Depuis le début de sa carrière, Steve Harris a tout bon : la fondation du légendaire groupe heavy Iron Maiden, la réputation d’être un des meilleurs joueurs de basse du monde et une présence scénique intense et athlétique. Il sera à Québec avec son projet British Lion.

Steve Harris, le vieux lion

Depuis le début de sa carrière, Steve Harris a tout bon : la fondation du légendaire groupe heavy Iron Maiden, la réputation d’être un des meilleurs joueurs de basse du monde et une présence scénique intense et athlétique. Mais qu’est-ce qui peut bien convaincre le musicien virtuose de sortir de sa tanière avec British Lion, son projet parallèle, plutôt que de profiter de sa fortune et de sa réputation?

Au téléphone en direct de Londres, Harris se bidonne. «Je ris parce que je suis tout sauf flamboyant. Je suis très chanceux d’avoir cette indépendance. Mais je fais des choses tout à fait normales. Je joue encore au football [une passion depuis l’enfance], au tennis, ce genre de trucs. C’est amusant, parce que je ne suis pas le genre à faire étalage de ma fortune ou à fréquenter des endroits dispendieux. Ce n’est vraiment pas moi.»

Dans la vie, peut-être, mais sur scène, c’est une autre histoire. Sa forte présence ainsi que le jeu précis et rapide de ses doigts agiles (il n’utilise pas de pic de guitare) captivent le regard. Le sexagénaire (eh oui!) n’a pas ralenti le rythme, jure-t-il. «Je ne crois pas. Depuis quelques années avec Maiden, j’ai enregistré des mélodies plus simples, mais elles étaient au service de la chanson. Pas question de surjouer ou sous-jouer : je joue ce qu’il faut pour les chansons. Si elles sont plus techniques, je vais jouer plus technique. Ce n’est pas parce que je deviens vieux ou paresseux : je suis encore capable de jouer les trucs plus complexes de Maiden.»

Même Phantom of the Opera, pièce mythique de leur premier album (1980)? «Of course, yeah!»

Petites salles

Le voici donc sur la route même si six années se sont écoulées depuis la parution de l’album éponyme de British Lion. «Incroyable! Où le temps s’en est-il allé? C’est scandaleux», dit-il, pince-sans-rire. Harris révèle qu’ils viennent de compéter un nouvel essai qui sortira l’an prochain, «whatever». «On a fait quelques tournées européennes et j’ai tourné avec Maiden aussi.»

Reste que, cette fois, Harris ne jouera pas dans des arénas, mais de petites salles. Une opportunité qui lui plaît. «Je ne l’ai jamais fait. Au début, avec Maiden, nous faisions des premières parties dans des grosses salles. Et le groupe est tellement gros que nous ne pouvons le faire à moins de jouer sous un nom d’emprunt. British Lion me garde les pieds sur terre et nous sommes plus proches des fans. Je peux même leur parler après le spectacle parce que ce n’est pas aussi fou. C’est un gros plus.»

En entrevue, le pilier de Maiden et principal parolier est très clair : aucune pièce n’est au menu de British Lion. «Nous ne l’avons jamais fait.» Leur musique est «complètement différente». «Nous sommes un groupe rock. [Les gens présents] n’auront pas du Maiden, mais quand même des pièces puissantes. La dynamique est différente.»

Pas d’interprétation non plus. En Europe, il y a déjà eu une pièce de UFO au menu — le groupe hard rock mené un temps par Michael Schenker (Scorpions) et influence assumée du premier CD, avec The Who. «L’intention était que ça sonne rétro. UFO, oui, mais en spectacle ça sonne pas mal plus lourd. Et le deuxième album est plus représentatif de ce que nous sommes devenus depuis. Il se peut que, si vous aimez Maiden, British Lion ne soit pas votre tasse de thé. Mais vous ne le saurez pas si vous ne l’essayez pas.»

Évidemment, impossible de parler à Harris sans demander des nouvelles de Maiden — «je n’ai pas le droit d’en parler, mais même si je pouvais, je ne le ferais pas (rires)». Le sympathique musicien consentira à dire qu’il y aura un nouveau disque «éventuellement». «Je l’espère.»

On a l’impression que pour lui, ce serait plus tôt que tard. C’est pour ça, la tournée canadienne et sud-américaine de British Lion : les doigts lui démangent…

Il n’était pas question, dans sa tête, de ne pas passer par Québec, «un de mes endroits favoris», dit-il avec sincérité. Nul doute : Maiden est tellement populaire dans la capitale. Depuis longtemps. Lors de la tournée suivant The Number of the Beast, en 1982, le Colisée était leur foule la plus importante en Amérique du Nord.

«Je suis venu toutes les saisons. Je suis venu avec une de mes filles une fois, mais elle était trop jeune pour s’en souvenir. Elle est revenue l’an passé et elle a adoré. Quand on me demande mes endroits favoris [où jouer], Québec est toujours sur la liste», soutient le père de six enfants.

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VOUS VOULEZ Y ALLER?

Quoi : British Lion (Coney Hatch en première partie)

Quand : 4 novembre, 20h

Où : Impérial

Billets : 41,75 $ (47,75 $ à la porte)

Infos : imperialbell.com