Flume a fait bouger la foule nombreuse rassemblée sur les plaines d'Abraham mercredi soir.

Soirée électro : boom boom boom boom

CRITIQUE / La soirée électro, introduite il y a quelques années, a continué à obtenir un franc succès à ce 50e Festival d'été de Québec - surtout auprès des ados. La foule survoltée s'est déchaînée sur les Plaines d'Abraham, avec quelques victimes au passage. La sécurité a évacué plusieurs jeunes tout au long des prestations marquées par un volume sonore élevé et des basses qui faisaient vibrer les fondations du Vieux-Québec. Mais le tout s'est calmé pour le clou de la soirée Flume.
Lorsque la silhouette du DJ australien est apparue en transparence derrière une immense toile, à 22h20, la foule a bruyamment manifesté son approbation. Harley Streten, devenu un incontournable de la musique électronique depuis cinq ans, a varié ambiances et tonalités en une prestation originale qui se démarque du genre.
On s'entend : voir un DJ manipuler sa console, même s'il danse un peu, n'a rien de bien enlevant. Surtout si sa musique atmosphérique invite plus au dandinement qu'au déchainement. 
Au moins, Flume peut disposer de projections originales et s'accompagne aux percussions électroniques et au clavier en faisant jouer ses quelque 25 morceaux de pop électro. Le musicien avait manifestement beaucoup de plaisir, même s'il communiquait peu avec l'immense foule.
Ceux qui s'attendaient à voir les Plaines transformées en immense piste de danse ont certainement été désarçonnés par cette proposition nuancée et créative - les spectateurs quittaient le site à pleine porte vers 23h. Au parterre, toutefois, les festivaliers continuaient à s'amuser ferme.
Plus tard, Flume a mis des pièces plus rythmées sur ses platines, au grand plaisir de tout ce monde sautillant et bougeant au rythme de la «future bass» dont Flume est un pionnier. Une belle surprise.
Vedette montante du rap, l'Américain mise sur un hip-hop lourd, au tempo lent, avec des accents de musique haïtienne et des effets d'Auto-Tune pour la voix.
Fetty Wap
On a vu de tout dans la foule des Plaines : un requin, une tête de cheval, des bouées, des ballons et même quelques drapeaux du Canada! Mais aussi Fetty Wap, accompagné de Monty et d'un DJ, qui a un peu calmé le jeu dans la foule surexcitée. 
Vedette montante du rap, l'Américain mise sur un hip-hop lourd, au tempo lent, avec des accents de musique haïtienne et des effets d'Auto-Tune pour la voix. Le rappeur, hoodie brun, montres bling-bling aux poignets, jeans troué et Converse rouge aux pieds, s'est amusé en distribuant casquettes signées et «high five» aux festivaliers. Puis il s'est taillé en douce après 40 minutes, laissant son DJ fermer les livres.
Rien de transcendant, mais beaucoup plus intéressant sur le plan musical que ses prédécesseurs sur la monstrueuse scène des Plaines.
Le duo en était à sa deuxième présence au FEQ - ils ont offert une prestation avant LMFAO en 2012.
DVBBS
La foule avait déjà considérablement grossi lorsque DVBBS est monté sur scène, vers 20h. Le duo en était à sa deuxième présence au FEQ - ils ont offert une prestation avant LMFAO en 2012. Leur électro-house a survolté une foule qui était déjà sur le bord de la crise de nerfs. Les deux DJ ontariens ont usé de tous les trucs en interpellant la foule, des «faites du bruit» à «vous êtes meilleurs qu'à Montréal», filmant les danseurs avec un cellulaire ou une caméra GoPro. 
La table des frères Chris et Alex Andre était ornée d'un drapeau du Québec à leur nom et de deux bouteilles de vodka, dont ils se servaient de larges rasades - ce qui devait aider pour leur prestation énergique. Gros show de boucane, flammes à l'avant, tirs de papier au canon, lancer de bouteilles d'eau dans la foule, les dynamiques DVBBS en ont mis plein la vue... et les oreilles. Tout ce beau monde a sauté à l'unisson pratiquement toutes les 45 minutes du set.
Imperturbables, les trois DJ amérindiens (Shub, Bear Witness, NDN) ont continué à faire tourner leur amalgame de musique des Premières nations, de hip-hop et d'électro.
A Tribe Called Red
Avant même que A Tribe Called Red s'installe sur scènes, les secouristes avaient de l'ouvrage. Après quelques morceaux du trio d'Ottawa, la sécurité en avait plein les bras avec les jeunes filles - à peine entrées dans l'adolescence - évacuées du «moshpit». Au moins deux sont reparties en civière et il n'était que 19h30... Comme d'habitude lors de ce genre d'événement, la pression à l'avant-scène a précipité des festivaliers sur les clôtures métalliques.
Imperturbables, les trois DJ amérindiens (Shub, Bear Witness, NDN) ont continué à faire tourner leur amalgame de musique des Premières nations, de hip-hop et d'électro. Deux danseurs en costume traditionnel sont venus les rejoindre à quelques reprises sur scène. Ce qui augmentait de beaucoup l'aspect visuel - les trois costauds étaient (évidemment) très statiques.
Tout au long de la soirée, les agents de sécurité postés entre les barrières et la scène ont extirpé des jeunes exténués ou blessés. Peu de cas apparents d'intoxication, mais beaucoup de contusions. La salle des premiers soins, située sur le côté de la scène, n'a pas désempli.
Le volume de sorties serait plus élevé que les précédentes soirées électro tenues sur les Plaines. Mais ça demeure très subjectif.