Normand D’Amour et Marie-Chantal Perron incarnent les parents du trentenaire pot-de-colle Tanguy (Christophe Payeur) dans l’adaptation théâtrale du film réalisé par le Français Étienne Chatiliez.

«Tanguy»: convenu et sans surprise

CRITIQUE / Film devenu culte, 18 ans après sa sortie, «Tanguy» a fait école en accolant son titre à ces «adulescents» qui collent à la maison familiale, au grand dam de leurs parents. Or, ceux qui ont conservé un bon souvenir du long-métrage d’Étienne Chatiliez risquent fort d’être décontenancés par son adaptation à la québécoise, ultralégère et débordante de bouffonneries.

Le canevas de la pièce demeure à peu près le même que le scénario original, avec le trentenaire Tanguy (Christophe Payeur), sinologue brillant et articulé qui fait le désespoir de ses parents, Édith et Paul Ducas (Marie-Chantal Perron et Normand D’Amour), en refusant de voler de ses propres ailes. Pourquoi partir, on se le demande, lui qui est logé, nourri, blanchi, et qui ramène même ses conquêtes d’un soir à la maison.

Sa grand-mère (France Castel), qui le surnomme «le pékinois», est persuadée qu’il ne partira jamais. N’est-il pas né avec 13 jours de retard, pas pressé qu’il était à quitter le ventre de sa mère?

Sauf que ses géniteurs commencent à en avoir ras le bol de ce fils parasite incapable de s’affranchir. Qu’à cela ne tienne, le couple sur le bord de la crise de nerfs et en manque d’intimité prendra les grands moyens pour lui faire lever les feutres. Mais Tanguy, comme un boomerang, ça finit toujours par revenir...

Le moins qu’on puisse dire, c’est que la transposition de Tanguy sur la scène de la salle Albert-­Rousseau ne laisse pas un souvenir impérissable. La faute n’est pas à mettre sur le dos des comédiens — la plupart tirent leur épingle du jeu dans une belle complicité —  que sur la faiblesse de la mise en scène signée Normand Chouinard.

L’ensemble baigne dans une ambiance de théâtre d’été, gags faciles, quelques sacres et parties de jambes en l’air inclus. Les transitions entre les segments, avec des finales qui tombent à plat plus souvent qu’autrement, sont accompagnées d’une agaçante musique digne d’un sitcom. 

C’est dans le décor d’un appartement haut de gamme, avec chambres à coucher en arrière-scène et un coin-cuisine appelé à se transformer en bar-restaurant pour des scènes parallèles, que ce conflit familial avance par à-coups, trop souvent incapable de trouver son tempo et d’échapper aux redites. En font foi les nombreux cris d’ébats amoureux dans le noir qui finissent par exaspérer.

Et que dire de cet inutile segment karaoké, en fin de première partie, prétexte à entonner en chœur C’est le temps des vacances et Bye bye mon... Tanguy, en compagnie des cinq autres comédiens de la pièce (Roger Larue, Violette Chauveau, Anne-Marie Binette, Hilaire St-Laurent et Katherine Riva), appelés à jouer plusieurs personnages secondaires.

En somme, un divertissement facile que le public, plus magnanime que la critique, a néanmoins semblé apprécier comme en ont fait foi les nombreux rires. 

Tanguy est présenté à nouveau jeudi à la salle Albert-Rousseau. Des supplémentaires ont été ajoutées les 14 et 15 octobre.