Théâtre

Les critiques de théâtre couronnent «Amadeus»

Présenté au Trident au printemps dernier, «Amadeus» continue de récolter les honneurs: la pièce a été sacrée meilleur spectacle, mardi, lors de la remise des Prix de la critique de théâtre. Le metteur en scène Alexandre Fecteau et l’acteur Jacques Leblanc ont également été récompensés.

Rappelons que M. Leblanc avait déjà reçu le prix Paul-Hébert au printemps pour son interprétation de Salieri dans l’adaptation du texte de Peter Shaffer, que Fecteau a choisi de camper dans les années 80. Hôtel-Dieu (aussi mis en scène par Alexandre Fecteau au Périscope), Incendies (Trident) et Tomates (Périscope) de L’orchestre d’hommes-orchestres étaient aussi nommés pour le prix du meilleur spectacle. Ce dernier collectif a par ailleurs raflé un prix spécial «pour son travail soutenu et exceptionnel depuis sa création en 2002». 

Chez les interprètes féminines, le travail d’Ariane Bellavance-Fafard dans Une bête sur la lune à La Bordée a été souligné. La comédienne avait elle aussi été saluée pour le même rôle aux Prix théâtre en juin. 

Le spectacle P.O.R.N. Portrait of Restless Narcissism de Christian Lapointe et Nadia Ross est sorti vainqueur dans la catégorie du meilleur texte original. Au chapitre de la scénographie, les efforts de Keven Dubois et de Marianne Lebel dans la pièce Hypo (Premier Acte) se sont démarqués.

Le prix du meilleur spectacle jeunesse a été décerné à L’hôpital des poupées d’Isabelle Hubert, dans une mise en scène de Jean-Philippe Joubert.

Malgré le G7

Présenté au Carrefour international de théâtre, Cold Blood du collectif belge Kiss and Cry a été récompensé dans la catégorie dite «hors Québec». De quoi faire regretter encore plus l’annulation de ses deux dernières représentations: en raison de craintes de manifestations en marge du sommet du G7, le Grand Théâtre avait fermé ses portes et coupé court au spectacle après une première encensée par les médias.

Les Prix de la critique de théâtre sont remis chaque année depuis 1985. Une trentaine de membres de médias de Québec et Montréal forment le jury.

Théâtre

Premier Acte à l’amende pour une cigarette

Après le Trident l’année dernière, c’est au tour de Premier Acte d’être puni à cause d’une cigarette grillée sur scène.

La semaine dernière, après une représentation de la pièce Conversations avec mon pénis, le directeur général du théâtre de la rue de Salaberry, Marc Gourdeau, a reçu la visite de deux inspectrices du ministère de la Santé, après qu’une plainte eut été déposée par un membre du public. L’infraction reprochée: une cigarette de sauge allumée par l’acteur Marc-André Thibault pendant le spectacle. 

«Elles ont épargné le comédien, qui aurait pu lui-même avoir une amende pour avoir fumé. C’est uniquement Premier Acte [qui est pénalisé]. Je n’ai pas encore reçu formellement l’avis d’infraction, mais je sais que je vais l’avoir», avance M. Gourdeau, qui s’attend à recevoir une note d’environ 500$.

Pour éviter des frais supplémentaires, la cigarette a été retirée des dernières représentations de la pièce, qui a quitté l’affiche le 7 décembre. «Et j’ai envoyé un courriel à toutes les compagnies qui vont faire des spectacles d’ici à la fin de la saison pour leur dire: “les cigarettes de théâtre, oubliez ça! ”» ajoute M. Gourdeau. 

L’année dernière, le Trident avait reçu un constat d’infraction de plus de 600$ pour avoir toléré que la comédienne Valérie Laroche fume dans la pièce Le cas Joé Ferguson d’Isabelle Hubert. À la suite des événements, on a souvent revu des cigarettes de sauge sur les scènes de la capitale, mais les compagnies s’assuraient de prévenir le public dans le programme ou dans le mot d’accueil. C’est d’ailleurs ce qu’avait fait Premier Acte pour Conversations avec mon pénis, un spectacle d’abord présenté l’an dernier sans que personne ne se plaigne. 

