Le prince Harry et l’actrice Meghan Markle ont annoncé lundi qu’ils étaient fiancés. Comme le veut la tradition, l’Américaine met ainsi une croix sur son métier pour se consacrer à son rôle dans la famille royale.

Markle princesse plutôt qu’actrice

LOS ANGELES — L’Américaine Meghan Markle dit adieu à une carrière d’actrice pour épouser le prince Harry, s’inscrivant dans les pas de l’icône hollywoodienne Grace Kelly même si elle n’a pas été sacrée d’un Oscar comme l’altesse de Monaco.

Après plusieurs mois de rumeurs selon lesquelles elle allait abandonner son rôle dans la série judiciaire Suits, la fiancée de l’héritier du Trône a confirmé lundi dans un entretien à la BBC qu’elle se retirait des plateaux pour se focaliser sur son travail humanitaire. «C’est un nouveau chapitre», a déclaré la jeune femme de 36 ans à l’immense sourire et aux cheveux de jais, qui avait déjà fermé son blogue art de vivre, The Tig.

À l’instar du prince Harry et comme il est de tradition dans la famille royale, Meghan Markle est engagée dans l’action caritative : elle a voyagé au Rwanda pour une campagne sur l’eau potable Clean Water de l’agence canadienne World Vision, milite auprès de l’entité des Nations unies pour les droits des femmes, et joue un rôle de conseillère pour l’organisation caritative One Young World.

Meghan Markle «va devoir réorienter son temps et son travail vers les nombreux devoirs d’un haut membre de la famille royale» britannique, le clan aristocratique le plus influent et scruté au monde, remarque Sarika Bose, experte en têtes couronnées et enseignante à l’Université de Colombie-Britannique. «C’est difficile de maintenir une carrière aussi publique que celle d’actrice» tout en devenant membre d’une famille royale, «même si les temps ont changé depuis que Grace Kelly» a quitté Hollywood, poursuit-elle.

La blonde Grace Kelly, l’une des muses du réalisateur Alfred Hitchcock, était devenue une vedette mondiale oscarisée lorsqu’elle a quitté Hollywood pour épouser le prince Rainier III de Monaco en 1956.

Carrière moins prestigieuse

Le pedigree d’actrice de la première Américaine à intégrer les hauts rangs de la famille royale depuis Wallis Simpson — divorcée comme Meghan Markle — n’est pas aussi prestigieux. Cette Californienne pour qui «tout se guérit avec du yoga, la plage ou quelques avocats» a commencé par faire du mannequinat et travailler comme serveuse pour vivre au début de sa carrière avant de décrocher le rôle de la juriste forte en tête Rachel Zane dans Suits sur la chaîne USA Network depuis 2011. Une série filmée à Toronto où elle habitait ces dernières années. 

Elle est aussi apparue dans les films Remember Me et Méchants patrons, ou dans les séries Cuts, Love, Inc., Castle, Les experts : Manhattan, entre autres.

«C’est une comédienne très charismatique. Elle était dans Suits depuis six ans et pour un acteur ou une actrice une prestation aussi longue est un signe de succès», estime Clarence Moye, rédacteur en chef télévision au site sur les prix hollywoodiens Awards Daily. 

Diplômée de communication de l’université Northwestern, Meghan Markle avait été initiée à l’univers du film par ses parents, qui se sont séparés lorsqu’elle avait deux ans. Son père Thomas W. Markle, directeur de la photographie de séries très populaires comme Marié, deux enfants, a reçu deux Emmy Awards pour la série General Hospital. Sa mère Doria Ragland, ancienne maquilleuse de télévision, est une professeure de yoga afro-américaine.

Au lycée catholique pour jeunes filles Immaculate Heart High School où elle a fait ses études à Los Angeles, les dirigeants se souviennent d’une étudiante très impliquée dans les pièces de théâtre bi-annuelles. Elle devient la première métisse à accéder aux plus hauts rangs de l’aristocratie britannique. Signe que les mœurs se modernisent à Buckingham Palace, son statut de divorcée en plus d’être roturière ne semble pas causer de grincements de dents dans l’entourage de Sa Majesté Royale.