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Théâtre

Anne-Marie Olivier : Briser l'isolement sur les planches

Cette semaine, Anne-Marie Olivier devait monter sur la scène du Centre du Théâtre d’Aujourd’hui, à Montréal, pour y porter sa nouvelle pièce, Maurice. Crise de la COVID-19 oblige, l’autrice et comédienne a dû pour le moment renoncer au spectacle, dans lequel elle interprète un homme aphasique bien décidé à briser son isolement. Le texte est néanmoins arrivé en librairie le 24 mars, en pleine période de confinement.

Directrice artistique du Trident, dramaturge

Théâtre

Le Carrefour international de théâtre annulé

Le Carrefour international de théâtre succombe pour cette année à la pandémie de la COVID-19. Toutes les activités en salles sont annulées. Il n’est toutefois pas exclu que le populaire spectacle déambulatoire Où tu vas quand tu dors en marchant…? soit reporté.

La décision a été crève-cœur. Mais elle s’imposait. Pour l’organisation, qui reçoit chaque année des spectacles venus d’ailleurs, la fermeture des frontières a été l’élément fatidique. Le festival n’avait pas encore dévoilé sa programmation complète. Et son équipe jouait de prudence en ces temps incertains. Les pertes financières seront donc amoindries pour l’organisation. «Je trouve que malgré tout, la prudence aura été bonne conseillère dans les circonstances. J’ai confiance qu’on va arriver à sortir de là dans la posture de continuer», assure la directrice générale du Carrefour, Dominique Violette. 

Mais il y aura quand même des pertes à éponger. «C’est sûr qu’il va y avoir [des impacts financiers], ajoute-t-elle. Il va y en avoir pour tout le monde qu’on avait invité. Les répercussions vont être importantes pour les compagnies. Nous, il y a des limites par rapport à ce dont on est responsable. C’est un cas de force majeure. Là, on a encore du travail à faire pour déterminer les impacts. Quelles sortes d’arrangements on peut prendre? Il y a des possibilités qu’on puisse reprendre certains spectacles l’année prochaine.»

Activité phare du Carrefour, le populaire spectacle déambulatoire Où tu vas quand tu dors en marchant…? pourrait toutefois être repris plus tard cet été, si jamais l’épidémie de COVID-19 se résorbe. La dernière mouture a été créée l’an dernier aux abords de la rivière Saint-Charles et devait retrouver ses rives en mai.  

«Ma motivation et ce qui garde le moral des troupes, c’est si on peut réussir à reprendre Où tu vas… avant la fin de l’été, confie Mme Violette. Il faut vérifier la faisabilité de ça. Il y a beaucoup d’éléments à prendre en compte. On va y travailler et je pense que ça se peut. On va y travailler.»

Le spectacle gratuit, qui mobilise une grande partie de la communauté théâtrale de la capitale, a fait courir les foules depuis sa création. Dominique Violette ne cache pas son souhait de pouvoir le voir comme un symbole de notre collective sortie de confinement. «C’est un spectacle qui a un lien très grand avec la ville, avec les spectateurs, avec les artisans du milieu et les artistes de Québec, observe-t-elle. Je le verrais comme un moment où on dirait : “enfin, on peut se rassembler. Et on se rassemble autour de l’art et de la population”.»

Théâtre

Le Trident annule officiellement sa fin de saison

Avec les directives de la Santé publique, la situation devenait inévitable : le Trident annule officiellement sa fin de saison. La pièce Eldorado, dans une adaptation et une mise en scène de Marie-Josée Bastien, qui devait être présentée dès le 21 avril, n’aura pas lieu.

«Nous vous assurons que toutes les mesures sont prises, en ce moment même, tant par l’équipe du Trident que par les artistes concernés, afin d’envisager le report des spectacles Eldorado et Roméo et Juliette, dont les représentations ont dû être abruptement annulées après une seule semaine à l’affiche. Toutes les informations relatives à ces reports seront communiquées en temps et lieu», a fait savoir la direction du théâtre.

Théâtre

Notre suggestion: Rouge en radio-théâtre

Presque tous les lieux culturels sont fermés en raison de la COVID-19. L’art demeure accessible et peut jouer un rôle réconfortant. L’équipe des arts du Soleil va s’efforcer de vous le démontrer, à commencer par une suggestion quotidienne pour vous aider à garder le moral.

Tandis que les théâtres sont en congé forcé, l’équipe de La Bordée et de la station CKIA tendent la main aux amateurs de théâtre confinés. Les dernières représentations de Rouge de John Logan, ont dû être annulées. 

En faisant contre mauvaise fortune bon cœur, les comédiens Michel Nadeau et Steven Lee Potvin, ainsi que le metteur en scène Olivier Normand (qui nous livre en audio les didascalies), ont investi le studio de CKIA (en respectant une distance d’au moins un mètre entre eux et en assurant au préalable une désinfection des lieux, nous promet-on…) ont enregistré un radio-théâtre. 

La pièce est diffusée sur les ondes de CKIA (88,3) ce mercredi à 20h. On peut aussi rattraper la captation sur le site de La Bordée (bordee.qc.ca). 

