Le Beu-Bye 2016 s'avère être une revue de l'année inventive, avec plusieurs sketches bien tournés, des interprètes doués et des numéros musicaux efficaces.

Beu-Bye 2016 : troisième essai convaincant

CRITIQUE / Malgré un numéro d'ouverture qui laissait présager le pire, le Beu-Bye 2016 s'avère au final être une revue de l'année inventive, avec plusieurs sketches bien tournés, des interprètes doués et des numéros musicaux efficaces. Le Théâtre du temps qui s'arrête livre un troisième essai convaincant.
Le rideau s'ouvre sur le numéro de chant d'un chasseur de Pokémon du jardin Saint-Roch, mal servi par la voix de Jean-Philippe Côté, qui capture un Philippe couilles-d'or dont les testicules géants sont représentés par deux ballons sauteurs. Une amorce qui ne donne - heureusement - pas le ton pour la suite.
On commence à apprécier l'humour du collectif lors d'un numéro de chaise musicale avec les grosses personnalités de la radio de Québec. Puis on reperd un peu confiance lors d'une émission Coup de fou(dre), où Donald Trump et Marine Le Pen se poussent à la jouissance en criant le nom d'Hillary... 
Si la première partie nous laisse un peu sur notre faim, on note tout de même plusieurs bons coups : Monika Pilon en Sophie Grégoire nous arrache un rire franc avec son interprétation «artistique» du Ô Canada, alors que le sketch Syrie-Sillery, signé par Pascale Renaud-Hébert, est franchement bien ficelé et interprété. 
Lorsqu'on transforme la guerre des taxis en Guerre des tuques (avec les costumes qui avaient été créés pour la version théâtrale du Théâtre Sous zéro), et que Joëlle Bourdon lance un «merci M. Melançon» à la fin du sketch, on comprend qu'on ne misera pas seulement sur l'humour pour revenir sur 2016. C'est un excellent hommage aux grands disparus de la planète musique qui nous mène à l'entracte. 
Il faut dire que parmi les six comédiens présents sur scène, plusieurs ont de très belles voix. Lucien Ratio est très crédible en David Bowie, Monika Pilon excelle pour incarner Prince et Joëlle Bourdon réussira à faire monter l'émotion en entonnant Hallelujah, de Leonard Cohen.
Du haut du décor, une structure d'échafauds et de surfaces de plastique bien utilisée, Mathieu Campagna joue les hommes-orchestres pour accompagner les chansons et créer des effets sonores. Au fil du spectacle, il se révèle être un joueur clé pour lier tous les morceaux ensemble et donner au spectacle des allures de cabaret rock. Chapeau à Marie Mc Nicoll pour les costumes qui s'avèrent très respectables, même dans une production qui ne bénéficie que d'une infime partie du budget du Bye Bye télévisé.
On note des interprétations mémorables : Jean-Philippe Côté en Philippe Couillard dans une relecture de Another Brick in the Wall, Monika Pilon en Céline, Nicolas Létourneau en Denis Coderre et en Régis Labeaume. Lucien Ratio mène de main de maître un numéro-publicité où les comédiens présentent Assure-tout, une assurance pour contrer les trop nombreux violeurs de 2016 sans que la plainte ne se retourne contre soi. Premier cours de Frédéric Blanchette, où quatre vieux de la vieille en prennent pour leur rhume pour leurs commentaires passéistes sur l'actualité, est un autre bon moment.
Bref, la production mériterait qu'il y ait davantage de sièges occupés au théâtre La Bordée. Le Beu-Bye 2016 est à nouveau présenté du 14 au 17 décembre.