Cinq questions à... Liliane Boucher

Un tout petit public est convié au théâtre pour l'ouverture de la saison des Gros Becs. Avec le spectacle muet Déjà, au début... les compagnies Samsara et Art Partage proposent aux spectateurs âgés de 18 mois et plus «une expérience immersive au coeur des sens», alors que tout un monde se bâtit à partir de tubes de cartons et de projections vidéo. Discussion avec la comédienne et scénariste Liliane Boucher, qui porte seule en scène cette production, qu'elle a jouée jusqu'en Chine.
Qui est le personnage de Déjà, au début...?
On s'est imaginé qu'elle était à la fois artiste, enfant et parent. Dans le fond, c'est toute une vie qui s'invente. Elle arrive sur scène dans un monde complètement abstrait et elle invente ce que pourrait être la vie, ce que pourrait être une oeuvre. Des tubes de carton sortent des tissus. Quelque chose de vraiment brut se raffine, devient plus complexe. C'est très simple, ça s'adresse vraiment à de petits spectateurs. On a eu des enfants de 8 ou 9 ans et ça marche quand même chez les plus vieux. Mais il y a quand même une douceur, une lenteur qui est proche de l'enfant de 18 mois ou de 3 ans qui vient avec papa et maman. Il y a quelque chose de vraiment relax. 
Comment s'adresse-t-on à de si jeunes spectateurs?
C'est un public assez sauvage. On ne sait pas d'où l'enfant arrive. Quand on joue devant des petits, il y a une extra écoute à avoir. Quand on sent que c'est très fébrile, il faut ralentir un peu le rythme. Ou un enfant insécure, la tête sur le côté, a besoin d'un peu de tendresse. Il y a un quatrième mur, on a décidé d'en mettre un. Mais il faut vraiment être à l'écoute. Quand on sent que les enfants sont plus vieux et qu'ils sont capables d'en prendre, let's go, on met la gomme, on bouge un peu plus vite pour ne pas les perdre. Mais quand on a créé, on était beaucoup dans les sens, dans l'invention et la découverte. Ç'a été nos moteurs. Il y a de la vidéo, on travaille le son et la matière est vraiment importante. On s'est inspiré du travail de l'architecte Shigeru Ban, qui travaille avec des tubes de carton. Il a fait autant des grandes structures comme une cathédrale que des maisons de fortune pour des réfugiés, par exemple. 
Les enfants se retrouvent très jeunes devant des écrans. Comment perçoivent-ils le spectacle vivant?
Les premières fois que j'amenais mes nièces au théâtre, j'étais bien stressée de savoir si elles avaient aimé ça, de quoi elles se souvenaient. J'essayais de quantifier, de remplir ma petite grille d'évaluation dans ma tête. J'ai réalisé qu'on ne pouvait pas mesurer l'impact qu'a un spectacle. Pour les enfants, parfois, ça arrive quelques jours plus tard. Sur le coup, ça rigole, ça se colle sur maman ou papa. Il y a beaucoup de magie dans le spectacle, des apparitions qui font des wow! Les enfants sont très stimulés. À la fin, je reçois de gros câlins. 
Les tout-petits n'ont pas le même filtre que les adultes. Réagissent-ils beaucoup pendant le spectacle?
Ça dépend des endroits. C'est certain que les enfants commentent. Il y a des fois où je me suis sentie comme AC/DC : c'était comme un show rock, les enfants réagissaient à l'unisson. Et il y a d'autre fois où c'est hyper silencieux. Notre public est tellement large. Entre 18 mois et 6 ans, il y a tout un monde. 
Vous avez été amenée à jouer en Chine...
Nous avons un contrat de trois ans avec un diffuseur. J'ai joué deux mois en Chine l'an dernier, j'y retourne un mois cette année et l'année prochaine. Il y a une grosse politique culturelle en Chine. Il y a une grande ouverture sur le monde et beaucoup sur le Québec. Il y a plein de compagnies de théâtre jeunesse qui y sont allées. C'est comme si c'est une pratique qui n'existe pas vraiment chez eux de s'adresser à la petite enfance, dans de petites jauges.
Vous voulez y aller?
Quoi: Déjà, au début...
Quand: 12 au 15 octobre
: Les Gros Becs
Billets: 20 $
Info: lesgrosbecs.qc.ca
Dans le salon de Roland Lepage
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Les mémoires inutiles. C'est ainsi que Roland Lepage a baptisé le journal qu'il a tenu pendant une grande partie de sa vie. C'est aussi le titre retenu par Jean-Philippe Joubert et la compagnie Nuages en pantalon pour son installation numérique consacrée au comédien et auteur. Une série d'entrevues ont été réalisées avec celui qui a marqué des générations d'enfants dans le costume de Monsieur Bedondaine de La Ribouldingue. Les spectateurs sont invités à choisir les aspects qui les intéressent et à virtuellement entrer dans le salon de M. Lepage le temps d'un tête-à-tête. L'installation commence son parcours à la Maison de la littérature et visitera ensuite le foyer du Trident et de La Bordée. Détails et horaire complet au nuagesenpantalon.qc.ca À la Maison de la littérature jusqu'au 7 octobre.
La Nana de Tremblay de retour à Québec
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Après une première visite en mars, la pièce Encore une fois, si vous permettez de Michel Tremblay fait de nouveau escale à la salle Albert-Rousseau. Véritable ode à la mère de l'auteur, qui était aussi sa muse, le spectacle donne lieu à un coloré dialogue entre Nana et son fils, à différents âges de sa vie. Remontée chez Duceppe 20 ans après sa création, la pièce mise en scène par Michel Poirier fait actuellement l'objet d'une tournée québécoise. Guylaine Tremblay reprend le rôle porté à l'origine par la regrettée Rita Lafontaine et Henri Chassé lui donne la réplique. À la salle Albert-Rousseau le 2 octobre
Vers la mort en Islande
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Se décrivant comme un hypocondriaque, le comédien (et photographe) Nicola-Frank Vachon signe avec Hypo un premier texte théâtral où la mort devient un moteur de mouvement et de rencontre. Apprenant qu'il va mourir, un homme s'exile en Islande. Dans un camping, il fera la rencontre d'une femme avec qui il prendra la route, à bord d'un sac de couchage, «vers l'ultime destination». La comédienne Mary-Lee Picknell partage la scène et le voyage avec l'auteur dans ce qui est décrit comme un «huis clos dans le grand dehors», mis en scène de Maryse Lapierre. À Premier Acte du 10 au 28 octobre