin agaçant. Ici et là, quelques chorégraphies inspirées des Années folles, la plupart assez réussies.

Au final, il en résulte un spectacle plutôt sage et réservé qui peine à livrer ses promesses.