Les théâtres de Broadway fermés au moins jusqu’en janvier 2021

Théâtre

Les théâtres de Broadway fermés au moins jusqu’en janvier 2021

NEW YORK — Les théâtres de Broadway, une des grandes attractions new-yorkaises, fermés depuis mars pour cause de pandémie, resteront fermés au moins jusqu’en janvier 2021, a indiqué lundi l’association professionnelle The Broadway League.

Tous les théâtres «offrent désormais des remboursements ou des échanges pour les billets achetés pour des représentations prévues avant le 3 janvier», a indiqué l’association dans un communiqué, sans donner de date ferme de réouverture.

Le <em>Où tu vas quand tu dors en marchant?</em> 2020 annulé

Arts et spectacles

Le Où tu vas quand tu dors en marchant? 2020 annulé

C’est la mort dans l’âme que le Carrefour international de théâtre a abandonné son rêve de présenter une version à l’épreuve de la COVID-19 de son célèbre parcours déambulatoire Où tu vas quand tu dors en marchant? La décision a été prise conjointement avec la Ville de Québec quand il est devenu évident que le temps allait manquer pour recevoir l’aval de la Santé publique à temps.

C’est au moment de l’annulation de l’édition 2020 du Carrefour que sa direction avait proposé une présentation du parcours en septembre. Le spectacle créé en mai 2019 a depuis fait l’objet d’analyses approfondies, visant à intégrer les mesures de distanciation physique et à assurer la sécurité des artistes et du public.

Le Trident prépare sa rentrée d’automne

Théâtre

Le Trident prépare sa rentrée d’automne

Amateurs de théâtre, gardez espoir! L’équipe du Trident confirme qu’elle reprendra la scène d’assaut à l’automne. La première partie de son programme sera dévoilée le 17 août sous le thème Les grandes retrouvailles — 50 ans de feu sacré.

Cette saison anniversaire ne sera pas comme les autres, elle qui se déploiera dans une «formule adaptée aux normes sanitaires» imposées par le coronavirus et avec une «programmation exceptionnelle, pensée spécialement dans les circonstances», précise-t-on du côté du Trident.

Les théâtres du West End de Londres contraints de se réinventer

Théâtre

Les théâtres du West End de Londres contraints de se réinventer

LONDRES — On y vient du monde entier assister à des comédies musicales. Le quartier du West End, à Londres, est réduit au silence depuis la pandémie de coronavirus, qui pousse les théâtres à se réinventer pour survivre.

Quinze millions de billets sont vendus chaque année pour l’un des théâtres de ce quartier du centre de la capitale britannique, prisé des touristes venus voir Le Fantôme de l’opéra, Les Misérables ou encore La Souricière d’Agatha Christie, pièce jouée depuis 1952.

Fermés depuis le mois de mars à cause de la pandémie, les théâtres s’interrogent sur leur avenir si perdurent les mesures de distanciation physique (deux mètres entre chaque personne actuellement en Angleterre) et les restrictions de circulation.

Louis Hartshorn et Brian Hook, cofondateurs de Hartshorn-Hook productions, sont parmi les premiers à avoir annoncé la reprise, pour octobre, de The Great Gatsby, un spectacle immersif revu et corrigé pour s’adapter au contexte sanitaire.

«Le spectacle va être réimaginé comme un bal masqué», a expliqué à l’AFP Brian Hook. Les spectateurs sont invités à porter des masques, qu’ils peuvent intégrer dans leur déguisement, et des gants, s’ils le souhaitent.

Le public sera aussi réduit à 90 spectateurs, contre 240 auparavant, et les horaires modifiés pour permettre le nettoyage des lieux.

Bonne nouvelle: les billets «se vendent et les gens veulent revenir», note Brian Hook. Louis Hartshorn le reconnaît cependant: «Il faut que ça marche extrêmement bien pour atteindre le seuil de rentabilité car les chiffres sont contre nous».

La grande difficulté dans l’immédiat est l’absence de touristes. Hôtels, restaurants et musées restent fermés, au moins jusqu’à début juillet. Et l’instauration le 8 juin d’une quarantaine de quatorze jours pour les voyageurs arrivant au Royaume-Uni a repoussé toute perspective de reprise.

«Environ un tiers des spectateurs des théâtres londoniens sont des touristes internationaux (...) et pour le moment, il y a peu d’espoir de les voir revenir», déplore Julian Bird, patron de l’association UK theatre, devant une commission parlementaire.

Au total 70% des théâtres britanniques pourraient se retrouver en faillite d’ici la fin de l’année, selon lui.

Expériences immersives 

La crise actuelle représente un trou de trois milliards de livres (3,3 milliards d’euros) dans les revenus des salles cette année, soit une chute de plus de 60%, selon une étude réalisée par cabinet Oxford Economics pour la Creative Industries Federation.

Cette estimation ne prend pas en compte la possible réticence du public à revenir quand cela sera permis, avertit cette fédération qui craint 200 000 suppressions d’emplois sans intervention des pouvoirs publics.

Pour survivre, certains rouvrent d’ores et déjà sous une autre forme.

Au théâtre de l’Old Vic, les comédiens Claire Foy et Matt Smith, stars de la série The Crown, joueront sans public et en gardant leurs distances la pièce Lungs. Chaque représentation sera filmée et retransmise en direct à un millier de personnes ayant acheté leurs billets au prix qu’ils payeraient habituellement, entre 10 et 65 livres, bien que cette fois, tous bénéficieront tous de la même vue.

