Quelques centaines de personnes, dont plusieurs patineurs, se sont massées sur la Place D'Youville, vendredi soir, pour se laisser bercer par le conte et les mélodies du Chemin de Noël, retransmis sur des haut-parleurs devant le Palais Montcalm.

Temps d'arrêt pour Le chemin de Noël

CRITIQUE / Bernard Labadie a su créer un évènement avec Le chemin de Noël, un «itinéraire poétique et musical» qui a rempli le Palais Montcalm et a rassemblé une petite foule à la place D'Youville en ce 23 décembre. Un temps d'arrêt précieux et bienvenu au milieu des derniers préparatifs avant le grand soir.
La Chapelle a livré, comme toujours, une magnifique prestation, appuyée seulement par Richard Paré à l'orgue et Valérie Milot à la harpe (avec une apparition spéciale du baryton Phillip Addis).
L'heure n'était pas aux débordements fastueux, mais plutôt au recueillement, à la sobriété et à la beauté d'être ensemble pour écouter et pour chanter. Pour quatre chansons du concert, le chef a d'ailleurs invité les spectateurs à se lever et à joindre leurs voix à celles des choristes de La Chapelle. La manoeuvre a réveillé nos souvenirs de messe de minuit - un rituel auquel nous sommes de moins en moins nombreux à assister, souligne Labadie au début de Petit poème à l'ancienne, un de ses textes qui était intégré au programme. La mention cherchait plus à créer la connivence qu'à formuler un reproche, n'empêche que le chef a presque réussi à recréer la fébrilité et l'esprit de communauté qui s'installe dans une église bondée.
La beauté de chanter à l'unisson, c'est de découvrir que l'homme devant vous a une superbe voix de basse et que la dame d'à côté, qui s'était tue pendant les premières chansons, se laisse soudainement convaincre d'entonner un refrain avec les autres. C'est aussi de retrouver l'attrait tout simple des Anges dans nos campagnes, sans une kyrielle de grelots ou de sons électroniques.
Dans la pénombre
Après une introduction où le chef nous a demandé de ne pas applaudir entre les pièces (une heureuse idée qui évitait de briser le rythme de la présentation), les chanteurs ont traversé la salle dans la pénombre, en tenant des lampions. L'effet était non seulement joli, mais impliquait le public d'entrée de jeu. Le comédien et directeur du Conservatoire d'art dramatique de Québec, Jacques Leblanc, a lu une douzaine de textes entre les chants. De Saint Augustin à Beaudelaire, en passant par Rimbaud, Edmond Rostand et Guillaume Bourgault-Côté, les histoires racontées naviguaient dans tout ce qui fait l'importance de Noël: la foi, les enfants, la mémoire, l'émerveillement, l'amour.
Lecteur habile et expressif, Leblanc a su prendre tous les tons et tous les rôles, amuser et émouvoir.
La Chapelle a livré, comme toujours, une magnifique prestation, appuyée seulement par Richard Paré à l'orgue et Valérie Milot à la harpe (avec une apparition spéciale du baryton Phillip Addis). Ils ont fait honneur aux chants très connus comme aux trésors méconnus que Labadie est allé dénicher dans les publications de l'Oxford University Press ou de la Royal School of Church Music. Nous avons encore en tête les magnifiques harmonies de Es ist ein Ros' entsprungen. L'Ave Maria sur une musique de Bruckner et le chant traditionnel anglais I Saw Three Ships nous ont donné des frissons alors que Lully, Lulla, Thou Little Tiny Child était d'une beauté funeste, mais pleine d'espoir.
La finale, un extrait tonitruant de la 5e symphonie pour orgue de Charles-Marie Widor, était plutôt saisissante après des chants si fins. Heureusement, dehors, les lampions rassemblés sur la patinoire et dans l'escalier menant au Palais Montcalm nous ont permis de renouer avec la féerie et la sérénité.
Souhaitons que ce premier Chemin de Noël soit le début d'une belle tradition à Québec.
Le concert, présenté gratuitement, était une occasion de recueillir des dons pour la Fondation de l'Auberivière. Il sera rediffusé sur les ondes d'ICI Radio-Canada Première le 25 décembre à minuit et demeure accessible pendant toute la période des fêtes à icimusique.ca/chemindenoel
La scène avait quelque chose de magique. Jeunes et moins jeunes s'exécutant sur la patinoire illuminée par l'immense Boule à neige.
Magie sous les étoiles
Quelques centaines de personnes, dont plusieurs patineurs, se sont massées sur la place D'Youville, vendredi soir, pour se laisser bercer par le conte et les mélodies du Chemin de Noël, retransmis sur des haut-parleurs devant le Palais Montcalm.
La scène avait quelque chose de magique. Jeunes et moins jeunes s'exécutant sur la patinoire illuminée par l'immense boule à neige. Des centaines de cierges disposés en étoiles sur la patinoire, ou alignés sur les bandes et dans les escaliers adjacents. Le tout surplombé par les fortifications et l'immense couronne de Noël accroché à la façade du Capitole. Une véritable carte postale de Noël à Québec.
Et le spectacle, bien sûr. Une petite foule s'était agglutinée entre la glace et le Palais Montcalm pour écouter le Chemin de Noël par les haut-parleurs. Certains, cartable en main, entonnaient les différents chants en choeur avec la chorale, à l'intérieur.
Des biscuits de Noël, de la soupe, du pouding chômeur et du thé ont été distribués toute la soirée gratuitement pour réchauffer la foule, déjà épargnée par la douce température. Le duo de crooners Wingmen s'est également exécuté à l'intérieur de la boule à neige avant et après le spectacle au Palais Montcalm, au grand plaisir des passants.  Guillaume Piedboeuf