Bernard Labadie a dirigé avec doigté et passion, guidant l'orchestre par des gestes aussi précis que bienveillants. Tout le programme était d'une finesse et d'une beauté sans faille.

Somptueux trio de solistes aux Violons du Roy

CRITIQUE / Un pur bonheur que ce programme des Violons du Roy autour de la 40e symphonie de Mozart. Les pièces magnifiques, dirigées par un Bernard Labadie en pleine possession de ses moyens, mettent en valeur trois musiciens réguliers de l'ensemble qui brillent par leurs interprétations inspirées.
Le violoncelliste Raphaël Dubé était à l'avant-plan dans le Concerto pour violoncelle no 1 de Haydn, perdu pendant de longues années, puis retrouvé en 1961 au Musée national de Prague. Yeux clos, sourire aux lèvres, le jeune homme au parcours déjà enviable a livré une prestation vive et lumineuse. Il semblait par moments bercer son instrument contre son coeur au rythme de son archet. Toute la pièce était portée un grand souffle.
La Symphonie concertante pour alto, contrebasse et orchestre de Von Dittersdorf mettait en vedette l'altiste Isaac Chalk et le contrebassiste Raphaël McNabney. Les dialogues doux et graves des deux instruments, seuls pendant tout le deuxième mouvement, étaient à la fois majestueux et pleins d'allégresse. On entend rarement l'alto et la contrebasse isolément et l'expérience est des plus enveloppante.
On n'a toutefois pu s'empêcher de remarquer des segments de ruban adhésif vert sur le côté gauche de la contrebasse... Une opération qu'on suppose temporaire et qui n'affectait pas, heureusement, le son ample et riche. Souhaitons toutefois que l'imposant instrument puisse recevoir des soins appropriés avant la tournée qui mènera les Violons du Roy au Canada et aux États-Unis lors des prochaines semaines.
L'apogée du programme était la 40e symphonie de Mozart, un ravissant vertige musical qui conjugue des arpèges fébriles et des lignes mélodiques chantantes. La pièce a été interprétée dans sa version originale, sans clarinette. Flûte, hautbois et bassons sont particulièrement mis en valeur dans le deuxième mouvement, l'Andante, avant que les violons ne plongent dans les arabesques rondes et dansantes du menuet.
Labadie a dirigé le tout avec doigté et passion, guidant l'orchestre par des gestes aussi précis que bienveillants. Tout le programme était d'une finesse et d'une beauté sans faille.
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NOTE : Autour de la 40e symphonie de Mozart, vu le jeudi 7 avril à 14h à la salle Raoul-Jobin du Palais Montclam, a également été présenté à 19h30 à l'occasion du Gala-bénéfice des Violons du Roy. Ouverture d'Olympie, de Kraus, a toutefois uniquement été présenté en après-midi.