Le festival d’Avignon met en avant de potentielles pépites qui peuvent créer la surprise.

Fini les têtes d’affiche, place aux noms émergents au festival d’Avignon

AVIGNON — Le festival d’Avignon 2019 sera privé de sa plus grande vedette, Kirill Serebrennikov, mais à défaut de grands noms, la prestigieuse manifestation théâtrale met en avant de potentielles pépites qui peuvent créer la surprise.

Après la levée de son assignation à résidence en avril, l’enfant terrible du théâtre russe poursuivi dans une affaire controversée de détournement de fonds reste interdit de voyage hors de Moscou. Mais sa nouvelle pièce, Outside, sur le photographe chinois censuré Ren Hang qui s’est suicidé à 29 ans en 2017, sera bien présentée à Avignon.

Si la 73e édition (4-23 juillet) mise plus sur les nouveaux, elle démarre toutefois avec une pléthore de vedettes de la scène française au spectacle d’ouverture donné traditionnellement dans la Cour d’honneur, lieu de naissance du festival en 1947.

Emmanuelle Béart, Denis Podalydès, Jacques Weber ou encore Stanislas Nordey sont à l’affiche d’Architecture, signée de l’un des dramaturges contemporains français vivants les plus joués au monde, Pascal Rambert. Il y brosse le portrait d’une famille déchirée, comme une métaphore de l’Europe.

Le Vieux Continent, traité également par Roland Auzet dans Nous l’Europe, banquet des peuples sur un texte du prix Goncourt Laurent Gaudé, hante cette édition dont le «fil rouge» est l’odyssée, après le genre l’année dernière.

Le directeur du festival depuis 2013, Olivier Py, a évoqué le retour important de dramaturges de l’Hexagone au festival et un «renouvellement esthétique», plus des deux tiers des artistes invités n’y ayant jamais participé.

«C’est un choix volontaire. On a choisi de faire un festival un peu plus avec les vedettes de demain qu’avec celles d’hier», explique-t-il.

Parmi les jeunes artistes peu connus du public, Clément Bondu avec Dévotion, sur un poète qui convoque dans sa chambre tous les exilés du monde; Julie Duclos avec Pelléas et Mélisande de Maeterlinck; Maëlle Poésy avec sa version de l’Enéide de Virgile et Tommy Milliot qui monte La brèche, un texte de Naomi Wallace sur le viol d’une adolescente.