Foule de festivaliers sur les plaines d'Abraham

Scène des Plaines au FEQ: Kendrick Lamar avait raison

Le Festival d’été de Québec (FEQ) «redonne» la totalité de l’avant-scène des plaines d’Abraham aux détenteurs de laissez-passer réguliers. Un ajustement apporté cette année après les nombreuses critiques de festivaliers et de certains artistes, dont la plus mémorable vient sans doute de Kendrick Lamar.

La portion restituée à l’admission générale représente 1500 places sur 400 m2, a précisé le FEQ dans son annonce, jeudi. «On a mûri la décision cet automne. [...] On voulait s’assurer que tout le monde ait une expérience de qualité en fonction de ses attentes», a expliqué au Soleil Samantha McKinley, directrice des communications du FEQ. 

Outre les festivaliers, des artistes avaient dénoncé la configuration du site des Plaines. La moitié de l’espace tout juste devant la scène était occupé par des détenteurs de laissez-passer Zone Avant-Scène (ZAS), alors que l’autre moitié était réservée à l’admission générale. Le clivage était visible lors de certaines soirées. 

«Si tu ne participes pas, fous le camp!» avait lancé sans gêne le rappeur américain Kendrick Lamar, l’an dernier, pointant vers la portion ZAS qui ne bougeait pas assez à son goût. Il avait même interrompu sa prestation pour enguirlander le public moribond. «Vous êtes tous de l’industrie?» avait-il demandé. 

Lamar n’est toutefois pas celui qui a convaincu le FEQ d’agir. «Les gens nous reparlent de Kendrick parce que ça avait été remarqué l’an passé. [...] On n’est pas imperméable aux commentaires des artistes, mais à la base on l’a fait pour les festivaliers», a insisté Mme Mckinley, qui n’est pas sans savoir que «certaines personnes font la file toute la journée pour voir leur artiste favori». 

Elle n’a cependant pas caché que d’autres artistes avaient fait le commentaire. «Souvent lors d’une première ou une deuxième partie, la section de la ZAS Or était moins dense, moins animée, parce que c’est un accès garanti et que les gens vont parfois attendre [à l’heure du spectacle principal] avant de se présenter. Nécessairement c’est un peu plus clairsemé, un peu moins animé [en début de soirée]. [...] Il y a certains artistes qui ont passé des commentaires à cet égard-là.»

Plan des différentes zones pour les spectateurs sur les plaines d'Abraham

Même privilège

Cela dit, la ZAS ne disparaît pas pour autant et surtout, ne diminue pas de superficie. En résumé, «la ZAS Or recule légèrement mais garde la même dimension et la même capacité, la Zone VIP [billets gratuits pour fournisseurs, invités, gagnants de concours] diminue de moitié, et il n’y a pas de changement pour la ZAS Argent et la Zone signature Bell».

Le FEQ assure que l’expérience de la ZAS Or ne sera pas effritée par la perte des premières rangées près de la scène. «On s’est assuré que l’expérience soit optimale. Les spectateurs ont une vue en profondeur de la scène, le son est meilleur. [...] On s’est assuré que ce soit la même capacité, le même niveau de confort. Ça reste très privilégié comme expérience. On croit très sincèrement que c’est mieux que ce qu’ils avaient avant», a dit la porte-parole.

La première ZAS a été créée en 2010 et accueillait 1500 personnes. Cette section a doublé en 2014 pour atteindre 3000 spectateurs. Se sont ajoutés en 2016 quelques 2000 gradins dans la Zone signature Bell puis, en 2017, la ZAS a été scindée en sections Or et Argent comptant respectivement 3000 et 2000 places. «Il y a une forte demande [pour ce types de laissez-passer].» Une carte ZAS Or se détaillera cette année entre 630 $ et 745 $, en hausse de 15 $ par rapport à l’an dernier. 

Toujours pas de dg

Par ailleurs, la recherche d’un candidat pour prendre la relève de Daniel Gélinas à la direction générale du Festival d’été est toujours sur les rails. Pour le moment, le directeur général adjoint Claude Doré assure l’intérim. «Le processus se continue au niveau du conseil d’administration», a indiqué Samantha McKinley, précisant que pour le reste «la même équipe que l’an dernier est en place» pour assurer la bonne marche de la prochaine édition, qui aura lieu du 5 au 15 juillet.  Avec Normand Provencher