Anne-Marie-Olivier, Claude Montminy, Marianne Marceau (du Jamais Lu Québec), Marcelle Dubois (des Jamais Lu) et Maxime Beauregard-Martiné

Festival Jamais Lu: remettre le «je» au «nous»

En donnant la parole à une quinzaine d’auteurs pour le 7e festival Jamais Lu de Québec, la directrice artistique Marianne Marceau leur propose d’explorer les fils qui relient l’individu et la communauté, d’articuler le singulier au pluriel et de mettre le «je» au «nous».

Du 7 au 9 décembre, l’écriture théâtrale sera célébrée pendant trois soirs et une matinée au LANTISS, sur le campus de l’Université Laval. Le nomadisme obligé du Périscope a permis aux organisateurs du Jamais Lu de se relocaliser dans ce «lieu-laboratoire» aux milles possibilités, où ils créeront un cocon accueillant et festif.

La ligne éditoriale de cette année est «Je suis parce que nous sommes». Après avoir exploité «Échapper à l’utile» l’an dernier, la directrice artistique souhaite poursuivre la réflexion, en affirmant notre interdépendance et en appelant à une solidarité nécessaire. «Nous sommes tous composés d’un ensemble de caractères, d’idées, de comportements qui nous viennent des autres, qui ont été façonnés à la rencontre de l’autre», souligne-t-elle.

Elle discutera du principe de l’Ubuntu, sur lequel Nelson Mandela a érigé sa philosophie, avec Sol Zanetti, pour ouvrir le festival. Le public pourra ensuite se sustenter sur place en écoutant deux lectures intégrales : Just IN de Lucian Ratio et Marathon de Maxime Beauregard-Martin.

Le premier aborde la scène politique et ses coulisses dans un monologue avec des touches fantastiques, alors que le second propose de suivre un artiste d’avant-garde qui s’apprête à battre le record du monde de lecture en continu.

Les plus jeunes auront la lecture de Des mules pour Marie-Lucille, de Joëlle Bond à se mettre sous la dent le vendredi matin. Un commis bègue et une femme minuscule aux pieds gigantesques sont au cœur de cette histoire aux accents de comédie musicale. 

La soirée du samedi, baptisée L’accélérateur de particules, rassemble cinq textes en chantier. Franconia (une comédie américaine) de Claude Montminy plongera au cœur du slogan «Make America Great Again». Sublime et noué, d’Anne-Marie Olivier, tourne autour d’un homme privé de ses jambes et de la parole par un accident qui a aussi accru sa sensibilité de manière surprenante. Le manoir Coors Light ou La fin des illusions de Jean-Michel Girouard s’annonce comme une quête impossible, humoristique et tendre. Deux jeunes auteures, Ariel Charest et Lily Pinsonneault, livreront aussi leurs premiers textes : Dalida Tremblay et La paix, surtout.

Le Jamais Lu se terminera par une soirée aux allures anarchistes orchestrée par Catherine Dorion et baptisée As-tu détruit quelque chose de laid aujourd’hui?, avec Simon-Pierre Beaudet (Fuck le monde), Bureau beige (Pensées pour jours ouvrables), Thomas Langlois, Gabriel Fournier et Annabelle Pelletier-Legros.

Tous les détails à jamaislu.com et au 418 529-2183