Selena Gomez s'est pointée en terrain conquis. Elle avait à peine commencé à chanter Same Old Love que les fans l'accompagnaient.

Sous le charme Selena Gomez

CRITIQUE / La pop radiophonique peut parfois être prise à la légère, voire tournée en dérision, or Selena Gomez, elle, prend son boulot au sérieux. C'est ce qu'elle a démontré à sa première halte à Québec, avec un spectacle à grand déploiement, qui a fait chanter et danser les plaines d'Abraham.
Le programme pop concocté par le Festival d'été, lundi, a fait chuter la moyenne d'âge des festivaliers drastiquement. Il n'y avait qu'à entendre les cris stridents qui ont accueilli Selena Gomez pour en juger - les filles étaient nettement majoritaires. Certaines admiratrices, arrivées très tôt pour voir leur idole, tombaient comme des mouches en début de soirée, victimes de déshydratation. Ça s'est calmé lorsque la fraîcheur est arrivée et, comme pour les récompenser de leur patience, l'orage qui menaçait juste avant le début du concert les a épargnées.
Selena Gomez s'est pointée en terrain conquis. Elle avait à peine commencé à chanter Same Old Love que les fans l'accompagnaient. Mieux : chaque fois qu'il y avait un segment instrumental, les cris aigus retentissaient de nouveau, ce qui faisait irrésistiblement sourire l'Américaine.
Mais la vedette n'a rien tenu pour acquis et s'est efforcée de distraire ses dizaines de milliers d'admirateurs. Pour y parvenir, elle était entourée d'une importante équipe de musiciens, choristes et de danseurs. À cela se sont ajoutés projections et, bien sûr, divers changements de costumes. Sexy sans ne jamais être vulgaire, Gomez était dynamique, se promenant un peu partout sur scène et participant à diverses chorégraphies, même si elle portait invariablement des talons (très) hauts. Elle a semblé en bonne maîtrise vocale, bien qu'il pouvait être difficile de distinguer s'il y avait des bandes enregistrées dans l'équation...
Gomez avait scindé son concert en cinq tableaux soignés, ce qui lui a permis d'investir différentes sections de son répertoire, tantôt avec des teintes r'n'b, tantôt plus électro, et d'aller fouiller dans sa garde-robe. Elle en est revenue avec une robe fort élégante pour la portion plus nuancée de la soirée, où elle a défendu Transfiguration au piano. Ces changements de costumes ont toutefois impliqué des transitions longuettes, avec très peu d'action sur scène.
Rares sont les titres qui n'ont pas fonctionné, surtout que les fans étaient là pour accompagner la star dans ses Hands To Myself ou Kill Em With Kindness, comme dans ses reprises de Sweet Dreams et I Want You To Know (Zedd), à la toute fin, durant laquelle des ballons ont été lancés dans la foule.
Un premier rendez-vous réussi.
Alessia Cara
Il n'y avait pas que Selena Gomez qui était attendue sur les Plaines. Alessia Cara avait aussi son lot d'admirateurs et d'admiratrices, qui n'ont pas manqué de lui souhaiter bonne fête pour ses 20 ans et même de le lui chanter. La Canadienne les a remerciés avec un tour de chant sympathique où, entre des interprétations mettant de l'avant sa voix puissante, teintée de soul, elle a distribué maints messages empreints de positivisme. Celle qui arborait t-shirt multicolore délavé, jeans noirs et espadrilles a aussi partagé ses souvenirs de Québec : «Je me souviens d'être venue ici, sur les plaines d'Abraham, quand j'avais 12 ans pour recréer la bataille. Jamais je n'aurais cru revenir. Merci de faire de mon rêve réalité!» Flanquée de trois musiciens, la jeune artiste a livré son répertoire avec assurance, culminant sur son simple Here.
Bahari
Le trio américain Bahari a donné le coup d'envoi à la soirée avec sa pop qui se veut ensoleillée. Pour les filles, qui ont déjà collaboré avec Zedd et auxquelles on doit le simple Wild Ones, le look sexy semble aussi important que la musique - à moins que ce ne soit pour en faire oublier les faiblesses. Un passage loin d'être mémorable.