On peut aussi y accéder directement ici :

Théâtre

Annulations dans les théâtres: le public se montre généreux

Contraints d’annuler des pièces à cause de la pandémie de COVID-19, les directeurs de théâtres se voient confrontés à tout un casse-tête et à beaucoup d’incertitude. Mais tout n’est pas sombre, observe Michel Nadeau de La Bordée, qui se dit touché par la générosité et l’appui des spectateurs dans la foulée du mouvement #billetsolidaire.

Au théâtre de la rue Saint-Joseph, les dernières représentations de la pièce Rouge, à laquelle prenait d’ailleurs part M. Nadeau, et toutes celles de la production invitée L’Iliade ont dû être annulées. Les spectateurs ont été contactés et selon les observations du directeur artistique, ils sont nombreux à renoncer à se faire rembourser.

Arts

COVID-19 : Casse-tête dans les salles de spectacles

Au lendemain de l’annonce gouvernementale annulant les rassemblements de plus de 250 personnes, les gestionnaires des salles de spectacles de Québec s’arrachaient les cheveux afin de résoudre le casse-tête découlant de cette décision. Remaniement du calendrier, discussions avec les artistes, producteurs et agents, négociations de contrats, calcul des impacts financiers... Les tâches sont aussi nombreuses que complexes.

Au Grand Théâtre, qui a annoncé l’annulation de tous ses spectacles jusqu’au 12 avril, «on n’a jamais eu à gérer ce genre de situation», indique Sophie Vaillancourt-Léonard, coordonnatrice des communications au Trident. L’annulation de la pièce Roméo et Juliette, après une semaine de représentations, a provoqué une onde de choc. Dix-sept comédiens, sans compter l’équipe technique, se retrouvent du jour au lendemain en congé forcé.

Théâtre

Rocker L’Iliade

En revisitant L’Iliade d’Homère, Marc Beaupré avait une envie de rap. C’est finalement dans une esthétique presque rock qu’il a amené les spectateurs dans cette pièce hybride où le dilemme du mythique Achille, en plein affrontement entre Grecs et Troyens, reprendra sur la scène de La Bordée.

Ce sera certainement la guerre au théâtre de la rue Saint-Joseph. Mais sans épées, sans lances, sans effusions de sang. Dans L’Iliade revue par Marc Beaupré, les mots servent d’armes. Déclamés à l’unisson, chantés, slamés ou catapultés «à la Rage Against the Machine». Nous voilà dans une Grèce antique modernisée, mais aussi sans âge, où la musique devient un personnage au même titre qu’Achille, Hector, Agamemnon ou Andromaque. Comédie musicale? Presque. Mais on nage ici en plein drame. 

«Je me suis demandé à un moment si on était dans une comédie musicale ou du moins, dans une épopée musicale», confie Marc Beaupré, qui signe l’adaptation du texte et la mise en scène. «Mais tu ne veux pas que les gens s’attendent à voir des “numéros”, ajoute-t-il. Nous, on n’est pas là-dedans. Il y a des morts à la pelle. Mais mon grand trip, c’était de dire : on n’en verra pas de sang. On n’en verra pas d’armes. Mais on va voir la fureur guerrière, avec 10 interprètes sur la scène qui font tout à l’unisson et en harmonie pour expliquer le chaos. Ils offrent une réponse au chaos. C’est ça que je trouve super beau.»

Cette nouvelle lecture de L’Iliade nous amène dans une histoire connue, mais pas tant. Nous voilà dans une guerre qui s’éternise. Après l’enlèvement d’Hélène, avant le fameux cheval de Troie. Au moment où le guerrier Achille devra choisir entre une vie anonyme ou une mort glorieuse. Entre le spectacle de Marc Beaupré et le texte original d’Homère, il y a eu un immense travail d’adaptation par Alessandro Baricco dans le roman Homère, Iliade. Le Québécois l’a ensuite remis à sa main. 

Arts

COVID-19 : annulé ou maintenu?

Avec les directives gouvernementales demandant l’annulation des rassemblements de plus de 250 personnes dans la foulée de l’épidémie de COVID-19, voici un survol des activités suspendues ou maintenues sur les scènes de la capitale.

Centre Vidéotron

Théâtre

Roméo et Juliette : Relecture musclée, mais prudente

CRITIQUE / Plus de 400 ans après sa création, avec d’innombrables versions proposées au théâtre, au cinéma, au ballet ou à l’opéra, qu’est-ce que la pièce Roméo et Juliette peut encore nous dire de neuf? En misant sur la (presque) parité hommes-femmes, l’autrice Rébecca Déraspe et le metteur en scène Jean-Philippe Joubert donnent au Trident un coup de plumeau au classique de Shakespeare. Est-ce suffisant pour renouveler l’expérience d’un récit archiconnu? Pas nécessairement.

Leur mythique histoire d’amour fait partie de la légende. Elle Capulet, lui Montaigu. Issus de deux clans ennemis, ils vivront une passion adolescente fulgurante et tragique. Dans un monde où tous invitent la haine, ils se sont aimés. D’une interprétation à l’autre, nous les connaissons. Dans la nouvelle version du Trident, Gabriel Cloutier-Tremblay et Laurence Champagne incarnent fougue et immaturité. Le courant passe entre les deux acteurs, appelés à tout donner — ou tout enlever — pour prêter vie et mort à cette passion éphémère.

