La comédienne Chrisitine Beaulieu

Cinq questions à Christine Beaulieu

Il y a trois ans, la comédienne Christine Beaulieu est partie en mission, à l’invitation de la compagnie Porte-parole, spécialisée dans le théâtre documentaire, et de sa directrice artistique, Annabel Soutar. Son but : explorer le rapport que le Québec entretient avec Hydro-Québec et l’hydro-électricité, alors que le chantier de La Romaine, notamment, soulevait la controverse. De son travail d’investigation est né un spectacle de quatre heures lors duquel son expérience personnelle se mêle aux d’entrevues qu’elle a menées, transposées sur scène en collaboration avec le concepteur sonore Mathieu Doyon et le comédien Mathieu Gosselin. Après un passage salué dans la Métropole, J’aime Hydro s’offre un tour du Québec qui l’amène à la Bordée, mais aussi sur les tablettes des librairies et dans les oreilles des curieux qui veulent vivre l’expérience à distance, alors que la captation audio de chaque représentation est diffusée en direct sur le site de Porte-parole (porteparole.org).

1 Quel angle avez-vous adopté pour aborder votre sujet?

Il n’y avait aucun parti-pris. Tout ce qu’on voulait, Annabel et moi, c’était de comprendre où on en est, qu’est-ce qui fait que les gens sont fâchés, pourquoi certains disent qu’il faut arrêter de faire des barrages. Il y a quand même des rapports gouvernementaux qui disent ça… Ce n’est pas juste du point de vue environnemental, c’est au point de vue économique aussi. C’est très critiqué aujourd’hui de faire de gros projets hydroélectriques. Nous sommes arrivées là très relaxes, pas agressives pantoute. Je suis allée rencontrer les gens de façon très sincère. 

2 Vous avez mené vous-même toutes les entrevues qui se retrouvent sur scène?

Absolument. J’ai rencontré une cinquantaine de personnes. Dans le spectacle, il en reste une trentaine. J’ai enregistré chaque conversation, je les ai retranscrites et j’ai monté des scènes avec l’essentiel des propos de chaque personne. Le gros du travail a été là. Après, c’était d’assembler tout ça et de monter un show où on passe à travers ces rencontres-là sans que ce soit didactique. On a voulu faire quelque chose d’accessible. C’est un show super drôle, c’est très punché. C’est touchant, aussi. C’est un mélange de personnel et de contenu. Je suis contente, on a réussi à bien doser tous ces éléments-là. 

3 Comment s’est passé le processus d’édition des entrevues?

Ce que j’ai fait, c’est que j’ai gardé les bouts que je trouvais intéressants pour faire avancer mon histoire. J’ai envoyé les scènes à mes intervenants et tout le monde a confirmé qu’ils étaient d’accord avec leur passage dans le show. C’était bien important pour moi. Je voulais éviter qu’il y ait un intervenant qui s’oppose. Parce que ce sont quand même des sujets touchy

4 Vous avez réussi à mettre Hydro-Québec dans le coup…

Dès le départ, on se demandait comment on allait réussir à parler à Hydro-Québec. En 2014, dans le temps de Thierry Vandal, les communications étaient vraiment difficiles. Après sa démission, il s’est ouvert une brèche pendant une audience publique où je suis allée. On ne connaissait personne, on a utilisé ce à quoi on a accès comme citoyen. À partir de là, il s’est créé une collaboration entre eux et moi qui existe toujours et qui est très bonne. Ils ont décidé de participer à ce projet-là, même si ça ne dit pas toujours ce qu’ils veulent entendre. 

5 Le public joue un rôle dans le spectacle. Vous l’interpellez directement. Qu’est-ce que ça apporte à l’ensemble?

J’ai toujours été un peu jalouse du rapport que les humoristes ont avec le public. Au théâtre, il y souvent un quatrième mur. J’avais vraiment envie de faire un show où je parle au monde, où les réactions du public font une différence sur la scène, au lieu de dire : “je vous raconte une histoire comme si vous n’étiez pas là”. On dirait que j’étais tannée de cette forme de théâtre-là. J’avais besoin d’un contact direct avec les gens. 

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ENCORE FUCK TOUTE

Des spectateurs plongés dans le noir, des textes pigés sur des blogues anonymes et un montage sonore élaboré visant à offrir une expérience théâtrale aussi immersive que singulière. Depuis sa création, le spectacle Fuck toute de Catherine Dorion et Mathieu Campagna n’a pas laissé grand-monde indifférent. Après avoir été présentée à guichets fermés l’an dernier, la pièce revient à Premier Acte dans une version qu’on nous dit améliorée. À vos hamacs ou vos coussins, les lumières s’éteindront bientôt au théâtre de l’avenue de Salaberry…  Du 29 novembre au 9 décembre à Premier Acte

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LES DERNIERS ZURBAINS

L’écrivaine Kim Thúy

Depuis 20 ans, le Théâtre Le clou donne la parole aux adolescents à travers le projet Les zurbains, dans lequel les mots de jeunes auteurs sont transposés sur les planches aux côtés de textes d’auteurs professionnels. Pour une dernière fois, le spectacle destiné à un public âgé de 13 ans et plus s’arrête à Québec cette semaine, avec la collaboration de l’écrivaine Kim Thúy et du dramaturge Simon Boulerice. Mais ce n’est pas la fin pour autant de l’engagement du Théâtre Le clou envers les jeunes plumes : Le scriptarium prendra le relais au printemps aux Gros Becs.  Le 30 novembre et le 1er décembre aux Gros Becs

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DU PÉRISCOPE AU CENTRE DES CONGRÈS

Contraint à reloger ses spectacles à cause de complications dans ses travaux de rénovation, le Périscope a trouvé un nouveau toit pour la pièce Closer, soit celui du Centre des congrès. Le spectacle mis en scène par Marie-Josée Bastien devait initialement être présenté du 6 février au 3 mars. Il le sera finalement du 6 au 22 février, dans un horaire un peu chamboulé. Les détenteurs de billets seront contactés par le personnel du Périscope et les détails sont en ligne au theatreperiscope.qc.ca. Rappelons aussi que le festival du Jamais lu se déroulera du 7 au 9 décembre au LANTISS de l’Université Laval. La pièce Hôtel-Dieu d’Alexandre Fecteau a quant à elle été déplacée aux Gros Becs du 16 janvier au 3 février.