Lucien Ratio, qui a écrit et qui joue «Just In», dit vivre son militantisme à travers son art.

«Just In» à Premier Acte: amnésie politique

Pour sa première offrande de la saison, alors que la campagne électorale provinciale bat son plein, Premier Acte se met en prise directe avec l’actualité avec la pièce «Just In», un «conte politico-fantastique» inspiré de quelques hommes politiques, dont Justin Trudeau, le premier ministre ontarien Doug Ford et un certain Donald Trump.

Cette troisième pièce originale de Lucien Ratio, après La fanfare et L’Gros Show, suit le destin étrange d’un politicien (Ratio) qui, au lendemain d’une importante victoire, se réveille nu, au milieu d’une chambre inconnue, sans aucun souvenir des événements de la veille. Entre deux selfies, il devra apprendre à recoller les morceaux de son existence...

Le Soleil a rencontré le jeune comédien de 35 ans, un passionné de politique qui dit vivre son militantisme à travers son art.

Y a-t-il un élément déclencheur dans la genèse de la pièce?

R  À la dernière élection fédérale, je regardais Justin Trudeau mener une campagne tellement stagée. Il saluait de son avion une foule qui n’existait pas, parlait à des assemblées publiques avec les manches de chemise relevées. Tout ça m’a interpellé. Au lendemain de son élection, il est allé remercier les électeurs à la station de métro Papineau. J’ai trouvé ça super, mais encore là, tout était filmé pour faire sa promotion. Il cherche à donner une nouvelle image à la politique, de façon cool et relaxe, mais en même temps, c’est le fils de Pierre Elliott Trudeau.

Q  La pièce cherche à éveiller les consciences, mais, à l’inverse, ne contribuera-t-elle pas à susciter davantage de cynisme à l’égard du monde politique?

R  Je vois plutôt la pièce comme un éveil ludique. Il n’y a pas de meilleur timing que de la présenter en pleine campagne électorale, avec un personnage central qui n’a pas nécessairement toutes les qualités requises pour occuper un poste d’envergure. Les gens se désintéressent de la politique parce qu’ils sont tannés de se faire bullshiter. Ce désintérêt profite à nos gouvernements, car les gens ne vont pas voter, ce qui contribue au statu quo. Le show dit : ne soyons pas dupes, ce sont des humains qu’on élit, pas des saints. C’est comme si on voulait croire à quelque chose qui n’existe pas.

Q  Comment venir à bout de ce cynisme?

R  Il faut s’intéresser à la politique, regarder ce que les partis proposent. Il faudrait aussi cesser de voter stratégique. À force de ne pas voter pour le candidat qu’on veut, ça ne donne jamais la chance aux plus petits partis. On a l’impression que notre vote pour eux ne sert à rien, mais ce n’est pas vrai. Même quand on vote pour des partis moins connus, ç’a un effet direct. Ça leur permet d’avoir plus d’argent, d’embaucher du monde.

Just-In sera présenté du 11 au 22 septembre. Texte: Lucien Ratio Mise en scène: Jocelyn Pelletier

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