Théâtre

Rouge: art martial

CRITIQUE / C’est à une fascinante et intriguante joute verbale auquelle La Bordée convie son public avec la pièce «Rouge». Une relation maître-élève où le vétéran Michel Nadeau et la recrue Steven Lee Potvin s’affrontent dans un débat existentiel sur la peinture comme ultime moyen d’expression et de survie.

D’après un texte de John Logan, auteur des scénarios du James Bond Skyfall et de L’aviateur de Scorsese, la pièce met en lumière, dans le New York de fin des années 50, un épisode de la vie du réputé artiste d’origine juive Mark Rothko (1936-1970), alors que sa route croise celle d’un jeune peintre débarqué pour donner un coup de main à son atelier.

Théâtre

À l'affiche: la vérité dans de petits riens

CRITIQUE / Avec son adaptation de la pièce The Flick d’Annie Baker, Angélique Patterson convie le public d’ici dans une expérience théâtrale plutôt singulière, où une apparente banalité cache, sur la forme comme sur le fond, une indéniable quête de vérité.

Pour tout dire, il ne se passe pas grand-chose dans À l’affiche, présentée depuis mardi à Premier Acte. Pendant près de trois heures, précisons-le. Le spectacle contient-il des longueurs? Assurément. Est-ce qu’on s’y ennuie pour autant? Pas nécessairement. Du moment qu’on accepte le rythme qui nous est proposé.

Théâtre

La grande étude: à l’orchestre des clowns

CRITIQUE / Pendant que les tout-petits font relâche, les clowns sont en session d’examen ces jours-ci aux Gros Becs dans La grande étude, rigolo théâtre musical qui, comme on a pu le constater mardi, a passé l’épreuve du temps.

D’abord proposé par le Théâtre à Tempo en animation de rue, le spectacle La grande étude a fait du chemin depuis sa création en 2008, dans le contexte des Fêtes du 400e anniversaire de la ville de Québec. À ce jour, quelque 50 000 curieux ont pu assister aux prouesses musicales et de bruitage de ces cinq joyeux lurons.

Théâtre

West Side Story: cure de jeunesse pour un retour à Broadway

NEW YORK — Comédie musicale mythique, adaptée à l’écran avec succès, West Side Story est de retour à Broadway montée par le metteur en scène Ivo van Hove, qui lui a fait subir une cure de jouvence inédite.

Le Belge de 61 ans est le premier à avoir obtenu de pouvoir utiliser une autre chorégraphie que celle originelle de Jerome Robbins pour cette production, dont la première a eu lieu jeudi au Broadway Theatre.

À l’origine de l’idée de cette comédie musicale, déclinaison moderne de Roméo et Juliette, metteur en scène de la première version à Broadway, puis coréalisateur du film, Jerome Robbins est tellement associé à l’œuvre que personne n’avait pu jusqu’ici s’écarter de sa ligne.

Appuyé par la chorégraphe Anne Teresa De Keersmaeker, celui qui navigue entre théâtre et opéra a pu complètement remanier West Side Story, pour en faire une comédie musicale du XXIe siècle.

La chorégraphie, tout d’abord, rompt avec la fluidité de Jerome Robbins et se fait plus nerveuse, plus saccadée, avec une touche d’arts martiaux et de hip-hop pour secouer le tout.

Ivo van Hove a aussi fait table rase du décor imaginé par les concepteurs de ce conte moderne, censé se passer dans le quartier de Hell’s Kitchen, au centre-ouest de Manhattan, même si aucun lieu n’est mentionné dans le livret.

Disparus, les éléments qui rappelaient une rue de New York, avec ses petits immeubles caractéristiques, comme dans la production originelle en 1957.

Les acteurs évoluent sur une scène gigantesque et totalement vide, un défi. «C’est une boîte noire, complètement nue», a expliqué le producteur Scott Rudin, dans l’émission de la chaîne américaine CBS, 60 Minutes. «Ce n’est pas le West Side Story de 1957.»

Tout au fond de la scène, deux ouvertures dans un mur avec, enfoncés derrière, une épicerie et un atelier reconstitués avec minutie.

Impossible pour le spectateur de voir distinctement ce qu’il s’y passe sans l’aide de caméras, dont l’image est retransmise sur le mur du fond, qui fait office d’écran géant.

Car la vidéo, comme dans beaucoup de spectacles d’Ivo van Hove, est un élément majeur de la mise en scène, au point, parfois, d’engloutir les acteurs.

«On est en train de calibrer la chose, a expliqué Scott Rudin. Il y a des moments où c’est encore un peu trop envahissant [...] et d’autres où c’est terriblement excitant.»

Ivo van Hove a aussi choisi d’autres partis pris de mise en scène, écartant la chanson I Feel Pretty, ou utilisant Gee, Officer Krupke! pour dénoncer la violence policière, thématique très actuelle.

Auteur des paroles des chansons, Stephen Sondheim a expliqué, dans l’émission 60 Minutes, adhérer à cette radicalité nouvelle dans le propos, avec notamment une tentative de viol sur le personnage d’Anita, une nouveauté. «Il s’est passé tellement de choses depuis 1957 [...] et cela se traduit au théâtre aussi.»

Diversité

Dernier vecteur de changement, et pas le moindre, la distribution.

La première production de West Side Story, tout comme le film, était excessivement dominée par des acteurs blancs.

