Rita Moreno, Marcel Ruiz et Justina Machado dans One Day at a Time, qui raconte les aventures d'une mère en instance de divorce avec deux enfants à charge.

La résonance d'une série sur une famille hispanique

Le nouveau sitcom de Netflix, One Day at a Time, met en scène une famille hispanique aux États-Unis et évoque l'immigration, le sexisme et le racisme, un cocktail explosif dans le climat social et politique actuel du pays.
Toutes les scènes de la première saison de cette série humoristique, mise en ligne vendredi par la plateforme vidéo, ont été tournées plusieurs mois avant l'investiture de Donald Trump comme candidat républicain - et son élection à la présidence-, mais certaines d'entre elles prennent aujourd'hui une résonance nouvelle.
Un épisode tourne notamment autour de l'immigration clandestine aux États-Unis et des expulsions de sans-papiers.
Lors d'une discussion animée, les partisans de la tolérance s'opposent aux légalistes, camp dans lequel se retrouvent un jeune blanc conservateur et une immigrée cubaine septuagénaire.
«Ils ne les ont pas renvoyés chez eux, ils les ont envoyés ailleurs», explique l'héroïne Penelope, mère quadragénaire en instance de divorce, au sujet d'un couple reconduit à la frontière, pour souligner la complexité de la situation de clandestins parfois présents aux États-Unis depuis des décennies.
«Nous avions déjà terminé» l'écriture lorsque Donald Trump a fait de l'immigration illégale un thème central de la campagne, «mais nous avons touché au sujet», a expliqué Gloria Calderon Kellett, coscénariste de One Day at a Time.
One Day at a Time est la nouvelle mouture d'une série du même nom, célèbre aux États-Unis, diffusée entre 1975 et 1984. Le fil conducteur est le personnage d'une mère célibataire avec deux enfants à charge.
Mais la famille blanche d'Indianapolis est devenue une famille hispanique de Los Angeles, avec une troisième génération incarnée par la grand-mère, débarquée jeune fille de Cuba en 1962. C'est la célèbre actrice d'origine portoricaine Rita Moreno qui joue ce rôle.
Pour Gloria Calderon Kellett, qui s'est inspirée de sa propre histoire pour l'écriture, c'était là l'occasion d'ouvrir l'horizon des personnages hispaniques à la télévision.
«Nous sommes toujours dans des cases», regrette Justina Machado, qui joue Penelope. «La fille sexy et passionnée, le meilleur ami plein d'esprit ou le flic à la dure. C'est comme s'il n'y avait rien d'autre.»
«C'est ce que j'aime chez Penelope, elle est multiple», dit-elle.
Ces dernières années, Jane The Virgin a aussi mis en scène trois générations d'Hispaniques, East Los High, des adolescents latinos de Los Angeles, et les deux personnages principaux de la série événement de Netflix The Get Down, sur la naissance du hip-hop, ont des origines d'Amérique latine.
Racisme et sexisme
Outre sa capacité à aborder l'immigration, One Day at a Time évoque aussi le racisme ordinaire, symbolisé par des réflexions maladroites de personnages blancs qui montrent à quel point les stéréotypes sont ancrés dans la société américaine.
Penelope affronte également le sexisme dans son métier d'infirmière, comme elle y a fait face lorsqu'elle était dans l'armée. Car cette mère d'un garçon et d'une jeune fille a été soldat en Afghanistan, un autre élément important du récit pour Gloria Calderon Kellett.
Elle dit avoir voulu rappeler que beaucoup d'Hispaniques ont rejoint l'armée pour bénéficier du G.I. Bill, qui permet aux soldats de financer leurs études.