Ce contenu vous est offert gratuitement, il ne vous reste plus de contenu à consulter.
Créez votre compte pour consulter 3 contenus gratuits supplémentaires par jour.
Les acteurs Bertrand Alain et Gabriel Cloutier-Tremblay dans <em>Deux hommes tout nus</em> à La Bordée.
Les acteurs Bertrand Alain et Gabriel Cloutier-Tremblay dans <em>Deux hommes tout nus</em> à La Bordée.

Deux hommes tout nus: déjà l’heure du théâtre d’été

Geneviève Bouchard
Geneviève Bouchard
Le Soleil
Article réservé aux abonnés
CRITIQUE / La pièce Deux hommes tout nus aurait dû être présentée l’été dernier. Ne souhaitant pas la repousser trop loin dans le temps et disant souhaiter insuffler un peu de légèreté dans la morosité ambiante, l’équipe de La Bordée relance la machine avec cette comédie de situation vaudevillesque qui aurait peut-être effectivement mieux cadré dans le contexte vacancier de la belle saison. Ce n’est peut-être pas reparti «en grand» mardi soir sur la scène de la rue Saint-Joseph. Mais c’est reparti et ça fait certainement du bien.

Dès le mot de présentation du directeur artistique du théâtre, Michel Nadeau, on a senti la présence de spectateurs certes moins nombreux (distanciation physique oblige), mais visiblement excités d’être là, après un bon six mois d’absence. Le menu de la soirée aurait sans doute pu être davantage relevé. Bien chorégraphiée et portée par une distribution qui y saute tête première, la proposition a quand même le mérite de dérider son public. Même si ce n’est pas à gorge déployée.

Comme son titre on ne peut plus limpide l’indique, Deux hommes tout nus s’ouvre sur… deux hommes tout nus. Ils sont associés dans une firme d’avocats, ils se réveillent côte à côte dans le salon de l’un d’eux. Et ils n’ont aucune idée de ce qui les a amenés là ni de ce qu’ils ont fait pendant les dernières heures.

Quand la femme du premier les surprend dans leur plus simple appareil, la ronde de questions, d’accusations, de mensonges et de spéculation commence, avec dans le détour une poignée de clichés sur l’homosexualité. Parce qu’il s’est visiblement passé quelque chose entre les deux collègues, comme en témoigne le condom trouvé sous le sofa… Et parce que l’avocat en question est prêt à bien des manigances pour sauver son couple.

Signée par les Français Sébastien Thiery et Ladislas Chollat, la pièce se déploie ici dans une adaptation de Lauren Hartley et une mise en scène de Nicolas Létourneau. De rebondissements en revirements de situation, on y passe du rigolo à l’absurde au criard. Pas d’amant caché dans le garde-robe ou de portes qui claquent. Mais on n’est pas trop loin du compte.

Armée d’un texte un brin longuet qui semble parfois tourner en rond, l’équipe joue son va-tout et s’investit à tête baissée. Ses efforts touchent souvent la cible. La chorégraphie des moments de nudité (qui conservent quand même une certaine pudeur) en première partie est rodée au quart de tour et fait mouche à bien des égards : chapeau aux acteurs Gabriel Cloutier-Tremblay et Bertrand Alain. 

Dans un rôle d’épouse pas toujours très nuancé, Nadia Girard Eddahia sauve les meubles, même si c’est parfois de stridente manière. Et si on se demande ce que vient faire dans l’intrigue ce personnage de «date Tinder», donnons le crédit à Blanche Gionet-Lavigne : son interprétation nous a fait rigoler.

La pièce Deux hommes tout nus est présentée à La Bordée jusqu’au 27 mars.