Rentrée au Trident : Un magistral coup de poing

Théâtre

Rentrée au Trident : Un magistral coup de poing

Geneviève Bouchard
Geneviève Bouchard
Le Soleil
CRITIQUE / Après une première soirée ancrée dans l’histoire et la rigolade (La Sagouine et Exercices de style), nos retrouvailles avec Le Trident se sont poursuivies jeudi avec deux œuvres contemporaines explorant le thème de la souffrance : la sympathique Ce qu’on respire sur Tatouine de Jean-Christophe Réhel et la percutante Les barbelés d’Annick Lefebvre.

Véritable coup de poing théâtral, le spectacle solo porté de magistrale façon par Mélissa Merlo dans la cour intérieure du Conservatoire de musique (sous la tente, mais habillez-vous chaudement!) a de quoi nous laisser sans mots. Tout semble avoir été dit dans le texte dense de la très engagée Annick Lefebvre, qui n’a jamais eu peur de brasser la cage sur les planches. Bercer son public ne fait pas partie des habitudes de la maison.

Rentrée du Trident: de belles retrouvailles en effet...

Théâtre

Rentrée du Trident: de belles retrouvailles en effet...

Geneviève Bouchard
Geneviève Bouchard
Le Soleil
CRITIQUE / Après six mois de silence forcé, Le Trident nous avait promis de «grandes retrouvailles» pour lancer sa 50e saison, avec quatre pièces présentées pratiquement en simultané dans autant de lieux du Grand Théâtre. Vue mercredi soir, la première moitié de la proposition nous laisse avancer qu’on ne nous a pas menti.

Avec au programme deux œuvres plus classiques et deux textes contemporains, nous avons commencé lesdites retrouvailles en revisitant des univers qui ont résisté à l’épreuve du temps, des décennies après leur création. Dans des genres diamétralement opposés, Exercices de style de Raymond Queneau et La Sagouine d’Antonine Maillet donnent lieu à un formidable travail sur la langue.

<em>Le Pommetier</em>: touchant tête-à-tête théâtral

Théâtre

Le Pommetier: touchant tête-à-tête théâtral

Geneviève Bouchard
Geneviève Bouchard
Le Soleil
CRITIQUE / Dans son joli salon rempli de souvenirs, une certaine Bérangère vous attend ces jours-ci aux abords du théâtre Périscope. Imaginé par Agnès Zacharie, qui lui prête aussi vie, le personnage au cœur de l’«expérience théâtrale» Le pommetier propose une rencontre intimiste et touchante en cette période de pandémie. Un (presque) tête-à-tête à vivre quatre spectateurs à la fois.

On a au fil du temps pris l’habitude de monter à bord de l’autobus scolaire d’Ubus, qui vient régulièrement garer son théâtre ambulant dans le stationnement du Périscope. Quand la COVID-19 est venue saboter ses projets, la compagnie, en collaboration avec les complices de Pupulus Mordicus, a refusé de baisser les bras. Accueillant déjà un nombre très restreint de spectateurs, le sympathique lieu de diffusion allait jouer le jeu de la distanciation physique : quatre visiteurs à la fois, on a droit à un parcours unique et truffé d’images avec Le pommetier. De quoi se sentir privilégié, en somme.

<em>Le pommetier</em>: en bus, mais surtout chez Bérangère...

Théâtre

Le pommetier: en bus, mais surtout chez Bérangère...

Geneviève Bouchard
Geneviève Bouchard
Le Soleil
Ceux qui sont déjà montés à bord de l’autobus scolaire converti en lieu de diffusion par Ubus Théâtre le savent : on a affaire ici à une expérience artistique unique et intimiste. En ces temps de pandémie, la compagnie, en collaboration avec les complices de Pupulus Mordicus, met plus que jamais à l’avant-plan l’idée de rencontre. Dans le respect des règles sanitaires, il va sans dire.

Nombreux ont pris l’habitude de s’installer sur les bancs du bus comme à la petite école pour découvrir un théâtre d’objets ou de marionnettes miniatures dans des spectacles comme L’écrit, Le périple ou Le piano à voile. Avec Le pommetier, le bus se réinvente dans le stationnement du Périscope du 22 septembre au 10 octobre au nom de la poésie et des retrouvailles, dans un contexte de distanciation physique qui chamboule le milieu des arts vivants.

<em>Peau de vache </em>au Théâtre du Bic: L’allégorie du 5e Rang

Théâtre

Peau de vache au Théâtre du Bic: L’allégorie du 5e Rang

Johanne Fournier
Johanne Fournier
Collaboration spéciale
RIMOUSKI — Un matin, Julie Gagné n’en peut plus. Elle décide de s’évaporer dans la nature pour ne plus jamais revenir vers son conjoint violent. Mais, comment disparaître quand on vit à Padoue et que le Patron des objets perdus, Saint-Antoine, la ramène toujours chez elle?

C’est ce que raconte la nouvelle création Peau de vache du Théâtre les gens d’en bas, présentée du 25 septembre au 3 octobre, au Théâtre du Bic à Rimouski. À la fois théâtral et cinématographique, le spectacle plonge dans l’imaginaire de Stéphanie Pelletier.

Seule sur scène, l’autrice, slameuse et conteuse sera entourée de personnages qui prendront vie autour d’elle grâce à des images vidéo tournées dans le village de Padoue et au Bic. La mise en scène et la réalisation sont signées Eudore Belzile qui, avec son équipe, a construit ce projet qui met en valeur des talents et des paysages bas-laurentiens.

Peau de vache est un conte que Stéphanie Pelletier avait écrit en 2015 pour le premier Cabaret des contes ruraux, qui avait été présenté au Théâtre du Bic, et qui mettait en scène cinq auteurs et interprètes. C’est à partir de ce conte qu’Eudore Belzile a eu envie de faire une nouvelle version mélangeant présence sur scène et vidéo. 

