Le violoncelliste Blair Lofgren a interprété un solo sur la «redoutable et injouable» Sinfonia concertante, qui s'est avérée, à notre avis, être le temps fort de la soirée.

Tchaïkovski, symphonie pathétique: les splendeurs de l'âme russe

CRITIQUE / L'Orchestre symphonique de Québec (OSQ) a des oeuvres de trois grands compositeurs russes au programme cette semaine. Une plongée mouvementée dans les tourments et les splendeurs de l'âme russe, dont on sort éblouis et un peu à bout de souffle.
Les deux pièces de la première partie, Ode d'Igor Stravinski et la Sinfonia concertante de Sergueï Prokofiev, étaient présentées pour la première fois à l'OSQ, alors que la Symphonie no 6 en si mineur «Pathétique» de Tchaïkovski en deuxième partie était la pièce la plus largement connue du programme. Lors de son interprétation, l'assurance des musiciens a monté d'un cran, la succession d'emportements et d'apaisements qui composent la symphonie donnait l'impression que l'orchestre était porté par de grandes et profondes inspirations et expirations. Tout est une affaire de souffle, de soupirs, de murmures et de bourrasques dans cette dernière symphonie du compositeur russe, et l'OSQ l'incarnait avec précision et passion.
Les musiciens étaient dirigés par le chef français Fayçal Karoui, complètement habité par la musique, très théâtral, qui alternait entre les larges mouvements dansants, les positions intenses et soutenues et les enchaînements de gestes plus discrets. Même sans entendre de musique, on aurait pu suivre l'évolution de tout le déferlement d'émotions seulement en observant le chef, animé par une passion hors du commun.
Nous avions hâte de voir le violoncelle solo de l'OSQ, Blair Lofgren, interpréter la «redoutable et injouable» Sinfonia concertante, qui s'est avérée, à notre avis, être le temps fort de la soirée. Déjà, au cours des concerts réguliers, logé au centre de ses confrères, Lofgren attire le regard par le sourire qui flotte toujours sur ses lèvres et le réel plaisir qu'il semble éprouver à jouer toutes les musiques. Mis à l'avant pour une telle partie soliste, le violoncelliste est complètement en contrôle, a beaucoup d'aplomb, d'expressivité et se révèle être d'une agilité et d'une intelligence remarquable. Un très beau moment de musique.
Le concert est à nouveau présenté jeudi à 10h30 au Grand théâtre de Québec, sans la Sinfonia concertante.