Hawk (Winston Duke) et Spenser (Mark Wahlberg) font équipe dans <em>Spencer Confidential</em>.
Hawk (Winston Duke) et Spenser (Mark Wahlberg) font équipe dans <em>Spencer Confidential</em>.

Spenser Confidential sur Netflix: Wahlberg s’éclate

CRITIQUE / Mark Wahlberg et Peter Berg continuent leur fructueuse (et lucrative) association avec Spenser Confidential. Grosse différence cette fois avec ce drame policier teinté d’humour : après quatre sorties sur grand écran, le tandem s’est tourné vers Netflix. Comme d’habitude, le résultat n’a rien de subtil, propose un récit convenu tiré par les cheveux, mais émaillé de scènes d’action et un suspense relativement efficace bâti comme véhicule pour sa vedette.

Petit rappel : Spenser a d’abord pris vie dans la série télé du même nom (1985-88) avec Robert Urich dans le rôle-titre. Pour ce long métrage, le scénario de Sean O’Keefe et Brian Helgeland (L.A. Confidential, Mystic River) se veut une adaptation très libre des personnages créés par Robert B. Parker. En fait, on n’a gardé que les noms de ceux-ci…

À commencer par Spenser (Wahlberg), ex-flic au tempérament explosif condamné à cinq ans de prison pour avoir tabassé le capitaine John Boylan (Michael Gaston). L’ex-détenu rêve de l’Arizona, mais il doit d’abord demeurer chez son entraîneur de boxe et mentor, Henry (Alan Arkin). Et composer avec un colocataire : Hawk (Winston Duke), un colosse placide qui se transforme en tornade sur un ring d’arts martiaux mixtes.

Le jour de la sortie de tôle de Spenser, le capitaine Boylan est brutalement assassiné. Évidemment, Spenser va enquêter et découvrir une conspiration qui implique un large schéma de corruption et un gang de rue particulièrement sanguinaire. La table est mise...

Après Le seul survivant, Deepwater, Le jour des patriotes et Cible 22 avec Wahlberg, Peter Berg a opté pour une approche plus détendue, malgré la violence de circonstance, qui surenchérit sur la dérision — on se moque, entre autres, du stéréotype du super-flic qui ressort toujours sans égratignures des combats contre une armée de méchants : Spenser se fait régulièrement tabasser…

C’est ce qui sauve le film de l’ennui et de son aspect hautement prévisible. Berg mise à fond sur Wahlberg, qui s’éclate dans un rôle taillé sur mesure pour lui. Le réalisateur joue aussi la carte Boston avec insistance. On a même tourné Spenser Confidential en partie dans le quartier où a grandi la vedette. La trame sonore est à l’avenant : Boston (évidemment), Aerosmith, etc.

Outre Wahlberg, Winston Duke (La panthère noire, Nous) retient l’attention avec sa dégaine cool. La chimie du duo de choc très contrasté — on est dans le canevas usé du buddy movie — s’avère très bonne.

Dans ce monde gonflé à la testostérone, on mise sur Cissy Davis, l’ancienne petite amie de Spenser. L’impétueuse grande gueule est interprétée par Iliza Shlesinger, une humoriste américaine. Dans cette stratégie basée sur les noms connus de la génération diffusion en ligne, on note aussi la présence du rappeur Post Malone.

Évidemment, la fin ouvre la porte toute grande à une suite. Pas sûr… Spenser Confidential se retrouve dans la moyenne du genre. Divertissant, mais vite oublié.