Dans le long métrage aux 10 Oscars, Nathalie Wood, fille d’immigrés russes, interprétait ainsi l’héroïne Maria, et George Chakiris, fils d’immigrés grecs, son frère Bernardo, deux personnages portoricains.

La plupart des rôles principaux sont tenus, cette fois, par des acteurs d’origine hispanique, métis ou noirs, et Shereen Pimentel, qui interprète Maria, a des racines portoricaines.

Reste la musique de Leonard Bernstein, qui ramène la pièce à son univers d’origine.

«Ivo a un style particulier, qu’il a utilisé par le passé et qu’il applique à cette pièce», explique Stephen Sondheim au sujet de la comédie musicale dont l’accueil critique est mitigé. «C’est une nouvelle interprétation et, si Dieu le veut, dans quelques années, il y en aura une autre.»

Le cinéma aussi s’apprête à toiletter West Side Story, avec Steven Spielberg à la manœuvre et une sortie prévue en salles en décembre.

Théâtre

Rouge: un duo explosif

Un explosif duo composé d’un maître peintre et de son élève foulera bientôt la scène de La Bordée pour la pièce Rouge. Ce rapport maître-élève, les comédiens le connaissent déjà bien : Michel Nadeau était le professeur de Steven Lee Potvin il n’y a pas si longtemps, même son directeur à un certain moment.

«Le rapport maître-élève est là, on n’a pas besoin d’y toucher. Voyons voir si Michel applique réellement ce qu’il prodigue à l’école?» blague Steven Lee Potvin, qui a terminé sa formation au Conservatoire de Québec en 2016.

Le personnage que joue Michel est un peintre au comportement irascible et anxieux, il se montre dur avec son apprenti. Partager la scène avec son professeur peut s’avérer intimidant, mais étant donné que le personnage de Rothko et son comédien sont complètement différents, Steven Lee Potvin ne s’en fait pas trop.

«Michel est vraiment trop gentil, c’est ça qui est plaisant. Mark Rothko a un caractère insupportable, mais Michel est extrêmement doux. Le fait qu’on a une équipe réduite aide aussi beaucoup.»

Les deux comédiens de la pièce répètent seulement avec le metteur en scène Olivier Normand et une ou deux autres personnes. Ils racontent les deux années qui précèdent la livraison d’une murale réalisée par l’artiste Rothko pour un restaurant de luxe, la plus grosse commande pour un artiste contemporain à l’époque, cinq scènes, cinq moments marquants entre les deux personnages (une histoire partiellement vraie). 

«On part du réel pour donner un prétexte à une discussion sur l’art, la réception de l’art et la pertinence de l’art», ajoute Steven Lee Potvin.

À travers un seul lieu, l’atelier du peintre, les deux personnages s’échangeront la parole pendant une heure et demie, un dialogue riche en questionnements, où la pensée évolue avec la pièce.

«Ce que John Logan [texte] fait de bien est qu’il insuffle beaucoup d’émotion dans la pièce, autant dans la confrontation que dans les souvenirs que les personnages racontent», indique Michel Nadeau.

La pièce ne parle pas juste de l’art, elle observe aussi la passation du savoir et du talent. Nadeau et Potvin explorent ensemble ce rapport entre un artiste bien installé, et celui qui veut tracer son chemin vers le succès.

Plusieurs chapeaux

Michel est aussi le directeur artistique du théâtre La Bordée. En plus de ses heures comme professeur au Conservatoire de Québec, il a également signé plusieurs mises en scène et textes de théâtre. Ça fait plusieurs chapeaux à la fois, voilà d’ailleurs 11 ans que Michel n’avait pas joué dans une pièce professionnelle.

«C’est presque des vacances quand tu fais juste jouer... c’est quand même beaucoup de travail, mais j’ai juste ça à m’occuper.»

Est-ce qu’il a le réflexe de donner des conseils à son ancien élève? «Je ne m’occupe pas de ça! Je fais attention... Je laisse ça à Olivier Normand, quand tu es metteur en scène, c’est ta vision du spectacle. Chacun sa place, insiste-t-il. Ce n’est pas mon premier barbecue... quand on a beaucoup de chapeaux, le cerveau travaille en compartiment, quand on est là, on est entièrement là, il ne faut pas être ailleurs. C’est une gymnastique qui se pratique.»

Et l’homme à la longue feuille de route connaît déjà bien une partie de son public... ses étudiants seront dans les premiers rangs pour voir leur prof jouer. «C’est bien de se mettre un peu en danger... sinon on ronronne. C’est une pièce que j’ai beaucoup aimée quand je l’ai découverte. Le rapport maître-élève me touchait, même si je n’ai pas un rapport aussi dur que ça.»

La balle en jeu

Si la pièce peut paraître didactique, avec seulement des discussions profondes, les comédiens assurent que le travail est «sportif». Michel et Steven Lee doivent tenir la pièce à eux deux pendant une heure trente, ce qui représente un défi, et ils comptent bien garder les spectateurs réveillés.

«C’est comme un match de tennis ou de ping-pong, on attaque une scène, on la finit et on se prépare pour la prochaine. Une fois que la balle est en jeu, elle ne sort jamais», note l’interprète de Ken.

