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Richard Therrien
Le Soleil
Richard Therrien
Dans le rôle principal, Noah Parker est fabuleux. Ce jeune acteur a une belle carrière devant lui.
Dans le rôle principal, Noah Parker est fabuleux. Ce jeune acteur a une belle carrière devant lui.

Six degrés: attachant Léon [VIDÉO]

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CHRONIQUE / Léon Forest, le personnage principal de Six degrés, vit avec une déficience visuelle: il ne voit pas de l'oeil gauche et très peu du droit, comme s'il regardait dans le trou d'une paille. Son acuité se limite à six degrés, d'où le titre de cette charmante série signée Simon Boulerice, bientôt disponible sur l'Extra d'ICI Tou.tv.

Le prolifique écrivain, qu'on peut voir chaque samedi soir à Cette année-là, le plateau culturel de Marc Labrèche à Télé-Québec, a fait partie des équipes d'auteurs de Tactik et de Passe-Partout, mais Six degrés est sa première série bien à lui. Ses fidèles lecteurs retrouveront son écriture brillante, drôle, bienveillante et réconfortante, de même que son «désir d'être inclusif et de célébrer l'unicité». Cette série vous donnera d'ailleurs envie de retourner lire ses romans ou de découvrir son œuvre littéraire.

Dans les premières scènes, on assiste à une relation malsaine entre Léon (Noah Parker) et sa mère surprotectrice (Catherine Trudeau), qui pousse son fils à aligner les notes parfaites et à s'entraîner compulsivement sur un exerciseur elliptique. L'adolescent semble en avoir ras-le-bol et on le comprend. Sa mère, elle, tente d'éliminer tout ce qui est laid autour de lui, sans se rendre compte qu'elle empoisonne la vie de son fils.

Sa mort soudaine laisse toutefois Léon devant l'inconnu, rempli de remords de n'avoir pu sauver sa mère. [Rassurez-vous, nous reverrons Catherine Trudeau plus tard dans la série.] Retrouvant son père (Alexandre Goyette), que sa mère avait effacé de sa vie, Léon atterrit donc dans une famille qui n'est pas la sienne, les Fournier-Espinoza, où il devra vivre avec ses quatre demi-frères et sœurs. Parmi eux, le trop sûr de lui Ricardo (Anthony Therrien), qui ne lui fait pas la vie facile, et Bélinda (Evelyne Laferrière), qui admire son attitude désinvolte.

À l'école, la très envahissante Doris Boulerice (Léanne Désilets), qui a certains points en commun avec sa défunte mère, le prend rapidement sous son aile, à son grand désarroi. Léon lorgne plutôt vers Florence (Amaryllis Tremblay), atteinte de fibrose kystique, qui a l'impression de respirer à travers le trou d'une paille. Tiens, tiens, une corrélation familière. Ces deux-là deviendront rapidement inséparables, pas freinés du tout par leurs difficultés respectives.

D'ailleurs, Six degrés est loin d'être une histoire triste; c'est une série touchante, adorable par moments, mais lumineuse et inspirée de personnes réelles qui ont croisé la route de l'auteur.

Dans le rôle principal, Noah Parker est fabuleux. Ce jeune acteur, qu'on a aussi vu dans La faille, L'Échappée et au grand écran dans La déesse des mouches à feu, a une belle carrière devant lui. Jouer les malvoyants, on le sait, peut tomber dans la caricature; Noah Parker le joue avec naturel, sans jamais appuyer aucun geste. On s'attache très rapidement à son Léon.

Six degrés s'inscrit dans la volonté de Radio-Canada de reconquérir le cœur du jeune public. Jusqu'à maintenant, leur stratégie a fonctionné puisque le diffuseur public est passé en un an de 8,5 de parts de marché à 13,4 chez ce public, notamment grâce à L'effet secondaire.

Tout de même, on oublie très vite que Six degrés s'adresse d'abord et avant tout aux 12 à 17 ans. J'en ai 48 et je me suis laissé emporter par la série. Simon Boulerice est un raconteur passionné, sensible, amoureux de ses personnages. Ça se sent. Quant au réalisateur Hervé Baillargeon, qui signe aussi sa première série télé, il parvient à créer un monde tout à fait crédible et rassurant.

En plus d'écrire, l'auteur s'est gardé un rôle de professeur de français, Antoine Beaulieu, directement inspiré de Serge Boucher, dramaturge bien connu qui lui a réellement enseigné. «Plusieurs répliques sont des phrases qu'il m'a dites pour vrai, qui ont éclairé mon passage au secondaire. Il a beaucoup cru en moi, il m'a propulsé et je trouve ça beau des professeurs investis qui croient en leurs élèves», nous a confié l'auteur.

Même si les deux histoires sont bien différentes, ceux qui ont apprécié La vie compliquée de Léa Olivier sur le Club illico aimeront sans aucun doute Six degrés, un peu dans le même ton. Parce les histoires d'adolescence reviennent bien souvent à la quête d'identité et à ces moments précieux qui forgent notre personnalité et restent en nous pour le reste de notre vie.

Produite chez Encore Télévision, Six degrés arrive après avoir connu son lot de déboires. Le tournage, entrepris en début de pandémie, a dû être interrompu après 10 jours. Un premier cas de COVID-19 dans l'équipe a été détecté une semaine plus tard. On a profité de ce congé forcé pour trouver une nouvelle maison qui faciliterait les distances entre les membres de l'équipe et pour approfondir les personnages, un luxe que ne peuvent se permettre les productions habituellement. On a même dû reprendre des scènes parce qu'on avait changé de lieu de tournage.

Les 11 premiers épisodes seront déposés sur l'Extra d'ICI Tou.tv le jeudi 4 mars. Simon Boulerice, qui éprouve un amour infini pour Safia Nolin, a voulu qu'elle signe une chanson originale pour la série, qui est magnifique. Une deuxième saison est déjà en tournage. Si vous n'êtes pas abonné à l'Extra, ICI Télé devrait diffuser la série à la fin du printemps.

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