L'ancienne vice-première ministre Nathalie Normandeau fera bientôt ses débuts à la station BLVD 102,1.

Normandeau boycottée au provincial, pas au fédéral

L'ex-vice-première ministre Nathalie Normandeau ne trouvera aucun député à l'Assemblée nationale pour venir au micro de son émission, mais aura peut-être plus de chances avec les élus fédéraux.
L'arrivée de la politicienne déchue sur les ondes de la station BLVD 102,1, malgré les accusations criminelles qui pèsent sur elle, crée un certain malaise sur la colline parlementaire, à Québec. Tout parti politique confondu, les députés québécois se refuseront à accorder des entrevues à l'ex-députée de Bonaventure, arrêtée par l'Unité permanente anticorruption (UPAC) en mars dernier. 
Même si elle a apprécié son ancienne collègue, la ministre libérale Christine St-Pierre parle d'une «consigne qui fait en sorte qu'on est prudent». «Dans le contexte actuel, la prudence commande de ne pas accorder d'entrevue, mais en même temps, je peux vous dire que la présomption d'innocence est une valeur fondamentale», a déclaré Mme St-Pierre. 
Les libéraux n'excluent pas de collaborer avec d'autres employés de la station, détenue par Leclerc Communication.
Même son de cloche au Parti québécois, où l'on considère «devoir garder une réserve concernant l'émission de radio qu'elle animera dès septembre». 
À la Coalition avenir Québec, la députée Nathalie Roy assure qu'il n'y aura aucune collaboration avec toute émission à laquelle Mme Normandeau participera. «À partir du moment où des accusations graves et criminelles ont été déposées contre elle, elle perd toute crédibilité pour animer une émission d'affaires publiques qui traite de politique», estime la députée caquiste de Montarville. 
Chez Québec solidaire aussi on refusera les entrevues, à moins que Mme Normandeau ne souhaite aborder le thème du financement politique pendant ses années au pouvoir.
Présomption d'innoncence
Mais la donne pourrait être différente avec les politiciens d'Ottawa. Les députés de la région de Québec Jean-Yves Duclos et Joël Lightbound ne participeront pas au boycottage de l'émission de radio de Nathalie Normandeau.
«Tant que Mme Normandeau n'a pas été trouvée coupable de quoi que ce soit, je pense que la présomption d'innocence demeure», a réagi le député de Québec et ministre de la Famille, des Enfants et du Développement social, Jean-Yves Duclos, en marge d'une conférence de presse annonçant des investissements fédéraux à la base militaire de Valcartier.
Le député libéral de Louis-Hébert, Joël Lightbound, dit qu'il «répond aux invitations des radios de Québec, quelles qu'elles soient. Je vais répondre normalement à elle aussi. [...] Je ne vois pas pourquoi je n'irais pas».
Rappelons que l'ex-animatrice a été congédiée du FM93 après son arrestation par l'UPAC. Son rôle exact sur les ondes du 102,1 ainsi que le temps d'antenne qui lui sera alloué devraient être dévoilés le 22 août, lors du lancement de la programmation automnale de la station.