Télé et radio

Des croque-morts bien sympathiques

CHRONIQUE / On croit qu’ils sont de sinistres personnages, qu’ils passent leur vie au sous-sol, les stores fermés, et mènent une vie triste et austère. Le très divertissant docuréalité «Les croque-morts» vous les fera plutôt voir comme de bons vivants, pas du tout ennuyants, et capables de rire de la mort. Produite chez Pixcom, la série de 10 épisodes de 30 minutes est diffusée à partir du mercredi 2 mai à 20h sur la chaîne Moi et cie, qui adopte une nouvelle image dès ce printemps.

Le choix des protagonistes est toujours primordial dans ce genre de série, et celui des Croque-morts est particulièrement judicieux. Tous deux âgés de 35 ans, Louis-Simon Lamontagne et Maryse Proulx sont en couple depuis bientôt neuf ans, et parents de deux garçons de deux et trois ans. Thanatologue de quatrième génération à Saint-Félix-de-Valois dans Lanaudière, Lamontagne gère avec sa conjointe les résidences funéraires F. Thériault, du nom de sa mère Francine, surnommée «la reine mère» de l’entreprise. Le père, Louis Lamontagne, voit de près aux affaires de son fils, avec qui il se «tiraille» régulièrement, pour emprunter le mot de Louis-Simon. Mais il règne dans cette famille une réelle unité, et on est loin du dysfonctionnel clan Fisher de Six pieds sous terre.

La vie de ces gens n’est pas celle qu’on croit, mais elle n’est pas pour autant banale. Déjà dans l’un des premiers plans, on voit Louis-Simon demander à l’intercom d’un garage si le lave-auto a la capacité d’accueillir son corbillard. L’image du plus jeune garçon dans son siège de bébé dans le corbillard, avec un cercueil (vide) à ses côtés, a quelque chose de surréaliste.

Louis-Simon Lamontagne pousse l’audace jusqu’à commanditer des soirées d’humour intitulées Mort de rire et à offrir comme prix d’un tournoi de golf non pas un voyage dans le sud, mais un cercueil! Pour une campagne de publicité à l’arrière des autobus, l’entreprise a adopté comme slogan: «Ne textez pas au volant car vous pourriez devenir notre client.» Vous voyez que ces gens-là ne se prennent pas trop au sérieux. Disons que leurs méthodes dérangent parfois les plus vieux dans le domaine.

Chacun des 10 épisodes nous les montrera dans leur vie de tous les jours, y compris dans cette pièce où ils doivent préparer les corps. Bien entendu, on a respecté les règles, obtenu les autorisations des familles et, soyez rassuré, brouillé toutes les parties des cadavres. On parle tout de même ici de vrais morts. Le couple pourrait suivre un certain rituel et garder le silence au cours des manipulations; il tient au contraire les conversations les plus banales sur le programme de la journée. C’en devient presque une partie de plaisir. Et heureusement, je dirais, parce qu’on risquerait d’avoir le haut-le-cœur à les voir vider les cadavres de leur sang pour le remplacer par une solution préservatrice. Opération que Louis-Simon Lamontagne compare à «un backwash de piscine». Juste pour vous donner un exemple de ce qui peut survenir, une petite fuite de tuyaux est survenue au premier épisode, de sorte que le sang a commencé à fuir.

Je n’aurais pas aimé être à la place des caméramans, qui eux, voyaient tout. Le réalisateur Simon Sachel (Barmaids, Homme cherche sérieux) parvient à bien traduire le mode de vie de ces personnages aussi ordinaires qu’extraordinaires. Jamais de mauvais goût, et on en montre juste assez. Drôle de hasard que cette série arrive à peine quelques jours après l’annonce d’Une autre histoire, la série dans laquelle Marina Orsini jouera une thanatopractrice. Au fait, si on les appelle croque-morts, c’est qu’on raconte que les embaumeurs de jadis devaient croquer l’orteil du défunt pour s’assurer qu’il était bien mort.

Sans doute dans une volonté de faire décoller ses parts de marché, qui collent à 0,5%, Moi et cie se donne un nouveau logo, abandonne son esperluette (&) et devient «la chaîne des histoires vraies», juste à temps pour sa programmation printemps-été, le 30 avril. Avec les succès de Je suis trans, Face à la rue et Tu ne m’as pas tuée, autant auprès des hommes que des femmes, on veut multiplier les séries de faits vécus. Déjà peu nombreuses, toutes les émissions de style de vie et de cuisine ont été évacuées de la grille.