Violence conjugale

Ce conte est inspiré de deux faits divers. Truffé de bouffées comiques et brûlant d’actualité, le sujet tourne autour du cycle de la violence conjugale, du confinement et du déconfinement. Selon l’autrice, si le Théâtre les gens d’en bas a été séduit par cette histoire d’une femme qui est victime de violence et qui se déconfine, c’est parce que, pendant le confinement, il a été question des personnes qui étaient prisonnières des gens qui les oppriment. 

«C’est une histoire de déconfinement et d’évasion, décrit son autrice. C’est du réalisme fantastique. Ça mélange le réel, le très sérieux, le très dramatique. J’ai toujours trouvé que la vie était un peu drôle. Donc, c’est un mélange où je surfe entre l’humour et le drame.»

<em>Manque(s)</em> : de l’importance de (re)connecter

Théâtre

Manque(s) : de l’importance de (re)connecter

Geneviève Bouchard
Geneviève Bouchard
Le Soleil
CRITIQUE / Après six mois de congé forcé, le théâtre reprend enfin tranquillement ses droits la capitale. Premier Acte a reparti le bal mardi avec Manque(s), un spectacle déambulatoire en quatre tableaux et autant d’univers offrant un écho à notre récente période d’isolement et à notre indéniable besoin de (re)connecter. Avec nous-mêmes et les uns avec les autres.

Le Théâtre Escarpé aurait dû présenter sa création Food Club le printemps dernier à Premier Acte. La pandémie lui a coupé l’herbe sous le pied à 10 jours de la première. Plutôt que de revoir la proposition afin qu’elle devienne conforme aux nouvelles normes sanitaires (l’ensemble, nous dit-on, aurait souffert du compromis), la compagnie a pondu en deux mois et demi le spectacle extérieur qui ouvre la saison du théâtre de l’avenue de Salaberry.

<em>La montée des eaux</em>, un parcours théâtral enraciné dans la collectivité

Théâtre

La montée des eaux, un parcours théâtral enraciné dans la collectivité

Léa Harvey
Léa Harvey
Le Soleil
Les 11, 12, 25 et 26 septembre, le quartier Saint-Jean-Baptiste sera la scène, le décor et l’âme du parcours théâtral La montée des eaux. Les participants y découvriront l’île de Saint-Jambe, une utopie post-apocalyptique qui rappelle subtilement l’époque et la communauté actuelles dont elle s’inspire.

En 2018, Alice Guéricolas-Gagné publie Saint-Jambe, son tout premier livre, un recueil de textes qui imagine Québec inondée. Le fleuve Saint-Laurent s’est élargi, a envahi la ville et a fait du quartier Saint-Jean-Baptiste… une île. La montée des eaux, c’est un peu la suite du livre, c’est ce drôle d’univers qui prend soudain vie, le temps de quelques soirées. 

«Dans La montée des eaux, on n’est pas dans le choc de la catastrophe. On est au moment où les gens ont réussi à s’adapter [à la montée des eaux]. Et parce qu’on est dans une utopie, ils se sont adaptés pour le mieux», précise Alice Guéricolas-Gagné, autrice et codirectrice du parcours théâtral. 

Comme une vraie pièce qui coule selon une suite logique, le parcours conduit ses spectateurs à travers une douzaine de stations réparties dans tout le quartier. Au total, près d’une vingtaine d’artistes s’activeront afin de raconter le mode de vie des nouveaux insulaires. Musiciens, acteurs ou encore échassiers seront notamment de la partie pour expliquer leurs pratiques de subsistance ou de transport. Mélina Kerhoas, également codirectrice de l’événement, a quant à elle mis sur pied plusieurs projections. 

L’utilisation de divers médiums, un parcours qui traverse le quartier, bref un projet qui posait bon nombre de défis techniques – et d’autant plus en pleine pandémie, admettent les deux codirectrices. Ce qui a rendu le tout possible? Les habitants de Saint-Jean-Baptiste. Selon Mélina, ils ont été nombreux à accepter de prêter leur cour arrière, leur fenêtre, ou leur balcon afin que l’œuvre voie le jour. «Ils nous prêtent leur électricité, trouvent des rallonges pour nous dépanner. Les gens ne nous disent jamais non. Ils sont vraiment la pierre angulaire du projet», explique-t-elle. 

Le but d’écrire La montée des eaux était aussi, en quelque sorte, de redonner une certaine voix à ces résidants qui ont inspiré les deux jeunes femmes dans de nombreux projets. Alice et Mélina ont d’ailleurs commencé le tout par une collecte de témoignages : «On a demandé aux gens qui habitent dans le secteur : quelle serait votre utopie pour l’île de Saint-Jambe? Et il y a vraiment quelque chose de très propre au quartier qui a émergé de tout ça.» 

«Notre projet est optimiste, mais on vit dans une époque qui ne l’est pas tant que ça. Il y a un clash entre le nom du projet et le réel état d’esprit de celui-ci. Je pense qu’avec La montée des eaux on vient chercher une partie d’un public qui a soif de quelque chose de constructif, de rassembleur, d’un sentiment de communauté. Je pense que, les gens qui ont dit oui pour prêter des lieux ou des fenêtres, ce sont des gens qui étaient habités par cette envie-là», affirme Mélina.

Si les billets pour les 11 et 12 septembre ont tous trouvé preneurs, les jeunes femmes et leur équipe mettront en vente, le 14 septembre prochain, ceux pour les 25 et 26 septembre. Chaque soir, trois départs auront lieu à partir d’une intersection gardée jusqu’ici secrète. 

Un parcours et une exposition 

En parallèle au parcours théâtral multidisciplinaire, une exposition illustre quant à elle certains paysages typiques de la nouvelle île. Les onze œuvres, signées par l’artiste français Sébastien Brunel, ont été disposées un peu partout dans le quartier Saint-Jean-Baptiste. Exposés dans les fenêtres de généreux citoyens, les dessins sont accompagnés d’aphorismes inédits, composés par Alice Guéricolas-Gagné. 