Le pari est osé alors que de nombreux autres théâtres, comme le National Theatre, ont mis gratuitement en ligne sur leur site internet des pièces filmées avant la pandémie.

Pour Brian Hook, le contexte va favoriser les spectacles faisant participer les spectateurs. «Il y avait déjà un boom pour le théâtre immersif avant cette crise (...) Je pense que ça va être très positif pour ça».

La compagnie One Night Records lancera un projet de ce type début octobre, dans un lieu tenu secret, Lockdown Town (Ville confinée), une promenade à la découverte de genres musicaux des années 1920 aux années 1950.

«Parce que le lieu est très grand et parce qu’il s’agit d’une expérience immersive, nous sommes capables de le faire», a expliqué à l’AFP le directeur général de One Night Records, Tim Wilson. Il a dû s’adapter, en vendant des tickets par groupes de quatre et en transformant la déambulation libre en parcours linéaire.

Les mesures de distanciation physique constituent un véritable casse-tête. Avec deux mètres entre chaque spectateur, la Royal Shakespeare Company ne pourrait accueillir que 20% de son public habituel. «Pas viable financièrement», explique à l’AFP Catherine Mallyon, directrice exécutive de la compagnie basée à Stratford-upon-Avon, la ville du célèbre barde.

Quant à la mise en scène, prévient-elle, «Roméo et Juliette à deux mètres de distance, c’est difficile à imaginer».

Rimouski: financement complété pour l'agrandissement et la modernisation du Théâtre du Bic

L'Est du Québec

Rimouski: financement complété pour l'agrandissement et la modernisation du Théâtre du Bic

RIMOUSKI — Le montant qui manquait au Théâtre du Bic à Rimouski pour pouvoir aller de l'avant dans son projet d'agrandissement et de modernisation a été annoncé par visioconférence à partir d'Ottawa, jeudi, par le ministre du Patrimoine canadien, Steven Guilbeault. L'octroi de près de 2,9 millions$ d'Ottawa vient compléter l'enveloppe de plus de 6 millions$ nécessaire à la réalisation du projet espéré depuis six ans.

Outre la subvention fédérale de 2 892 275 $ offerte au propriétaire du bâtiment, soit la Ville de Rimouski, par l'entremise du Fonds du Canada pour les espaces culturels, Québec confirme une somme de 2,4 millions $. Pour sa part, la Ville de Rimouski octroiera 700 000 $ et le Théâtre du Bic contribuera pour une somme de 45 000 $.

Le projet vise à agrandir l'espace de 30  %. Le Théâtre sera également mis aux normes en matière de sécurité incendie et d'accès aux personnes à mobilité réduite. «Nous allons enfin avoir une salle de répétition, ce que tout théâtre digne de ce nom se doit d'avoir», se réjouit la présidente du conseil d'administration du Théâtre, Nathalie Babin. Les bureaux pour les employés et le vestiaire seront aussi agrandis. «La réalité du Théâtre du Bic, actuellement, c'est que c'est frais en hiver et chaud en été, a précisé le maire de Rimouski, Marc Parent. On va inverser la courbe.»

Emplacement exceptionnel

Pour le ministre Guilbeault, le Théâtre du Bic offre au public de la région et aux visiteurs une programmation annuelle de qualité axée sur le théâtre de création et la danse contemporaine. «L'emplacement du théâtre aide à sa réputation d'infrastructure culturelle et touristique de renom, entourée de couchers de soleil majestueux, dont j'oserais dire qu'ils sont les plus beaux au Québec». Steven Guilbeault a salué le travail de longue haleine du maire de Rimouski et de la présidente du conseil d'administration du Théâtre. «Je dirais que c'est le projet d'infrastructure culturelle sur lequel j'ai travaillé le plus depuis mon entrée en poste, l'automne dernier», a fait valoir le parlementaire.

Le maire Parent a tenu à remercier le député fédéral de Rimouski-Neigette-Témiscouata-Les Basques, Maxime Blanchette-Joncas, «qui était un jeune poulain, qui venait juste d'être élu et qui s'est mis à écrire au ministre pour souligner l'importance de ce projet-là».

Toute une épopée

«Ça a été toute une épopée et je me souviens, alors que j'en avais parlé brièvement avec le premier ministre Trudeau lorsqu'il était venu à Rimouski, de l'importance de ce projet-là», raconte Marc Parent, pour qui Ottawa a «vraiment livré la marchandise».

«Dans la première version de la lettre officielle de la subvention, il manquait 400 000 $ dans l'enveloppe, relate l'élu. Malgré ça, on a continué à avoir des discussions et M. Guilbault, qui était à Vancouver, a dit qu'il en parlerait à son équipe et qu'il nous redonnerait des nouvelles. Rapidement, il a réussi à gruger dans des fonds de tiroir pour trouver 400 000 $ additionnels. Merci pour votre détermination, M. le Ministre. Vos efforts font vraiment toute la différence. Je peux vous assurer qu'on va commencer les travaux en 2021 pour pouvoir inaugurer et on espère que vous serez présent, si vous n'avez pas été changé de ministère pour l'Environnement !»

Un joyau

«Le Théâtre du Bic est un joyau régional qui est reconnu à l'international, estime Nathalie Babin. Le Théâtre produit de la culture depuis près de 50 ans de façon créative, originale et puissante 12 mois par année. Toute l'équipe travaille à rendre la culture accessible, à l'animer, à l'enseigner et surtout à la partager. On a entre les mains un produit qui est purement québécois, régional et même purement rimouskois. Les arts de la scène, c'est extrêmement important. C'est, à mon avis, aussi important que le sport dans une société. Il faut absolument conserver ce privilège de pouvoir s'exprimer librement. Pour conserver nos acquis, il faut continuer à investir en culture. M. le ministre l'a fait et je dirais sincèrement que c'est la meilleure décision qu'il a prise depuis qu'il est en poste.»

