Le groupe québécois Tea for 20’s lance un deuxième album, <em>The Dipsy Doodle</em>.
Le groupe québécois Tea for 20’s lance un deuxième album, <em>The Dipsy Doodle</em>.

Tea For 20’s : le feu des années folles

Guillaume Mazoyer
Guillaume Mazoyer
Le Soleil
Fondé en 2008, le groupe québécois Tea for 20’s est voué à faire ressurgir les passions entourant la musique des années 20. Juste à temps pour le centenaire de cette décennie musicale marquante, le groupe offre l’album The Dipsy Doodle, un recueil des meilleurs classiques de l’époque.

Tea for 20’s c’est de la musique swing des années 20. C’est aussi cinq musiciens et une chanteuse. Et, parfois, c’est aussi quatre danseurs de plus pour les gros spectacles.

Cela fait déjà une bonne dizaine d’années que Tea for 20’s baroude sur les scènes du Québec, pour offrir des spectacles au Festival d’été de Québec ou se produire lors d’événements corporatifs. Son répertoire bien rodé de reprises des meilleurs classiques des années 20, leur a inspiré la réalisation de leur deuxième album, The Dipsy Doodle.

«Dans cet album, on retrouve beaucoup de morceaux que les danseurs adorent entendre, mais aussi des chansons qui vont faire plaisir au plus grand nombre, comme la piste I Ain’t Got Nobody, commente la chanteuse de Tea for 20’s, Lily Thibodeau. Ce sont de grands classiques qui vieillissent bien.»

Pour la chanteuse, la piste I Can’t Give You Anything But Love est son coup de cœur au niveau de la production «En show, ce n’était vraiment pas ma chanson préférée et il n’y avait pas de chorégraphie qui lui était associée, explique Lily Thibodeau. Mais sur l’album, il s’est passé quelque chose de magique. Il y a deux échantillonnages, dont une narration d’une femme des années 20 qui parle de ce qu’elle vivait à l’époque, par-dessus le solo de notre pianiste Antoine Breton.»

Des extraits de discours qui font écho avec l’actualité des derniers mois, notamment la vague de dénonciations de harcèlement et d’abus sexuels sur les réseaux sociaux. «Il y avait des figures de femmes fortes dans les années 20, précise Lily Thibodeau. Avec le contexte actuel, il serait intéressant de les revisiter.»

L’album arrive juste à temps pour les 100 ans qui nous séparent aujourd’hui des années folles. Une période faste, avec une dose de joie qui, pour l’instant, semble manquer à l’année 2020. 

«C’est une musique qui offre encore du plaisir à écouter aujourd’hui», raconte Lily Thibodeau. C’est aussi une musique que l’on entend plus souvent qu’on le croit, notamment dans des échantillonnages pour des chansons pop, fait remarquer la chanteuse de Tea for 20’s. De même, des groupes electro-pop font leur spécialité de mélanger des pistes électros avec des morceaux swing des années 20, comme le groupe Caravan Palace.

La passion swing et jazz

Pour Lily Thibodeau, la musique jazz et swing laisse beaucoup de place à l’improvisation, ce qui en fait un univers riche en créativité et inspirant. «Chaque instrument est important dans le groupe, et chacun d’entre eux a son moment de gloire», souligne-t-elle. Le groupe offre aussi une prestation des grands classiques américains teintée de ses racines québécoises. «Les musiciens sont la couleur primaire du groupe, alors il y a des influences», dit Lily Thibodeau.

Tea for 20’s est un groupe de passionnés. La tromboniste Geneviève Duval a elle-même vécu 11 ans à La Nouvelle-Orléans. Pour Lily Thibodeau, c’est après une tournée initiatique au Mississippi et en Louisiane que sa mission de remettre à l’avant-plan les débuts du jazz lui est venue comme une évidence.

Pandémie oblige, l’été du groupe a été marqué par l’annulation de plus de 25 spectacles. Le premier clip de Tea for 20’s pour l’album a finalement dû être réalisé par Lily Thibodeau, seule, en raison de la distanciation physique, pour la piste When I Get Low, I Get High. L’artiste reste toutefois positive : «Ça tombe bien, c’était ma préférée», dit-elle.