«Au début, on pensait peut-être exposer dans une galerie, mais très rapidement cette idée-là a pris le bord et on a opté pour l’idée d’exposer dans les fenêtres. Ça amène vraiment ce côté, assez exceptionnel pour moi, où une personne qui ne serait jamais rentrée dans un musée ou dans une galerie peut voir une œuvre par hasard. C’est un peu aussi à ces gens-là qu’on s’adresse», indique Alice.

Seulement quatre des onze dessins seront visités lors du parcours théâtral. Les intéressés pourront donc, du 11 septembre au 13 octobre, poursuivre l’expérience et redécouvrir le quartier Saint-Jean-Baptiste comme ils ne l’ont jamais vu. 

Les billets ainsi que la carte qui détaille l’exposition sont disponibles sur le site web du projet ainsi que sur sa page Facebook.

L’automne au Périscope: la rencontre malgré tout

Théâtre

L’automne au Périscope: la rencontre malgré tout

Geneviève Bouchard
Geneviève Bouchard
Le Soleil
Même en pandémie, même dans un contexte qui impose la distanciation physique, le Périscope mise cet automne sur la rencontre. À plus petite échelle, certes, mais sans sacrifier la chaleur et l’humanité, nous promet-on.

Ça se passera d’abord quatre spectateurs à la fois, du 22 septembre au 10 octobre, sous les bons soins d’Ubus Téâtre et de Pupulus Mordicus. Le Pommetier imaginé par Agnès Zacharie, dans une mise en scène de Martin Genest, est décrit davantage comme un «objet théâtral» que comme un spectacle. Dans l’autobus scolaire converti en théâtre par Ubus, le public sera invité à faire la connaissance d’une certaine Bérangère, une vieille dame qui partagera ses confidences.

Le Diamant : Passez au foyer...

Arts

Le Diamant : Passez au foyer...

Geneviève Bouchard
Geneviève Bouchard
Le Soleil
Il y a un an, le Diamant ouvrait ses portes en grandes pompes. La COVID-19 a coupé son élan six mois plus tard. Après le confinement et bien des plans pour la reprise des activités, le théâtre de Place d’Youville s’apprête à accueillir de nouveau son public. Des retrouvailles à échelle réduite, certes, mais qui mettront en exergue la beauté des lieux et souligneront les 50 ans de la crise d’octobre.

L’automne au Diamant se passera dans son foyer. Lumineux, alliant bois et béton, l’espace sera de nouveau accessible aux visiteurs dès le 10 septembre. Pour apprécier l’architecture, entendre de la musique ou assister à une lecture théâtrale, le foyer sera ouvert.

Les Gros Becs : Un parcours déambulatoire pour renouer avec les familles

Théâtre

Les Gros Becs : Un parcours déambulatoire pour renouer avec les familles

Geneviève Bouchard
Geneviève Bouchard
Le Soleil
Avant d’élire officiellement domicile à la Caserne Dalhousie, le théâtre jeunesse Les Gros Becs y passera une partie de l’automne le temps d’un parcours déambulatoire imaginé en contexte de pandémie pour renouer avec les familles.

Présenté du 14 novembre au 6 décembre, le spectacle Boîte d’allumettes se déploiera en six stations qui permettront de découvrir des lieux méconnus de l’ancienne caserne de pompiers. Dans une mise en scène d’Olivier Normand, le thème du feu s’est imposé.

COVID-19: le théâtre japonais nô en péril

Théâtre

COVID-19: le théâtre japonais nô en péril

Natsuko Fukue
Agence France-Presse
KAMAKURA — La puissante voix de Kennosuke Nakamori retentit dans la petite salle où il répète une pièce nô, un genre traditionnel du théâtre japonais. Mais la pandémie, qui l’a empêché de se produire en public depuis des mois, le rend soucieux.

Alors que d’autres genres artistiques traditionnels japonais peuvent s’appuyer sur du mécénat et des subventions publiques conséquentes, le nô est très dépendant de ses recettes de billetterie. Or, la pandémie de coronavirus a entraîné la fermeture de nombreux théâtres à travers le pays.

L’automne à La Bordée: un «pied de nez» à la COVID-19

Théâtre

L’automne à La Bordée: un «pied de nez» à la COVID-19

Geneviève Bouchard
Geneviève Bouchard
Le Soleil
En ces temps de pandémie et de distanciation physique, monter une pièce avec 11 comédiens tient du défi. Dans ce qu’il décrit comme un «pied de nez» à la COVID-19, le directeur artistique de La Bordée, Michel Nadeau, a choisi de le relever en mettant en scène Le gars de Québec de Michel Tremblay, pierre angulaire de la programmation automnale du théâtre de la rue Saint-Joseph.

La pièce figurait déjà au programme de la nouvelle saison de La Bordée, inévitablement chamboulée par la pandémie. Le directeur artistique et metteur en scène a choisi d’aller de l’avant malgré tout, dans le respect des consignes sanitaires.

Une programmation «alternative» à Premier Acte

Théâtre

Une programmation «alternative» à Premier Acte

Geneviève Bouchard
Geneviève Bouchard
Le Soleil
Parcours théâtral, «préludes» à des spectacles complets, baladodiffusions… En contexte de pandémie, l’automne ne sera pas comme les autres pour les artisans de Premier Acte, qui ont néanmoins mitonné une programmation «alternative» revisitant quatre propositions déjà prévues à la saison 2020-2021.

Quand le coronavirus a frappé, en mars, la saison 2020-2021 de Premier Acte était déjà bouclée. Afin de broder une programmation dans le contexte de la COVID-19, le directeur général et artistique du théâtre, Marc Gourdeau, s’est naturellement tourné vers quatre compagnies déjà choisies afin de mettre sur pied une offre reliée à leur projet d’origine et qui pourrait se déployer dans le respect des consignes sanitaires.  

L’équipe qui devait nous présenter Food Club au printemps dernier, le Théâtre Escarpé, brisera la glace dès le 15 septembre avec Manque(s), un parcours théâtral en quatre tableaux «parfois touchants, parfois humoristiques», qui aura lieu à proximité de Premier Acte, salle sise sur l’avenue de Salaberry.