Tous ceux qui ont suivi le docuréalité Face à la rue ne voient plus les sans-abri du même œil. Jean-Marie Lapointe entreprend la deuxième saison le mardi 1er mai à 21h avec Lucienne, dont le fils est décédé le 1er juin dernier alors qu’il vivait dans la rue à Mont­réal. Cette quête pour trouver des gens qui l’ont côtoyé dans les derniers jours de sa vie au Square Viger, donnent des moments extrêmement touchants, qui arrachent les larmes. Une série utile, formidablement construite, qu’il faut voir absolument. Moi et cie reprend aussi l’excellent documentaire en deux épisodes Pablo Escobar raconté par son fils, lancé sur le Club illico en décembre.

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LA VOIX ET LE BEAU TEMPS

Avec le beau temps comme compétiteur dimanche, La voix a perdu quelques plumes, attirant tout de même 1674000 téléspectateurs à TVA. Baisse aussi pour Tout le monde en parle sur ICI Radio-Canada Télé, avec 859 000. Jeudi dernier, 1315000 fidèles médusés ont assisté à la démente finale de District 31, qui a permis à la pièce The Way, du groupe Fastball, de revenir sur les palmarès de ventes, 20 ans après sa création. Vous avez été par ailleurs nombreux à me faire part de votre mécontentement de la fin de Virtuose, le diffuseur considérant «avoir fait le tour de la formule». De 499000 fidèles la première saison, la moyenne d’écoute avait baissé à 336000 la deuxième, puis à 286000 cette saison, le vendredi à 19h.

Télévision

«District 31»: retour sur les palmarès de la chanson «The Way»

Rien comme la culmination d'une intrigue sur fond de musique enjouée pour relancer un succès sur les palmarès! C'est ce qui est arrivé avec la pièce «The Way», du groupe texan Fastball, diffusée dans la scène finale de la série «District 31», jeudi.

Parue en janvier 1998, la pièce tirée de l'album «All the Pain Money Can Buy» a connu un regain de vie, à la suite de sa diffusion dans les dernières minutes de l'épisode, où l'on découvre l'identité des meurtriers de Christian Phaneuf.

Vendredi matin, la pièce pop-rock se retrouvait déjà parmi les chansons plus vendues sur le palmarès canadien d'iTunes, se hissant jusqu'en 9e position (à 12h45).

L'auteur Luc Dionne a révélé avoir voulu faire un clin d'œil à «Pulp Fiction» et Quentin Tarantino avec l'utilisation de «The Way».

«On est un peu dans le même genre de fin, alors je me disais : bon, on découvre les trois cagoulards. Chacun enlève sa cagoule et je vais mettre cette chanson là-dessus. Alors je l’ai écrit dans le scénario et je trouve que ça marche super bien», a-t-il expliqué à ici.radio-canada.ca.

Télé et radio

Fabien Cloutier s’offre Labrèche et Dorval

CHRONIQUE / Anne Dorval et Marc Labrèche, qui font très peu de séries télé, seront de la distribution de la comédie Léo, signée Fabien Cloutier, qui en tiendra le rôle-titre. La première jouera une coiffeuse et mairesse d’un village, alors que le second sera un contremaître macho dans une usine.

L’œuvre en 12 épisodes, coécrite avec Steve Laplante, Érika Soucy et Claude Lalonde, et produite chez Encore Télévision, apparaîtra au Club illico dès l’automne. Jean-François Chagnon, qu’on a connu dans Les Appendices, signe la réalisation. Marie-Laurence Moreau jouera Cindy, sur qui Léo jettera son dévolu, Steve Laplante sera Chabot, son meilleur ami, et Julien Poulin, son père Yvon.

Ce n’est pas la première fois que Fabien Cloutier côtoie Labrèche et Dorval, puisqu’il apparaissait en curé dans les sketchs Morte campagne avec Macha Grenon, un segment hilarant des Bobos, et une des premières fois où on le voyait à la télé. Labrèche et lui avaient tissé des liens en animant un événement bénéfice. Ce rôle dans Léo est bien plus qu’un retour d’ascenseur. «Ce sont tous des acteurs qui ont un timing comique, mais aussi une grande humanité et une grande vérité», affirme Fabien Cloutier, à quelques semaines du tournage.

