Télé et radio

Mensonges 4... enfin!

CHRONIQUE / Vous dire à quel point je l’attendais, cette quatrième saison de Mensonges. J’ai suivi les trois premières avec passion, et toujours trouvé fabuleux le trio formé par Fanny Mallette, Éric Bruneau et Sylvain Marcel. Gilles Desjardins, un de nos auteurs les plus pointilleux et rigoureux, imagine les scénarios à la fois les plus tordus et les plus efficaces. Et vous savez quoi? Il ne regarde jamais de séries policières. Quel auteur brillant.

Sachez que la quatrième saison, qui démarre le mercredi 11 avril à 21h sur AddikTV, se déroule quatre ans après la troisième. Et croyez-moi, votre attente sera récompensée, avec la présence de Claude Legault en prime. Dès le générique d’ouverture, vous sentirez le changement de ton. La série de 10 épisodes se penche sur une grande enquête durant toute la saison, sans cas secondaires dans chaque épisode. L’auteur avait envie de quitter la salle d’interrogatoire où sont passés tant de suspects durant toutes ces années, pour plonger ses personnages dans une grande opération Mr. Big, qui consiste à coincer les criminels en élaborant des scénarios, et ainsi obtenir leurs aveux.

On nous prévient qu’il est possible de suivre la quatrième saison sans avoir vu les précédentes. Au moment où on la retrouve, Julie Beauchemin (Fanny Mallette) est à la tête de l’escouade Catharsis, dont très peu de gens connaissent l’existence. On a même réussi à faire croire au bon Bob Crépault (Sylvain Marcel) que Julie a été mutée aux ressources humaines. Celui-ci dirige maintenant les homicides, est marié à Cindy (Olivia Palacci), l’ancienne réceptionniste, d’une jalousie maladive, et avec qui il a eu des jumeaux.

Déjà dans la troisième saison, diffusée il y a déjà deux ans, on avait mis la table pour cette opération Mr. Big. C’est avec cette méthode controversée mais efficace que l’escouade Catharsis compte identifier un pyromane, qui allume ses victimes après les avoir aspergées d’essence, vêtu d’une combinaison qui lui cache le visage. Olivier Barrette, qui jouait le fils de Marie Lamontagne dans Unité 9, incarne un scénariste et acteur, sur qui pèsent certains soupçons.

Au moment où la troisième saison se terminait, Julie détenait sur une clé USB les aveux de Maxime (Éric Bruneau) pour le meurtre de Martin Champagne (Yves Jacques). Les deux ne se sont jamais revus depuis. Désormais affecté à la protection de diplomates, Maxime n’a encore jamais rencontré sa fille Florence, qu’il a eue avec Julie. Sans qu’on connaisse trop ses intentions, Julie décide de le contacter pour l’aider à redémarrer son enquête qui piétine. Jean-Marc (Gabriel Arcand), le père de Julie, s’oppose vigoureusement à cette reprise de contact.

Emprisonnée pour meurtre non prémédité, Carla Moreli (Mélissa Désormeaux-Poulin) est libérée au début de la série, avec en tête le désir d’être mère. Et qui pensez-vous désignera-t-elle comme géniteur? Dès sa sortie, «l’actrice» qui a lâché le porno devient un atout pour l’équipe de Julie, et un personnage très payant pour la série. Alors que Fanny Mallette joue la mère d’un ado transgenre dans Hubert et Fanny, son personnage de Mensonges voit sa fille Romane (Jade Charbonneau) éprouver des penchants pour une de ses amies, et suivre les traces de sa mère et de son grand-père en voulant devenir enquêteure, ce qui déplaît à Julie mais rend très fier grand-papa.

Autre atout majeur cette saison : l’arrivée de Claude Legault à la fin du second épisode, et de façon spectaculaire. Je ne vous en dis pas plus. Patrick Drolet, Julie McClemens et Mylène Mackay s’ajoutent aussi à la distribution, et Guy Nadon fait un retour, dans son rôle de romancier assassin.

Rappelons qu’à la réalisation, Francis Leclerc a dû prendre la relève de Sylvain Archambault en cours de tournage, celui-ci ayant été visé par des allégations d’inconduites sexuelles. Vous n’y verrez que du feu. Pour l’anecdote, Francis Leclerc avait dû remplacer au pied levé Luc Picard, d’abord désigné pour réaliser Apparences, la série de Serge Boucher. Pour Mensonges, il a travaillé presque jour et nuit pour visionner toute la série et coller le mieux possible à cet univers déjà installé.