Il y aura bientôt <em>Foule</em> à La Bordée

Théâtre

Il y aura bientôt Foule à La Bordée

Les grands rassemblements sont toujours interdits en ce printemps de COVID-19, mais l’équipe de La Bordée conviera sous peu une foule sur son mur arrière, gracieuseté du duo artistique Atwood.

Après Wartin Pantois, Éric LeBlanc et Jean-François Bolduc prendront part la saison prochaine à une résidence en arts visuels offerte par le théâtre de la rue Saint-Joseph. Celle-ci sera lancée en octobre par le dévoilement de l’œuvre murale photographique Foule, qui réunira 20 portraits géants de citoyens d’horizons divers habitant le centre-ville de Québec. 

«De nuit, une projection en videomapping illuminera chaque visage et dévoilera leurs enjeux intimes en leur accolant des citations tirées des pièces des saisons antérieures ou à venir, montrant ainsi la part de théâtre vécue par ces actrices et acteurs du réel», peut-on lire dans un communiqué détaillant le projet. 

Les résidents de l’arrondissement La Cité-Limoilou, «mais aussi toutes celles et ceux qui s’y sentent chez eux à temps partiel ou à distance» sont invités à s’impliquer dans le projet et à faire partie de la Foule en y investissant un gros 10 ¢ de leurs économies. La contribution symbolique, mais qui pourrait quand même donner un coup de pouce dans la réalisation de l’œuvre, peut être faite sur le site de sociofinancement La ruche.

Diffusion en ligne: bénédiction ou malédiction pour les théâtres?

Arts

Diffusion en ligne: bénédiction ou malédiction pour les théâtres?

PARIS — «Opéra chez soi», «théâtre et canapé»: en temps de coronavirus, les théâtres ont donné un accès sans précédent à leurs productions grâce à la diffusion en ligne, tout en espérant que ça ne soit qu’une parenthèse. Mais celle-ci risque d’être longue.

Les salles en France et ailleurs en Europe commencent à voir la lumière au bout du tunnel avec des dates de réouverture, mais font face au grand défi de faire venir les spectateurs tout en respectant la distanciation physique.

COVID-19: le milieu des arts de la scène demande à Québec d'agir vite

Arts

COVID-19: le milieu des arts de la scène demande à Québec d'agir vite

Un collectif de personnalités influentes du milieu artistique dénonce l’inaction de Québec en ce qui a trait à la diffusion des arts de la scène, depuis le début des mesures de confinement.

Il dit aussi regretter de ne pas être inclus dans le processus de déconfinement progressif amorcé. 

Ce collectif a fait parvenir, ce mardi 26 mai, une lettre à la ministre de la Culture et des Communications du Québec, Nathalie Roy, dans laquelle ses signataires regrettent le mutisme dont fait selon lui preuve le gouvernement provincial depuis «neuf semaines» et exigent «de toute urgence» une rencontre avec Mme Roy, afin de pouvoir «participer au processus décisionnel» activement.

Intitulée Pour les arts vivants, cette missive est signée par le metteur en scène Olivier Kemeid, «en concertation avec» sept créateurs de premier plan, dont la directrice artistique du Théâtre Français du CNA Brigitte Haentjens.

Les autres cosignataires sont les metteur.e.s en scène Denis Marleau, Claude Poissant, Martin Faucher, Sylvain Bélanger, Stéphanie Jasmin et Ginette Noiseux.

Leur lettre recueille déjà le soutien de plus de 250 artistes, parmi lesquels figurent de multiples personnalités influentes, tels Christian Bégin, James Hyndman, Evelyne de la Chenelière, Julie Le Breton, Debbie Lynch-White, Macha Limonchik ou Louise Lecavalier.

«Neuf semaines. Les artistes ont attendu neuf semaines, pendant lesquelles, du côté du gouvernement québécois, ce fut, pour rester poli, la grande discrétion, et pour être franc, le silence complet. Lors des conférences de presse, les arts de la scène n’étaient jamais mentionnés», fait observer le collectif, en amorce de sa lettre.

À l’heure où «des programmes [d’aide] viennent d’être suspendus sans que les artistes aient été consultés», les associations professionnelles, notamment théâtrales, se sont «démenées» pour présenter «des plans de relance et de sauvetage» aux autorités culturelles, estime le collectif. «Nous n’avons toujours pas reçu de retour», déplore-t-il. 

La décence de se taire

Les cosignataires dénoncent «le silence et l’opacité» du Conseil des arts et des lettres du Québec, l’interlocuteur gouvernemental privilégié des artistes. Selon eux, «la seule manifestation de soutien concret» provient du public, qui «nous écrit chaque jour pour savoir quand nos portes ouvriront». 

Dans sa lettre ouverte, le collectif dit avoir fait preuve de patience, les artistes ayant reconnu l’urgence des enjeux et accepté les priorités – sanitaires, économiques et éducatives –  de l’action gouvernementale. Mais il demande haut et fort «l’assurance qu’un filet social vienne sauver» ce secteur qui compte des milliers d’emplois.