«Les départs vont se faire en petits groupes aux 15 minutes, dans le respect de la distanciation sociale», a précisé la codirectrice du Théâtre Escarpé, Samantha Clavet, lors d’un lancement virtuel. Une version du spectacle sera aussi offerte en baladodiffusion.

Le Trident retrouve son public avec quatre pièces

Théâtre

Le Trident retrouve son public avec quatre pièces

Geneviève Bouchard
Geneviève Bouchard
Le Soleil
Après avoir été freiné par la pandémie de COVID-19, le Trident se prépare pour ses retrouvailles avec son public. Quatre œuvres se déploieront en septembre au Grand Théâtre. Des pièces chargées d’histoire, mais aussi bien ancrées dans l’actualité. Le Trident a 50 ans. Il l’assume dans sa jeunesse et dans sa mémoire.

Après un printemps et un été de confinement, le Trident nous revient en solo. Quatre spectacles seront présentés dès le 22 septembre. Deux classiques, deux propositions plus contemporaines. Et un seul acteur sur scène dans chaque proposition. 

En suivant les consignes sanitaires, l’équipe du Trident s’est assurée de pouvoir célébrer ses 50 ans. 

«On se disait : “On a 50 ans! Ce n’est pas vrai qu’on ne le fêtera pas.” C’est gros, 50 ans. Comme on a la mémoire courte en théâtre à cause du côté éphémère de la chose, on se dit que c’est important», observe la directrice artistique du Trident, Anne-Marie Olivier.

En pleine pandémie, l’équipe a mis sur la glace une programmation élaborée depuis trois ans. COVID oblige, la compagnie, qui se donne pour mission de faire travailler le plus possible la sphère théâtrale de Québec, s’est ajustée.

Au lieu de productions à grand déploiement, on aura droit à des têtes à tête.

Avec La Sagouine d’Antonine Maillet, portée pour la première fois par Lorraine Côté, ça se passera dans la salle Octave-Crémazie dès 20h.

«Ce texte-là, je le connaissais, mais je ne me souvenais pas à quel point il était intelligent, engagé, drôle, touchant. Les gens se font une idée de ce que c’est. Moi, c’est une œuvre qui m’aide à vivre, vraiment. Elle parle du sens de la vie, de ce qu’il y a avant nous, de ce qu’il y a après nous.», explique Anne-Marie Olivier.

Mani Soleymanlou nommé à la tête du Théâtre français du CNA

Théâtre

Mani Soleymanlou nommé à la tête du Théâtre français du CNA

Yves Bergeras
Yves Bergeras
Le Droit
Le dramaturge Mani Soleymanlou prendra l’an prochain la relève de Brigitte Haentjens à la direction artistique du Théâtre français (TF) du Centre national des arts (CNA).

«Je suis excessivement heureux et fier de pouvoir accéder à un poste aussi prestigieux, surtout [au regard de la] liste des artistes qui m’ont précédé», dit-il humblement en nommant Brigitte Haentjens, Robert Lepage et Wajdi Mouawad, qui ont occupé ce fauteuil au fil des deux dernières décennies. 

«C’est l’institution canadienne par excellence, le lieu de passage des plus grands artistes de la planète. Un lieu mythique qui porte une histoire extraordinaire – et je sens qu’on en a bien besoin en ce moment [avec la COVID]», poursuit le Néocanadien, dont la nomination est dévoilée ce matin, mardi 17 août. 

«Ça me remplit de fierté... et de stress aussi. Je me sens hyper-excité et j’ai très très hâte [de prendre mes fonctions]» le 1er septembre 2021, a réagi M. Soleymanlou. 

Les deux prochaines saisons du TF continueront de porter la marque de Mme Haentjens, qui ne cédera sa place que la veille.

«Énergie, créativité et leadership»

Mani Soleymanlou «a le désir de s’ouvrir à tous. C’est cette énergie, cette créativité et ce leadership naturel qui ont fait de lui un choix qui s’imposait», témoigne le président et chef de la direction du CNA, Christopher Deacon.

Ce dernier a dévoilé la semaine dernière le nouveau plan stratégique de l’institution, qui entend relancer le milieu des arts de la scène, notamment en «amplifiant les voix historiquement exclues de la scène nationale». Comprendre: les voix des Autochtones et des communautés issues de l’immigration. 

La démarche artistique de Mani Soleymanlou, tout comme son parcours de vie, s’inscrivent on ne peut mieux dans ce développement stratégique visant par la bande la démocratisation du théâtre, voire son ‘déblanchiment’.

« À travers son œuvre, il nous appelle à voir et à imaginer le monde dans des perspectives nouvelles. Il est à l’affût du public, de ses réactions et de ses besoins. Il amène les spectateurs à réfléchir et les laisse partir avec des questions sans les sermonner», poursuit M. Deacon.

Les théâtres de Broadway fermés au moins jusqu’en janvier 2021

Théâtre

Les théâtres de Broadway fermés au moins jusqu’en janvier 2021

Agence France-Presse
NEW YORK — Les théâtres de Broadway, une des grandes attractions new-yorkaises, fermés depuis mars pour cause de pandémie, resteront fermés au moins jusqu’en janvier 2021, a indiqué lundi l’association professionnelle The Broadway League.

Tous les théâtres «offrent désormais des remboursements ou des échanges pour les billets achetés pour des représentations prévues avant le 3 janvier», a indiqué l’association dans un communiqué, sans donner de date ferme de réouverture.

Le <em>Où tu vas quand tu dors en marchant?</em> 2020 annulé

Arts et spectacles

Le Où tu vas quand tu dors en marchant? 2020 annulé

Éric Moreault
Éric Moreault
Le Soleil
C’est la mort dans l’âme que le Carrefour international de théâtre a abandonné son rêve de présenter une version à l’épreuve de la COVID-19 de son célèbre parcours déambulatoire Où tu vas quand tu dors en marchant? La décision a été prise conjointement avec la Ville de Québec quand il est devenu évident que le temps allait manquer pour recevoir l’aval de la Santé publique à temps.

