Le metteur en scène Lucien Ratio et la comédienne et chanteuse Mélissa Bédard sont de la troupe qui reviendra en humour sur 2019 lors du sixième «Beu-Bye».
Le metteur en scène Lucien Ratio et la comédienne et chanteuse Mélissa Bédard sont de la troupe qui reviendra en humour sur 2019 lors du sixième «Beu-Bye».

«Beu-Bye 2019»: une tradition qui prend de l’ampleur

En cette période de l’année, l’auteur et metteur en scène Lucien Ratio touche du bois pour que l’actualité se tienne tranquille et que 2019 se termine sans grand scandale. Avec un nouveau «Beu-Bye» qui prend forme en vue de la première du 12 décembre, l’heure n’est plus aux grands changements pour l’équipe qui pilote depuis six ans cette revue de l’année, la seule faite à Québec par des artistes de Québec. Surtout que la machine a pris du coffre depuis ses débuts.

Lucien Ratio parle volontiers de cette nouvelle mouture du Beu-Bye comme de la plus imposante à ce jour. Pour la première fois, le spectacle du temps des Fêtes quitte le théâtre de La Bordée pour s’installer un peu plus loin sur la rue Saint-Joseph, à l’Impérial. La chanteuse Mélissa Bédard, qui s’est révélée comme comédienne dans la série M’entends-tu (lire plus bas), se joint à la troupe complétée par Ariane Bellavance-Fafard, Jean-Philippe Côté, Nicolas Drolet, Philippe Durocher, Nicolas Létourneau et Monika Pilon. Philippe Grant, Gabriel Morin-Béland et Simon Guay se chargeront de leur côté du volet musical.

En plus des plumes maison (Jean-Philippe Côté, Philippe Durocher et Lucien Ratio), cinq auteurs invités ont posé un regard rigolo sur 2019, dont l’ex-RBO Yves P. Pelletier et Pascale Renaud-Hébert (M’entends-tu, Sauver des vies, Hope Town).

«C’est vraiment le fun parce que le texte d’Yves, ça paraît qu’il est de lui, décrit Lucien Ratio. Il y a un côté absurde et comme c’est un auteur d’humour, c’est hyper punché. On a un bel éclatement dans les formes et la distribution.»

Cap sur l’Impérial

Après cinq ans à la Bordée, l’équipe du Beu-Bye a eu envie d’aller voir ailleurs. Voilà donc qu’elle s’installe au théâtre Impérial, qui sera configuré en formule cabaret. «Le show grossissait de plus en plus, note Lucien Ratio. Et on s’en allait vers une forme plus variétés qui demandait de l’espace, une installation sonore. On est rendu à 10 artistes sur scène, avec un band live. Il nous fallait une salle adéquate pour ça, qui est habituée de recevoir ces spectacles-là. Il y avait aussi l’idée d’aller rejoindre un public peut-être moins habitué d’aller à La Bordée.»

Alors, 2019 a-t-elle été inspirante pour les créateurs de la rétrospective? Pas tant, reconnaît Lucien Ratio. «Ç’a été tough, lance-t-il. Il n’y a pas eu de gros scandales. Il y a eu des élections, mais on ne peut pas faire tout le spectacle là-dessus...»

L’équipe derrière la rétrospective théâtrale, qui a acquis le titre de nouvelle tradition du temps des Fêtes dans la capitale, a peut-être eu moins l’embarras du choix. Mais entre la campagne électorale et les «blackfaces» de Justin Trudeau, la mobilisation de la jeune activiste pour le climat Greta Thunberg, l’incendie à Notre-Dame de Paris ou la place que prennent les influenceurs, les sujets dans lesquels mordre n’ont pas manqué.

«Ce show-là a toujours été basé sur le plaisir, résume Lucien Ratio. Cette année, on a tellement une distribution éclectique. C’est comme si on dit : “voici les joueurs, on ne se met pas de limites et tout le monde peut jouer n’importe quoi”. C’est rare, je trouve, qu’on se donne cette liberté-là. Dans les numéros chorégraphiés, ce n’est pas tout le monde qui a le même niveau de danse. Mais tout le monde a la même implication. Ça rend l’affaire vraiment charmante. Et ça fait Noël, ça me rappelle quand on était ti-cul et qu’on jouait à faire des spectacles. C’est ça le Beu-Bye...»

Le «Beu-Bye» est présenté à l’Impérial du 12 au 28 décembre. On pourra voir Lucien Ratio dans «Les mains d’Edwige au moment de la naissance» à La Bordée du 14 janvier au 8 février, puis dans «Roméo et Juliette» au Trident du 3 au 28 mars.

+

MÉLISSA BÉDARD: MISER SUR SON NATUREL

Les téléspectateurs ont découvert Mélissa Bédard en 2012, au concours télévisé Star Académie. Ils ont eu l’occasion de la redécouvrir en début d’année dans M’entends-tu, la série sans filtre de Florence Longpré. 

«C’est comme si M’entends-tu m’avait donné un deuxième souffle. Depuis Star Académie, j’ai toujours fait de la musique. Ç’a été lentement, mais sûrement. Mais là, le téléphone sonne comme jamais. C’est comme si le milieu avait fait : “c’est vrai, il y avait elle, aussi”», indique la chanteuse et désormais comédienne, qui ne nie pas un certain syndrome de l’imposteur. Elle s’est néanmoins sentie «très bien accueillie», tant sur le plateau de M’entends-tu que dans l’équipe du Beu-Bye. Et visiblement, elle prend son pied. 

Quand vient le temps de faire rire, Mélissa Bédard mise sur son naturel. «Sinon ça tombe dans le quétaine, observe-t-elle. Autant que d’aller à l’autre extrême et de jouer très dramatique ne me vient pas naturellement. Dans la vie, avec mes enfants, avec tout le monde, je suis une clown. Mais si on me dit d’être clown, c’est là que ça se complique!» 

Avec un nouvel album encore tout chaud, Mélissa Bédard devra de sa propre expression «tricoter» pour faire cohabiter ses deux métiers. On la verra dès janvier dans la deuxième saison de M’entends-tu à Télé Québec — la troisième saison sera tournée l’été prochain — et à l’émissions La semaine des 4 Julie de Julie Snyder à V.