Mais qui est donc ce Léo? Les fidèles du théâtre de Fabien Cloutier connaissent déjà un peu le personnage, inspiré du «chum à Chabot», apparu dans deux pièces de l’auteur et acteur, Scotstown et Cranbourne. Un être désœuvré, qui vit dans le village fictif de Wallace, et qui décide de prendre sa vie en main. «Ce gars-là arrive à la quarantaine sans avoir vraiment eu des emplois stables, n’a pas son secondaire 5, vit dans un village où tout le monde se connaît», raconte l’auteur. Sa quête le mènera à travailler dans une usine de pâtisserie, où il rencontrera la belle Cindy, échaudée par des relations amoureuses toxiques.

Fabien Cloutier décrit avec enthousiasme le personnage de Jessica, joué par Anne Dorval, une coiffeuse à qui Léo se confiera, et «qui aurait pu être première ministre». «Ça lui prenait une figure féminine très forte. Il n’a pas assez eu de femmes autour de lui, il a perdu sa mère très jeune. Il travaille dans un milieu d’hommes, il a sa gang de gars. Je pense sincèrement que plus on a des femmes autour de nous, plus ça change les hommes qu’on devient. Pour Léo, ça arrive un peu sur le tard, mais ça lui donne confiance en lui.»

RICHARD THERRIEN

Reviendra, reviendra pas?

BLOGUE / Vous avez été nombreux à me demander la liste des retours confirmés pour la saison prochaine. La voici, cette liste annuelle des «reviendra, reviendra pas», qui sera mise à jour au fur et à mesure des confirmations. Notez entre autres les retours de «1res fois», un des beaux succès de l'hiver, et des «Magnifiques» sur ICI Radio-Canada Télé. Télé-Québec donne aussi une deuxième saison à sa nouveauté «Dans les médias», mais décide de mettre fin à l'émission d'Anaïs Favron, «100% animal».

ICI RADIO-CANADA TÉLÉ

RETOURS CONFIRMÉS

District 31

Lâcher prise

Ruptures

Les pays d'en haut 

Unité 9 

Cheval-Serpent 

Les Simone 

Trop 

Faits divers

Au suivant

Les enfants de la télé 

Tout le monde en parle 

Ici on chante 

Marina Orsini 

Entrée principale

Silence, on joue!

En direct de l'univers

Ricardo

1res fois

Infoman

Ici Laflaque

Prière de ne pas envoyer de fleurs

Deuxième chance

Info, sexe et mensonges

Les magnifiques

Les dieux de la danse

La facture

L'épicerie

Enquête

Découverte

La semaine verte

Second regard

Les coulisses du pouvoir


NON-RENOUVELÉES

Hubert & Fanny 

Virtuose


EN ATTENTE DE CONFIRMATION

Ouvrez les guillemets

Télé et radio

Des héros et des zéros

CHRONIQUE / On a ratissé large dans les discussions dimanche à «Tout le monde en parle», passant de l'échec cuisant des Canadiens à la réussite en affaires, déboulonnant au passage plusieurs mythes persistants.

Dominique Brown, le pdg de Chocolats favoris et recrue de Dans l'œil du dragon, veut la première place et rien d'autre. «L'objectif est de créer une marque de chocolat québécoise qui va se trouver partout à travers le monde», a dit avec assurance celui qui a fait la meilleure impression parmi les invités dimanche. Avec comme objectif un chiffre d'affaires de 100 millions $ d'ici 2020, Chocolats favoris atteindrait le top 100 mondial des confiseurs, une première étape vers la tête.

Héros des affaires, Dominique Brown n'a jamais dévoilé combien il avait vendu Beenox à Activision. Sa seule folie le lendemain a été de s'acheter un vélo de 2000$. «Si je m'étais mis à dépenser en fou furieux, je n'aurais jamais pu probablement faire le saut avec Chocolats Favoris.» Dire qu'à ses débuts, Beenox a frôlé la faillite, avant de se lancer dans un concept de conversion de jeux vidéo.

Jamais il n'a été question qu'on traduise en anglais le nom des boutiques, même à l'international. «Si les entreprises américaines changent pas de nom en arrivant, y'a pas de raison pour laquelle on changerait de nom», tranche-t-il, applaudi par l'assistance. La carte du fou du roi: «Si Chocolats favoris désire produire des Guy A. en chocolat, dépêchez-vous, le moule craque de partout.»

