Un an après l’attentat de la Grande Mosquée, Maxime Beauregard-Martin a entrepris de brosser un portrait de la communauté musulmane de la capitale dans un projet qui sera présenté aux Chantiers.

La communauté musulmane inspire une pièce de théâtre

Après avoir fait sa marque avec le docu-fiction «Mme G.», inspiré de la vie de la tenancière de bar clandestin Thérèse Drago, Maxime Beauregard-Martin mène une nouvelle fois l’enquête aux fins d’un projet théâtral. Un an après l’attentat de la Grande Mosquée, le jeune auteur a entrepris d’explorer l’idée du vivre ensemble et, en récoltant des histoires personnelles, de brosser un portrait de la communauté musulmane de la capitale.

Sous le titre Hakim à Québec, une première étape de travail sera présentée devant public le 1er juin pendant Les chantiers, déployés en marge du Carrefour international de théâtre (lire autre texte ci-dessous).

Le projet Hakim à Québec est né d’une collaboration avec le magazine Urbania et devait à l’origine être une enquête sur le racisme systémique. «Ça s’est transformé en cours de route», confirme Maxime Beauregard-Martin, qui collectionne actuellement les histoires personnelles à la base de sa pièce. Des rencontres avec des membres de la communauté musulmane sont d’ailleurs prévues la semaine prochaine pour faire avancer son texte.

«J’ai compris que la question du vivre ensemble, c’est le point de départ. Je pense que le projet est une sorte d’objet pour créer des ponts, pour entendre d’autres types d’histoires que celles qu’on entend beaucoup dans les médias», décrit l’auteur et comédien. Il évoque cet homme qui a «adopté» en 2016 une famille de réfugiés syriens. Ou cette femme entendue dans une conférence qui a commencé à porter le voile après le débat sur la charte des valeurs québécoises.

«C’est un propos que j’ai trouvé vraiment intéressant et ça me guide un peu dans l’écriture, note l’auteur. Je l’ai sentie comme une femme vraiment ouverte. Elle a dit : “je suis tannée d’être considérée seulement comme une musulmane. Je veux qu’on sache que je suis une mère, que je suis une amie…” Ça, c’est rare qu’on l’entend.»

Maxime Beauregard-Martin décrit Hakim à Québec comme un «projet foncièrement positif». «C’est un peu la trame qu’on choisit de raconter, même si ça va être inévitable de parler de la fusillade», ajoute celui qui n’a pas souhaité à ce jour entrer en contact avec des familles de victimes ou des survivants de l’attentat.

«On les a entendus, explique-t-il. Et on dirait que j’étais comme mal à l’aise d’aller puiser là-dedans…»

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15 Chantiers artistiques au Carrefour

À leur 11e présentation en marge du Carrefour international de théâtre, Les chantiers — Constructions artistiques offriront du 25 mai au 5 juin une nouvelle occasion d’avoir un avant-goût de projets encore en création. Au menu : trois lectures et 11 laboratoires faisant la part belle à des œuvres en construction. Les propositions sont diverses, touchant au théâtre, à la danse et aux arts visuels. Les thèmes exploités ratissent aussi large — d’une première expérience sexuelle à une soirée d’horreur —, tout comme les sources d’inspiration (du simple fait de respirer à une tragique histoire de famille) et les formes : BOG se déclinera en réalité virtuelle, avec des acteurs répartis entre Québec et Vancouver, et Projet Hamlet revisitera Shakespeare grâce à un «costume biométrique qui permet de contrôler des éléments de la scène», selon le concepteur Émile Beauchemin. Détails et programmation complète au
www.carrefourtheatre.qc.ca