Le légendaire théâtre Apollo de New York a désormais maintenant aussi un documentaire à sa gloire, The Apollo.

Apollo: à la gloire du théâtre légendaire

NEW YORK — Il a été un tremplin pour les carrières d’icônes comme Billie Holiday, James Brown ou Lauryn Hill et est toujours un haut lieu de la culture noire : le légendaire théâtre Apollo de New York a désormais maintenant aussi un documentaire à sa gloire, The Apollo.

Le film, projeté au festival de cinéma de Tribeca, détaille la transformation de ce lieu iconique de Harlem, de club burlesque au début de la Première Guerre mondiale en tremplin de célébrités dans les années 30 — et le rôle de sanctuaire qu’il a joué pour les artistes noirs à l’avant-garde de la lutte contre les discriminations raciales.

Le film, qui sortira cet automne sur HBO, retrace l’histoire de cette institution symbole d’innovation artistique, surtout au sein de la communauté noire.

Parmi ceux qui ont forgé ce symbole : James Brown, parrain de la soul et habitué de l’Apollo, où il enregistra l’un des albums live les plus vénérés de l’histoire de la musique. Avec en 1968 un titre emblématique d’une période charnière de la lutte pour les droits civiques : Say It Loud, I’m Black and I’m ProudDites-le bien fort, je suis Noir et j’en suis fier»).

Témoin des carrières qu’il a propulsées : un passage du film montre la jeune Ella Fitzgerald, oubliant les paroles de sa chanson avant d’improviser fameusement, dans le cadre des «soirées amateurs» de l’Apollo lancées en 1934. Elle devait être sacrée peu après «reine du jazz».

Un autre passage montre l’une des grandes figures féminines du hip-hop, Lauryn Hill, alors encore adolescente, tenir bon face aux sifflets — le public de l’Apollo est réputé coriace.

Ce théâtre est également connu pour être un emblème de Harlem, quartier du nord de Manhattan à l’épicentre de la bataille pour les droits civiques et des émeutes contre la répression des Noirs.

«C’est l’histoire de la lutte et de la culture des Noirs américains, a souligné le réalisateur Roger Ross Williams. Nous utilisons la musique pour sortir de l’oppression, a-t-il indiqué. C’est ici que tout est arrivé.»

Au cœur de la création artistique

Au-delà de la légende, le documentaire pose aussi la question de l’avenir du théâtre et de sa capacité à rester au cœur de la création artistique.

Après un passage difficile et une quasi-faillite dans les années 70 — avant son inscription au patrimoine officiel de la ville et de l’État de New York en 1983 — l’Apollo est désormais géré par une fondation appartenant à l’État de New York.

L’an dernier, la scène de l’Apollo a accueilli une adaptation d’une œuvre de l’écrivain Ta-Nehisi Coates, Between the World and Me (2015), sur ce que cela signifie d’être Noir aux États-Unis, production suivie du début à la fin par l’équipe du documentaire.

Pour Coates, interviewé dans le film, l’Apollo appartient aux Noirs, et le théâtre joue toujours un rôle majeur dans la culture américaine.

«Même les gens qui vous oppriment ne peuvent s’empêcher de venir chanter avec vous», a-t-il indiqué.