Mensonges détient le record d’écoute d’AddikTV avec 452 000 téléspectateurs. Un soir, la chaîne est même arrivée deuxième derrière TVA dans les sondages. Au printemps, AddikTV propose plusieurs nouveautés, dont S.W.A.T., le remake de la série des années 70 avec Shemar Moore (Esprits criminels), et La pécheresse, avec Jessica Biel en mère de famille ayant commis un acte épouvantable pour aucune raison valable. La chaîne présente aussi la cinquième saison d’Histoire d’horreur avec Lady Gaga.

Télé et radio

Avez-vous dit Bitcoin?

CHRONIQUE / Boucar Diouf est toujours un invité gagnant pour «Tout le monde en parle». Dimanche, il a multiplié les interventions, toujours engagées, intelligentes et percutantes. Un soir où on a beaucoup parlé de nos finances, des réelles aux virtuelles, et où la notion de cryptomonnaie et de Bitcoin a dû rester abstraite et floue pour bien des téléspectateurs.

Le quatrième spectacle de Boucar Diouf, à qui je décerne l'étoile du match, est bâti autour de l'importance de l'eau. «Le fleuve, c'est l'artère principale, c'est le cœur, c'est le sang du Québec», dit-il. Il fait un parallèle entre les bélugas et les Québécois francophones, et les compare à «un village gaulois, une minorité audible, qui a résisté malgré maintes tentatives historiques de les faire disparaître.»

Le sage humoriste d'origine sénégalaise était «totalement perdu» à son arrivée à Rimouski en 1991. Il a dû se faire expliquer comment on fait l'épicerie. «Sinon, moi j'étais parti pour négocier le poulet. Ça coûte cinq dollars? Ben je donne trois piasses!» Ses collègues humoristes ont tendance à ne pas le considérer comme faisant partie des leurs. «C'est écrit pour que les gens rient», dit-il pourtant de ses spectacles. Qu'importe, en autant que les gens viennent le voir pour qu'il puisse payer son bungalow. Fera-t-il un jour le saut en politique? «La chose m'intéresse beaucoup, mais j'ai des jeunes enfants et je veux les voir grandir», affirme celui qui a livré son opinion aussi bien sur l'éducation que sur le scrutin proportionnel.

Véronique Cloutier arborait un t-shirt «Différent comme toi» de la fondation Véro & Louis pour le mois de l'autisme. La star, qui animera un Gala ComediHa! en août prochain, qualifie son émission 1res fois de «télé pur bonheur», alors que Dany Turcotte parle plutôt d'«emotainment», dont la prononciation par le fou du roi a bien fait rire Véro. Au sujet du site de potins Monde de stars, qui a titré qu'elle était en guerre avec Maripier Morin, elle affirme spontanément: «C'est-tu niaiseux, ça!» Elle déplore que ce genre de sites reprenne des nouvelles en leur ajoutant des titres sensationnalistes pour faire des clics. «Rien à voir là-dedans, j'adore Maripier», dit-elle, avouant néanmoins que ces sites sont utiles quand vient le temps de faire la promotion d'un événement.

Une des premières fois qu'elle s'est plantée? «Quand j'ai animé l'ADISQ. J'aurais pas dû faire ça.» Son premier chum? Sébastien Tougas, durant trois semaines à 15 ans. Et quand elle a dû commenter sa première relation sexuelle, on a entendu un objet tomber en studio. «Ça ressemblait à ça!» a blagué Véro.

Venue promouvoir son album de reprises intitulé Forever Young, Nana Mouskouri n'a jamais voulu commercialiser ses fameuses lunettes, dont les télés ne voulaient pas à ses débuts, à cause du reflet de l'éclairage. La chanteuse aux 300 millions de disques vendus est ravie aujourd'hui de voir les jeunes femmes porter des lunettes semblables. Le Canada est le pays où elle a donné le plus de spectacles. Son fils vit d'ailleurs à Montréal et lui a donné trois petits-enfants. Même s'ils ne le lui reprochent pas, elle regrette d'avoir négligé ses enfants pour se consacrer à sa carrière. «Ils aiment leur maman mais ils n'aiment pas la chanteuse», dit-elle.

Les deux banquiers du gouvernement, Carlos Leitão et Pierre Arcand, sont venus défendre le récent budget. «Avez-vous poussé le bouchon un peu trop loin?» a demandé Boucar, en parlant de la période d'austérité. «Je ne pense pas», a répondu le ministre Leitão, qui rappelle le contexte de déficit de 2014, et que son gouvernement a ralenti la croissance des dépenses sans pour autant les réduire.