«Au début, nous comprenions. Les urgences se logeaient en d’autres lieux de la société. [...] Nous nous sommes tus, et les rares fois où nous parlions, c’était pour exprimer toute notre solidarité, notre compassion. Plusieurs d’entre nous ont mis leur talent à contribution, bénévolement. »

En pleine contagion, et face aux nombreux décès qui ont endeuillé la société, la «décence» imposait aux artistes de «se taire», plutôt que de dénoncer prématurément tout manque de leadership, reconnaissent les sept cosignataires.

«Néanmoins, des années de travail ont été balayées par le souffle mortel de la pandémie. [...] Nos programmations, qui se bâtissent sur plusieurs années, ont été déchiquetées par la tornade», poursuivent-ils.

Programmation virtuelle pour le Carrefour de théâtre

Théâtre

Programmation virtuelle pour le Carrefour de théâtre

N’eût été la COVID-19, le Carrefour international de théâtre devait être lancé ce jeudi. L’occasion aurait été belle de nous rassembler dans les salles de spectacles et aux abords de la rivière Saint-Charles, où le parcours Où tu vas quand tu dors en marchant…? devait reprendre vie. Pandémie oblige, ce sera partie remise. Mais l’organisation tenait quand même à marquer le coup en proposant à ses festivaliers une programmation virtuelle mise en ligne dès maintenant.

«C’est une façon de faire un petit coucou à notre public, de dire qu’on est là», note la directrice artistique du Carrefour, Marie Gignac.

Au menu de ce festival Web, quelques captations intégrales de spectacles qui ont fait escale au Carrefour dans les dernières années. C’est le cas de la pièce Le dire de Di de Michel Ouellette, qu’on a pu voir l’an dernier. Idem pour la singulière expérience de La nuit des taupes de Philippe Quesne, proposée en 2018. L’exercice qui loge à mi-chemin entre la conférence et la pièce de théâtre Un faible degré d’originalité d’Antoine Defoort pourra aussi être revu sur le Web, tout comme le spectacle Straight Jacket Winter d’Esther Duquette et Gilles Poulin-Denis, qui s’inspire librement du roman L’hiver de force de Réjean Ducharme et qu’on a pu voir en 2016.

«Je tenais à ce que ce soit des spectacles qu’on a déjà présentés, que les gens ont déjà vus, explique Marie Gignac. Je trouve que le théâtre en captation vidéo, ça ne rend pas justice à l’œuvre. Mais si tu as vu Le dire de Di, tu peux avoir envie de le réécouter. Même si ce n’est pas pareil, tu as quand même le souvenir de ton expérience charnelle.»

Les vidéos accessibles sur le site du Carrefour comprennent également nombre de documentaires mettant en perspective l’œuvre d’artistes «habitués et chéris du Carrefour» qui nous ont rendu visite au fil des ans : Joël Pommerat, Thomas Ostermeier, Alain Platel ou Peter Brook. Des œuvres de ces deux derniers — Requiem pour L et Why? — étaient d’ailleurs attendues au festival en 2020.

Le travail de Brigitte Haentjens, qui a elle-même été codirectrice du Carrefour, sera aussi mis en exergue. Celui des artistes Mani Soleymanlou, Emmanuel Schwarz, Sacha Samar, Olivier Choinière et Olivier Kemeid le sera également.

«Ça, c’est de la belle grosse matière», résume Marie Gignac.

Nouveau balado du Théâtre Niveau Parking

Théâtre

Nouveau balado du Théâtre Niveau Parking

Les salles de spectacles sont fermées en ces temps de pandémie, mais les créateurs ne sont pas inaccessibles pour autant. Grâce au nouveau projet de balado Solstice du Théâtre Niveau Parking (TNP), les comédiens s’inviteront dans vos écouteurs dès le 13 mai.

Initiée par le comédien et metteur en scène Charles-Étienne Beaulne, la proposition sera lancée par quatre capsules d’une durée de 15 à 20 minutes. Dans chacune d’elle, un auteur de Québec a eu carte blanche pour monter une mini-pièce de théâtre en audio. On passe du thriller comique avec Monika Pilon au récit d’horreur avec érotisme avec Erika Soucy ; du docu-fiction politique avec David Bouchard au suspense absurde avec Isabelle Hubert.

Notre suggestion : <em>Un faible degré d’originalité</em>

Théâtre

Notre suggestion : Un faible degré d’originalité

Presque tous les lieux culturels sont fermés en raison de la COVID-19. L’art demeure accessible et peut jouer un rôle réconfortant. L’équipe des arts du Soleil va s’efforcer de vous le démontrer, à commencer par une suggestion quotidienne pour vous aider à garder le moral.

Le Français Antoine Defoort n’avait pas raté son effet, en 2017, en présentant au Carrefour international de théâtre son spectacle Un faible degré d’originalité.

Au creux de l'oreille: prolongation jusqu'au 10 mai

Théâtre

Au creux de l'oreille: prolongation jusqu'au 10 mai

L’initiative Au creux de l’oreille, par laquelle des comédiens entrent en contact avec des gens du public par téléphone le temps d’une lecture d’une quinzaine de minutes, a fait mouche ces derniers jours. Si bien qu’elle sera prolongée jusqu’au 10 mai.

Lancé à Paris par Wajdi Mouawad et le Théâtre de la Colline, le projet a été initié ici par les comédiennes Marie-Josée Bastien et Linda Laplante avec la collaboration du Théâtre Périscope, qui chapeaute les activités. 

