Avec le burlesque, Scarlett James a pu exercer ses passions, que ce soit sous les projecteurs ou comme femme d’affaires.

Scarlett James: rallumer le désir [PHOTOS]

Scarlett James et sa troupe s’arrêteront à Québec samedi pour présenter leur grande revue burlesque. Les Montréalais arriveront armés de plumes et de costumes scintillants pour des effeuillages qui attisent le désir, à l’ère où le mystère est devenu une denrée rare sur le marché de la séduction.

«Aujourd’hui avec un clic de l’index on peut voir tout ce qu’on veut, constate Scarlett James. Nous, on vend du rêve, on réapprend aux gens ce qui sert de prélude à l’amour, en jouant, en faisant languir, en prenant son temps. C’est toujours avec de l’humour, avec un sourire en coin, un petit clin d’oeil, un petit mouvement de hanche, en préservant cette ligne sacrée qui ne va jamais plus loin.»

Scarlett James

Mettant l’emphase sur le voyage plutôt que sur la destination (les performeurs ne se rendent pas toujours jusqu’à la nudité complète), les numéros s’adressent à un public de 16 ans et plus, tous genres confondus. «Notre public comporte 60% de femmes, des fans comme des virgins du burlesque», indique Scarlett James.

L’art de l’effeuillage est entré dans la vie de Scarlett James lorsque des amis l’ont emmenée voir un spectacle, pour l’Halloween. «C’était très amateur, ils n’avaient pas un gros budget, mais l’esprit du burlesque était là. Il y avait quelque chose de spécial qui se passait entre l’artiste et le public. J’ai eu une épiphanie», raconte-t-elle.

Un numéro de grande revue burlesque de Scarlett James

Le genre lui a permis d’exercer toutes ses passions, tant sous les projecteurs qu’en coulisses ou en tant que productrice et femme d’affaires.

En solo, elle a beaucoup voyagé. Elle a reçu des compliments inattendus des femmes de Dubaï, complètement sous le charme de sa performance, qui ne s’adresse pas qu’aux hommes. «Maintenant, j’ai mes ambassadrices là-bas!», constate l’artiste. Au Brésil, où les plumes, les paillettes et les petites tenues son déjà omniprésentes dans l’imagerie locale, elle a été surprise de constater que le burlesque avait tout de même un public enthousiaste. «Et au Japon, quand tu sors de scène, des jeunes femmes crient, veulent avoir ton autographe et prendre une photo avec toi. On se sent comme une star.»

Un numéro de grande revue burlesque de Scarlett James

Avec sa troupe, toutefois, elle est peu sortie de Montréal et souhaite changer la donne grâce à un partenariat à Evenko. «Chaque artiste burlesque a sa propre identité, son type de beauté, d’esthétisme», indique-t-elle. Audrey Ivory jouera la pin-up rebelle dans un numéro rock, avant d’enfiler des habits de Playboy Bunny pour un numéro inspiré des années 50. L’effeuillage de Lily Lynx puisera aux arts du cirque, en mixant tissus et danse de poteau. Quant à Miami Minx, il incarne les frontières de plus en plus poreuses entre les genres. «C’est un homme, mais aussi une femme, ce qui reflète un sujet d’actualité, même si le numéro a été choisi parce qu’il est bon, et non pour des raisons politiques», souligne Scarlett James.

Elle-même fera deux numéros qui l’ont fait connaître; le premier comprenant diamants, plumes et samba et le second impliquant un verre à champagne géant. «Déjà, sur scène, à cause de l’adrénaline, on éprouve une sensation intense, on ressent tout de façon démultipliée. En burlesque, le corps complet est en ébullition, le public devient comme mon amant», lance-t-elle.

Un numéro de grande revue burlesque de Scarlett James

Scarlett James, la grande revue burlesque sera présentée samedi 20 avril à 20h30 (ouverture des portes à 19h30), à l’Impérial.

Scarlett James