«Une fois que ça commence, que la montagne russe démarre, c’est impossible d’arrêter quoi que ce soit. Il y a beaucoup de manipulations et beaucoup de textes. Le débat d’idées doit être très incarné, des idées supportées par des émotions, il ne fallait pas que ça devienne juste un débat de deux gars qui jasent de peinture», termine le professeur.

La pièce Rouge est présentée au théâtre La Bordée du 25 février au 21 mars. Pour des billets : bordee.qc.ca/piece/rouge

Théâtre

À l'affiche : Dans l'ombre du gars des vues

Avec son adaptation de la pièce The Flick de l’Américaine Annie Baker, Angélique Patterson amène le cinéma sur les planches de Premier Acte. Loin des vedettes hollywoodiennes qu’on s’attend à voir briller sur le grand écran, le spectacle braque les projecteurs sur les employés sous-payés d’une petite salle qui, entre deux coups de balai et un bouquet de références à des films-cultes, vivent quelque chose qui ressemble à une (petite ou grande...) crise existentielle.

Ils s’appellent Avery, Sam et Rose. Ils sont ceux qu’on croise sans trop les remarquer quand on va au cinéma. Ils déchirent notre billet, actionnent le projecteur et passent derrière nous pour ramasser les restes de popcorn. Ils se parlent, parfois en apparence pour ne rien dire. Mais à l’intérieur, ils bouillonnent. L’auteure Annie Baker les a choisis pour sujets dans sa pièce The Flick, récompensée d’un prix Pulitzer en 2014. La Québécoise Angélique Patterson a été complètement fascinée par le résultat, qu’elle a adapté sous le titre À l’affiche.

Théâtre

La pièce Les voisins s’installe à la salle Albert-Rousseau

Quarante ans après sa création, la pièce-culte Les voisins de Claude Meunier et Louis Saia n’a rien perdu de son pouvoir d’attraction.

Dans une mise en scène d’André Robitaille et avec une distribution rassemblant Guy Jodoin, Marie-Chantal Perron, Jean-Michel Anctil, Brigitte Lafleur, Rémi-Pierre Paquin, Marilyse Bourke, Pier-Luc Funk et Catherine Brunet, le spectacle a pris d’assaut vendredi les planches de la salle Albert-Rousseau pour quatre représentations à guichets fermés. 

La troupe sera de retour sur la même scène du 10 au 25 juillet. 

Théâtre

«Le devisement du monde»: de l’émotion à l’anecdote

CRITIQUE / L’homme de théâtre Kevin McCoy boucle une importante boucle dans sa carrière ces jours-ci au Diamant en complétant son «Triptyque migratoire». Avec la pièce «Le devisement du monde», il ramène les spectateurs dans ses valises. Un voyage qu’il fait bon de suivre dans sa touchante première moitié, mais qui s’essouffle dans un deuxième acte plus anecdotique.

Avec Le devisement du monde, Kevin McCoy vient clore une trilogie théâtrale entamée en 2006 avec Ailleurs et poursuivie en 2015 avec Norge. Le premier spectacle était ancré dans le thème de l’immigration à Québec, notamment la sienne, lui qui a déménagé ses pénates dans la capitale en 1996. Le deuxième s’intéressait notamment à sa relation avec sa mère dans une poursuite de ses racines en Norvège. Avec le troisième volet, le paternel est à l’honneur, à l’heure des adieux, dans une mise en exergue d’un amour des voyages en général et des périples de Marco Polo en particulier.

Théâtre

Kevin McCoy: entre deux valises et trois spectacles

Arrivé de Chicago en 1996, Kevin McCoy était loin de se douter en posant ses deux valises à Québec qu’il ne tarderait pas à prendre sa place, en français, sur la scène théâtrale d’ici. Dans ses cours de francisation, il a placé la première pierre à ce qui allait devenir son «Triptyque migratoire», trois pièces ancrées dans son propre parcours et visitant du même coup son histoire familiale.

Après Ailleurs en 2006, puis Norge en 2015, l’auteur, metteur en scène et comédien s’apprête à terminer une trilogie au Diamant avec Le devisement du monde, où l’exploration des relations père-fils est mise en relief par une fascination pour les voyages de Marco Polo. En plus de cette nouvelle création, il marquera la fin de ce cycle en revisitant dans les prochains jours les deux premiers chapitres de cette aventure théâtrale. Le tout culminera le 22 février par un marathon scénique — entre 15h et 22h — où les trois spectacles seront présentés coup sur coup.

Théâtre

«Le projet HLA»: plein la gueule

CRITIQUE / Dépeindre une tragédie familiale à la manière d’une partition de musique techno… Voilà ce qui nous est proposé ces jours-ci au studio Marc-Doré du Périscope avec «Le projet HLA», une pièce du Français Nicolas Fretel présentée par la compagnie La Trâlée dans une mise en scène de Guillaume Pepin. Audacieux? Sans doute. Facile? Pas tant. Efficace? Certainement…

Précisons-le d’emblée, Le projet HLA n’est pas un spectacle très long (un peu plus d’une heure dix), mais il n’est pas léger à encaisser.

Théâtre

Edouard Louis: «C'est important de représenter la violence»

PARIS — Pour défaire la violence, il est important de la montrer, estime l'écrivain Edouard Louis qui adapte au théâtre le récit d'un viol subi des années plus tôt, une histoire qui lui a échappé et qu'il laisse désormais à d'autres.