Alors que les salles de spectacles sont désertées pour cause de pandémie de COVID-19, Au creux de l’oreille propose de faire vibrer l’art et de briser l’isolement par un appel téléphonique de 15 minutes pendant lesquelles un comédien fera la lecture à un ou des auditeurs qui auront pris rendez-vous au préalable. 

Depuis la semaine dernière, quelque 675 personnes ont profité des services bénévoles de 178 lecteurs ou lectrices. Jusqu’au 2 mai, des appels pourront être logés du mardi au samedi de 16h à 20h. Du 4 au 10 mai, ça se passera entre 14h et 20h.

Les auditeurs (de partout au Québec) intéressés doivent se manifester via le site Web du Périscope d’ici au 3 mai.  

Au creux de l'oreille: l’art au bout du fil

Théâtre

Au creux de l'oreille: l’art au bout du fil

Comme nous ne pouvons plus aller voir les comédiens sur les planches, ce sont eux qui viennent à nous pendant la pandémie de COVID-19 grâce à l’initiative Au creux de l’oreille. Après la télé, la radio et le Web, c’est par téléphone qu’on pourra d’ici au 3 mai et partout au Québec reconnecter gratuitement avec les artistes d’ici.

Venue de Wajdi Mouawad et du théâtre La Colline de Paris, l’idée est à la fois simple et chaleureuse : un appel d’une quinzaine de minutes logé par un interprète qui lira un texte à des interlocuteurs ayant manifesté leur l’intérêt. Les comédiennes Linda Laplante et Marie-Josée Bastien, qui participaient déjà à l’initiative européenne lancée le 24 mars à l’invitation de Wajdi Mouawad, ont eu envie de transposer le concept au Québec et le tout s’est concrétisé avec la collaboration du Théâtre Périscope. L’objectif? Faire vibrer l’art, mais surtout briser l’isolement.

Notre suggestion : Des taupes dans votre salon

Théâtre

Notre suggestion : Des taupes dans votre salon

Presque tous les lieux culturels sont fermés en raison de la COVID-19. L’art demeure accessible et peut jouer un rôle réconfortant. L’équipe des arts du Soleil va s’efforcer de vous le démontrer, à commencer par une suggestion quotidienne pour vous aider à garder le moral.

En 2018, les taupes géantes du metteur en scène français Philippe Quesne ne sont pas passées inaperçues au Carrefour international de théâtre. Même qu’elles ont solidement rocké dans la salle Octave-Crémazie du Grand Théâtre, où elles s’étaient recréé un monde dans le singulier spectacle sans paroles La nuit des taupes.

COVID-19: le Festival d’Avignon en France annulé

Théâtre

COVID-19: le Festival d’Avignon en France annulé

PARIS — Le Festival d’Avignon, la plus célèbre manifestation théâtrale au monde, prévu du 3 au 23 juillet dans le sud de la France, a été annulée en raison de la crise sanitaire du coronavirus, ont indiqué lundi les organisateurs.

«Les conditions ne sont plus aujourd’hui réunies pour que se déroule la 74e édition», écrivent-ils dans un communiqué, après avoir «pris acte des déclarations du président de la République». Le président français Emmanuel Macron a expliqué lundi soir que les festivals ne pourraient se tenir avant, au moins, la mi-juillet.

Les théâtres d’été sur la glace

Arts et spectacles

Les théâtres d’été sur la glace

La prochaine saison des théâtres d’été en sera une à oublier partout au Québec. Le rideau tombe sur pratiquement toutes les productions qui devaient être lancées à la fin de juin, dans la foulée des annonces gouvernementales sur le maintien d’une distanciation physique en vigueur pendant encore des mois.

À La Roche à Veillon, à Saint-Jean-Port-Joli, la productrice et directrice artistique Nancy Bernier, comme nombre de ses collègues du milieu, se désolait du report de la saison. La pièce Cayo Cocktail, annoncée pour le 23 juin, retournera sur les planches en 2021, avec la même distribution.

Notre suggestion: du théâtre à (re)voir

Théâtre

Notre suggestion: du théâtre à (re)voir

Presque tous les lieux culturels sont fermés en raison de la COVID-19. L’art demeure accessible et peut jouer un rôle réconfortant. L’équipe des arts du Soleil va s’efforcer de vous le démontrer, à commencer par une suggestion quotidienne pour vous aider à garder le moral.

Vous avez peut-être eu l’occasion de voir ces pièces dans les théâtres de la capitale. Pour renouveler le plaisir ou simplement voir ce que vous avez manqué, les compagnies Théâtre Niveau Parking (TNP) et Nous sommes ici rendent disponible en ligne les spectacles Lentement la beauté et Entre autres.

Anne-Marie Olivier : Briser l'isolement sur les planches

Théâtre

Anne-Marie Olivier : Briser l'isolement sur les planches

Cette semaine, Anne-Marie Olivier devait monter sur la scène du Centre du Théâtre d’Aujourd’hui, à Montréal, pour y porter sa nouvelle pièce, Maurice. Crise de la COVID-19 oblige, l’autrice et comédienne a dû pour le moment renoncer au spectacle, dans lequel elle interprète un homme aphasique bien décidé à briser son isolement. Le texte est néanmoins arrivé en librairie le 24 mars, en pleine période de confinement.

Directrice artistique du Trident, dramaturge

Le Carrefour international de théâtre annulé

Théâtre

Le Carrefour international de théâtre annulé

Le Carrefour international de théâtre succombe pour cette année à la pandémie de la COVID-19. Toutes les activités en salles sont annulées. Il n’est toutefois pas exclu que le populaire spectacle déambulatoire Où tu vas quand tu dors en marchant…? soit reporté.