Il fallait voir Julien Lacroix offrir un «pitch» hilarant mais non moins misérable à Dominique Brown pour financer son film. Plutôt que d'attendre des subventions, Adib Alkhalidey et lui ont préféré faire appel au public pour trouver les 80 000$ nécessaires à la production de leur premier long métrage. Destinée au web, cette comédie sur la maladie mentale a déjà une date de sortie, le 10 janvier 2019, ce qui oblige le duo d'humoristes à livrer coûte que coûte.

Aussi auteur de la websérie aux divers accents Pause Kahwa, Adib Alkhalidey a grandi dans un environnement multiethnique, Ville Saint-Laurent, au nord de Montréal. Il constate comme tout le monde un manque de diversité culturelle à la télévision, mais reste compréhensif. «Faut arrêter de culpabiliser les gens. Tu ne vas pas parler de quelque chose qui ne fait pas partie de ton imaginaire. On ne peut pas demander à un auteur qui n'a pas grandi dans mon quartier d'écrire à propos de mon quartier, ça ne va pas lui venir naturellement.»

Très intéressant passage de Michel C. Auger, auteur de 25 mythes à déboulonner en politique québécoise. L'animateur et analyse politique déplore que plusieurs parlent de la situation de la langue française au Québec comme on en parlait il y a 50 ans. Il ne croit pas au recul du français, et rappelle que 94,5% des Québécois sont capables de tenir une conversation dans cette langue.

Michel C. Auger considère que plusieurs ramènent le concept de la laïcité dans le but de diminuer le nombre d'immigrants. Il ne voit pas pourquoi l'étudiante en technique policière serait une plus mauvaise agente parce qu'elle souhaite garder son voile. «Même qu'elle pourrait avoir plus d'empathie», croit-il. Y'a-t-il trop de chroniques d'opinions dans nos médias? «Comme journaliste, je ne vais jamais dire qu'il y en a trop. Y'en a trop des pas bonnes», a-t-il répondu. «On pense aux deux mêmes?», a blagué Guy A. La carte de Dany: «Un autre mythe à déboulonner, celui du journaliste qui finit toujours avec un beau grand sourire sur une pancarte électorale.» «Ah pas moi, Dieu m'en préserve!» a répliqué Auger.

Justement, Bianca Longpré a décidé d'abandonner l'opinion pour rester dans l'humour. Boule d'énergie et verbomotrice, elle décline son concept de Mère ordinaire dans un blogue, un livre, un magazine et même un spectacle. Son discours de dimanche, très drôle et positif, jurait avec ses textes d'opinions qui créaient la polémique, il n'y a pas si longtemps. «J'ai choisi les jokes, c'est pas mal plus le fun», affirme l'humoriste, aussi la conjointe de François Massicotte, et qui clôturera le premier Grand Montréal Comédie Fest avec un gros party de filles.

Celle qui décrit ce qu'elle fait comme «l'inverse de Marilou» avait envie de montrer la réalité plus chaotique de la vie d'une mère. «Je me suis rendue compte qu'il y en avait une méchante gang qui vivait la même affaire que moi.» Si les hommes ne sont pas vraiment invités à son spectacle, «on vous tolère», dit-elle. Encore en 2018, certains hommes refusent de laisser sortir leur blonde sans les accompagner.

Réjouissante Miss BBQ

Réjouissant de voir la révélation de la dernière saison de District 31, Charlotte Legault, qui a pensé abandonner le métier avant que son rôle d'Amélie/Nadia/Miss BBQ prenne l'ampleur qu'on connaît et obtienne la faveur du public. «Fallait que je marque l'histoire avec ce rôle-là», s'est-elle dit. En travaillant sur son personnage d'escorte, l'actrice de 26 ans est allée dans des bars de danseuses et rencontré un tatoueur pour trouver le symbole qu'allait adopter sa Miss BBQ. Avant de connaître le succès, elle a passé pas de moins 470 auditions. Moment charmant lorsqu'elle a imité l'accent du sud-est des États-Unis et l'accent britannique du début du XXe siècle, deux atouts dans sa manche d'actrice, elle qui joue aussi en anglais.

