The Who à Toronto en 2016. En 2015, les Anglais ont entamé une tournée des villes où ils ne se sont jamais produits - comme ce sera le cas à Québec. La tournée s'est poursuivie et transformée depuis, baptisée désormais The Who 2017: Tommy and more.

The Who, d'une décennie à l'autre

Les Who débarquent à Québec avec leur arsenal de succès, dont l'opéra-rock Tommy, qu'ils interpréteront en entier. En plus de 50 ans, la formation anglaise, articulée autour du guitariste et chanteur Pete Townshend et du chanteur Roger Daltrey, a connu maints tumultes, mais n'a jamais jeté l'éponge. Retour sur les six  décennies des Who.
Les années 60
Roger Daltrey (voix), Pete Townshend (guitares, voix) et John Entwistle (basse) font leurs premiers pas dès le début des années 60, à Londres, sous le nom The Detours. Après avoir recruté Keith Moon (batterie) et s'être rebaptisé The Who, non sans avoir opté quelque temps pour The High Numbers, le quatuor se distingue avec les simples I Can't Explain, Anyway, Anyhow, Anywhere, The Kids Are Alright et bien sûr My Generation, qui donnera son nom au premier album, en 1965. Les performances des Who sont pour le moins énergiques : Daltrey se sert de son fil de micro comme d'un lasso, tandis que Townshend et Moon en viennent à démolir leurs instruments. Au plan musical, les musiciens affinent leur matériel sans perdre de leur mordant, pondant avec The Who Sell Out un album concept et achevant la décennie avec leur premier grand oeuvre : l'opéra-rock Tommy, qui relate l'histoire d'un garçon qui devient aveugle, sourd et muet après un traumatisme psychologique. Les Who reprennent entièrement cet album durant leur tournée actuelle pour la première fois depuis près de 30 ans.
Roger Daltrey, Pete Townshend, John Entwistle et Keith Moon
Les années 70
La décennie 70 démarre aussi solidement que la précédente s'est achevée. Le groupe enregistre un autre de ses albums phare avec Who's Next, qui abrite Baba O'Riley, My Wife et Won't Get Fooled Again. Townshend, toujours avide de raconter des histoires et de camper ses créations dans des concepts, pond Quadrophenia (1973), une grande réussite, mais qui sera suivie d'une tournée laborieuse, ponctuée de tensions et affectée par l'abus de drogue et d'alcool. L'adaptation cinématographique de Tommy voit le jour en 1974, après quoi les gars se font graduellement plus discrets sur scène. Who Are You sera leur dernière parution avec Keith Moon, qui meurt le 7 septembre 1978 d'une surdose de médicaments visant à combattre l'alcoolisme. Le groupe poursuit avec le batteur Kenney Jones (The Small Faces). Le film Quadrophenia paraît en 1979, de même que le documentaire The Kids Are Alright.
Les années 80
Contrairement à bien des formations de leur génération, les Who semblent réussir leur transition vers les années 80. Ils font paraître coup sur coup Face Dances et It's Hard, qui comptent des succès. Or de nouvelles tensions émergent, si bien que les concerts de 1982 constituent une tournée d'adieu. Le quatuor se réunit brièvement dans le cadre du Live Aid (1985), puis trois ans plus tard, aux Brit Awards. En 1989, c'est une formation élargie, augmentée de différents invités, qui prend la route. 
Les années 90
Les Who sont surtout en dormance durant les années 90. Ceci ne les empêche pas de faire leur entrée au Rock'n'Roll Hall of Fame en 1990 et de faire une apparition sur un album-hommage à Elton John et Bernie Taupin. En 1996, le groupe, avec Zak Starkey - le fils de Ringo Starr, qui deviendra leur batteur à temps plein - fait équipe de nouveau, cette fois pour une série de concerts visant à célébrer Quadrophenia. En 1999, la troupe reprend véritablement la route, augmentée d'un claviériste, pour ce qui semble être une réunion définitive.
Pete Townshend, John Entwistle et Roger Daltrey en 2000
Les années 2000
Les Who semblent avoir retrouvé leur élan des beaux jours or à la veille du début de leur tournée américaine, en 2002, le bassiste John Entwistle est retrouvé mort, ayant succombé à une crise cardiaque, à laquelle la cocaïne ne serait pas étrangère. Pino Palladino prend le relais à la basse jusqu'en 2016, aujourd'hui remplacé par Jon Button. Townshend écrit de nouveau pour les Who et le groupe lance Endless Wire en 2006, qui contient un miniopéra rock, Wire & Glass.
Les années 2010
Les Who sentent poindre le fil d'arrivée. Après une tournée articulée autour de Quadrophenia, qui s'amorce en 2012, le groupe célèbre ses 50 ans avec la compilation The Who Hits 50! Une tournée suit en 2015, avec une volonté de jouer dans des villes où les Anglais ne se sont jamais produits - comme ce sera le cas à Québec. La tournée s'est poursuivie et transformée depuis, baptisée désormais The Who 2017: Tommy and more. Curieusement, malgré tous ces concerts, Pete Townshend, qui a déjà voulu à un certain point abandonner les performances au profit du studio, révélait au Guardian, l'an dernier : «Le fait est que je n'aime pas vraiment performer. Mais je suis bon là-dedans. Je suis chanceux d'être bon à quelque chose. J'aurais pu me retrouver dans un abattoir.»