L'exposition «Mitchell / Riopelle. Un couple dans la démesure!» a attiré en moyenne 1800 visiteurs par jour.

Succès monstre pour l'expo Mitchell-Riopelle

Commissaire de l’exposition inédite consacrée aux œuvres du couple Mitchell-Riopelle, au Musée national des beaux-arts du Québec (MNBAQ), Michel Martin arbore son plus grand sourire à trois jours de la fin de l’événement. Et pour cause. Si la tendance se maintient, plus de 100 000 curieux auront répondu à l’invitation.

Alors que le pavillon Pierre-Lassonde est littéralement pris d’assaut par les visiteurs qui s’agglutinent devant la soixantaine de toiles des deux géants de l’art moderne, certaines imposantes, le commissaire savoure la satisfaction du devoir accompli, après quatre ans de représentations et de démarches auprès d’une trentaine de musées et de collectionneurs privés. 

«C’était presque irréalisable d’aller chercher des œuvres d’une telle dimension. Les institutions qui ont accepté de nous les prêter ont mis des balises très strictes», explique M. Martin, donnant en exemple le triptyque Canada I, de Mitchell, le plus imposant de la série, qui devait être transporté debout, jamais couché, ordre formel du musée Guggenheim de New York.

Le commissaire Michel Martin, photographié devant l’une des œuvres phares de l’exposition Mitchell-Riopelle, «Canada I», prêtée par le musée Guggenheim de New York.

«C’est un grand succès de fréquentation, l’une des grandes expositions du musée. Et pour moi, le peak d’une carrière. C’est un cadeau du ciel. Quand j’ai reçu l’offre, je n’avais pas le droit de refuser», explique M. Martin, à la retraite depuis 2008 lorsque la direction du musée des Plaines l’a approché pour monter l’exposition.

Si l’achalandage monstre le comble de bonheur — on parle d’une moyenne de 1800 visiteurs par jour — il ne s’en étonne nullement. «J’y ai cru dès le départ. J’étais convaincu que ça marcherait, d’abord parce que les gens connaissent Riopelle, mais aussi parce qu’il s’agissait d’une invitation à le redécouvrir à travers le travail de quelqu’un avec qui il a vécu pendant 25 ans.»

Et pas n’importe quelle compagne de vie. «Joan Mitchell est une artiste majeure au plan international, mais on ne la connaissait pas. Les gens ont été très touchés par ce dialogue et cette convergence entre les deux artistes. Certains visiteurs sont revenus trois ou quatre fois.»

Les retardataires ont jusqu’à dimanche, 17h, pour découvrir Mitchell / Riopelle. Un couple dans la démesure! L’exposition prend ensuite la route de Toronto, où elle se posera de février à avril. Un séjour dans un musée de la commune de Landerneau, en Bretagne, est également au programme plus tard dans l’année.