Le journaliste Dan Bilefsky note dans son article que Jeff Fillion (photo) «fait l’éloge du style de communication “non filtré” du président Trump».

Le New York Times s'intéresse aux radios parlées de Québec

Jeff Fillion est la «vedette» d’un article du New York Times consacré à la polarisante radio parlée de Québec, article publié samedi sur les différentes plateformes du prestigieux quotidien américain.

En s’attardant au cas de Fillion, le correspondant du journal au Canada, Dan Bilefsky, dresse un portrait du monde radiophonique de la Vieille Capitale, rappelant entre autres les accusations portées contre l’animateur-vedette de CHOI Radio X au fil des ans, mais aussi sa capacité à rebondir malgré les controverses.

«Jeff Fillion, 50 ans, figure parmi les animateurs de radio les plus en vue et les plus provocateurs sur les ondes québécoises, dominant ce que ses critiques appellent la “radio poubelle”. Ses critiques le vilipendent. Ses fans l’adorent», écrit-il dans son article.

Selon M. Bilefsky, «la radio parlée de ce genre s’avère particulièrement populaire à Québec, où des groupes anti-immigrants marginaux comme La Meute craignent que les immigrants, les musulmans en particulier, soient incompatibles avec les valeurs canadiennes».

Pour le journaliste américain, les animateurs de ces radios testent «les limites de la liberté d’expression dans un pays qui se targue de libéralisme, mais voit grandir la pensée d’extrême droite».

Jeff Fillion a d’ailleurs accordé une entrevue à Dan Bilefsky. «Je polarise parce qu’il n’y a pas de sujet sur lequel je suis dans une zone grise», a-t-il entre autres affirmé.

M. Bilefsky note dans son article que Fillion «fait l’éloge du style de communication “non filtré” du président Trump».

«Accusé d’être sexiste, raciste et généralement outrancier, M. Fillion, un admirateur de Doug Ford, réplique qu’il n’est rien de ça, mais plutôt un libertarien qui n’a pas peur d’exprimer le fond de sa pensée.

«Fasciné par la politique américaine et la culture populaire après avoir vécu à Miami lorsqu’il était jeune homme, il a été inspiré par Rush Limbaugh et Howard Stern, et la façon qu’ils ont eu d’attirer l’attention sur la radio parlée», écrit le journaliste américain.

M. Bilefsky évoque également les propos tenus par Jeff Fillion cinq jours avant la tuerie de la Grande Mosquée. «[Ils veulent] s’intégrer et vivre comme nous et se rapprocher de nous et, au moment opportun, nous frapper», avait-il dit.

Cependant, le journaliste rappelle que même s’il y a eu une plainte au Conseil de presse, aucun élément de preuve n’a été présenté au procès d’Alexandre Bisonnette suggérant qu’il écoutait la radio parlée, ou M. Fillion en particulier.

Le journaliste donne aussi les raisons du succès de Jeff Fillion à travers des témoignages d’auditeurs, comme celui de Daniel Gagnon, 59 ans, un électricien à la retraite de Québec et auditeur assidu de l’animateur de CHOI. «Contrairement aux politiciens, ils [les animateurs de radios parlées] disent ce qu’ils pensent, et parlent au nom des gens ordinaires», ajoutant cependant que «parfois, ils sont vulgaires et vont trop loin».

André Arthur et Sylvain Bouchard sont aussi mentionnés dans l’article du New York Times, qui se conclut par Jeff Fillion affirmant qu’«il y a 20 ans, on pouvait avoir plus de fun. Aujourd’hui, on se retrouve sur les médias sociaux et on passe pour des malades. On doit être très, très prudent».