Modifier la loi

Marc Gourdeau ne reproche pas aux inspecteurs du ministère de la Santé de faire leur travail. «Eux n’ont pas le choix, la loi est faite comme ça, juge-t-il. Mais la loi est mal faite, selon moi. On n’a pas le droit de fumer dans un endroit public pour la santé des gens qui sont là, afin qu’ils ne soient pas exposés à de la fumée secondaire. À partir du moment où ce qu’il y a là-dedans, ce sont des herbes totalement inoffensives, pourquoi est-ce interdit?»

Évoquant l’idée que certaines personnes puissent être incommodées par la fumée, M. Gourdeau pousse le raisonnement plus loin. «À ce compte-là, on va appeler l’archevêque pour lui dire d’arrêter de brûler de l’encens, parce que c’est plus nocif que de la sauge», lance le directeur de Premier Acte, qui qualifie de «non-sens» le règlement empêchant d’allumer une cigarette, même sans tabac, sur une scène de théâtre. «L’idée ce n’est pas d’arrêter d’appliquer la loi, c’est de l’amender», croit le directeur. 

«Si on ne veut pas que les gens voient un comportement que la société essaie de réduire, je m’excuse, mais nous ne sommes pas l’outil de propagande du gouvernement pour imposer des normes sociales», ajoute M. Gourdeau, citant le fait que des œuvres théâtrales mettent en scène des actes autrement plus graves que le tabagisme. 

«On a le droit de faire semblant de tuer sur une scène, cite-t-il. On a le droit de se faire une track de sucre en poudre et de la sniffer comme si c’était de la coke… même si la coke est illégale. Mais fumer, ce n’est pas encore illégal. Si on s’inquiète pour l’image, moi, mon comédien de la pièce, il fumait dans son appartement, qui n’est pas un lieu public. C’est pour ça que pour moi, c’est complètement incohérent, cette affaire-là...»

Théâtre

Entrevue avec Maxime Robin: «On est dans la plus pure expression du conte»

Fidèle à la tradition, pour une huitième année consécutive, la troupe des Contes à passer le temps s’installe pendant les Fêtes, du 14 au 30 décembre, à la Maison Chevalier, dans le quartier Petit Champlain, pour offrir un spectacle où l’imaginaire se déploie autour de personnages et de lieux de la capitale. Six auteurs et autant de comédiens participent à l’événement, toujours très couru,qui permet également aux spectateurs de se sucrer le bec dans un comptoir à desserts. Petite conversation avec Maxime Robin qui signe la mise en scène, en plus de monter sur les planches.

C’est la huitième année que Les contes à passer le temps sont présentés. Est-ce difficile d’avoir encore du bon matériel sous la main?

Notre objectif est de raconter des histoires profondément humaines. On s’intéresse à des personnages du paysage urbain de Québec, donc autant il y en a qui naissent, autant il y a d’histoires. 

Q  À quoi peut-on s’attendre comme spectacle cette année?

R  C’est la première fois où il y a de la musique. C’est très excitant. On fait affaire avec des acteurs chanteurs. On a aussi une petite chorale. Il y a des compositions faites spécialement pour le spectacle. Je cosigne (avec Sophie Thibeault) un texte inspiré du Scrooge de Charles Dickens. C’est mélangé avec des faits historiques autour de la construction du château Frontenac, avec un petit grain de sel à la Shining, de Stephen King.

Q  Je suppose que c’est davantage de travail pour toi qui signe également la mise en scène?

R  Oui, c’est plus de travail, c’est pourquoi je m’y suis pris plus tôt cette année. Mais le jeu en vaut la chandelle. C’est tellement beau. La musique est associée à l’imaginaire du temps des Fêtes.

D’une année à l’autre, le spectacle connaît un vif succès. Comment l’expliques-tu?