«C'est rien de moins que la pire saison de l'histoire de l'équipe», va jusqu'à dire Jean-Charles Lajoie, à propos de nos zéros, les Canadiens. Presque cruel d'entendre Claude Julien, sur vidéo, dire sur le même plateau l'automne dernier qu'il était revenu à Montréal pour gagner la Coupe Stanley. «Il n'a pas le casting voulu», poursuit l'animateur du 91,9. Au sujet du «problème d'attitude», cité si souvent durant la dernière semaine, le journaliste de La Presse+ Richard Labbé reconnaît que Carey Price affichait une mauvaise mine, même les soirs de victoires. Quel est ce fameux plan de la direction, selon lui? «Tu prends le gardien de but, pis tu croises tes doigts», dit-il, ajoutant qu'on a monté cette équipe à la manière des années 90, en misant d'abord sur le gardien.

Les partisans ont baissé les bras assez tôt dans la saison: Adib Alkhalidey, qui a le CH tatoué sur le cœur, a abandonné en novembre dernier et s'est résigné à suivre les Maple Leafs de Toronto. Geoff Molson a décliné l'invitation de Tout le monde en parle, mais Marc Bergevin a promis de s'y présenter dimanche prochain. Par ailleurs, Jean-Charles Lajoie joue un descripteur de hockey dans la série Demain des hommes, dans laquelle apparaissent son fils Pier-Gabriel et un autre de ses fils comme doublure du gardien de but.

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Richard Therrien

Dominique Brown, le prochain Dragon favori?

CHRONIQUE / Dominique Brown deviendra-t-il notre dragon favori? Dès que j’ai su qu’une place se libérait à Dans l’œil du dragon, j’ai pensé au grand patron de Chocolats favoris, Dominique Brown, déjà bien connu à Québec mais moins dans le reste de la province. Un être charismatique, brillant, modèle de success-story. Fraîchement sorti du tournage de la septième saison, diffusée à partir du mercredi 18 avril à 20h sur ICI Radio-Canada Télé, le nouveau Dragon est enchanté de son expérience et annonce une qualité d’entrepreneurs étonnante.

Il n’avait que 17 ans quand il a incorporé son entreprise, Beenox, un développeur de jeux vidéo, vendu en 2005 à Activision et dont il a quitté la direction en 2012. C’est moins pour le show que pour l’implication et l’aspect de mentorat qu’à 39 ans, il a accepté le défi des Dragons. «Des entreprises de Québec viennent me voir pour me proposer des projets, et je m’impliquais déjà dans toutes sortes de causes entrepreneuriales», m’a-t-il dit. Il ne s’en cache pas : il souhaitait aussi faire mieux connaître Chocolats favoris à l’extérieur de Québec, entre autres dans la région de Montréal.

Arts

Le cri du coeur de Marie-Ève Beaulieu

La comédienne Marie-Ève Beaulieu a lancé un intense cri du cœur, lundi midi. Dans un long message publié sur sa page Facebook, elle dresse un constat désabusé de «l’après-Faits divers», série dans laquelle elle interprétait l’avocate Anne Dupuis. «L’un des personnages les plus flamboyants de l’automne télévisuel», déclarait Richard Therrien dans une de ses chroniques dans laquelle il louangeait le talent d’actrice de la Cowansvilloise d’origine.

Marie-Ève Beaulieu ne s’en cache pas: elle fondait beaucoup d’espoir dans ce rôle «sorti de nulle part» après une longue disette. «Je me disais que les opportunités allaient peut-être enfin se pointer le bout du nez, et que les difficultés étaient enfin derrière. Je me tenais prête, solide au “bate” tel un seul homme! À la fois patiente, sereine ET pro-active!» écrit-elle dans sa longue publication.

Télé et radio

Victor Hugo, le héros et l'amant, occupera les écrans en 2018

CANNES - Victor Hugo devrait être l’une des vedettes de l’année à la télévision, avec une adaptation à gros budget des «Misérables» par la BBC, et un premier biopic qui raconte son engagement politique et ses amours.

Sensation littéraire à 30 ans avec «Notre-Dame-de-Paris», l’écrivain (1802-1885) fut la voix de sa génération. Au contact du peuple de Paris, révulsé par la misère qu’il vit dans les rues, le jeune royaliste devint un héros républicain et connut l’exil, face à un Napoléon III qualifié de dictateur et de «traître».

Cet épisode est au centre de «Victor Hugo ennemi d’État», minisérie réalisée pour France 2 par Jean-Marc Moutout, un des réalisateurs de la série d’espionnage «Le Bureau des légendes» sur Canal+.