C’est au moment de l’annulation de l’édition 2020 du Carrefour que sa direction avait proposé une présentation du parcours en septembre. Le spectacle créé en mai 2019 a depuis fait l’objet d’analyses approfondies, visant à intégrer les mesures de distanciation physique et à assurer la sécurité des artistes et du public.

Le Trident prépare sa rentrée d’automne

Théâtre

Le Trident prépare sa rentrée d’automne

Geneviève Bouchard
Geneviève Bouchard
Le Soleil
Amateurs de théâtre, gardez espoir! L’équipe du Trident confirme qu’elle reprendra la scène d’assaut à l’automne. La première partie de son programme sera dévoilée le 17 août sous le thème Les grandes retrouvailles — 50 ans de feu sacré.

Cette saison anniversaire ne sera pas comme les autres, elle qui se déploiera dans une «formule adaptée aux normes sanitaires» imposées par le coronavirus et avec une «programmation exceptionnelle, pensée spécialement dans les circonstances», précise-t-on du côté du Trident.

Les théâtres du West End de Londres contraints de se réinventer

Théâtre

Les théâtres du West End de Londres contraints de se réinventer

Pauline Froissart
Agence France-Presse
LONDRES — On y vient du monde entier assister à des comédies musicales. Le quartier du West End, à Londres, est réduit au silence depuis la pandémie de coronavirus, qui pousse les théâtres à se réinventer pour survivre.

Quinze millions de billets sont vendus chaque année pour l’un des théâtres de ce quartier du centre de la capitale britannique, prisé des touristes venus voir Le Fantôme de l’opéra, Les Misérables ou encore La Souricière d’Agatha Christie, pièce jouée depuis 1952.

Fermés depuis le mois de mars à cause de la pandémie, les théâtres s’interrogent sur leur avenir si perdurent les mesures de distanciation physique (deux mètres entre chaque personne actuellement en Angleterre) et les restrictions de circulation.

Louis Hartshorn et Brian Hook, cofondateurs de Hartshorn-Hook productions, sont parmi les premiers à avoir annoncé la reprise, pour octobre, de The Great Gatsby, un spectacle immersif revu et corrigé pour s’adapter au contexte sanitaire.

«Le spectacle va être réimaginé comme un bal masqué», a expliqué à l’AFP Brian Hook. Les spectateurs sont invités à porter des masques, qu’ils peuvent intégrer dans leur déguisement, et des gants, s’ils le souhaitent.

Le public sera aussi réduit à 90 spectateurs, contre 240 auparavant, et les horaires modifiés pour permettre le nettoyage des lieux.

Bonne nouvelle: les billets «se vendent et les gens veulent revenir», note Brian Hook. Louis Hartshorn le reconnaît cependant: «Il faut que ça marche extrêmement bien pour atteindre le seuil de rentabilité car les chiffres sont contre nous».

La grande difficulté dans l’immédiat est l’absence de touristes. Hôtels, restaurants et musées restent fermés, au moins jusqu’à début juillet. Et l’instauration le 8 juin d’une quarantaine de quatorze jours pour les voyageurs arrivant au Royaume-Uni a repoussé toute perspective de reprise.

«Environ un tiers des spectateurs des théâtres londoniens sont des touristes internationaux (...) et pour le moment, il y a peu d’espoir de les voir revenir», déplore Julian Bird, patron de l’association UK theatre, devant une commission parlementaire.

Au total 70% des théâtres britanniques pourraient se retrouver en faillite d’ici la fin de l’année, selon lui.

Expériences immersives 

La crise actuelle représente un trou de trois milliards de livres (3,3 milliards d’euros) dans les revenus des salles cette année, soit une chute de plus de 60%, selon une étude réalisée par cabinet Oxford Economics pour la Creative Industries Federation.

Cette estimation ne prend pas en compte la possible réticence du public à revenir quand cela sera permis, avertit cette fédération qui craint 200 000 suppressions d’emplois sans intervention des pouvoirs publics.

Pour survivre, certains rouvrent d’ores et déjà sous une autre forme.

Au théâtre de l’Old Vic, les comédiens Claire Foy et Matt Smith, stars de la série The Crown, joueront sans public et en gardant leurs distances la pièce Lungs. Chaque représentation sera filmée et retransmise en direct à un millier de personnes ayant acheté leurs billets au prix qu’ils payeraient habituellement, entre 10 et 65 livres, bien que cette fois, tous bénéficieront tous de la même vue.

Le pari est osé alors que de nombreux autres théâtres, comme le National Theatre, ont mis gratuitement en ligne sur leur site internet des pièces filmées avant la pandémie.

Pour Brian Hook, le contexte va favoriser les spectacles faisant participer les spectateurs. «Il y avait déjà un boom pour le théâtre immersif avant cette crise (...) Je pense que ça va être très positif pour ça».

La compagnie One Night Records lancera un projet de ce type début octobre, dans un lieu tenu secret, Lockdown Town (Ville confinée), une promenade à la découverte de genres musicaux des années 1920 aux années 1950.

«Parce que le lieu est très grand et parce qu’il s’agit d’une expérience immersive, nous sommes capables de le faire», a expliqué à l’AFP le directeur général de One Night Records, Tim Wilson. Il a dû s’adapter, en vendant des tickets par groupes de quatre et en transformant la déambulation libre en parcours linéaire.

Les mesures de distanciation physique constituent un véritable casse-tête. Avec deux mètres entre chaque spectateur, la Royal Shakespeare Company ne pourrait accueillir que 20% de son public habituel. «Pas viable financièrement», explique à l’AFP Catherine Mallyon, directrice exécutive de la compagnie basée à Stratford-upon-Avon, la ville du célèbre barde.

Quant à la mise en scène, prévient-elle, «Roméo et Juliette à deux mètres de distance, c’est difficile à imaginer».

