Les Lost Fingers ont tourné le clip de leur interprétation de la pièce Le vol du bourdon parmi les abeilles dans un rucher.

Les Lost Fingers font mouche dans Facebook

Jamais les Lost Fingers n'ont été aussi présents dans les réseaux sociaux que maintenant. Leur délirant vidéoclip Bee Session, où ils interprètent Le vol du bourdon parmi les abeilles, est devenu viral dans Facebook et a été vu plus d'un million de fois.
Ce n'est pas d'hier que le groupe de Québec tourne des clips. Or à ce jour, aucune de ses réalisations n'avait circulé au point de devenir virale. Sa meilleure réussite restait son interprétation de Pump Up The Jam, vue plus de 700 000 fois dans YouTube, depuis 2011.
Avec leur reprise du Vol du bourdon, toutefois, Les Lost Fingers ont frappé fort. Non seulement cette lecture survoltée de l'interlude orchestral écrit par Nikolaï Rimski-Korsakov entre 1899 et 1900 a été vue plus d'un million de fois, mais elle a été partagée à quelque 23 000 reprises. À cela s'ajoutent plus de 13 000 vues dans YouTube.
Le guitariste et chanteur Byron Mikaloff raconte qu'au départ, le guitariste soliste François Rioux et le violoniste Sylvain Neault avaient monté la pièce ensemble. Le groupe de jazz manouche, complété du contrebassiste Alex Morissette, a ensuite décidé de la reprendre en augmentant la vitesse et en faisant appel à un maximum de virtuosité.
Parmi les abeilles
Puis, en visitant un rucher, Mikaloff a eu l'idée d'y tourner un clip, ajoutant à la fois un autre défi à l'interprétation et, forcément une dimension visuelle attrayante. Il a parlé à Gilles Bonneau, de Floramiel, de son concept, où les Lost Fingers joueraient, habillés aux couleurs des abeilles.
«Quand je lui ai dit ce que je voulais faire, il m'a expliqué que l'ours noir est l'ennemi numéro 1 des abeilles, que c'est le prédateur principal, alors quand ils voient du noir, ça les enrage un peu, raconte Mikaloff. Il a trouvé ça dangereux, mais on a essayé d'y aller dans une période où la récolte est bonne. [...] Quand une abeille est contente, elle est moins hostile, moins en train de défendre la ruche.» 
Selon Mikaloff, Gilles Bonneau est allé loin pour s'assurer que l'aventure soit une réussite : il a fait tourner la pièce, par l'entremise d'un système de son, pendant des jours afin de conditionner les abeilles. Visiblement, ç'a fonctionné. Aucun des quatre musiciens n'a été piqué, même si François Rioux a eu la frousse quand plusieurs d'entre elles ont formé un mur devant lui... Seuls le photographe et le vidéaste ont été piqués, l'un huit fois, l'autre trois!
«Les gars, ils pensaient que j'étais un peu fou, parce qu'il y avait quand même des risques, mais on est arrivé là, au milieu du champ avec nos costumes, rigole Mikaloff. J'avais commandé des chapeaux que j'ai peinturés, avec des fusils à peinture. J'avais des noeuds papillon fait sur mesure, en jaune, pour être en noir et jaune comme les abeilles!»
Dans l'esprit de Zappa
Lancé dans Facebook le 18 juillet, le clip qui est un mélange de virtuosité et d'humour, un peu dans l'esprit de Zappa, a fait le tour du monde, relayé autant par des apiculteurs que des musiciens professionnels ou des amateurs. Dorénavant, il n'y a plus un concert des Lost Fingers sans que le groupe n'interprète cette pièce qui file à toute allure en moins de deux minutes.
Pour célébrer la réussite de ce clip, les Lost Fingers ont organisé aujourd'hui un petit événement privé, où le maire Régis Labeaume devrait venir saluer leur accomplissement.
Et puisque la roue continue de tourner, le band s'apprête à lancer, le 3 novembre, son deuxième album de Noël, Coconut Xmas, auquel a notamment participé la chanteuse Cyrille Aimée. Les Lost promettent par ailleurs des surprises pour 2018, année de leur dixième anniversaire. D'ici là, on pourra voir la formation le 26 octobre au Cégep St. Lawrence, où elle inaugurera le nouvel auditorium des lieux.