Pas trop jasant, mais très souriant, Shawn Mendes a fait honneur à ses chansons, se démenant à la guitare.

Shawn Mendes: belle jeunesse!

CRITIQUE / Pour voir de la belle jeunesse à Québec, dimanche soir, c’est du côté des plaines d’Abraham qu’il fallait se tourner. À 19 ans, Shawn Mendes a fait courir une imposante foule bien garnie d’enfants et d’ados. Il était attendu, il a livré la marchandise. À entendre les hurlements stridents qui ont fusé toute la soirée, on pouvait pratiquement parler de Mendesmania!

Un spectacle par des jeunes et pour des jeunes. Voilà ce que réservait le Festival d’été de Québec (FEQ) à son quatrième soir sur la scène principale. Il y avait bien des adultes pour accompagner tout ce beau monde, mais on s’entend qu’ils ne représentaient pas nécessairement le public cible du chanteur vedette. Une amie qui était dans la foule avec sa progéniture a résumé la situation dans un texto: «Il va faire mourir mes filles d’amour… et toute une batch autour!»

Qu’on craque ou pas pour la pop parfois un peu mielleuse de Mendes, notre homme fait exactement ce qu’il a à faire pour captiver son public. Pas trop jasant, mais très souriant, il a fait honneur à ses chansons, se démenant à la guitare (ce qu’il fait très bien, d’ailleurs) ou tâtant momentanément le piano. Même constat pour la performance vocale qui peut se faire plaintive (ça vient avec le bonhomme!), mais qui demeure néanmoins juste.

À LIRE AUSSI: Shawn Mendes joue au touriste à Québec

À ce chapitre, Mendes a souvent eu droit à une véritable armée de choristes dans la foule. Oui, les demoiselles étaient là pour hurler à ses moindres gestes. Mais elles y étaient aussi pour chanter avec lui: Stitches, Bad Reputation, Youth ou In My Blood en ont offert de spectaculaires preuves.

Camila Cabello

Camila Cabello

La jeune sensation cubano-américaine Camila Cabello s’est produite avant Shawn Mendes, mais elle aurait tout aussi bien pu tenir la tête d’affiche. La chanteuse a prouvé dimanche qu’elle a bien plus à offrir que son méga succès Havana, évidemment gardé pour dessert, au grand plaisir des spectateurs. Elle pourrait donner des leçons de présence scénique à des artistes plus expérimentés qu’elle. Regards intenses, mouvements théâtraux et longues interventions bien senties ont ponctué sa prestation d’une heure. Le pilote automatique, la chanteuse ne semble pas connaître.

Bien en voix et accompagnée de six danseurs, Cabello a alterné entre la pop dansante et les ballades plus mélodramatiques. Avec ça, elle aurait déjà réussi son opération séduction. Mais elle en a rajouté une bonne couche en cultivant un réel lien avec le public, multipliant les remerciements sincères, les déclarations d’amour et démontrant du coup l’étendue de sa connaissance du français: «Je t’aime beaucoup, t’es joli(e), mon amour.» 

Cabello est surtout consciente qu’elle s’adresse en grande partie à des jeunes et elle fait bon usage de sa tribune pour livrer un message positif sur la diversité et sur l’estime de soi, notamment. «Promettez-moi que quand vous traverserez un moment difficile et que vous souffrirez, vous vous traiterez comme vous traiteriez votre meilleur ami. Promettez-moi que vous serez patients et bons envers vous-mêmes», a-t-elle exprimé dans la foulée de sa chanson Scar Tissue. La classe, quoi!

Oh Wonder

Pour lancer les festivités en début de soirée, les Londoniens de Oh Wonder ont offert une prestation aussi pimpante que sympathique, appuyée sur leur pop mélodique et un mariage vocal réussi. Le duo formé de Josephine Vander Gucht (particulièrement rayonnante dans son chandail orangé et son pantalon à motif de perruches) et d’Anthony West avait l’air particulièrement enchanté d’être là. «C’est probablement la plus grosse foule devant qui on a joué», a dit West, alors que les festivaliers continuaient d’arriver sur les Plaines.

+

LA SOIRÉE DE DIMANCHE RACONTÉE PAR NOS JOURNALISTES SUR LE TERRAIN