À l’avant-scène, il y a Alan Prater, parfaite incarnation de ce que l’histoire de la musique nous a appris à attendre d’un charismatique chanteur soul.

The Brooks au FEQ : il est ici, le party!

CRITIQUE / «Where the Party at?» demande le groupe The Brooks sur son minialbum Freewheelin’ Walking. Pour répondre à sa question, le party était pas mal à la place d’Youville samedi soir, au Festival d’été de Québec (FEQ). Et c’était grâce à lui.

Quelle redoutable machine musicale que ce collectif montréalais... Depuis 2013, il peaufine l’art du soul qui décoiffe et du funk qui déride. Son statut d’expert est désormais certifié… Et il ne l’a pas fait mentir sur une place d’Youville bondée.

À l’avant-scène, il y a Alan Prater, parfaite incarnation de ce que l’histoire de la musique nous a appris à attendre d’un charismatique chanteur soul : bon registre vocal, attitude on ne peut plus cool et cris stratégiquement placés. 

Tout autour, sept musiciens qui forment un indéfectible alliage de plaisir et de précision. Dans les cuivres (Sébastien Grenier au saxophone et Hichem Khalfa à la trompette), la basse (Alexandre Lapointe), les claviers (Daniel Thouin), les percussions (Maxime Bellavance et Philippe Beaudin) et la guitare (Philippe Look), on joue d’agilité, de puissance et de subtilité. 

En collectif, la force de frappe est indéniable. Et comme chacun a aussi ses occasions de briller en solo, l’effet «wow!» s’en trouve décuplé. Les gars ont surtout l’air de prendre leur pied. Et à voir le parterre sauter et se déhancher, leur plaisir a été contagieux au FEQ.

Tout autour, sept musiciens qui forment un indéfectible alliage de plaisir et de précision.
Muthoni Drummer Queen

Muthoni Drummer Queen

Plus tôt, la fête allait déjà bon train avant que le soleil ne se couche, sous les bons soins de Muthoni Drummer Queen, projet musical né de la rencontre entre une chanteuse, rappeuse et percussionniste kényane et de deux beatmakers suisses. Celle qu’on pourrait qualifier — à une échelle certes moindre — de petite cousine africaine de Beyoncé n’a pas ménagé ses effets à sa première présence dans la capitale, elle qui s’est présentée avec quatre danseuses et choristes, un batteur et un DJ/rappeur. 

Dans un fringant mélange de world, de soul, de hip-hop et d’électro, la troupe n’a pas eu de mal à mettre la place d’Youville dans sa poche. Revendications féministes, message d’émancipation, main tendue aux réfugiés… La reine Muthoni a quelque chose à dire et elle ne se gêne pas pour le faire, sans perdre de vue son objectif festif. Quand est venu le temps de chanter, de sauter, d’agiter les bras ou de se déplacer de droite à gauche sur le site, le public lui a obéi au doigt et à l’œil.

On ne réinvente pas la roue, ici… Mais on la fait certainement bien tourner.

Muthoni Drummer Queen s’est présentée avec quatre danseuses et choristes, un batteur et un DJ/rappeur.