Rimouski: financement complété pour l'agrandissement et la modernisation du Théâtre du Bic

L'Est du Québec

Rimouski: financement complété pour l'agrandissement et la modernisation du Théâtre du Bic

Johanne Fournier
Johanne Fournier
Collaboration spéciale
RIMOUSKI — Le montant qui manquait au Théâtre du Bic à Rimouski pour pouvoir aller de l'avant dans son projet d'agrandissement et de modernisation a été annoncé par visioconférence à partir d'Ottawa, jeudi, par le ministre du Patrimoine canadien, Steven Guilbeault. L'octroi de près de 2,9 millions$ d'Ottawa vient compléter l'enveloppe de plus de 6 millions$ nécessaire à la réalisation du projet espéré depuis six ans.

Outre la subvention fédérale de 2 892 275 $ offerte au propriétaire du bâtiment, soit la Ville de Rimouski, par l'entremise du Fonds du Canada pour les espaces culturels, Québec confirme une somme de 2,4 millions $. Pour sa part, la Ville de Rimouski octroiera 700 000 $ et le Théâtre du Bic contribuera pour une somme de 45 000 $.

Le projet vise à agrandir l'espace de 30  %. Le Théâtre sera également mis aux normes en matière de sécurité incendie et d'accès aux personnes à mobilité réduite. «Nous allons enfin avoir une salle de répétition, ce que tout théâtre digne de ce nom se doit d'avoir», se réjouit la présidente du conseil d'administration du Théâtre, Nathalie Babin. Les bureaux pour les employés et le vestiaire seront aussi agrandis. «La réalité du Théâtre du Bic, actuellement, c'est que c'est frais en hiver et chaud en été, a précisé le maire de Rimouski, Marc Parent. On va inverser la courbe.»

Emplacement exceptionnel

Pour le ministre Guilbeault, le Théâtre du Bic offre au public de la région et aux visiteurs une programmation annuelle de qualité axée sur le théâtre de création et la danse contemporaine. «L'emplacement du théâtre aide à sa réputation d'infrastructure culturelle et touristique de renom, entourée de couchers de soleil majestueux, dont j'oserais dire qu'ils sont les plus beaux au Québec». Steven Guilbeault a salué le travail de longue haleine du maire de Rimouski et de la présidente du conseil d'administration du Théâtre. «Je dirais que c'est le projet d'infrastructure culturelle sur lequel j'ai travaillé le plus depuis mon entrée en poste, l'automne dernier», a fait valoir le parlementaire.

Le maire Parent a tenu à remercier le député fédéral de Rimouski-Neigette-Témiscouata-Les Basques, Maxime Blanchette-Joncas, «qui était un jeune poulain, qui venait juste d'être élu et qui s'est mis à écrire au ministre pour souligner l'importance de ce projet-là».

Toute une épopée

«Ça a été toute une épopée et je me souviens, alors que j'en avais parlé brièvement avec le premier ministre Trudeau lorsqu'il était venu à Rimouski, de l'importance de ce projet-là», raconte Marc Parent, pour qui Ottawa a «vraiment livré la marchandise».

«Dans la première version de la lettre officielle de la subvention, il manquait 400 000 $ dans l'enveloppe, relate l'élu. Malgré ça, on a continué à avoir des discussions et M. Guilbault, qui était à Vancouver, a dit qu'il en parlerait à son équipe et qu'il nous redonnerait des nouvelles. Rapidement, il a réussi à gruger dans des fonds de tiroir pour trouver 400 000 $ additionnels. Merci pour votre détermination, M. le Ministre. Vos efforts font vraiment toute la différence. Je peux vous assurer qu'on va commencer les travaux en 2021 pour pouvoir inaugurer et on espère que vous serez présent, si vous n'avez pas été changé de ministère pour l'Environnement !»

Un joyau

«Le Théâtre du Bic est un joyau régional qui est reconnu à l'international, estime Nathalie Babin. Le Théâtre produit de la culture depuis près de 50 ans de façon créative, originale et puissante 12 mois par année. Toute l'équipe travaille à rendre la culture accessible, à l'animer, à l'enseigner et surtout à la partager. On a entre les mains un produit qui est purement québécois, régional et même purement rimouskois. Les arts de la scène, c'est extrêmement important. C'est, à mon avis, aussi important que le sport dans une société. Il faut absolument conserver ce privilège de pouvoir s'exprimer librement. Pour conserver nos acquis, il faut continuer à investir en culture. M. le ministre l'a fait et je dirais sincèrement que c'est la meilleure décision qu'il a prise depuis qu'il est en poste.»

Il y aura bientôt <em>Foule</em> à La Bordée

Théâtre

Il y aura bientôt Foule à La Bordée

Geneviève Bouchard
Geneviève Bouchard
Le Soleil
Les grands rassemblements sont toujours interdits en ce printemps de COVID-19, mais l’équipe de La Bordée conviera sous peu une foule sur son mur arrière, gracieuseté du duo artistique Atwood.

Après Wartin Pantois, Éric LeBlanc et Jean-François Bolduc prendront part la saison prochaine à une résidence en arts visuels offerte par le théâtre de la rue Saint-Joseph. Celle-ci sera lancée en octobre par le dévoilement de l’œuvre murale photographique Foule, qui réunira 20 portraits géants de citoyens d’horizons divers habitant le centre-ville de Québec. 

«De nuit, une projection en videomapping illuminera chaque visage et dévoilera leurs enjeux intimes en leur accolant des citations tirées des pièces des saisons antérieures ou à venir, montrant ainsi la part de théâtre vécue par ces actrices et acteurs du réel», peut-on lire dans un communiqué détaillant le projet. 

Les résidents de l’arrondissement La Cité-Limoilou, «mais aussi toutes celles et ceux qui s’y sentent chez eux à temps partiel ou à distance» sont invités à s’impliquer dans le projet et à faire partie de la Foule en y investissant un gros 10 ¢ de leurs économies. La contribution symbolique, mais qui pourrait quand même donner un coup de pouce dans la réalisation de l’œuvre, peut être faite sur le site de sociofinancement La ruche.

Diffusion en ligne: bénédiction ou malédiction pour les théâtres?

