Céline Dion sur scène, au Centre Vidéotron, pour le premier de cinq spectacles à Québec.

Soirée forte en émotions

CRITIQUE / Trois ans après avoir conquis les plaines d'Abraham, Céline Dion était de retour en ville, samedi, avec un spectacle riche en émotions de toutes sortes. La diva a en effet soulevé le Centre Vidéotron, se faisant tour à tour sensible, drôle et fougueuse.
C'est sur une portion de Trois heures vingt, entonnée a cappella - cette même pièce qui avait ouvert les funérailles de son mari, René Angélil - que la chanteuse a doucement lancé son spectacle. Sitôt le grand écran, sur lequel apparaissait le texte de la chanson, levé, et laissant apparaître Céline, le public a réservé une vibrante ovation à la vedette - la première d'une nombreuse série.
Nul doute que l'ombre du célèbre impresario a plané sur une partie du concert. Céline n'a d'ailleurs pas hésité à parler de l'homme de sa vie à quelques reprises et à indiquer qu'elle était certaine qu'il était dans l'enceinte de l'amphithéâtre, qui affichait complet. Plusieurs titres ont ainsi été gorgés d'émotions, comme la toute récente Encore un soir, livrée avec une excellente montée dramatique ou encore Et je t'aime encore, où le public l'a gentiment devancée dans le refrain et l'a ovationnée lorsqu'elle était sans mots.
Si elle a allègrement puisé dans son vaste répertoire, Céline Dion est loin de s'en être tenue aux évidences. Elle a en effet sorti plusieurs titres moins connus, en particulier cinq chansons de l'album 1 fille & 4 types. Plusieurs d'entre elles se sont retrouvées dans un segment acoustique très réussi, à mi-parcours.
Sobre et grandiose
Ce nouveau spectacle était à la fois sobre et grandiose. Pas de changement de costumes - Céline a indiqué qu'elle voulait passer tout son temps auprès de ses admirateurs -, mais de grands écrans avec quelques projections et un imposant orchestre de 29 musiciens, comptant cordes, cuivres et choeurs. Cette vaste équipe, sous la direction du pianiste Scott Price, a permis des interprétations variées et renouvelées. On a notamment pu en jauger les nuances dans L'amour existe encore, où les cordes étaient hautement mises à contribution, de même que la puissance dans la version d'Ordinaire que Céline s'est entièrement appropriée et qui a hautement fait réagir la foule.
En bonne chanteuse qu'elle est, Céline a su doser l'usage de sa voix, démarrant en douceur, pour offrir ensuite de spectaculaires envolées. Peu après sa nouvelle balade À la plus haute branche, servie tout en délicatesse, on a pu avoir un vibrant doublé de It's All Coming Back To Me Now et The Power of Love, terriblement réussi.
Au fur et à mesure que la soirée a progressé, Céline a sorti les canons lui permettant de finir en force, dont Ce soir on danse à Naziland ou River Deep, Moutain High. Et, en cours de route, elle n'a pas hésité à parler plus longuement, se surprenant même à servir un monologue! Elle a raconté combien ses jeunes enfants, Nelson et Eddy, avaient du plaisir dans la campagne québécoise, à découvrir la nature et à pêcher, tandis que René-Charles découvrait les différentes sortes de poutine. Elle a assaisonné le tout de quelques gags sur les abus de bleuets, de blé d'Inde ou sur les différences avec sa vie à Las Vegas. 
Céline a achevé ce concert d'un peu plus de deux heures avec les classiques My Heart Will Go On et S'il suffisait d'aimer, non sans aller rejoindre les fans dans la foule et confier: «C'était important pour moi d'être ici ce soir et, en plus, vous m'avez donné plein d'amour. Québec, vous avez le don d'imprimer des images fortes dans mon coeur.»
Pour boucler la boucle de ce qui avait toutes les allures d'un triomphe? Vole, servie a cappella, tout comme l'ouverture, tandis qu'une image de Céline et René apparaissait...
Des retrouvailles mémorables et émotives, donc, avec une vedette qui nous est apparue au sommet de son art. 
Céline Dion revient au Centre Vidéotron les 21, 24, 25 et 27 août.
<p>En prmière partie du spectacle de Céline, l'imitateur André-Philippe Gagnon s'est bien acquitté de sa tâche.</p>
Le voyage musical d'André-Philippe Gagnon
CRITIQUE / Comme en 1998, lors de sa tournée Let's Talk About Love, Céline Dion a décidé de faire appel à André-Philippe Gagnon pour assurer la première partie de son spectacle. Et cette fois encore, l'imitateur s'est bien acquitté de sa tâche.
Celui qu'on a surnommé «l'homme aux 400 voix» a proposé un voyage à travers l'histoire musicale, «d'Elvis à Yoan». Empruntant la personnalité d'Elvis Gratton pour présenter chacune de ses imitations, Gagnon s'est d'abord amusé avec son personnage en disant que le Centre Vidéotron était «plusse big que le Centre Bell», puis que «Québec [était] plusse big que Montréal». Il s'est interrompu toutefois lorsqu'il en est venu à la comparaison des équipes de hockey: «C'est vrai, vous n'en avez pas!» Il a conclu en lançant que Montréal n'en avait pas non plus...
Armé de son micro, d'une bande sonore, d'une bouteille d'eau et d'une serviette pour s'éponger le front, Gagnon a cumulé les brèves imitations. Ceux qui sont familiers avec le travail de l'artiste né à Loretteville auront sans doute reconnu plusieurs de ses incarnations fétiches, de Mick Jagger à Frank Sinatra, de Joe Cocker à Barry White. Cela dit, il demeure toujours doué: rares sont les segments qui ont laissé le public froid, celui-ci réagissant à l'écoute des Sam Smith, de Patrick Bruel ou de Richard Desjardins - une parodie, plutôt qu'une simple imitation, de ...et j'ai couché dans mon char.
Après être arrivé à Yoan, Gagnon a terminé avec une série de mini-imitations, question de démontrer comment le service en ligne Spotify suggérait du contenu diversifié. Le public a apprécié, se levant instantanément pour saluer son travail. Il est vrai que ce mélange d'humour et de musique était une façon sympathique de lancer la soirée.