Télé et radio

«Sesame Street»: la retraite après 50 ans à jouer Big Bird

NEW YORK — Après 50 ans à donner vie à la marionnette la plus célèbre de la télévision américaine, Big Bird de l'émission culte pour enfants «Sesame Street», Caroll Spinney a décidé de se retirer.

Le marionnettiste, aujourd'hui âgé de 84 ans, anime l'oiseau de 2,50 m, au plumage jaune vif, depuis la création de Sesame Street en version originale en 1969, un programme qui mêle divertissement et contenu éducatif et qui a marqué des générations d'enfants.

Au fil des années, M. Spinney lui a donné une voix haut perchée, celle d'un enfant de six ans, qui n'a jamais grandi.

En France, Big Bird avait pris la forme de Toccata, un albatros, dans la version française de l'émission, 1, rue Sésame (1978-1982).

«Avant d'arriver dans Sesame Street, je ne trouvais pas que ce que je faisais était vraiment important. Big Bird m'a aidé à trouver un but», a expliqué Caroll Spinney, cité dans un communiqué publié mercredi.

«Même si j'abandonne mes rôles, j'ai l'impression que je serai toujours Big Bird», a ajouté celui qui a remporté six Emmy Awards, les récompenses de la télévision américaine.

Il n'existe pas de chiffre officiel, mais Big Bird a participé à la plupart des quelque 4400 épisodes de l'émission.

M. Spinney, qui animait aussi le personnage d'Oscar the Grouch (Oscar le râleur), va être remplacé par Matt Vogel, embauché il y a plus de 20 ans dans la perspective de lui succéder.

En attendant son tour, Matt Vogel animait déjà d'autres personnages de l'émission, notamment Kermit, l'autre grande célébrité de Sesame Street.

Télé et radio

Roseanne Barr: «Je ne suis pas morte, salopes!»

NEW YORK — Roseanne Barr a réagi avec rage à la diffusion mardi par la chaîne ABC du premier épisode de «The Conners», suite de la très populaire série «Roseanne», mais sans son héroïne, déplorant que la chaîne a préféré la «tuer» plutôt que de lui pardonner.

ABC avait initialement déprogrammé la série, après un tweet raciste fin mai de Roseanne Barr, à l’origine d’un tollé, mais a finalement créé The Conners, qui reprend les autres personnages de la série après avoir «tué» Roseanne, devenue persona non grata.

La nouvelle série débute ainsi trois semaines après les funérailles de l’héroïne, dont la famille va apprendre, à sa grande surprise, qu’elle est morte d’une overdose d’opiacés, ces antidouleurs devenus l’une des principales causes de décès aux États-Unis ces dernières années.

Pour accélérer la rémission d’une blessure au genou, on apprend que Roseanne s’était procuré, en secret, des cachets de ces puissants antalgiques, au point de s’y accoutumer et d’en faire une overdose.

L’intéressée a réagi avec colère. Quelques minutes après la diffusion du premier épisode des Conners, Roseanne, 65 ans, a tweeté : «Je ne suis pas morte, salopes!»

Fin mai, Roseanne Barr avait déclenché une tempête en s’en prenant sur Twitter à une ancienne conseillère de Barack Obama, Valerie Jarrett : «Les Frères musulmans et la Planète des singes ont eu un bébé : vj».

Malgré le retrait du message et les excuses de la productrice, scénariste et actrice, ABC avait annoncé l’annulation de la série quelques heures seulement après la mise en ligne du tweet.

Roseanne avait ensuite essayé de justifier son tweet en expliquant avoir été sous l’empire d’un sédatif.

Les Conners fonctionnent bien, tirés par les acteurs, des dialogues au cordeau, comme à la grande époque de Roseanne, et un traitement en finesse des grands sujets de la société américaine.

Mais Roseanne manque, elle qui était au centre de tout, avec sa gouaille, son humour tranchant et sa mauvaise foi.

Les premiers chiffres d’audience publiés mercredi ont montré que The Conners avait été regardé par 10,4 millions de téléspectateurs, un total assez proche du dernier épisode de la dixième saison de Roseanne, diffusé fin mai.

«Erreur regrettable»

Après le premier épisode des Conners, Roseanne Barr a aussi publié une longue déclaration co-signée par son rabbin Shmuley Boteach, critiquant l’émission et surtout ABC, accusée d’avoir agi par «peur et orgueil».

«Nous regrettons qu’ABC ait choisi de tuer le personnage de Roseanne Conner. Que cela ait été fait par une overdose d’opiacés ajoute une dimension inutilement lugubre et morbide à cette série joyeuse et familiale», ont-ils déploré.

