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Mathieu Arsenault relance les activités au Périscope avec son «stand-up dramatique» <em>La vie littéraire</em>.
Mathieu Arsenault relance les activités au Périscope avec son «stand-up dramatique» <em>La vie littéraire</em>.

La vie littéraire: l’urgence de la poésie

Geneviève Bouchard
Geneviève Bouchard
Le Soleil
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CRITIQUE / Après des mois de silence, les mots sont revenus mercredi au Périscope. Et pas qu’un peu. L’auteur Mathieu Arsenault a relancé les activités avec son spectacle La vie littéraire dans une rencontre à la fois étourdissante et percutante.

On a l’impression d’assister à une sorte de déluge ou de tourbillon dans cette adaptation scénique du bouquin du même titre, publié en 2014 aux éditions Le Quartanier. Ça tombe sous le sens : le texte lui-même a été écrit pratiquement sans ponctuation. Mathieu Arsenault n’allait pas dire à ses lecteurs où respirer. Il ne prend pas tant le temps de le faire lui non plus en se glissant dans la peau de sa narratrice, une vingtenaire qui en a long à dire sur la poésie qu’elle aime tant et sur une sorte de paresse ambiante, voire une vacuité culturelle.

Mathieu Arsenault a décrit La vie littéraire comme un «stand-up dramatique». Sur la forme, on adhère à l'image : un homme sur fond noir, un micro, un seul spot d’éclairage, un texte qui prend toute la place. Nul besoin de distractions, ici. Parce que ça va vite, qu’on en perd parfois de petits bouts, qu’on aurait envie d’avoir une télécommande pour ralentir un peu cette cadence sportive ou pour revenir quelques secondes en arrière. Au pire (ou au mieux!), on peut toujours retourner à la version imprimée, même si celle-ci a été revisitée...

Le livre La vie littéraire a été publié il y a sept ans, soit ce qui peut sembler une demi-éternité après l’année de vide artistique (en personne, du moins) que vient de nous imposer la pandémie. 

On est frappé par le constat que le mal commençait déjà à être bien entamé avant que la COVID-19 ne s’en mêle : allusions aux journaux qui font faillite, aux librairies qui ferment, aux séries télé dévorées à la chaîne parce que (on paraphrase, ici...), c’est plus facile d’allumer Netflix que d’ouvrir un livre. 

Et même quand il est question de littérature, la plume d’Arsenault est incisive envers les auteurs qui bercent leurs lecteurs, ceux qui obtiennent un statut de vedette, ceux qui vendent toujours davantage que des plumes jugées plus nécessaires.

De ce flot de paroles truffé de références précises et qui déboule à toute vitesse se dégage un immense sentiment d’urgence. Comme s’il était minuit moins une, que le temps allait bientôt nous manquer. Que la poésie était en péril. Une invitation fiévreuse à sortir de nos pantoufles. Et ça vaut pour les lecteurs comme pour les artistes, selon Arsenault et sa narratrice.

Le spectacle La vie littéraire est signé et interprété par Mathieu Arsenault, avec la collaboration de Christian Lapointe et de Simon Dumas. Présenté au Périscope jusqu’au 27 mars.