«J’ai une réponse toute simple pour lui [Robert Lepage] concernant SLAV: 100 % des artistes devraient être des Noirs. Point», a lancé Webster.

SLAV: Webster claque la porte du Diamant

En profond désaccord avec le concept du spectacle SLAV, le rappeur Aly Ndiaye, alias Webster, a décidé de quitter le conseil d’administration du Diamant, ce lieu de diffusion qui servira principalement à Ex Machina, la compagnie de théâtre dirigée par Robert Lepage. «Je voulais être conséquent avec mes positions, a-t-il déclaré. Or, je suis en net désaccord avec le concept du spectacle de SLAV.»

L’artiste, originaire de Limoilou, faisait partie du conseil d’administration du Diamant depuis avril dernier. Sa démission s’est faite en catimini. «J’ai tout simplement prévenu le directeur général, Bernard Gilbert, que je désirais me retirer du conseil d’administration.»

Consulté par les créateurs à partir de l’été 2017, Webster affirme qu’il leur a dit à plusieurs reprises qu’une plus grande présence d’artistes noirs serait souhaitable dans le spectacle. «Je leur ai dit au moins trois fois. La première fois qu’on a discuté du concept, j’étais persuadé que les artistes seraient tous des Noirs [deux artistes sur sept étaient noirs]. Pour moi, c’était l’évidence. Je n’en revenais pas de voir que ce n’était pas le cas. Puis, ils m’ont invité à un enchaînement le 14 avril dernier. Je leur ai alors dit que je voulais prendre mes distances face à ce spectacle.»

Quelques jours plus tard, Webster recevait un appel téléphonique du Diamant lui demandant de faire partie du conseil d’administration. «Je suis conscient que le Diamant n’appartient pas à Robert Lepage, mais je préfère quitter le C.A. Je veux qu’on prenne ces choses au sérieux. Ces choses sont souvent banalisées, et je n’en peux plus de cela.»

Le 29 juin dernier, Webster a publié une lettre sur les réseaux sociaux dans laquelle il exprimait son désaccord. Il a remis sa démission au Diamant quelques jours avant la publication de cette lettre.

Les propos tenus par Robert Lepage samedi, sur les ondes d’Ici Première, quant au nombre idéal de Noirs qui devraient faire partie de SLAV, fut l’un des moments forts de cette entrevue. «Ça ne se quantifie pas, ces choses-là», a déclaré l’homme de théâtre. Au sujet de Kanata, pièce en création qui est également sous le feu de la controverse, il a ajouté : «En ce moment, il y a 34 acteurs de différentes nationalités dans mon spectacle. Combien devrais-je en congédier pour les remplacer par des artistes autochtones? Quel est ce chiffre-là? Ce chiffre-là ne sera jamais le bon.»

Irritation

Cette pensée irrite au plus haut point Webster. «J’ai une réponse toute simple pour lui concernant SLAV: 100 % des artistes devraient être des Noirs. Point.»

Il a beaucoup été question au cours des derniers mois de la diversité culturelle sur les scènes québécoises. Webster croit que la controverse autour de SLAV aurait pu être évitée si la réalité était différente et reflétait une meilleure représentativité de la société québécoise.

«S’il existait une plus grande diversité, c’est sûr qu’on n’en serait pas là. Des gens ont vu le cas de SLAV venir et se sont dit que ça allait trop loin. Cette réaction, je l’ai vu venir gros comme ça. C’était tellement prévisible.»