La décision a été crève-cœur. Mais elle s’imposait. Pour l’organisation, qui reçoit chaque année des spectacles venus d’ailleurs, la fermeture des frontières a été l’élément fatidique. Le festival n’avait pas encore dévoilé sa programmation complète. Et son équipe jouait de prudence en ces temps incertains. Les pertes financières seront donc amoindries pour l’organisation. «Je trouve que malgré tout, la prudence aura été bonne conseillère dans les circonstances. J’ai confiance qu’on va arriver à sortir de là dans la posture de continuer», assure la directrice générale du Carrefour, Dominique Violette. 

Mais il y aura quand même des pertes à éponger. «C’est sûr qu’il va y avoir [des impacts financiers], ajoute-t-elle. Il va y en avoir pour tout le monde qu’on avait invité. Les répercussions vont être importantes pour les compagnies. Nous, il y a des limites par rapport à ce dont on est responsable. C’est un cas de force majeure. Là, on a encore du travail à faire pour déterminer les impacts. Quelles sortes d’arrangements on peut prendre? Il y a des possibilités qu’on puisse reprendre certains spectacles l’année prochaine.»

Activité phare du Carrefour, le populaire spectacle déambulatoire Où tu vas quand tu dors en marchant…? pourrait toutefois être repris plus tard cet été, si jamais l’épidémie de COVID-19 se résorbe. La dernière mouture a été créée l’an dernier aux abords de la rivière Saint-Charles et devait retrouver ses rives en mai.  

«Ma motivation et ce qui garde le moral des troupes, c’est si on peut réussir à reprendre Où tu vas… avant la fin de l’été, confie Mme Violette. Il faut vérifier la faisabilité de ça. Il y a beaucoup d’éléments à prendre en compte. On va y travailler et je pense que ça se peut. On va y travailler.»

Le spectacle gratuit, qui mobilise une grande partie de la communauté théâtrale de la capitale, a fait courir les foules depuis sa création. Dominique Violette ne cache pas son souhait de pouvoir le voir comme un symbole de notre collective sortie de confinement. «C’est un spectacle qui a un lien très grand avec la ville, avec les spectateurs, avec les artisans du milieu et les artistes de Québec, observe-t-elle. Je le verrais comme un moment où on dirait : “enfin, on peut se rassembler. Et on se rassemble autour de l’art et de la population”.»

Le Trident annule officiellement sa fin de saison

Théâtre

Le Trident annule officiellement sa fin de saison

Avec les directives de la Santé publique, la situation devenait inévitable : le Trident annule officiellement sa fin de saison. La pièce Eldorado, dans une adaptation et une mise en scène de Marie-Josée Bastien, qui devait être présentée dès le 21 avril, n’aura pas lieu.

«Nous vous assurons que toutes les mesures sont prises, en ce moment même, tant par l’équipe du Trident que par les artistes concernés, afin d’envisager le report des spectacles Eldorado et Roméo et Juliette, dont les représentations ont dû être abruptement annulées après une seule semaine à l’affiche. Toutes les informations relatives à ces reports seront communiquées en temps et lieu», a fait savoir la direction du théâtre.

Notre suggestion: <em>Rouge</em> en radio-théâtre

Théâtre

Notre suggestion: Rouge en radio-théâtre

Presque tous les lieux culturels sont fermés en raison de la COVID-19. L’art demeure accessible et peut jouer un rôle réconfortant. L’équipe des arts du Soleil va s’efforcer de vous le démontrer, à commencer par une suggestion quotidienne pour vous aider à garder le moral.

Tandis que les théâtres sont en congé forcé, l’équipe de La Bordée et de la station CKIA tendent la main aux amateurs de théâtre confinés. Les dernières représentations de Rouge de John Logan, ont dû être annulées. 

En faisant contre mauvaise fortune bon cœur, les comédiens Michel Nadeau et Steven Lee Potvin, ainsi que le metteur en scène Olivier Normand (qui nous livre en audio les didascalies), ont investi le studio de CKIA (en respectant une distance d’au moins un mètre entre eux et en assurant au préalable une désinfection des lieux, nous promet-on…) ont enregistré un radio-théâtre. 

La pièce est diffusée sur les ondes de CKIA (88,3) ce mercredi à 20h. On peut aussi rattraper la captation sur le site de La Bordée (bordee.qc.ca). 

On peut aussi y accéder directement ici :

Annulations dans les théâtres: le public se montre généreux

Théâtre

Annulations dans les théâtres: le public se montre généreux

Contraints d’annuler des pièces à cause de la pandémie de COVID-19, les directeurs de théâtres se voient confrontés à tout un casse-tête et à beaucoup d’incertitude. Mais tout n’est pas sombre, observe Michel Nadeau de La Bordée, qui se dit touché par la générosité et l’appui des spectateurs dans la foulée du mouvement #billetsolidaire.

Au théâtre de la rue Saint-Joseph, les dernières représentations de la pièce Rouge, à laquelle prenait d’ailleurs part M. Nadeau, et toutes celles de la production invitée L’Iliade ont dû être annulées. Les spectateurs ont été contactés et selon les observations du directeur artistique, ils sont nombreux à renoncer à se faire rembourser.

COVID-19 : Casse-tête dans les salles de spectacles

Arts

COVID-19 : Casse-tête dans les salles de spectacles

Au lendemain de l’annonce gouvernementale annulant les rassemblements de plus de 250 personnes, les gestionnaires des salles de spectacles de Québec s’arrachaient les cheveux afin de résoudre le casse-tête découlant de cette décision. Remaniement du calendrier, discussions avec les artistes, producteurs et agents, négociations de contrats, calcul des impacts financiers... Les tâches sont aussi nombreuses que complexes.

