C’est en pleine forme que s’est présenté sur scène mardi Anthony Kavanagh… et il fallait l’être pour tenir le rythme plus qu’énergique des deux heures bien tassées de Showman.

Showman: la vie selon Anthony Kavanagh

CRITIQUE / Le troisième rendez-vous donné par Anthony Kavanagh à ses fans a finalement été le bon, mardi soir, à salle Albert-Rousseau, alors qu’il présentait (enfin) son spectacle Showman. Un retour au pays réussi bien qu’imparfait pour l’humoriste, qui en profite pour refaire un peu le fil de sa vie en blagues, en chansons, en moments très crus ou très touchants, et… en bruits de toutes sortes, comme on l’a toujours connu.

Pour la petite histoire, rappelons que ce spectacle devait d’abord être présenté à la fin d’octobre, mais qu’il avait été remis, Kavanagh ayant souffert d’une bursite septique, une cellulite infectieuse, et d’un streptocoque du groupe A (ouf). Puis, pas de chance pour lui, le rendez-vous redonné en janvier avait dû encore une fois être annulé, l’humoriste ayant cette fois été victime d’une embolie pulmonaire en décembre dernier, en Nouvelle-Calédonie. 

Bref, c’est cependant en pleine forme que s’est présenté sur scène mardi Anthony Kavanagh… et il fallait l’être pour tenir le rythme plus qu’énergique des deux heures bien tassées de Showman. Bon, on a bien senti ici et là quelques essoufflements, mais rien pour gâcher le plaisir.

Par où commencer pour vous résumer ce spectacle-concept, qui est bien différent de tout ce qui se fait en humour actuellement? En fait, Showman raconte… le voyage de la vie, la prémisse de base étant la mort de l’humoriste à la fin d’un de ses spectacles (curieux quand même, quand on pense à tous ses ennuis de santé récents…). Après sa «mort», Anthony Kavanagh se retrouve dans une salle d’attente où sont rassemblées des âmes qui vont bientôt s’incarner (les spectateurs dans la salle). Il en profite alors pour leur raconter la vie, les étapes qu’ils auront à traverser comme humain, les écueils du chemin à parcourir, la famille, l’humour, l’amour, jusqu’à la difficile perte des êtres chers.

Ça pourrait être prêchi-prêcha, ça ne l’est pas. Sans réinventer la roue au niveau des thèmes explorés, Kavanagh se sert de son parcours de vie pour parler notamment des différences hommes-femmes (hé oui), du métier d’humoriste, de son rôle de père, des leçons que lui a apprise la vie, notamment celle de se fier à son intuition et d’écouter sa petite voix intérieure… ce qu’il n’a pas fait, et lui a fait tout perdre après 20 ans de carrière après s’être associé avec un fraudeur. Pas une erreur, une leçon, dira-t-il.

On vous le disait, ça va du très cru au très touchant (la mort de sa mère), et aussi du très drôle (Les Sentinelles de l’air!) au presque malaisant. Car ne comptez pas sur Kavanagh pour ne faire que des blagues politically correct, il égratigne (gentiment ou pas) tout le monde, blanc ou noir, beau ou laid, et on en passe. Cependant, les blagues douteuses de Père Fouras… ce n’est pas nécessaire, vraiment.

Enfin, une des très grandes forces d’Anthony Kavanagh, c’est son sens de la répartie, sa façon de dialoguer presque constamment avec son public, et de rebondir à la vitesse de l’éclair. Ça le fera même quelques fois décrocher complètement de son texte, au grand plaisir du public.

Anthony Kavanagh est à nouveau en spectacle à la salle Albert-Rousseau le 23 avril, de même que le 17 octobre prochain.