«Ce n'est pas facile de porter une souffrance qu'on n'a pas choisie. Le théâtre peut être ce lieu où quelqu'un vient porter les combats à votre place», explique à l'AFP le phénomène littéraire français de 27 ans, traduit en 30 langues.

Ce n'est pas la première adaptation d'Histoire de la violence, comme ses deux autres romans, les succès En finir avec Eddy Bellegueule et Qui a tué mon père, ce texte a déjà été joué sur les planches et dans le monde entier.

Mais c'est la première fois qu'Edouard Louis participe pleinement au projet.

La raison? Thomas Ostermeier, directeur de la Schaubühne de Berlin, considérée comme une des scènes les plus créatives d'Europe, dont il admire le travail.

«Il a toujours articulé son théâtre à une dénonciation des mécanismes», explique l'écrivain qui, en trois romans et des prises de position affirmées, s'est imposé comme une figure de la gauche radicale, opposée à la répression et dénonçant sans relâche la violence sociale.

Dépossédé 

Récit d'un viol suivi d'une tentative de meurtre par un amant d'une nuit, Histoire de la violence traite de violences sexuelles, de racisme, d'homophobie, mais aussi de la parole. Celle des victimes, de l'entourage, de la police, de l'agresseur...

Dans le roman, Edouard Louis choisissait de faire raconter son agression par sa soeur qui rapportait à son mari ce qu'il lui avait confié.

La pièce d'Ostermeier s'ouvre avec son personnage, tel un figurant, voyant les autres parler de ce qui lui est arrivé. Comme s'il en était dépossédé.

«Au moment où on raconte une histoire, surtout quand il s'agit de violences sexuelles, elle est modifiée par le monde. On est la personne qui a le moins de place dans sa propre histoire», dit-il, entre ceux qui refusent d'y croire et ceux qui commentent les faits. «Moi, à votre place...», lance une policière dans la pièce.

Pendant des semaines à Berlin, l'écrivain a retravaillé son texte, ajoutant des dialogues et gardant un oeil sur la mise en scène. «J'ai dit aux quatre acteurs: "il n'y a rien que je désire plus que vous vous saisissiez de mon histoire"».

Il s'est toutefois tenu à l'écart de la scène la plus difficile, celle de l'agression, voulue «hyper-réaliste» par Ostermeier. Au point de faire fuir certains spectateurs aux États-Unis, où la pièce a été jouée à l'automne.

«Multiplier les angles»

«Le théâtre est un lieu qui doit bousculer. Si c'est juste un divertissement bourgeois, ça ne m'intéresse pas», lance l'écrivain, rapportant les réactions suscitées par la pièce à l'étranger, avec des spectateurs évoquant leurs propres agressions sexuelles ou le fait d'être un «transfuge de classe», sujets au coeur de l'oeuvre d'Edouard Louis, né dans une famille pauvre du nord de la France.

«Quand on dit "je", on incite tout un ensemble d'autres personnes» à faire de même, souligne cette figure de l'autofiction, qui revendique l'héritage d'Annie Ernaux et de son ami Didier Eribon, Retour à Reims.

Et souhaite que plus de gens exclus puissent à leur tour prendre la parole.

Alors qu'il écrit son quatrième roman (il n'en dira pas plus), Edouard Louis s'est montré récemment très présent dans les manifestations contre la réforme des retraites, après celles des gilets jaunes l'an dernier.

«Bien lutter, c'est faire toutes ces choses à la fois, c'est multiplier tous les angles d'attaque», dit celui qui se prépare aussi à monter sur scène - une première - dans une adaptation de Qui a tué mon père par Thomas Ostermeier. «Pour moi, un grand mouvement social, c'est comme une grande oeuvre d'art, c'est quelqu'un qui vient montrer des réalités qu'on ne voyait pas et qui, d'un coup, sont visibles».

Histoire de la violence se joue jusqu'au 15 février au Théâtre des abbesses.

Théâtre

«Le projet HLA» : Une tragédie en mode électro [VIDÉO]

Grand mélomane, Guillaume Pepin propose dès mardi au Périscope «Le projet HLA», un singulier objet scénique dans lequel le théâtre se décline en boucles, comme un air de musique techno. En alliant ces deux passions, le metteur en scène a aussi l’impression de tourner une page sur son histoire familiale trouble.

Au cœur de ce texte du Français Nicolas Fretel se trouve une tragédie. Un an après le meurtre d’un père (Carol Cassistat) par sa femme (Nancy Bernier) et son fils (Vincent Nolin-Bouchard), ces deux derniers revivent en boucles le souper fatidique. La scène, assimilée ici à un refrain, revient à plusieurs reprises dans la pièce, s’arrimant à une trame sonore signée Etienne Lambert. 

«Le texte est sous la forme d’une partition musicale électronique. Il y a des boucles, du sampling, des répétitions, une progression. Il rajoute toujours des informations pour que le public comprenne de plus en plus où on s’en va. Tout ça fait en sorte qu’il y a une tension qui monte», résume le metteur en scène. 

«Moi, je suis parti de cette idée-là et je l’ai intégrée à tous les aspects techniques et scénographiques afin de faire en sorte qu’il ait des boucles un peu partout», ajoute celui qui mise beaucoup sur la vidéo — Keven Dubois et Alexandre Berthier en sont les concepteurs — pour accentuer ses effets.