R  Pendant les Fêtes, il y a comme un retour à l’essentiel, aux choses de notre enfance qui fitte très bien avec Les contes. En plus, il n’y a pas beaucoup de théâtres de proximité à Québec. On est très près du public, dans une petite voûte. C’est très chaleureux comme ambiance. On est dans la plus pure expression du conte. 

Théâtre

En rafale: 5 questions à Lucien Ratio

En 2014, le collectif du Temps qui s’arrête a proposé son premier «Beu-Bye» dans une volonté d’offrir une revue de l’année faite à Québec pour les gens de Québec. Avec une expertise qui s’aiguise, l’équipe récidivera pour une cinquième fois sur les planches de La Bordée à partir du 14 décembre. Au menu, des sketchs dans lesquels 2018 sera joyeusement passée à la moulinette en compagnie des «personnages» qui l’ont marquée. Tant les habitués (on pense à vous, M. Labeaume!) que les nouveaux venus, alors que Catherine Dorion (sa tuque et ses Doc Martens) et Martine Ouellet seront personnifiées. Discussion avec Lucien Ratio, l’un des principaux auteurs, le script-éditeur et le metteur en scène de ce qui peut revendiquer le titre de jeune tradition du temps des Fêtes dans la capitale.

1. Vous en êtes à votre cinquième Beu-Bye. Préparez-vous quelque chose de spécial pour souligner l’anniversaire?

Chaque année, on essaie de se donner des défis et de monter encore plus haut la barre. L’année dernière, on avait eu une chorégraphe qui était venue nous aider. Cette année, on a une nouvelle chorégraphe, Ariel Charest, qui a travaillé d’autres numéros dansés. Il y en a plus. Mais la grosse nouveauté, c’est qu’on a un band de trois musiciens. On est très content parce qu’on en avait envie depuis vraiment longtemps. Cette année, ç’a été possible. On a un nouveau directeur musical, Phil Grant, qui va être aux claviers et qui va être accompagné de Simon Guay à la guitare et à la basse et de Gabriel Morin-Béland à la batterie. Ça devient un spectacle avec neuf artistes sur scène. Ça en jette!

2. Qu’est-ce que les quatre Beu-Bye précédents vous ont appris sur l’exercice de la revue de l’année?

Je pense qu’on a acquis beaucoup d’expérience sur comment écrire un sketch: la méthode pour qu’il soit efficace, qu’il ne soit pas trop long, que ça punche à la bonne place. 

On a aussi vu quelles sont les formes de sketchs qui marchent le mieux avec notre public. Souvent, on faisait des parodies d’émissions. On se rendait compte qu’on perdait des gens qui ne connaissaient pas les références. On en fait encore un peu, mais on s’est vraiment tourné vers des numéros où on traite d’un sujet à travers des citoyens «ordinaires» ou des numéros qui sont éclatés, qui se passent à une autre époque ou qui se déroulent dans un style différent. Je pense que c’est là qu’on a peaufiné notre signature. 

3. Est-ce que 2018 a été une année inspirante?

Oui. On est trois à écrire les trois quarts du show. Cette année, on a quatre auteurs invités (Jonathan Gagnon, Marc Auger, Claude Montmigny et Érika Soucy) qui ont écrit quatre textes. Le reste, c’est Jean-Philippe Côté, Philippe Durocher et moi qui l’écrivons. Chaque année, on se demande si on va avoir assez de jus. Une campagne électorale, ça nous aide énormément. Mais le défi vient d’ailleurs, il vient du fait qu’on ne peut pas juste parler de la campagne électorale. Il faut trouver d’autres sujets pour ne pas faire une revue de l’année qui ne serait que politique. Cette année, on n’a pas manqué de sujets. Même que par choix ou pour une question de longueur de spectacle, on en a laissé de côté. 