«Je voulais un départ respectueux pour elle», a expliqué le responsable de la production Bruce Helford, dans une tribune publiée sur le site spécialisé The Hollywood Reporter et intitulée : «Pourquoi j’ai tué Roseanne de cette façon».

Il a dit avoir souhaité une fin qui soit «pertinente et puisse initier une discussion» sur un sujet qui touche en particulier la classe ouvrière «dont les vrais problèmes sont souvent ignorés par les grandes chaînes».

Mais pour Roseanne Barr et le rabbin Shmuley Boteach, en écartant Roseanne, ABC a renoncé à «la seule série qui traite directement des profondes divisions» de la société américaine, rassemblant «des personnages de différentes convictions politiques», emmenée par «une femme forte».

«Malgré des excuses sincères et répétées, la chaîne a refusé de passer l’éponge sur une erreur regrettable, rejetant les valeurs américaines de repentir et de pardon», ont-ils souligné.

Télévision

Un drame en prison pour la première série télé de Ben Stiller

CANNES — L’acteur américain Ben Stiller a présenté lundi sa première série télé en tant que réalisateur, «Escape at Dannemora», une histoire d’évasion de prison inspirée de faits réels, projetée en avant-première au marché de programmes audiovisuels Mipcom à Cannes.

La série de huit épisodes, de CBS Studio international, sera diffusée par la chaîne Showtime aux États-Unis le 18 novembre.

Au casting, de grands noms d’Hollywood comme Patricia Arquette, Benicio del Toro ou Paul Dano, et au scénario, Brett Johnson, qui a notamment travaillé sur la série multiprimée Mad Men.

Dans les paysages enneigés du nord de l’État de New York, Tilly Mitchell, employée dans une prison pour superviser un atelier de couture, va nouer une liaison avec deux détenus et les aider à s’évader.

«Ben a été très impliqué sur ce projet et y a consacré ces deux dernières années, en prêtant une grande attention au détail», a estimé le patron de Showtime, David Nevins.

«Ce qui m’a attiré dans cette histoire, c’est que c’est invraisemblable. Quand j’ai entendu comment ces deux types s’étaient échappés en 2015, avec des scies qu’on leur passait dans des steacks hachés congelés, on aurait dit une invention, mais c’est vraiment arrivé et ça s’est fini par la plus grande chasse à l’homme de l’histoire de New York», a raconté Ben Stiller, également producteur exécutif de la série.

Pour lui , le plus important était de reproduire l’écosystème de la prison, non seulement à l’intérieur mais aussi dans la ville et notamment de montrer son poids dans l’économie locale, poursuit-il.

Pour ajouter au réalisme, il a reçu l’aide de conseillers techniques de la prison et a eu accès à l’établissement pour le tournage.

Le format série lui a permis de développer les personnages: «Ça n’aurait pas été aussi intéressant en deux heures [format cinéma]. On a pu présenter un univers, développer le côté humain des protagonistes, ce qui permet de s’identifier à eux, et montrer comment la relation se construit», explique-t-il.

Plus connu pour ses rôles comiques (Marie a un je-ne-sais-quoi, La belle-famille), Ben Stiller a apprécié le passage au genre dramatique: «Ça ressemble aux films que je regardais plus jeune, des drames, mais avec un peu d’humour et des vrais personnages complexes. Je trouvais ça fascinant, c’est le genre de film que j’ai toujours voulu faire et l’opportunité s’est présenté», poursuit l’acteur de 52 ans.

Politique

Les libéraux ne boycottent plus Normandeau

L’émission de radio animée par Nathalie Normandeau n’est plus boudée par le Parti libéral du Québec. Le chef intérimaire Pierre Arcand s’est présenté mercredi au micro de l’ex-politicienne, une décision qu’il qualifie toutefois de «personnelle».

En entrevue sur les ondes de BLVD 102,1, Pierre Arcand a nié que son parti ait procédé à un boycottage officiel de l’émission de Mme Normandeau depuis deux ans. Il s’agissait plutôt de «stratégie» de communication de la part du PLQ, de choisir à quel endroit des entrevues avec des députés allaient être données.  

Mme Normandeau a qualifié «d’excellente nouvelle» la décision de M. Arcand, et espère que d’autres députés libéraux accepteront dorénavant ses invitations. Le chef intérimaire a expliqué à l’animatrice qu’il prenait la liberté de venir «parce que je vous connais depuis longtemps», tout en se gardant de garantir l’avenir. «Votre présence ici me rassure», a répondu Mme Normandeau, qui croit que c’est Philippe Couillard qui avait donné la directive à ses députés de ne pas se présenter à son micro. 