Ce portrait, en cours de tournage et présenté au festival de télévision Mipformats à Cannes, aborde également les amours tumultueuses d’un homme qui, jusqu’à sa mort, nota ses conquêtes dans un petit carnet crypté. Yannick Choirat incarne Hugo et Isabelle Carré sa compagne Juliette Drouet.

«Au début de la série, en 1848, Victor Hugo est déjà accoutumé à la gloire, à la fortune», explique le réalisateur. «À la fin de la série, trois ans après, il est un fugitif dont la tête est mise à prix, et un républicain».

Sa maîtresse le suit dans son exil sur l’île britannique de Guernesey, à quelques milles des côtes normandes.

«J’ai voulu montrer la prise de conscience progressive de Victor Hugo et son engagement, plongeant au coeur de l’époque et de la vie de ce grand homme», poursuit Jean-Marc Moutout. «Les deux sont intimement liés, puisque Hugo abandonne la littérature pour le combat politique».

Rendre justice à Hugo

Le Britannique Andrew Davies lui aussi a voulu plonger dans cet engagement et cette vie pour son adaptation des «Misérables», en cours de tournage pour la BBC.

Cet auteur chevronné de 81 ans a déjà réalisé de nombreuses adaptations et conçu toute une série de films en costumes pour le groupe public britannique, dont «Orgueil et préjugés» et «Guerre et paix».

Il décrit «Les Misérables», l’histoire de Jean Valjean, condamné au bagne pour avoir volé du pain, comme un récit «énorme, intense et poignant».

«La plupart d’entre nous connaissent la comédie musicale, qui n’offre qu’un aperçu de l’histoire. Je suis heureux de pouvoir rendre justice à Victor Hugo», dit Andrew Davis.

Dominic West, la vedette de la série américaine «The Wire», interprète le rôle de Jean Valjean dans cette série de six heures.

«Le chemin de rédemption que prend Jean Valjean en fait un des plus beaux rôles que peut jouer un acteur», souligne le comédien britannique.

West succède notamment à Gérard Depardieu, qui avait interprété Valjean dans une série française réalisée par Josée Dayan en 2000.

Victor Hugo, dont les romans ont fait l’objet de 35 films et de nombreuses séries, a aussi droit en Grande-Bretagne à une nouvelle biographie par l’historien Graham Robb. Et un ouvrage est consacré aux «Misérables», «Le roman du siècle», par l’auteur David Bellos.

Hugo, l’homme public, était, de son vivant déjà devenu un personnage hors norme, dont les funérailles furent suivies par deux millions de personnes, rappellent les deux ouvrages. Un écrivain alors plus adulé encore pour ses poèmes que pour ses romans.

Télévision et radio

Les jurés au fait de #moiaussi au nouveau procès de Cosby

NORRISTOWN, Penn. — Le nouveau procès contre Bill Cosby pour agression sexuelle devrait être tout autre que celui tenu il y a un an.

Avec les déclarations d’ouverture prévues lundi pour le premier grand procès d’une célébrité dans l’ère #moiaussi, les procureurs ont organisé un défilé d’accusatrices pour tenter de démontrer que le comédien vénéré vivait une double vie comme l’un des plus imposants prédateurs à Hollywood.

Bill Cosby, aujourd’hui âgé de 80 ans, réplique avec un nouvel avocat bien connu et une stratégie agressive : attaquer Andrea Constand comme une menteuse motivée par l’appât du gain et présenter les autres femmes appelées à témoigner comme cherchant surtout à être sous les projecteurs.

Le premier procès de Bill Cosby le printemps dernier s’est terminé avec des jurés incapables d’en venir à un verdict unanime après cinq jours de délibérations intenses sur des accusations d’avoir drogué et agressé Andrea Constand dans sa maison en banlieue de Philadelphie en 2004.

Le comédien, qui soutient que les contacts sexuels étaient consensuels, fait face à trois chefs d’attentat à la pudeur avec violence, chacun pouvant entraîner une peine de 10 ans de prison.

Son nouveau procès a lieu dans un environnement radicalement différent et potentiellement plus hostile. Le mouvement #moiaussi s’est enflammé quatre mois après le premier procès, éveillant les consciences sur les inconduites sexuelles et faisant tomber des hommes puissants comme le producteur Harvey Weinstein et le sénateur Al Franken.

Pratiquement tous les jurés potentiels questionnés cette fois étaient au fait du mouvement  #moiaussi.