Arts

Diffusion en ligne: bénédiction ou malédiction pour les théâtres?

Rana Moussaoui
Agence France-Presse
PARIS — «Opéra chez soi», «théâtre et canapé»: en temps de coronavirus, les théâtres ont donné un accès sans précédent à leurs productions grâce à la diffusion en ligne, tout en espérant que ça ne soit qu’une parenthèse. Mais celle-ci risque d’être longue.

Les salles en France et ailleurs en Europe commencent à voir la lumière au bout du tunnel avec des dates de réouverture, mais font face au grand défi de faire venir les spectateurs tout en respectant la distanciation physique.

COVID-19: le milieu des arts de la scène demande à Québec d'agir vite

Arts

COVID-19: le milieu des arts de la scène demande à Québec d'agir vite

Yves Bergeras
Yves Bergeras
Le Droit
Un collectif de personnalités influentes du milieu artistique dénonce l’inaction de Québec en ce qui a trait à la diffusion des arts de la scène, depuis le début des mesures de confinement.

Il dit aussi regretter de ne pas être inclus dans le processus de déconfinement progressif amorcé. 

Ce collectif a fait parvenir, ce mardi 26 mai, une lettre à la ministre de la Culture et des Communications du Québec, Nathalie Roy, dans laquelle ses signataires regrettent le mutisme dont fait selon lui preuve le gouvernement provincial depuis «neuf semaines» et exigent «de toute urgence» une rencontre avec Mme Roy, afin de pouvoir «participer au processus décisionnel» activement.

Intitulée Pour les arts vivants, cette missive est signée par le metteur en scène Olivier Kemeid, «en concertation avec» sept créateurs de premier plan, dont la directrice artistique du Théâtre Français du CNA Brigitte Haentjens.

Les autres cosignataires sont les metteur.e.s en scène Denis Marleau, Claude Poissant, Martin Faucher, Sylvain Bélanger, Stéphanie Jasmin et Ginette Noiseux.

Leur lettre recueille déjà le soutien de plus de 250 artistes, parmi lesquels figurent de multiples personnalités influentes, tels Christian Bégin, James Hyndman, Evelyne de la Chenelière, Julie Le Breton, Debbie Lynch-White, Macha Limonchik ou Louise Lecavalier.

«Neuf semaines. Les artistes ont attendu neuf semaines, pendant lesquelles, du côté du gouvernement québécois, ce fut, pour rester poli, la grande discrétion, et pour être franc, le silence complet. Lors des conférences de presse, les arts de la scène n’étaient jamais mentionnés», fait observer le collectif, en amorce de sa lettre.

À l’heure où «des programmes [d’aide] viennent d’être suspendus sans que les artistes aient été consultés», les associations professionnelles, notamment théâtrales, se sont «démenées» pour présenter «des plans de relance et de sauvetage» aux autorités culturelles, estime le collectif. «Nous n’avons toujours pas reçu de retour», déplore-t-il. 

La décence de se taire

Les cosignataires dénoncent «le silence et l’opacité» du Conseil des arts et des lettres du Québec, l’interlocuteur gouvernemental privilégié des artistes. Selon eux, «la seule manifestation de soutien concret» provient du public, qui «nous écrit chaque jour pour savoir quand nos portes ouvriront». 

Dans sa lettre ouverte, le collectif dit avoir fait preuve de patience, les artistes ayant reconnu l’urgence des enjeux et accepté les priorités – sanitaires, économiques et éducatives –  de l’action gouvernementale. Mais il demande haut et fort «l’assurance qu’un filet social vienne sauver» ce secteur qui compte des milliers d’emplois.

«Au début, nous comprenions. Les urgences se logeaient en d’autres lieux de la société. [...] Nous nous sommes tus, et les rares fois où nous parlions, c’était pour exprimer toute notre solidarité, notre compassion. Plusieurs d’entre nous ont mis leur talent à contribution, bénévolement. »

En pleine contagion, et face aux nombreux décès qui ont endeuillé la société, la «décence» imposait aux artistes de «se taire», plutôt que de dénoncer prématurément tout manque de leadership, reconnaissent les sept cosignataires.

«Néanmoins, des années de travail ont été balayées par le souffle mortel de la pandémie. [...] Nos programmations, qui se bâtissent sur plusieurs années, ont été déchiquetées par la tornade», poursuivent-ils.

Programmation virtuelle pour le Carrefour de théâtre

Théâtre

Programmation virtuelle pour le Carrefour de théâtre

Geneviève Bouchard
Geneviève Bouchard
Le Soleil
N’eût été la COVID-19, le Carrefour international de théâtre devait être lancé ce jeudi. L’occasion aurait été belle de nous rassembler dans les salles de spectacles et aux abords de la rivière Saint-Charles, où le parcours Où tu vas quand tu dors en marchant…? devait reprendre vie. Pandémie oblige, ce sera partie remise. Mais l’organisation tenait quand même à marquer le coup en proposant à ses festivaliers une programmation virtuelle mise en ligne dès maintenant.

«C’est une façon de faire un petit coucou à notre public, de dire qu’on est là», note la directrice artistique du Carrefour, Marie Gignac.

Au menu de ce festival Web, quelques captations intégrales de spectacles qui ont fait escale au Carrefour dans les dernières années. C’est le cas de la pièce Le dire de Di de Michel Ouellette, qu’on a pu voir l’an dernier. Idem pour la singulière expérience de La nuit des taupes de Philippe Quesne, proposée en 2018. L’exercice qui loge à mi-chemin entre la conférence et la pièce de théâtre Un faible degré d’originalité d’Antoine Defoort pourra aussi être revu sur le Web, tout comme le spectacle Straight Jacket Winter d’Esther Duquette et Gilles Poulin-Denis, qui s’inspire librement du roman L’hiver de force de Réjean Ducharme et qu’on a pu voir en 2016.

