Dans Sutra, 19 moines bouddhistes, un danseur contemporain et cinq musiciens se partagent la scène dans une création du renommé Sidi Larbi Cherkaoui.

Saison de danse 2017-2018: nouvelle effervescence

Porté par l'ouverture de la Maison pour la danse, le milieu connaît une belle effervescence. Pas moins de 20 spectacles - un nombre record - seront présentés au cours de la saison dans divers lieux de Québec. L'hiver et le printemps seront particulièrement vibrants bien que l'automne nous offrira également de quoi se mettre sous la dent. Survol.
Des compagnies de Montréal, de Vancouver, de l'Angleterre, de la France et de la Finlande viendront nous visiter, mais la programmation accorde également une belle place aux artistes de Québec. 
La proposition la plus flamboyante de la saison est certainement Sutra de la Londonienne Sadler's Wells (au Grand Théâtre le 1er mai). Sur scène : 19 moines bouddhistes, un danseur contemporain et cinq musiciens dans une création du renommé Sidi Larbi Cherkaoui. Sensation de déjà-vu? Vous n'avez pas la berlue. Cette pièce impressionnante par sa gestuelle acrobatique et sa scénographie imposante a déjà été présentée en 2009, mais elle avait eu un tel succès que le Grand Théâtre n'a pas hésité à la programmer de nouveau. 
Spectacle attendu aussi que celui de la Tero Saarinen Company de Finlande qui réunit le chorégraphe Tero Saarinen et le célèbre accordéoniste Kimmo Pohjonen dans une oeuvre teintée de l'humour absurde de Samuel Beckett. Une première mondiale qui tiendra l'affiche en avril.
Figure très connue dans la capitale, Harold Rhéaume portera deux chapeaux cette saison. Il sera d'abord interprète en octobre dans Tryptique Cryptique de la chorégraphe Lina Cruz. Six danseurs de Québec formeront des duos dans des univers diversifiés. Un spectacle à voir dans les murs tout neufs du studio A de la Maison pour la danse.
En février, il retrouvera son statut de chorégraphe pour P.artition B.lanche, dans laquelle l'entraide entre la demi-douzaine de danseurs fera office de bouée de sauvetage en des temps difficiles. 
Autre artiste de Québec, Alan Lake poursuit - après Les caveaux l'année dernière - sa recherche chorégraphique avec Le cri des méduses présentée en avril. Explorant encore une fois les matières et un vocabulaire humaniste, Lake plonge ses dix danseurs dans un état d'urgence inspiré par les naufragés du tableau Le Radeau de la Méduse de Géricault.
L'«indestructible»
Le plaisir est toujours bien réel lorsqu'on a la chance de voir Louise Lecavalier évoluer sur les planches. Cette «indestructible qui incarne le mouvement mieux que quiconque», comme la décrit Michel Côté du Grand théâtre - qui accueille le spectacle en décembre -, en est à sa deuxième création. Se basant sur le livre Le Chevalier inexistant de l'écrivain italien Italo Calvino, Lecavalier transporte sa danse dans un ring dans Mille batailles, où elle se livre à un combat avec son partenaire. On s'attend à une danse repoussant les limites, à l'image de So Blue, la première oeuvre de l'ancienne muse de La La La Human Steps vue en 2015. 
Danseuse virtuose, Anne Plamondon offrira en décembre son deuxième solo, Mécaniques nocturnes, qui ramène le spectateur à la naissance du mouvement.
Les enfants pourront s'émerveiller devant <em>Casse-Noisette</em> des Grands ballets canadiens de Montréal.
Daniel Léveillé revient en avril avec Solitudes Duo dans la lignée de Solitudes Solo qui était au programme l'an dernier. Et la gigue sera à l'honneur en mai alors que la compagnie montréalaise Bigico invite le public à une soirée découverte de ce style de danse folklorique revu au goût du jour.
Le jeune public ne sera pas en reste puisque trois productions ont été pensées pour lui. Lettre pour Éléna et Tendre pourront être vues au théâtre jeunesse Les Gros Becs respectivement en octobre et en février. Et en décembre, les enfants pourront s'émerveiller devant le Roi des bonbons du classique ballet Casse-Noisette des Grands ballets canadiens de Montréal.
Les troupes Out innerspace dance theatre (Vancouver), Yvann Alexandre (France), Virginie Brunelle (Montréal), 14 lieux + Lorganisme (Montréal), Destins croisés (Montréal), Katie Ward (Montréal) et Dulcinée Langfelder (Montréal) s'amèneront aussi chez nous avec leur dernière oeuvre.
Pour connaître l'ensemble de la programmation : larotonde.qc.ca et grandtheatre.qc.ca/danse