Scepticisme des jurés

Kristen Houser, du Centre national de ressources sur les violences sexuelles aux États-Unis, a affirmé que cela pourrait notamment aider les procureurs à surmonter le scepticisme que certains jurés avaient il y a un an quant aux années ayant passé avant le signalement des allégations par Andrea Constand à la police.

«Le mouvement #moiaussi amplifie ce que des experts affirmaient depuis des décennies : les gens ont honte, sont désorientés, et ils ne peuvent pas croire que quelqu’un en qui ils ont confiance peut les blesser, et puis ils craignent que d’autres ne les croient pas», a soutenu Mme Houser.

Télé et radio

«Contrôle parental», la nouvelle perspective sur les comédies d’adolescents

LOS ANGELES - La comédie grivoise, avec ses blagues lourdingues d’adolescents, ses vierges effarouchées et ses pom-pom girls aguichantes, était autrefois synonyme de succès au box-office, mais dans le Hollywood post-Weinstein, le genre peut désormais sembler anachronique.

Un nouveau film avec des adolescentes sûres d’elles, au lieu de la traditionnelle flopée de jeunes garçons obnubilés par le sexe, démontre qu’il est possible de faire de telles comédies sans homophobie ni misogynie.

«Contrôle parental», qui sort vendredi aux États-Unis marque les premiers pas derrière la caméra de la scénariste américaine Kay Cannon, connue pour avoir écrit les trois films «Pitch Perfect».

Sa dernière création raconte l’histoire de plusieurs parents découvrant que leurs trois filles respectives ont conclu un pacte pour perdre leur virginité lors de la soirée de fin d’année scolaire.

Trois d’entre-eux, incarnés par Leslie Mann, Ike Barinholtz et John Cena, montent une opération pour empêcher les adolescentes de mener à bien leur projet.

«Il y a déjà eu des comédies grivoises déconseillées aux moins de 17 ans, mais jamais vraiment avec cette perspective féminine, avec trois jeunes filles au premier plan et Kay Cannon derrière la caméra», a commenté l’actrice australienne Geraldine Viswanathan, qui joue la jeune Kayla.

Sortie opportune

«Ça ne pouvait tomber à un meilleur moment. Je suis vraiment ravie et tellement fière de faire partie d’un film si marrant et je pense que beaucoup de gens vont l’apprécier, mais il a aussi beaucoup de coeur et il est très représentatif de ce qu’il se passe maintenant», a-t-elle ajouté, lors de la première mardi à Los Angeles.

Elle côtoie à l’écran Kathryn Newton, vue récemment dans «3 Billboards, les panneaux de la vengeance»,  et Gideon Adlon, qui jouent ses meilleures amies Julie et Sam.

Cette dernière a relevé que même si le film avait été tourné avant le mouvement  #MeToo et la campagne des femmes pour l’égalité Time’s Up, nés après le scandale Weinstein déclenché en octobre, cela représentait quelque chose «d’assez spécial» que de figurer dans un film dans l’air du temps.

«Trois jeunes femmes qui prennent leurs propres décisions au sujet de leur corps et de ce qu’elles veulent faire avec leur corps, pas ce que les hommes veulent... Comment la sortie (d’un film, NDLR) pourrait-elle être plus opportune?» a-t-elle relevé, soulignant qu’étaient également abordées des sujets de société comme la communauté LGBT et les familles multiraciales.

Écrit par les frères Brian et Jim Kehoe, «Contrôle parental» a été décrit comme une rencontre entre «American Pie» (1999) et «Mes meilleures amies» (2011), mais avec aussi des éléments de «Road Trip» (2000), «SuperGrave» (2007) et même «Ça chauffe au lycée Ridgemont» (1982).

Les critiques ont été élogieuses, recevant un score de 89% sur le site agrégateur Rotten Tomatoes. Les pronostics pour cette production de 21 millions de dollars tablent sur environ 18 millions de dollars pour son premier week-end d’exploitation en Amérique du Nord, et un total de 69 millions in fine dans cette région.

«C’est toujours bien lorsque vous pensez avoir quelque chose de marrant et que les gens repartent avec beaucoup plus que des rires», estime John Cena. «C’est perspective nouvelle et différente, il était temps, et je pense que le public est d’accord».

Le film, co-produit par Seth Rogen, a fait ses débuts en mars lors du festival South by Southwest à Austin (Texas), où éclats de rire et applaudissements ont parfois noyé les dialogues.