«Je suis allé m’inspirer du vaporwave, décrit-il. C’est un style qu’on voit depuis presque 10 ans. C’est devenu très populaire. C’est le fluo, les couleurs pastels. Ça va beaucoup chercher des inspirations des années 80 dans le visuel.»

Théâtre

«La cartomancie du territoire»: entre révolte et poésie

CRITIQUE / Il a souvent été question de réconciliation avec les peuples autochtones dans les dernières années. Au moment d’écrire sa pièce «La cartomancie du territoire», Philippe Ducros n’en était pas encore là. Au terme d’un road trip qui l’a mené au Lac-Saint-Jean, sur la Côte-Nord ou en Gaspésie à la rencontre des Premières Nations, il a livré un spectacle à la fois sensible et empreint de révolte envers des injustices qui font toujours des ravages de nos jours.

L’auteur, metteur en scène, comédien et grand voyageur n’a jamais évité les sujets chauds, lui qui a notamment ancré des projets théâtraux dans le conflit israélo-palestinien et en République démocratique du Congo. Cette fois, il est resté plus près de chez nous, en 2015, lorsqu’il a pris la route pour un voyage hivernal. Au-delà des portraits réducteurs résumés aux exemptions de taxes, aux cigarettes de contrebande et à la crise d’Oka, il avait pour objectif de mieux comprendre les réserves autochtones, mais aussi de questionner notre rapport à d’autres réserves, naturelles celle-là, citant des coupes à blanc, des rivières harnachées, des pipelines qui s’invitent dans le paysage.

Théâtre

Peter Brook à l’honneur au Carrefour de théâtre

Après une visite pour le moins remarquée en 1996, le réputé homme de théâtre Peter Brook sera de retour cette année au Carrefour international de théâtre : le spectacle «Why?», réflexion sur le théâtre cosignée par Brook et sa complice Marie-Hélène Estienne, sera présenté au Diamant les 27 et 28 mai.

Dans cette pièce en anglais surtitrée en français, trois acteurs tous de noir vêtus et évoluant dans des conditions minimalistes tentent de répondre à une question existentielle : pourquoi fait-on du théâtre. 

Présenté en collaboration avec le festival TransAmérique — il sera également joué du 21 au 23 mai au Monument National —, le spectacle arrivera au Québec au fil d’une tournée internationale qui l’amènera en Tunisie, en Colombie, en France, en Allemagne, en Italie et au Mexique. 

Le 21e Carrefour international de théâtre se déroulera du 21 mai au 6 juin. La programmation complète sera dévoilée le 21 avril.  

Théâtre

«La cartomancie du territoire»: le voyage initiatique de Philippe Ducros

Philippe Ducros arpente des territoires marqués par la guerre et l’exploitation sauvage des ressources. «L’Affiche» s’inscrivait en plein conflit israélo-palestinien, «La porte du non-retour» transportait les spectateurs dans une Afrique marquée au fer rouge par les migrations et l’esclavage.

À l’hiver 2015, il a décidé de partir vers le Nord, à la rencontre des communautés autochtones. Le Canada était encore sous la gouverne de Stephen Harper. La question autochtone, les horreurs des pensionnats, les innombrables disparitions et meurtres de femmes étaient oblitérés du discours. Il voulait donner la parole, apprendre et comprendre.

Théâtre

«Pour qu’il y ait un début à votre langue»: famille, je vous hais

CRITIQUE / Face à la montée des injustices et des inégalités, l’heure est à la désobéissance. «Antigone» a fait des petits sur les planches. Le dernier en lice, «Pour qu’il y ait un début à votre langue», libre adaptation des mots de Sylvain Trudel par le metteur en scène Steve Gagnon, lancée mardi au Périscope, décline une forte charge émotive d’une jeunesse en quête de liberté.

Sur son lit d’hôpital, qui fait aussi office de linceul, Frédéric (Frédéric Lemay) attend la mort. Il a seulement 26 ans. Il ne parle plus à personne, sauf à son aide-soignante (Claudiane Ruelland). Se taire est l’ultime acte de résistance. Il refuse de partir pour l’au-delà dans la langue inutile de ses parents.

Le jeune homme ignore les membres de sa famille qui défile à tour de rôle : une mère pétrie de rage et de tristesse (Nathalie Mallette), un père silencieux (Daniel Parent), l’amour de ses 16 ans (Pascale Renaud-Hébert), un frère d’âme et de sang (Jonathan Saint-Armand), sa grand-mère accro au magasinage (Linda Laplante), un grand-père aimant, mais effacé (Richard Thériault).

Dix ans auparavant, le triangle que formait Frédéric avec l’élue de son cœur, Odile, et son meilleur ami d’origine africaine, Wilson, s’est disloqué face à leurs idées de grandeur. Il fallait fuir, loin dans une terre d’exil pour échapper à cette vie de banlieue plantée à des années-lumière de leurs idéaux, avec ces maisons trop grandes avec garage double, ces IKEA devenus symbole outrageant du consumérisme, ce troisième lien.

Pour Frédéric et Wilson, «vivre devant le Kilimandjaro ou devant un Jean Coutu, c’est pas la même chose...» Tout pour ne pas être banal, pour ne pas succomber à la médiocrité du quotidien devant un rôti de porc ou un ordinateur qu’on s’évertue à reseter.