4. Hors politique, qu’est-ce qui vous a inspirés?

Il y a évidemment eu le pot, il y a eu l’ouverture du IKEA, qui a fait parler et qui a fait courir les foules, le manque de main-d’œuvre… On a puisé à différentes places, mais on s’est vraiment payé des trips. On a par exemple un numéro sur les nouveaux Passe-Partout. On s’est permis de flyer un peu partout. 

5. La première du spectacle approche. Dans quelle mesure votre porte est-elle encore ouverte pour inclure de nouveaux éléments d’actualité?

C’est sûr que s’il arrive quelque chose de gros, on n’a pas le choix de l’intégrer. On entre en salle dimanche. Dans la dernière semaine, on reçoit tous les costumes, on fait les éclairages, ça va être la première fois qu’on rencontre les musiciens… C’est comme la semaine où il ne faudrait pas qu’il arrive quelque chose d’autre! Il faut que l’actualité soit tranquille ou que ce qui se passe soit mollo. On peut changer quelques lignes. Mais ça va être difficile d’écrire tout un nouveau sketch et de l’intégrer…

Le Beu-Bye 18 est présenté à La Bordée du 14 au 29 décembre.

Arts et spectacles

Décès de la comédienne Maria Pacôme à l’âge de 95 ans

PARIS - La comédienne Maria Pacôme, une des plus connues du théâtre de boulevard où elle excellait notamment dans les rôles de bourgeoises exubérantes, est morte samedi à l’âge de 95 ans, a annoncé son fils à l’AFP.

«Ma mère est décédée ce samedi à 16H00, des suites d’une longue maladie», a déclaré François Pacôme qui ne savait pas encore où et quand auraient lieu ses obsèques.

Théâtre

«Comment je suis devenu musulman»: des dieux et des hommes

CRITIQUE / À notre époque où l’islam est au centre de multiples controverses un peu partout en Occident, la pièce «Comment je suis devenu musulman» pourrait être perçue comme de la provocation gratuite teintée d’opportunisme. Ne nous y trompons pas, son auteur, Simon Boudreault, use plutôt d’un humour salvateur pour aborder judicieusement des questions complexes comme notre rapport à la foi et la soif de spiritualité dans un monde privé de repères.

À partir de réflexions nées dans la foulée de son mariage «obligé» avec sa conjointe marocaine, il y a cinq ans, Boudreault réussit le pari de faire rire, et aussi d’émouvoir. Sur la scène, son alter ego, Jean-François (Benoît Drouin-Germain), catholique non pratiquant et athée, doit affronter les mêmes questionnements afin de convoler avec Mariam (Sounia Balha), une musulmane non pratiquante, qui ne croit pas en Allah.

Il y a un os, et un gros. Ses beaux-parents (Nabila Ben Youssef et Manuel Tadros), qui rêvaient d’un gendre musulman, doivent composer avec ce beau-fils dont les parents (Marie Michaud et Michel Laperrière) sont divorcés.

Au gré d’une mise en scène dynamique, les six comédiens, tous plus convaincants les uns que les autres, vont et viennent sur la scène, endossant à tour de rôle plusieurs personnages avec une belle fluidité. Derrière ou devant des rideaux translucides, avec seulement quelques pièces de mobilier en guise de décors, ils se font tour à tour époux en devenir ou père et mère, mais aussi imam, prêtre, policier, fumeur de pot, adolescente gothique ou entrepreneur de pompes funèbres.

À la limite du burlesque

Dans sa façon d’aborder avec légèreté, à la limite du burlesque, un thème aussi polarisant que le choc entre l’islam et le catholicisme, les textes de Boudreault font mouche. Son humour est sain, jamais déplacé. Il est même égalitaire dans sa façon de passer à la moulinette les dogmes de toutes les religions.

La version déjantée de ce qu’on pourrait appeler Le frère André pour les nuls est particulièrement savoureuse. Tout comme le quiz Connais-tu ta religion? où la supposée «plusse meilleure» religion en prend pour son rhume. Même le bouddhisme perd des plumes. Et comme le dit si bien l’animateur (Drouin-Germain), «si Dieu existe, c’est son problème»...

