Robby Johnson a structuré son spectacle autour de son parcours, de ses débuts au Québec, tandis qu'il était représentant sur la route, à son exil heureux dans la capitale de la musique country, avec sa famille.

Robby Johnson au rythme de Nashville

CRITIQUE/ Le Capitole vibrait aux airs de Nashville, mercredi soir, mais avec une touche québécoise. Robby Johnson, le Beauceron qui s'est fait une niche dans le Tennessee, était en effet à l'oeuvre pour la première de quatre représentations, mariant ses compositions à celles des grands noms de la musique country.
L'histoire de Johnson, alias Sylvain Robitaille, n'a rien de banal et le principal intéressé le sait. Aussi a-t-il structuré son spectacle autour de son parcours, de ses débuts au Québec, tandis qu'il était représentant sur la route, à son exil heureux dans la capitale de la musique country, avec sa famille.
En ce soir de première, il y avait de la nervosité dans l'air. Johnson a dû faire face à un faux départ sur Feel Good Song, mais il ne s'est pas laissé démonter. Il a indiqué à ses cinq musiciens de redémarrer la machine, après quoi la soirée a pleinement pris son envol.
Affichant son look à la fois propret et décontracté, Johnson a livré l'essentiel de son album Don't Look Back. La pièce-titre a bien fonctionné, tout autant que She Moves, une chanson coécrite par Shane McAnally, complice de Sam Hunt, que Johnson a rencontré au Bluebird Cafe de Nashville. À travers cela se sont insérés des incontournables comme The Dance, de Garth Brooks ou encore Need You Now, de Lady Antebellum. Pour cette dernière, le chanteur a organisé un concours, question d'inviter une chanteuse différente à l'accompagner chaque soir. Mercredi, c'est Jessica Pruneau, de Saint-Prosper, qui lui a donné la réplique avec aplomb.
Si la première partie a bien fonctionné, avec les pièces illustrant les diverses anecdotes que partageait Johnson, on sentait une certaine retenue. Le chanteur n'affichait pas toujours la même aisance dans ses reprises, comme Life Is a Highway, que dans son propre matériel.
<p>Au retour de l'entracte, la pression semblait avoir disparu et Robby Johnson était en possession de tous ses moyens. </p>
Sans pression
En revanche, au retour de l'entracte, la pression semblait avoir disparu et notre homme était en possession de tous ses moyens. Dès son arrivée, il s'est mis à blaguer en faisant mine de ne pas vouloir entrer dans l'univers d'Elvis Presley. Ceci ne l'a pas empêché de reprendre Suspicious Minds. Johnson a par ailleurs rendu hommage à Zachary Richard en entonnant La Ballade de Jean Batailleur avec nul autre que Wilfred LeBouthillier - un moment fort apprécié par les spectateurs.
Avec un seul album en poche, Johnson a forcément puisé régulièrement dans les reprises, au risque d'y noyer un peu sa propre identité musicale. Cela dit, son spectacle était bien monté, avec plusieurs éléments de surprise, comme la livraison de Together parmi la foule, en rappel, et des enchaînements naturels. Et puis visiblement, il prend du plaisir à être sur les planches et à partager ses créations. Rappelons qu'il remet ça jusqu'à samedi, au Capitole.