The War on Drugs est d’abord et avant tout le band d’Adam Granduciel, qui compose et écrit presque toutes les chansons maintenant.

The War on Drugs: la meilleure soirée

CRITIQUE / The War on Drugs comptait, dimanche soir, sur des conditions parfaites pour sa première présence dans la capitale. Le groupe rock alternatif en a profité pour livrer un solide spectacle d’une musicalité impeccable qui a fait forte impression. Après avoir fait la clôture du Festival de jazz de Montréal la veille, le sextuor se produisait au 51e Festival d’été de Québec dans un parc de la Francophonie à ras bord.

Le groupe de Philadelphie a débuté tout en douceur avec Brothers, mais est rapidement passé aux choses sérieuses. Les premières notes de Pain, de leur récent A Deeper Understanding, ont fait réagir la foule, trop heureuse de pouvoir manifester sa joie. Puis The War on Drugs a enchaîné avec une version énergique d’An Ocean in Between the Waves et la superbe Strangest Thing, plombé par un petit problème de son au début, mais agrémenté ensuite d’un solide solo d’Adam Granduciel, jeans, t-shirt noir et longs cheveux bouclés.

The War on Drugs est d’abord et avant tout le band de Granduciel, qui compose et écrit presque toutes les chansons maintenant. Le chanteur et guitariste occupe la place centrale sur scène, entouré par ses compères un peu en retrait et un éclairage discret. Mais c’est un leader en force tranquille. Pas de sparages ni de déclarations racoleuses. Juste la musique…

Des compositions mélodieuses oscillant entre la simplicité et la complexité qui puisent à la tradition des grands auteurs (Dylan, mais aussi et surtout Tom Petty — la voix de Granduciel a parfois les mêmes intonations que le regretté musicien). La version d’Under the Pressure aurait réjoui Neil Young...

Dimanche soir, The War on Drugs n’a d’ailleurs pas choisi la facilité, tablant majoritairement sur leur très bon album Lost in the Dream (2014) plutôt qu’A Deeper Understanding, meilleur album rock aux récents Grammy.

Juste avant la fin, The War on Drugs a interprété avec beaucoup d’à propos la rêveuse Best Night. Un titre qui correspondait parfaitement à cette belle et chaude soirée d’été agrémentée d’un petit vent indolent, mais aussi à ce remarquable concert.

On aurait voulu que ça ne se termine jamais...

Sympathique M. Ward

Avant War on Drugs, M. Ward est arrivé tranquillement pas vite sur la scène du parc de la Franco, bière à la main, qu’il a troquée pour sa guitare, ouvrant sa prestation avec une pièce instrumentale — un choix audacieux. Le chanteur et guitariste américain a collaboré avec Cat Power, Neko Case, Beth Orton et My Morning Jacket et fait parti du supergroupe Monsters of Folk. Ça donne une idée de son répertoire, plus enlevant en spectacle : de l’americana galopante, rondement menée.

Sept ans après un passage remarqué au FEQ, M. Ward était accompagné d’un quatuor de musiciens (deux hommes, deux femmes) pour donner du muscle à son répertoire habituellement plus atmosphérique. Le sympathique M. Ward, qui a glissé quelques phrases en français, a réussi à conquérir une foule de toute évidence venue pour les vedettes de la soirée.

Casual Rites marque des points

Pas évident d’ouvrir la soirée devant un parterre très dégarni. Mais les gars de Casual Rites se sont lancés à fond la caisse dès le début comme s’ils n’en avaient rien à foutre. «Nous parlerons peu pour jouer plus de musique», a lancé le chanteur Phil Matte. 

Le quintette de Québec mise sur un rock basique inspiré de la grande tradition du Sud américain, avec des touches de blues, voire de folk (la planante et très belle Spaceship). Matte, qui a une très belle voix, est clairement un atout même si chacun des membres jouent avec conviction. D’ailleurs, le groupe a quitté la scène sous des applaudissements nourris. Et mérités.

LISTE DES CHANSONS INTERPRÉTÉES PAR THE WAR ON DRUGS

  • Brothers
  • Pain
  • An Ocean in
    Between the Waves
  • Strangest Thing
  • Arms Like Boulders
  • Burning
  • Eyes to the Wind
  • Red Eyes
  • Lost in the Dream
  • Best Night
  • Under the Pressure 
  • You Don’t Have to Go

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LA SOIRÉE RACONTÉE PAR NOS JOURNALISTES SUR LE TERRAIN