Au Grand Théâtre, qui a annoncé l’annulation de tous ses spectacles jusqu’au 12 avril, «on n’a jamais eu à gérer ce genre de situation», indique Sophie Vaillancourt-Léonard, coordonnatrice des communications au Trident. L’annulation de la pièce Roméo et Juliette, après une semaine de représentations, a provoqué une onde de choc. Dix-sept comédiens, sans compter l’équipe technique, se retrouvent du jour au lendemain en congé forcé.

Rocker <em>L’Iliade</em>

Théâtre

Rocker L’Iliade

En revisitant L’Iliade d’Homère, Marc Beaupré avait une envie de rap. C’est finalement dans une esthétique presque rock qu’il a amené les spectateurs dans cette pièce hybride où le dilemme du mythique Achille, en plein affrontement entre Grecs et Troyens, reprendra sur la scène de La Bordée.

Ce sera certainement la guerre au théâtre de la rue Saint-Joseph. Mais sans épées, sans lances, sans effusions de sang. Dans L’Iliade revue par Marc Beaupré, les mots servent d’armes. Déclamés à l’unisson, chantés, slamés ou catapultés «à la Rage Against the Machine». Nous voilà dans une Grèce antique modernisée, mais aussi sans âge, où la musique devient un personnage au même titre qu’Achille, Hector, Agamemnon ou Andromaque. Comédie musicale? Presque. Mais on nage ici en plein drame. 

«Je me suis demandé à un moment si on était dans une comédie musicale ou du moins, dans une épopée musicale», confie Marc Beaupré, qui signe l’adaptation du texte et la mise en scène. «Mais tu ne veux pas que les gens s’attendent à voir des “numéros”, ajoute-t-il. Nous, on n’est pas là-dedans. Il y a des morts à la pelle. Mais mon grand trip, c’était de dire : on n’en verra pas de sang. On n’en verra pas d’armes. Mais on va voir la fureur guerrière, avec 10 interprètes sur la scène qui font tout à l’unisson et en harmonie pour expliquer le chaos. Ils offrent une réponse au chaos. C’est ça que je trouve super beau.»

Cette nouvelle lecture de L’Iliade nous amène dans une histoire connue, mais pas tant. Nous voilà dans une guerre qui s’éternise. Après l’enlèvement d’Hélène, avant le fameux cheval de Troie. Au moment où le guerrier Achille devra choisir entre une vie anonyme ou une mort glorieuse. Entre le spectacle de Marc Beaupré et le texte original d’Homère, il y a eu un immense travail d’adaptation par Alessandro Baricco dans le roman Homère, Iliade. Le Québécois l’a ensuite remis à sa main. 

COVID-19 : annulé ou maintenu?

Arts

COVID-19 : annulé ou maintenu?

Avec les directives gouvernementales demandant l’annulation des rassemblements de plus de 250 personnes dans la foulée de l’épidémie de COVID-19, voici un survol des activités suspendues ou maintenues sur les scènes de la capitale.

Centre Vidéotron

<em>Roméo et Juliette</em> : Relecture musclée, mais prudente

Théâtre

Roméo et Juliette : Relecture musclée, mais prudente

CRITIQUE / Plus de 400 ans après sa création, avec d’innombrables versions proposées au théâtre, au cinéma, au ballet ou à l’opéra, qu’est-ce que la pièce Roméo et Juliette peut encore nous dire de neuf? En misant sur la (presque) parité hommes-femmes, l’autrice Rébecca Déraspe et le metteur en scène Jean-Philippe Joubert donnent au Trident un coup de plumeau au classique de Shakespeare. Est-ce suffisant pour renouveler l’expérience d’un récit archiconnu? Pas nécessairement.

Leur mythique histoire d’amour fait partie de la légende. Elle Capulet, lui Montaigu. Issus de deux clans ennemis, ils vivront une passion adolescente fulgurante et tragique. Dans un monde où tous invitent la haine, ils se sont aimés. D’une interprétation à l’autre, nous les connaissons. Dans la nouvelle version du Trident, Gabriel Cloutier-Tremblay et Laurence Champagne incarnent fougue et immaturité. Le courant passe entre les deux acteurs, appelés à tout donner — ou tout enlever — pour prêter vie et mort à cette passion éphémère.

Rouge: art martial

Théâtre

Rouge: art martial

CRITIQUE / C’est à une fascinante et intriguante joute verbale auquelle La Bordée convie son public avec la pièce «Rouge». Une relation maître-élève où le vétéran Michel Nadeau et la recrue Steven Lee Potvin s’affrontent dans un débat existentiel sur la peinture comme ultime moyen d’expression et de survie.

D’après un texte de John Logan, auteur des scénarios du James Bond Skyfall et de L’aviateur de Scorsese, la pièce met en lumière, dans le New York de fin des années 50, un épisode de la vie du réputé artiste d’origine juive Mark Rothko (1936-1970), alors que sa route croise celle d’un jeune peintre débarqué pour donner un coup de main à son atelier.

<em>À l'affiche</em>: la vérité dans de petits riens

Théâtre

À l'affiche: la vérité dans de petits riens

CRITIQUE / Avec son adaptation de la pièce The Flick d’Annie Baker, Angélique Patterson convie le public d’ici dans une expérience théâtrale plutôt singulière, où une apparente banalité cache, sur la forme comme sur le fond, une indéniable quête de vérité.

