Alexandre et Katerine Leblanc, de Team White, auront ébloui l’auditoire jusqu’au bout avec leur style bien à eux.

Team White savoure sa victoire

CHRONIQUE / Team White a créé la surprise dimanche soir en remportant la finale de «Révolution» à TVA. À tous les points de vue. Que ce soit en allant toujours là où on ne les attend pas. Et en faisant mentir les pronostics, qui donnaient Yoherlandy gagnant. Parlez-moi d’une fin imprévisible comme on les aime.

Pour sa dernière, enregistrée il y a deux semaines, l’émission de variétés la plus regardée de l’automne a rallié pas moins de 1267000 téléspectateurs, dont plusieurs qui ne se soupçonnaient pas amateurs de danse avant le début de l’automne. La formule a fait ses preuves, assez pour que l’émission soit de retour pour une deuxième saison en 2019. Avis aux intéressés: on annonce déjà les auditions, dont à Québec du 15 au 17 février.

Alexandre et Katerine Leblanc, frère et sœur qui forment Team White, auront donc ébloui l’auditoire jusqu’au bout, avec leur style propre à eux. Cette victoire, ils ne l’ont pas volée. Le duo n’a pas l’intention de consacrer sa bourse de 100000$ à autre chose qu’à sa passion, la danse. Ils ne devraient pas avoir de mal à recruter de nouveaux élèves, qui commencent aussi jeunes qu’à trois ans, au Studio Shake à Blainville, dont ils sont les propriétaires. «On veut investir là-dedans pour partager notre passion pour la danse avec le plus de gens possible», explique Alex, aussi coach et chorégraphe avec Katerine du groupe Seem So Far, connu des fans de Révolution.

La victoire a été inespérée, mais gagner contre Yoherlandy reste déchirant pour eux. «Ça m’a vraiment beaucoup attristée, parce que je le trouve exceptionnel. Je m’en voulais quasiment», confie Katerine. Alex, qui se console avec le fait que Yohe est tout de même reparti avec 10000$, promet que le duo retravaillera avec ce précieux camarade, sa découverte de Révolution.

Le frère et la sœur confirment que cette synergie entre tous les danseurs était bien réelle. Jamais les styles ne se sont aussi bien mêlés. «Le hip-hop, c’est un monde. Le contemporain, c’en est un autre. Voir tous ces styles se mêler autant nous faisait réaliser qu’on fait tous la même affaire. On a tellement appris de tout le monde.» Habitués aux critiques, l’un et l’autre ont reçu avec beaucoup d’humilité les commentaires des maîtres, Lydia Bouchard, Les Twins et Jean-Marc Généreux, leur donnant raison sur toute la ligne. «Ils étaient très éloquents, extrêmement clairs, mettaient le doigt sur des points précis. Chaque fois, on appliquait leurs correctifs pour nous dépasser», explique Alexandre.

Team White baigne dans la danse depuis toujours. Originaires de Saint-Sauveur, ils ont été inspirés très jeunes par leur mère, qui évolue également dans ce domaine. Pendant que Katerine fréquentait l’École supérieure de ballet du Québec, Alex dansait seul dans son sous-sol. Tout naturellement, ils ont uni leurs forces pour former Team White. Alexandre se réjouit de voir autant de garçons pratiquer la danse aujourd’hui. «À mon époque, j’étais le seul gars de toute mon école secondaire qui dansait. C’était mon surnom, ‘‘le gars qui danse’’. Maintenant, il y en a tout plein», confirme le danseur de 25 ans. De son côté, Katerine, 24 ans, considère que la danse est moins hypersexualisée qu’avant, et que les jeunes filles ont d’autres modèles que ceux qu’elles voient dans les vidéoclips. «Je n’ai jamais embarqué là-dedans. Quand la danse devient genrée, on perd un peu au niveau artistique.» Un des Twins a dit être persuadé qu’elle était un gars à la première participation de Team White, le plus beau compliment qu’on pouvait lui faire, dit-elle.

Le duo est lui-même surpris que le public se soit montré aussi ouvert à son style délibérément étrange. Le choix de camper des araignées à la finale en est un bon exemple, et a donné le moment Révolution le plus démentiel de la saison. «Ça nous a beaucoup donné confiance en notre travail. On ne savait pas comment les gens allaient réagir. Ça nous pousse à être encore plus weird et bizarres!» lance Katerine. Comme quoi le public est moins frileux qu’on le croit.

Sur ICI Radio-Canada Télé, la dernière avant les Fêtes de Tout le monde en parle a attiré 897000 fidèles, alors qu’à V, Occupation double Grèce en a retenu 599000. Il y avait aussi un match entre le Canadien et les Sharks de San Jose, vu par 485000 amateurs à RDS.