À l’occasion, le ton se fait plus dramatique, alors que Jean-François est confronté à la mort imminente de sa mère, atteinte d’un cancer. Encore là, l’humour n’est jamais loin pour désamorcer les malaises et les lourds silences.

Leçon de vivre ensemble

Comment donner une signification à la mort sans la religion pour nous aider à croire en quelque chose? Quand la mère, mourante, demande à son fils de lui raconter une histoire, dans un moment très touchant, c’est du sens à cet ultime départ qu’elle réclame, rien d’autre.

C’est à une belle leçon de vivre ensemble que convie Simon Boudreault. Plutôt que de mettre l’accent sur nos différences, il propose la recherche de valeurs communes. Et si nos différences pouvaient devenir une richesse, et non un obstacle à un monde meilleur? 

Comment je suis devenu musulman tient l’affiche à La Bordée jusqu’au 8 décembre. Pour susciter de saines discussions sur un sujet dans l’air du temps, autour de la dinde (ou du couscous à l’agneau...), il n’y a pas mieux en ville.

Théâtre

«M.I.L.F.»: crises de mères

CRITIQUE / Avec «M.I.L.F.», qui se déploie ces jours-ci avec fracas au Périscope, l’auteure et interprète Marjolaine Beauchamp et le metteur en scène Pierre Antoine Lafon Simard braquent les projecteurs sur le sexe de la mère. La proposition est frondeuse et ne manque pas d’audace. Elle s’attaque surtout à un mythe tenace dans un spectaculaire exercice de revendication.

M.I.L.F. fait référence à l’expression anglophone «Mothers I’d like to fuck», qu’on pourrait librement traduire par «Mères baisables». Elle implique de facto que toutes les mères ne le sont pas… Et évoque d’un coup le grand tabou entourant la sexualité et la maternité. Si on a fait du chemin dans les dernières décennies, les archétypes de la vierge, de la maman et de la putain ne sont finalement pas si loin.

La prémisse du spectacle produit par le Théâtre du Trillium d’Ottawa est ancrée dans la pornographie : l’actrice Geneviève Dufour, qui n’a manifestement pas froid aux yeux (ni ailleurs, pouvons-nous ajouter), plonge dans le vif du sujet dans une entrée en matière XXX au son de la chanson thème de La Pat’Patrouille. Voilà, le ton est donné. 

S’ensuivront les monologues entrecroisés de trois mères aux réalités et aux perceptions différentes. Pas question de mettre des gants blancs : la poésie de Marjolaine Beauchamp (qui incarne aussi l’un des personnages) est crue et sans détour... Ce qui ne l’empêche pas d’être drôle par moments. Le tout se déploie dans un environnement scénique brut, où la lumière joue un personnage à part entière. Tandis qu’un musicien bricole une trame sonore en direct, les actrices se font techniciennes en organisant elles-mêmes accessoires et pièces d’éclairage… Sauf quand le metteur en scène s’en mêle alors qu’elles s’offrent de leur côté une pause cigarette forte en gueule et bien méritée. 

Ramifications

La thématique sexuelle a été choisie comme fil conducteur de M.I.L.F., mais la pièce ne se résume pas qu’à ça. Parce qu’il n’y a pas de maternité sans sexe et que la maternité a sans doute une influence sur la vie sexuelle (les mères de M.I.L.F. sont par ailleurs célibataires), une multitude de ramifications sont explorées : le corps qui change, la superficialité des applications de rencontre, la confiance qui en prend pour son rhume, l’image qu’on souhaite projeter, les défis quotidiens d’élever un enfant, la pression qui se fait sentir…

Et on en rajoute une couche en abordant la dépression post-partum ou les relations mères-filles qui peuvent souvent être compliquées dans une scène où une maman au bout du rouleau reproche à sa propre maman d’avoir sans doute été au bout du rouleau… 

Rien n’est simple, ici. Et M.I.L.F. ne prétend pas vraiment apporter de réponses. Le spectacle s’impose juste comme un beau gros porte-voix. On ne propose pas de réelle trame narrative, seulement trois discours qui s’entremêlent ou s’entrecoupent jusqu’à faire front commun dans une finale hurlante aux allures de grand défoulement. Oui, c’est libérateur et revendicateur. Mais le texte parlait déjà fort de lui-même. Ce n’est pas nécessaire de nous casser les oreilles en plus...