Radicaux

Les huit personnages sont radicaux dans leur façon de voir le monde, ou plutôt leur monde. La poésie brute de Gagnon devient des armes de destruction massive. Les mots frappent fort, enveloppés à l’occasion de sonorités qui amplifient le drame choral. Les tirades de chacun, souvent bouleversantes, forcent l’admiration.

Déployée de part et d’autre de la scène, l’assistance offre un refuge à quelques personnages qui évoluent dans une mise en scène toute en sobriété. Le lit devient table pour servir un repas imaginaire. Une cuisinière sert à la fois à sa fonction utilitaire, mais devient aussi autel pour une conclusion tragique.

L’œuvre de Steve Gagnon, même si échevelée à l’occasion, s’avère un puissant réquisitoire contre le conformisme et les idées reçues. La lettre d’adieu de Frédéric à ses parents, en finale, résume parfaitement le message : «J’oppose ma colère à vos rêves tranquilles.» 

CQFD

Pour qu’il y ait un début à votre langue tient l’affiche au Périscope jusqu’au 25 janvier.

Théâtre

.ES-Chapitre 1- Soi: trouver la reine en soi

Elles sont cinq jeunes comédiennes à l’aube de leur carrière. Cinq jeunes femmes qui ont décidé de plonger au plus profond d’elles-mêmes pour mieux comprendre les mécanismes sous-jacents à leurs peurs, leurs vulnérabilités, leurs colères. De cette réflexion est né la pièce «.ES – Chapitre 1 – Soi» où le quintette explore le rapport des femmes au pouvoir.

Le titre .ES signifie la règle de l’accord des mots au féminin pluriel. Le premier chapitre est d’abord tourné vers elles, en attendant un hypothétique second, qu’on souhaite tourné vers l’autre. «Avant de conquérir une sphère plus large, il fallait passer par l’intime et régler des affaires en nous», lance Noémie F. Savoie, rencontrée dans un café de la rue Saint-Joseph, en compagnie de Natalie Fontalvo.

Théâtre

Les Plouffe: un air de famille

CRITIQUE / Intimement liée au paysage socio-politique québécois du milieu du siècle dernier, la famille Plouffe est enracinée dans notre imaginaire collectif. Le roman de Roger Lemelin, décliné successivement en téléroman et long-métrage qui ont fait époque, revit pour la première fois sur les planches. Avec, comme plus grand défi, à moitié relevé, de créer la surprise avec des personnages connus de tous ou presque.

D’entrée de jeu, disons-le, le spectateur familier avec la mythique famille ouvrière de la Basse-Ville de Québec se retrouvera en terrain connu. La metteure en scène Maryse Lapierre et la responsable de l’adaptation, Isabelle Hubert, ne proposent pas une relecture décoiffante de l’oeuvre. Elles n’ont pas vidé les personnages de leur substantifique moelle. Ils sont tous là, quasi immuables, greffés dans un décor fort original, avec leurs qualités et leurs défauts, leurs rêves et leurs espoirs déçus.

Théâtre

Sur les traces des Plouffe

À entendre Maryse Lapierre et Isabelle Hubert parler des Plouffe, on dirait presque qu’elles ont des liens de parenté avec la célèbre famille. Elles connaissent tout ou presque des personnages de Roger Lemelin, tels que décrits dans le roman d’origine, publié en 1948. Car c’est principalement de ce texte fondateur, mais aussi un peu du film de Gilles Carle, dont la metteure en scène et la responsable de l’adaptation se sont inspirées pour créer la pièce.

Roman à l’origine, puis radio roman, avant son passage au petit et au grand écran, La famille Plouffe, œuvre phare du patrimoine collectif québécois, n’avait jamais été montée sur les planches. À la demande du Trident, Maryse Lapierre et Isabelle Hubert ont été choisies pour ce travail d’envergure qui, on s’en doute, vient avec son lot de stress et d’angoisses. Le Soleil a rencontré les deux artistes dont la vie gravite depuis des mois autour de la vie des membres de la mythique famille ouvrière de la basse-ville de Québec.

Arts

Un 21e Mois Multi en version concentrée [VIDÉO]

Le 21e Mois Multi sera bref, mais sa programmation laisse présager que son intensité en sera décuplée. Plusieurs projets de création en continu, des performances punks et des conférences hybrides s’enchaîneront du 5 au 9 février à Méduse et dans divers lieux des quartiers centraux de Québec.

«L’an dernier, pour le 20e anniversaire, on s’est rendu à six semaines, indique Mélanie Bédard, nouvelle directrice générale de Recto-Verso, qui organise le Mois Multi. C’était long, pour l’équipe et pour le public. On pense qu’une durée condensée va aider à rétablir une ambiance de festival.» La mouture 2021, quant à elle, devrait tenir en 15 jours.

Arts

Des sorties réconfortantes en 2020

L’équipe des arts a épluché l’abondante offre culturelle hivernale pour vous donner le goût d’affronter la froidure et de sortir pour trouver du réconfort. Les choix de Geneviève Bouchard, Josianne Desloges, Éric Moreault et Normand Provencher.

1- Les mains d’Edwige au moment de la naissance