Pour tout dire, il ne se passe pas grand-chose dans À l’affiche, présentée depuis mardi à Premier Acte. Pendant près de trois heures, précisons-le. Le spectacle contient-il des longueurs? Assurément. Est-ce qu’on s’y ennuie pour autant? Pas nécessairement. Du moment qu’on accepte le rythme qui nous est proposé.

<em>La grande étude</em>: à l’orchestre des clowns

Théâtre

La grande étude: à l’orchestre des clowns

CRITIQUE / Pendant que les tout-petits font relâche, les clowns sont en session d’examen ces jours-ci aux Gros Becs dans La grande étude, rigolo théâtre musical qui, comme on a pu le constater mardi, a passé l’épreuve du temps.

D’abord proposé par le Théâtre à Tempo en animation de rue, le spectacle La grande étude a fait du chemin depuis sa création en 2008, dans le contexte des Fêtes du 400e anniversaire de la ville de Québec. À ce jour, quelque 50 000 curieux ont pu assister aux prouesses musicales et de bruitage de ces cinq joyeux lurons.

<em>West Side Story:</em> cure de jeunesse pour un retour à Broadway

Théâtre

West Side Story: cure de jeunesse pour un retour à Broadway

NEW YORK — Comédie musicale mythique, adaptée à l’écran avec succès, West Side Story est de retour à Broadway montée par le metteur en scène Ivo van Hove, qui lui a fait subir une cure de jouvence inédite.

Le Belge de 61 ans est le premier à avoir obtenu de pouvoir utiliser une autre chorégraphie que celle originelle de Jerome Robbins pour cette production, dont la première a eu lieu jeudi au Broadway Theatre.

À l’origine de l’idée de cette comédie musicale, déclinaison moderne de Roméo et Juliette, metteur en scène de la première version à Broadway, puis coréalisateur du film, Jerome Robbins est tellement associé à l’œuvre que personne n’avait pu jusqu’ici s’écarter de sa ligne.

Appuyé par la chorégraphe Anne Teresa De Keersmaeker, celui qui navigue entre théâtre et opéra a pu complètement remanier West Side Story, pour en faire une comédie musicale du XXIe siècle.

La chorégraphie, tout d’abord, rompt avec la fluidité de Jerome Robbins et se fait plus nerveuse, plus saccadée, avec une touche d’arts martiaux et de hip-hop pour secouer le tout.

Ivo van Hove a aussi fait table rase du décor imaginé par les concepteurs de ce conte moderne, censé se passer dans le quartier de Hell’s Kitchen, au centre-ouest de Manhattan, même si aucun lieu n’est mentionné dans le livret.

Disparus, les éléments qui rappelaient une rue de New York, avec ses petits immeubles caractéristiques, comme dans la production originelle en 1957.

Les acteurs évoluent sur une scène gigantesque et totalement vide, un défi. «C’est une boîte noire, complètement nue», a expliqué le producteur Scott Rudin, dans l’émission de la chaîne américaine CBS, 60 Minutes. «Ce n’est pas le West Side Story de 1957.»

Tout au fond de la scène, deux ouvertures dans un mur avec, enfoncés derrière, une épicerie et un atelier reconstitués avec minutie.

Impossible pour le spectateur de voir distinctement ce qu’il s’y passe sans l’aide de caméras, dont l’image est retransmise sur le mur du fond, qui fait office d’écran géant.

Car la vidéo, comme dans beaucoup de spectacles d’Ivo van Hove, est un élément majeur de la mise en scène, au point, parfois, d’engloutir les acteurs.

«On est en train de calibrer la chose, a expliqué Scott Rudin. Il y a des moments où c’est encore un peu trop envahissant [...] et d’autres où c’est terriblement excitant.»

Ivo van Hove a aussi choisi d’autres partis pris de mise en scène, écartant la chanson I Feel Pretty, ou utilisant Gee, Officer Krupke! pour dénoncer la violence policière, thématique très actuelle.

Auteur des paroles des chansons, Stephen Sondheim a expliqué, dans l’émission 60 Minutes, adhérer à cette radicalité nouvelle dans le propos, avec notamment une tentative de viol sur le personnage d’Anita, une nouveauté. «Il s’est passé tellement de choses depuis 1957 [...] et cela se traduit au théâtre aussi.»

Diversité

Dernier vecteur de changement, et pas le moindre, la distribution.

La première production de West Side Story, tout comme le film, était excessivement dominée par des acteurs blancs.

Dans le long métrage aux 10 Oscars, Nathalie Wood, fille d’immigrés russes, interprétait ainsi l’héroïne Maria, et George Chakiris, fils d’immigrés grecs, son frère Bernardo, deux personnages portoricains.

La plupart des rôles principaux sont tenus, cette fois, par des acteurs d’origine hispanique, métis ou noirs, et Shereen Pimentel, qui interprète Maria, a des racines portoricaines.

Reste la musique de Leonard Bernstein, qui ramène la pièce à son univers d’origine.

«Ivo a un style particulier, qu’il a utilisé par le passé et qu’il applique à cette pièce», explique Stephen Sondheim au sujet de la comédie musicale dont l’accueil critique est mitigé. «C’est une nouvelle interprétation et, si Dieu le veut, dans quelques années, il y en aura une autre.»

Le cinéma aussi s’apprête à toiletter West Side Story, avec Steven Spielberg à la manœuvre et une sortie prévue en salles en décembre.