«Je tenais à ce que ce soit des spectacles qu’on a déjà présentés, que les gens ont déjà vus, explique Marie Gignac. Je trouve que le théâtre en captation vidéo, ça ne rend pas justice à l’œuvre. Mais si tu as vu Le dire de Di, tu peux avoir envie de le réécouter. Même si ce n’est pas pareil, tu as quand même le souvenir de ton expérience charnelle.»

Les vidéos accessibles sur le site du Carrefour comprennent également nombre de documentaires mettant en perspective l’œuvre d’artistes «habitués et chéris du Carrefour» qui nous ont rendu visite au fil des ans : Joël Pommerat, Thomas Ostermeier, Alain Platel ou Peter Brook. Des œuvres de ces deux derniers — Requiem pour L et Why? — étaient d’ailleurs attendues au festival en 2020.

Le travail de Brigitte Haentjens, qui a elle-même été codirectrice du Carrefour, sera aussi mis en exergue. Celui des artistes Mani Soleymanlou, Emmanuel Schwarz, Sacha Samar, Olivier Choinière et Olivier Kemeid le sera également.

«Ça, c’est de la belle grosse matière», résume Marie Gignac.

Nouveau balado du Théâtre Niveau Parking

Théâtre

Nouveau balado du Théâtre Niveau Parking

Geneviève Bouchard
Geneviève Bouchard
Le Soleil
Les salles de spectacles sont fermées en ces temps de pandémie, mais les créateurs ne sont pas inaccessibles pour autant. Grâce au nouveau projet de balado Solstice du Théâtre Niveau Parking (TNP), les comédiens s’inviteront dans vos écouteurs dès le 13 mai.

Initiée par le comédien et metteur en scène Charles-Étienne Beaulne, la proposition sera lancée par quatre capsules d’une durée de 15 à 20 minutes. Dans chacune d’elle, un auteur de Québec a eu carte blanche pour monter une mini-pièce de théâtre en audio. On passe du thriller comique avec Monika Pilon au récit d’horreur avec érotisme avec Erika Soucy ; du docu-fiction politique avec David Bouchard au suspense absurde avec Isabelle Hubert.

Notre suggestion : <em>Un faible degré d’originalité</em>

Théâtre

Notre suggestion : Un faible degré d’originalité

Geneviève Bouchard
Geneviève Bouchard
Le Soleil
Presque tous les lieux culturels sont fermés en raison de la COVID-19. L’art demeure accessible et peut jouer un rôle réconfortant. L’équipe des arts du Soleil va s’efforcer de vous le démontrer, à commencer par une suggestion quotidienne pour vous aider à garder le moral.

Le Français Antoine Defoort n’avait pas raté son effet, en 2017, en présentant au Carrefour international de théâtre son spectacle Un faible degré d’originalité.

Au creux de l'oreille: prolongation jusqu'au 10 mai

Théâtre

Au creux de l'oreille: prolongation jusqu'au 10 mai

Éric Moreault
Éric Moreault
Le Soleil
L’initiative Au creux de l’oreille, par laquelle des comédiens entrent en contact avec des gens du public par téléphone le temps d’une lecture d’une quinzaine de minutes, a fait mouche ces derniers jours. Si bien qu’elle sera prolongée jusqu’au 10 mai.

Lancé à Paris par Wajdi Mouawad et le Théâtre de la Colline, le projet a été initié ici par les comédiennes Marie-Josée Bastien et Linda Laplante avec la collaboration du Théâtre Périscope, qui chapeaute les activités. 

Alors que les salles de spectacles sont désertées pour cause de pandémie de COVID-19, Au creux de l’oreille propose de faire vibrer l’art et de briser l’isolement par un appel téléphonique de 15 minutes pendant lesquelles un comédien fera la lecture à un ou des auditeurs qui auront pris rendez-vous au préalable. 

Depuis la semaine dernière, quelque 675 personnes ont profité des services bénévoles de 178 lecteurs ou lectrices. Jusqu’au 2 mai, des appels pourront être logés du mardi au samedi de 16h à 20h. Du 4 au 10 mai, ça se passera entre 14h et 20h.

Les auditeurs (de partout au Québec) intéressés doivent se manifester via le site Web du Périscope d’ici au 3 mai.  

Au creux de l'oreille: l’art au bout du fil

Théâtre

Au creux de l'oreille: l’art au bout du fil

Geneviève Bouchard
Geneviève Bouchard
Le Soleil
Comme nous ne pouvons plus aller voir les comédiens sur les planches, ce sont eux qui viennent à nous pendant la pandémie de COVID-19 grâce à l’initiative Au creux de l’oreille. Après la télé, la radio et le Web, c’est par téléphone qu’on pourra d’ici au 3 mai et partout au Québec reconnecter gratuitement avec les artistes d’ici.

Venue de Wajdi Mouawad et du théâtre La Colline de Paris, l’idée est à la fois simple et chaleureuse : un appel d’une quinzaine de minutes logé par un interprète qui lira un texte à des interlocuteurs ayant manifesté leur l’intérêt. Les comédiennes Linda Laplante et Marie-Josée Bastien, qui participaient déjà à l’initiative européenne lancée le 24 mars à l’invitation de Wajdi Mouawad, ont eu envie de transposer le concept au Québec et le tout s’est concrétisé avec la collaboration du Théâtre Périscope. L’objectif? Faire vibrer l’art, mais surtout briser l’isolement.

Notre suggestion : Des taupes dans votre salon

Théâtre

Notre suggestion : Des taupes dans votre salon

Geneviève Bouchard
Geneviève Bouchard
Le Soleil
Presque tous les lieux culturels sont fermés en raison de la COVID-19. L’art demeure accessible et peut jouer un rôle réconfortant. L’équipe des arts du Soleil va s’efforcer de vous le démontrer, à commencer par une suggestion quotidienne pour vous aider à garder le moral.

En 2018, les taupes géantes du metteur en scène français Philippe Quesne ne sont pas passées inaperçues au Carrefour international de théâtre. Même qu’elles ont solidement rocké dans la salle Octave-Crémazie du Grand Théâtre, où elles s’étaient recréé un monde dans le singulier spectacle sans paroles La nuit des taupes.