Depuis août 2016, tous les élus de l’Assemblée nationale ont boycotté son émission en raison des accusations criminelles qui pèsent contre elle. Une décision qu’elle n’a jamais comprise et digérée. 

«Mes accusations leur faisaient très peur, sans doute, mais je crois que les députés sont dans l’obligation de suivre le principe de présomption d’innocence. Je suis reconnue innocente jusqu’à preuve du contraire», raconte-t-elle en entrevue au Soleil. 

Déjà, l’ex-chef du PLQ Jean Charest lui avait donné une entrevue quelques jours avant le déclenchement de la campagne électorale, en août. Puis, Gabriel Nadeau-Dubois, co-porte-parole de Québec solidaire, avait brisé le boycottage en se présentant à son micro en début de campagne. 

Mme Normandeau espère que les élus des autres partis représentés à l’Assemblée nationale accepteront aussi de venir parler de politique avec elle en ondes, car elle dit ne pas se servir de son micro pour plaider sa cause. 

Pour la CAQ, il n’est pas question de changer d’idée. «Notre position demeure la même», indique Ewan Sauves, attaché de presse du cabinet du premier ministre élu. En 2016, François Legault avait soutenu qu’à partir du moment où Mme Normandeau est accusée de corruption, il ne voyait pas «comment elle peut avoir une crédibilité à questionner entre autres des politiciens». M. Legault disait croire que l’Unité permanente anticorruption (UPAC) avaient «des bonnes preuves» contre Mme Normandeau. 

Arrêtée par en 2016, Mme Normandeau fait face à des accusations de complot, de corruption, de fraude et d’abus de confiance. Son procès est pour le moment suspendu, jusqu’à la fin des procédures en Cour suprême sur les sources de la journaliste d’Enquête Marie-Maude Denis. 

Mme Normandeau, qui a été vice-première ministre du Québec sous Jean Charest, a quitté la politique en 2011. Elle a commencé sa carrière d’animatrice radio en 2015 au FM93. Renvoyée de cette station à la suite de son arrestation par l’UPAC, Mme Normandeau a par la suite retrouvé un micro à BLVD. 

Télévision

Première superhéroïne transgenre dans «Supergirl»

BANGOR — Une militante transgenre du Maine qui a obtenu gain de cause dans une poursuite pour pouvoir utiliser les toilettes des filles de son école interprétera une superhéroïne transgenre à la télévision américaine.

Le Bangor Daily News rapporte que Nicole Maines, 21 ans, participera à la saison 4 de la série Supergirl, diffusée sur la chaîne The CW, dimanche.

Télé et radio

Netflix investit un milliard de plus aux États-Unis

NEW YORK — Netflix va investir 1 milliard$ de plus aux États-Unis et y créer 1000 emplois supplémentaires par an dans les 10 prochaines années, ont indiqué lundi des élus de l’État du Nouveau-Mexique, où ces investissements seront effectués.

Le groupe a choisi cet état de l’Ouest du pays comme nouveau site de production, et est en train de boucler des négociations pour racheter un complexe de studios de cinéma, ABQ, ont indiqué la gouverneure Susana Martinez et le maire de la ville d’Albuquerque, Tim Keller.

Ce complexe servira à la production des séries Daybreak et Chambers, commandées récemment par la plateforme de streaming.

«Après des années d’efforts pour baisser les impôts et rendre le Nouveau-Mexique plus accueillant pour les entreprises, nous récoltons enfin des résultats incroyables», s’est réjouie Mme Martinez.

Pour attirer le géant du streaming, les autorités locales lui ont fait miroiter de nombreuses aides, dont des subventions publiques d’un montant total avoisinant les 15 millions$.

Netflix, qui compte plus de 130 millions d’abonnés à travers le monde, a déjà tourné certains de ses contenus originaux au Nouveau-Mexique, les séries Godless et Longmire notamment.

Le groupe a annoncé dernièrement installer son premier hub de production européen en Espagne.

Richard Therrien

La force de l’histoire

CHRONIQUE / Les trios de «La vraie nature», souvent drôlement assortis, ne sont pas le fruit du hasard, mais d’une minutieuse réflexion. Qu’ils soient connus ou moins connus ne constitue pas la principale préoccupation. Pour l’animateur Jean-Philippe Dion et son équipe, c’est la force de leur histoire qui compte. Retour au réconfortant chalet de Lac-Brome pour 18 nouvelles émissions, dont 8 cet automne, dès dimanche à 21h à TVA. Nouvel hôte cet automne: Jas, le chien le plus affectueux du coin.