La pièce M.I.L.F. est présentée au Périscope jusqu’au 1er décembre. Pour un public averti de 16 ans et plus.

Théâtre

Une pièce de théâtre pour déconstruire les préjugés sur les musulmans

Simon Boudreault admet que le titre de sa pièce «Comment je suis devenu musulman» est un brin «provocateur», mais qu’il ne faut nullement y voir un désir d’alimenter la polémique, à notre époque d’accommodements raisonnables qui en amène plusieurs à perdre quasiment la raison. Sous le signe de la comédie, l’auteur cherche plutôt à se faire rassembleur et déconstruire les préjugés que chacun porte trop souvent sur la religion de l’autre.

L’homme de théâtre sait de quoi il parle. L’idée de départ de son œuvre découle directement d’un événement de sa vie privée, à savoir son mariage avec une conjointe musulmane, d’origine marocaine, décidé pour faire plaisir à la belle-famille, déconcertée de surcroît par l’annonce d’un bébé à naître.

Théâtre

Mary Poppins à l’heure du féminisme

CRITIQUE / Entre féminisme et misogynie, il existe tout un monde de nuances… Un monde qui se complexifie encore un peu plus lorsque les réalités et les perceptions féminines et masculines se rencontrent. En cette époque de #MoiAussi, l’auteure Catherine Léger aborde la question de bien ludique manière avec «Baby-sitter», où une sorte de Mary Poppins décomplexée prend ces jours-ci le contrôle du théâtre Périscope.

Comme point de départ pour son texte, Léger a choisi un fait réel, soit le phénomène FHRITP («Fuck her right in the pussy») devenu viral il y a quelques années. Pour ceux qui auraient oublié cette vague tout sauf édifiante, rappelons le topo : de petits rigolos (d’aucuns diront plutôt de gros tatas…) relevaient le «défi» d’interrompre une journaliste télé en entrevue pour enjoindre son interlocuteur — mâle, il va sans dire — à la «f*urrer direct dans la pl*tte». C’est vulgaire, mais c’est ça.

Théâtre

Carrefour international de théâtre: Wajdi Mouawad de retour en 2019

Le 20e Carrefour international de théâtre sera l’occasion d’un retour à Québec du réputé auteur et metteur en scène Wajdi Mouawad, alors que sa pièce «Tous des oiseaux» sera présentée le 3 juin à la salle Louis-Fréchette du Grand Théâtre.

Ancré dans le conflit israélo-palestinien, le spectacle raconte une histoire d’amour entre un scientifique juif allemand d’ascendance israélienne et une Américaine musulmane d’origine palestinienne, alors qu’un affrontement s’embrase entre le jeune homme et sa famille. 

Décrite comme une tragédie identitaire et familiale, la pièce surtitrée en français est portée par neuf interprètes. Elle se décline sur quatre heures et en quatre langues : hébreu, allemand, arabe et anglais. Wajdi Mouawad signe le texte et la mise en scène du spectacle créé à La Colline, théâtre national qu’il dirige à Paris depuis 2016. 

Tous des oiseaux sera présenté de notre côté de l’Atlantique en collaboration avec le Festival Trans­Amérique. Cinq représentations sont prévues dans la métropole, mais une seule aura lieu à Québec. 

Le 20e Carrefour international de théâtre se déploiera dans divers lieux de Québec entre le 22 mai et le 8 juin. La programmation complète sera dévoilée en avril. Les billets pour Tous des oiseaux seront en vente le 15 novembre à 10h à la billetterie du Grand Théâtre ou au www.carrefourtheatre.qc.ca.