La directrice artistique du Carrefour international de théâtre, Marie Gignac, a convié plusieurs habitués à la 20e présentation du festival.

Carrefour international de théâtre: un 20e entre amis

Créé en 1992, le Carrefour international de théâtre a officiellement 27 ans. Mais comme le rendez-vous a d’abord été biennal, il ouvre ce jeudi sa 20e présentation. Pour l’occasion, la directrice artistique, Marie Gignac, a mis sur pied une programmation en salles où elle a convié plusieurs amis du festival. À quelques heures du lancement des festivités, elle braque les projecteurs sur cinq retrouvailles attendues sur les scènes de la capitale.

Marie Gignac l’affirme sans équivoque : elle accueillerait un spectacle de Joël Pommerat chaque année si elle le pouvait. Le travail de l’auteur et metteur en scène français sera pour la quatrième fois mis en vitrine au Carrefour alors que sa relecture de Pinocchio s’installera à La Bordée du 5 au 8 juin. Celle-ci nous arrive trois ans après sa version de Cendrillon, une autre incursion dans l’univers des contes de fées.

«C’est dans la même lignée, mais c’est un spectacle à l’esthétique plus sombre, précise Marie Gignac. C’est un univers insolite, plus mystérieux, un peu épeurant. Mais en même temps, c’est lumineux comme un diamant noir. C’est le génie de Pommerat, aussi. C’est toute sa poésie. Visuellement, c’est une merveille. Et c’est intelligent.»

L’artiste de cirque Johann Le Guillerm n’avait pas raté son effet en 2008 avec son spectacle solo Secret. Le voilà de retour du 28 au 30 mai à La Bordée avec Le pas grand chose, proposition décrite comme une «conférence pataphysique ludique».

Avec sa pièce Tous des oiseaux, production du Théâtre national La Colline de Paris, Wajdi Mouawad — un autre habitué du Carrefour — vient compléter ce «temps fort français». Le spectacle de quatre heures présenté en autant de langues a de bonnes chances de marquer ce 20e festival lors de son unique représentation le 3 juin au Grand Théâtre.

«C’est un peu un retour aux sources dans son écriture. C’est un grande fresque épique, une tragédie politique et familiale. C’est le souffle d’Incendies et du quatuor du Sang des promesses. C’est une écriture extrêmement puissante», évoque Marie Gignac.

Histoire d’amour

«La France est le pays dont on a le plus présenté de spectacles depuis qu’on existe, observe la directrice artistique. C’est quelque chose comme une trentaine… C’est sûr qu’on a une connexion particulière. En deuxième, c’est les Belges. Il y a une communauté de langue.»

Pour Marie Gignac, il allait donc de soi d’inviter les amis belges Eve Bonfanti et Yves Hunstad, qui ont été du tout premier Carrefour, puis du cinquième et du dixième. Le couple de Bruxelles revient à Québec avec Digressions et autres détours avant de jouer, un événement cinématographique et théâtral mettant en vitrine leur processus de création dans un documentaire, puis une pièce.

«C’est une histoire d’amour réciproque. Ils adorent le Québec et le Carrefour. Il y a un attachement profond entre ces artistes et nous. C’était une façon de faire un coucou à 1992, mais avec une production toute récente», note Marie Gignac.

Plus près de nous, le 20e Carrefour sera l’occasion de renouer avec l’univers du Montréalais Mani Soleymanlou, qui nous revient avec le spectacle Neuf. «Il a décidé de donner la parole aux baby-boomers, alors qu’il a travaillé avec la génération plus des X et Y depuis le début de ce cycle de création», décrit la directrice artistique.

«Un festival, c’est là pour présenter des nouveautés, ajoute-elle. Mais j’aime bien être fidèle à des démarches et des artistes. J’aime qu’il y ait une continuité, j’aime suivre le travail des artistes qu’on apprécie.»

Le Carrefour international de théâtre se déploiera sur diverses scènes de la capitale et sur les berges de la rivière Saint-Charles (avec le spectacle déambulatoire Où tu vas quand tu dors en marchant…?) jusqu’au 8 juin. Détails au www.carrefourtheatre.qc.ca