Jean-Marie Lapointe anime et coproduit Face à la rue

Face à la rue: l'itinérance, vue du coeur

Comment se retrouve-t-on à la rue et comment, surtout, peut-on s'en sortir? Jean-Marie Lapointe est allé à la rencontre de plusieurs itinérants et en fait le portrait dans la série documentaire Face à la rue, présentée sur la chaîne Moi et Cie.
Il y a un bon moment déjà que Jean-Marie Lapointe poursuit une réflexion sur l'itinérance, ses causes et ses effets. Il partageait ses malaises et s'interrogeait sur ses préjugés sur Facebook, jusqu'à ce qu'il s'assoit avec Lyne Denault, ancienne patronne de Canal Vie, et qu'ils décident de produire ensemble un projet de docu-réalité sur le sujet.
«On ne voulait pas parler de l'itinérance d'un point de vue sociologique ou démographique, mais avec une approche du coeur, par rapport aux sentiments, aux émotions, aux incompréhensions. Comment ça se fait qu'on les traite comme des sous-humains? Plus tu t'intéresses à une personne, à son histoire, plus tu découvres qu'on est plus semblables que différents», explique Jean-Marie Lapointe.
Chacune des treize émissions de trente minutes permet d'aborder des thèmes comme l'argent, la famille, la santé mentale, la dépendance, la mort. Mais elles permettent surtout de mettre des prénoms et des visages sur une problématique complexe et troublante.
«On rencontre souvent deux personnes, une qui s'en est sortie et une autre qui est encore dans la rue, en mode survie», note le coproducteur, qui a rencontré des gens directement dans la rue, mais aussi grâce à la collaboration des organismes d'aide comme la Maison du Père, La rue des Femmes et l'Accueil Bonneau. Il faut souvent des années de travail pour que les sans-abris viennent chercher les services. «Lorsqu'on a approché ces ressources, on n'a pas eu des «oui» tout de suite. On a fait un démo, on les a convaincus, ils ont vu comment on voulait travailler», indique Lapointe.
Les itinérants ont accepté de lui raconter leur descente aux enfers avec beaucoup de franchise, au point qu'il a parfois dû les protéger d'eux-mêmes et faire un tri au montage. Autrement, il a voulu montrer la réalité telle qu'elle est.
«On n'a rien mis en scène, on n'a rien édulcoré. Heureusement, il y a aussi de belles valeurs, de l'entraide, plein de choses inspirantes dans la rue et on vote pour elles. On veut que les gens s'en sortent», souligne-t-il.
Il y a eu des moments difficiles, comme la mort d'un des sans-abris rencontrés pendant le tournage. «C'est lourd, c'est perturbant et il fallait qu'on [l'équipe de tournage] s'en parle tous les soirs. J'allais me vider le coeur avec ma coproductrice. La série nous habite. On avait vraiment le désir de faire une petite différence.»
Face à la rue est diffusé les mardis à 21h sur la chaîne Moi et Cie. On peut aussi visionner des extraits d'épisodes à tv.moietcie.ca/series/facealarue.