Le très divertissant docuréalité Les croque-morts suit le quotidien de Louis-Simon Lamontagne et Maryse Proulx, qui gèrent les résidences funéraires F. Thériault de Saint-Félix-de-Valois, dans Lanaudière.

Des croque-morts bien sympathiques

CHRONIQUE / On croit qu’ils sont de sinistres personnages, qu’ils passent leur vie au sous-sol, les stores fermés, et mènent une vie triste et austère. Le très divertissant docuréalité «Les croque-morts» vous les fera plutôt voir comme de bons vivants, pas du tout ennuyants, et capables de rire de la mort. Produite chez Pixcom, la série de 10 épisodes de 30 minutes est diffusée à partir du mercredi 2 mai à 20h sur la chaîne Moi et cie, qui adopte une nouvelle image dès ce printemps.

Le choix des protagonistes est toujours primordial dans ce genre de série, et celui des Croque-morts est particulièrement judicieux. Tous deux âgés de 35 ans, Louis-Simon Lamontagne et Maryse Proulx sont en couple depuis bientôt neuf ans, et parents de deux garçons de deux et trois ans. Thanatologue de quatrième génération à Saint-Félix-de-Valois dans Lanaudière, Lamontagne gère avec sa conjointe les résidences funéraires F. Thériault. Veillent au grain sa mère Francine, surnommée «la reine mère» de l’entreprise, et son père, Louis Lamontagne, avec qui il se «tiraille» régulièrement, pour emprunter le mot de Louis-Simon. Mais il règne dans cette famille une réelle unité, et on est loin du dysfonctionnel clan Fisher de Six pieds sous terre.

La vie de ces gens n’est pas celle qu’on croit, mais elle n’est pas pour autant banale. Déjà dans l’un des premiers plans, on voit Louis-Simon demander à l’intercom d’un garage si le lave-auto a la capacité d’accueillir son corbillard. L’image du plus jeune garçon dans son siège de bébé dans le corbillard, avec un cercueil (vide) à ses côtés, a quelque chose de surréaliste.

Louis-Simon Lamontagne pousse l’audace jusqu’à commanditer des soirées d’humour intitulées Mort de rire et à offrir comme prix d’un tournoi de golf non pas un voyage dans le sud, mais un cercueil! Pour une campagne de publicité à l’arrière des autobus, l’entreprise a adopté comme slogan: «Ne textez pas au volant car vous pourriez devenir notre client.» Vous voyez que ces gens-là ne se prennent pas trop au sérieux. Disons que leurs méthodes dérangent parfois les plus vieux dans le domaine.

Chacun des 10 épisodes nous les montrera dans leur vie de tous les jours, y compris dans cette pièce où ils doivent préparer les corps. Bien entendu, on a respecté les règles, obtenu les autorisations des familles et, soyez rassuré, brouillé toutes les parties des cadavres. On parle tout de même ici de vrais morts. Le couple pourrait suivre un certain rituel et garder le silence au cours des manipulations; il tient au contraire les conversations les plus banales sur le programme de la journée. C’en devient presque une partie de plaisir. Et heureusement, je dirais, parce qu’on risquerait d’avoir le haut-le-cœur à les voir vider les cadavres de leur sang pour le remplacer par une solution préservatrice. Opération que Louis-Simon Lamontagne compare à «un backwash de piscine». Juste pour vous donner un exemple de ce qui peut survenir, une petite fuite de tuyaux est survenue au premier épisode, de sorte que le sang a commencé à fuir.

Je n’aurais pas aimé être à la place des caméramans, qui eux, voyaient tout. Le réalisateur Simon Sachel (Barmaids, Homme cherche sérieux) parvient à bien traduire le mode de vie de ces personnages aussi ordinaires qu’extraordinaires. Jamais de mauvais goût, et on en montre juste assez. Drôle de hasard que cette série arrive à peine quelques jours après l’annonce d’Une autre histoire, la série dans laquelle Marina Orsini jouera une thanatopractrice. Au fait, si on les appelle croque-morts, c’est qu’on raconte que les embaumeurs de jadis devaient croquer l’orteil du défunt pour s’assurer qu’il était bien mort.

Sans doute dans une volonté de faire décoller ses parts de marché, qui collent à 0,5%, Moi et cie se donne un nouveau logo, abandonne son esperluette (&) et devient «la chaîne des histoires vraies», juste à temps pour sa programmation printemps-été, le 30 avril. Avec les succès de Je suis trans, Face à la rue et Tu ne m’as pas tuée, autant auprès des hommes que des femmes, on veut multiplier les séries de faits vécus. Déjà peu nombreuses, toutes les émissions de style de vie et de cuisine ont été évacuées de la grille.

Tous ceux qui ont suivi le docuréalité Face à la rue ne voient plus les sans-abri du même œil. Jean-Marie Lapointe entreprend la deuxième saison le mardi 1er mai à 21h avec Lucienne, dont le fils est décédé le 1er juin dernier alors qu’il vivait dans la rue à Mont­réal. Cette quête pour trouver des gens qui l’ont côtoyé dans les derniers jours de sa vie au Square Viger, donnent des moments extrêmement touchants, qui arrachent les larmes. Une série utile, formidablement construite, qu’il faut voir absolument. Moi et cie reprend aussi l’excellent documentaire en deux épisodes Pablo Escobar raconté par son fils, lancé sur le Club illico en décembre.

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LA VOIX ET LE BEAU TEMPS

Avec le beau temps comme compétiteur dimanche, La voix a perdu quelques plumes, attirant tout de même 1674000 téléspectateurs à TVA. Baisse aussi pour Tout le monde en parle sur ICI Radio-Canada Télé, avec 859 000. Jeudi dernier, 1315000 fidèles médusés ont assisté à la démente finale de District 31, qui a permis à la pièce The Way, du groupe Fastball, de revenir sur les palmarès de ventes, 20 ans après sa création. Vous avez été par ailleurs nombreux à me faire part de votre mécontentement de la fin de Virtuose, le diffuseur considérant «avoir fait le tour de la formule». De 499000 fidèles la première saison, la moyenne d’écoute avait baissé à 336000 la deuxième, puis à 286000 cette saison, le vendredi à 19h.