Q Jean-Philippe, après avoir obtenu la faveur du public et de la critique, La vraie nature vient de recevoir les Gémeaux de la meilleure émission ou série d’entrevues ou talk-show et de la meilleure réalisation. Quelle signification a eu cette reconnaissance de tes pairs?

R J’ai souvent l’impression de ne pas faire partie de la clique du milieu de la télévision, et je me suis souvent dit que je n’étais pas un animateur à trophées. Je n’ai pas une vie intime pour faire les couvertures des magazines, j’ai la même vie que quand je travaillais dans un dépanneur à 19 ans, et ça me va très bien. On ne sait jamais quel regard nous portent nos pairs, ça m’a vraiment fait du bien. C’est une méchante tape dans le dos pour moi et pour l’équipe, une gang de chums avec qui j’ai travaillé sur d’autres projets, surtout qu’on a eu peu de temps pour concevoir La vraie nature.

Q Crois-tu que l’émission risque de faire le tour assez vite du bassin d’invités possibles?

R On ne fera pas sept saisons comme Accès illimité. Cette année, je n’ai pas senti qu’on pigeait dans le fond du baril, au contraire. Ce n’est pas la force du nom, mais la force de l’histoire qui fait la qualité de ce show-là. Si l’invité n’a pas d’histoire à raconter ou s’il n’est pas prêt à le faire, je ne pense pas que c’est le meilleur invité pour nous. Plusieurs noms qu’on reçoit ne sont pas ceux qu’on voit dans les talk-shows, mais dont on connaissait la profondeur de l’histoire.

Q Est-ce que des personnalités sont encore réticentes à accepter l’invitation?

R La qualité de la production a rassuré les gens. On ne met pas un gun sur la tempe de l’invité pour qu’il nous raconte des histoires d’horreur. Le concept original [Parenthèse inattendue] veut qu’on fasse la genèse de la carrière de l’invité, mais on a dévié de ça. On veut savoir ce que l’invité a en tête en ce moment, et comment il est arrivé là où il est. On ne veut pas que ce soit une thérapie, on veut qu’il y ait un but à ce week-end-là. À Safia Nolin, j’ai demandé comment la petite fille de Limoilou a défié bien des pronostics pour devenir la chanteuse la plus populaire de l’année. C’est ça, l’enjeu important à aborder avec elle. Le but, c’est de répondre à cette question durant l’émission. José Gaudet nous dit en quoi ta relation avec ton père a influencé l’homme que tu es devenu.

Richard Therrien

C’est aussi de la TV

CHRONIQUE / De marginale il n’y a pas si longtemps, la proposition des différentes plateformes numériques devient désormais incontournable. La récente récolte de Netflix aux derniers Emmy nous en donne une nouvelle preuve. J’ai recensé neuf titres à surveiller cet automne, ailleurs que sur les chaînes télé traditionnelles.

Maniac (Netflix)

Télé et radio

Radio-Canada: entente de principe pour le renouvellement de la convention collective

MONTRÉAL - À l’issue d’un long processus, une entente de principe est finalement intervenue quant au renouvellement de la convention collective entre Radio-Canada et le syndicat qui représente les quelque 3000 syndiqués au Québec et à Moncton.

La direction de la SRC et le Syndicat des communications de Radio-Canada, qui est affilié à la CSN, ont confirmé l’information, jeudi.

Les parties étaient en négociation depuis deux ans et demi et avaient traversé un processus de conciliation, puis de médiation. C’est à l’issue d’une période intensive de négociations, qui avait commencé le 5 septembre dernier, qu’une entente est finalement intervenue mercredi soir, a confirmé au cours d’une entrevue à La Presse canadienne Johanne Hémond, présidente du syndicat.

Les parties n’ont pas voulu dévoiler le contenu de l’entente de principe, préférant en garder la primeur pour leurs membres, comme c’est habituellement le cas en pareille circonstance.

Théâtre

Mort de Jean Piat, le baron d’Artois des «Rois maudits»

PARIS — Le comédien Jean Piat, monstre sacré du théâtre français qui avait marqué les esprits dans le feuilleton télévisé «Les rois maudits» en 1972, est mort mardi soir à Paris à quelques jours de ses 94 ans.

Jean Piat s’est éteint huit mois après sa compagne, la romancière et comédienne Françoise Dorin, décédée en janvier. Il aurait eu 94 ans dimanche.