Avec ce budget, le gouvernement a choisi de taxer les géants américains du numérique, dont Netflix. «On ne peut pas les obliger à le faire», admet le ministre. Ceux qui ne s'y conforment pas pourraient s'exposer à une poursuite du gouvernement. «Ce n'est pas dans leur intérêt de ne pas se conformer à la loi.»

Débat intéressant autour de l'accusation de «nationalisme ethnique», formulé par le ministre Leitão à l'endroit de la CAQ. «Un qualificatif lourd de conséquences», a commenté Boucar Diouf, qui souhaite qu'on puisse discuter d'autres sujets que l'immigration dans la prochaine campagne électorale. Avez-vous remarqué que M. Leitão a parlé du Québec comme du «pays» qu'il adore? La phrase a dû faire sourciller quelques fédéralistes. La carte du fou du roi: «C'est le 1er octobre prochain qu'on saura si votre stratégie d'affamer pour mieux nourrir était la bonne.»

Je comptais sur le segment concernant le Bitcoin pour mieux comprendre le concept de cryptomonnaie, mais on m'a perdu. «Je pense que le public va être encore plus mêlé après ce soir», a même lancé l'analyste et entrepreneure financière Elisabeth Préfontaine, exaspérée par le point de vue de Michel Nadeau, hostile au Bitcoin. «On ne connaît pas le nom des joueurs, on ne sait pas avec qui on transige», déplore le directeur général de l'Institut sur la gouvernance d'organisations privées et publiques, qui parle d'un concept «absolument imprévisible». C'est le contraire, selon le président et fondateur de l'Académie Bitcoin, Jonathan Hamel, qui affirme que le Bitcoin est un choix judicieux pour les virements internationaux. Il reconnaît néanmoins qu'il y a peu d'avantages à s'en procurer au Canada, mais qu'il peut profiter à d'autres pays comme le Venezuela.

Belle visite de Loud, le rappeur québécois de l'heure. Son vidéoclip 56K a été vu plus de deux millions de fois. Et la France tombe sous son charme. Il parle d'argent, de consécration, d'ambition, sous une certaine arrogance sympathique. «Ça fait partie de l'ADN du rap», affirme Loud, de son vrai nom Simon Cliche-Trudeau. Les radios ne tournent pas ses titres, sauf un, Toutes les femmes savent danser, joué par CKOI. Normal, les radios commerciales «n'ont pas tendance à prendre des risques», dit-il lucidement. Des maisons de disques françaises auraient voulu qu'il change son accent. Pas question qu'il modifie sa personnalité. «On ne peut pas tricher là-dessus», a-t-il répliqué.

Jonathan Hamel était intéressé de savoir si Loud aimait les Bitcoin. «Ça se pourrait qu'il s'en câlisse un peu aussi», a lancé Dany Turcotte, la meilleure ligne de la soirée, qui a suscité l'hilarité générale. Comme quoi le Bitcoin n'a pas fait fureur dimanche soir.

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Richard Therrien

Miss BBQ, un rôle qui fait boum!

CHRONIQUE / On ne lui avait d’abord garanti qu’une seule journée de tournage. Alors qu’on ne l’attendait plus, son personnage d’escorte est revenu en force, au point de faire partie de la grande famille de District 31. Mais qui est Charlotte Legault, l’actrice derrière Miss BBQ?

Appelez-la Nadia, Amélie ou encore Miss BBQ, surnom inspiré par son tatouage de coq sur l’épaule. Pas particulièrement sympathique au départ, le personnage a fini par être adopté par le public très assidu de la quotidienne de Luc Dionne.

Télé et radio

La fausse vraie famille de François Morency

CHRONIQUE / Quartier Saint-Sacrement à Québec. Chaque semaine, François Morency rend visite à ses parents, chez qui il croise son frère, sa sœur, et leur entourage. Après avoir raconté ces conversations colorées dans un livre intitulé Discussions avec mes parents, qui s’est écoulé à 35 000 exemplaires, l’humoriste fera vivre à l’écran son histoire, entre fiction et réalité.

Pour cette comédie qui sera diffusée la saison prochaine sur ICI Radio-Canada Télé, François Morency jouera son propre rôle, Vincent Bilodeau et Marie-Ginette Guay ont été choisis pour jouer ses parents Jean-Pierre et Rollande, Blaise Tardif, son frère Raynald, un mécanicien, et Caroline Bouchard, sa sœur Judith. Le rôle de son neveu et filleul n’a pas encore été attribué, pas plus que celui de François, enfant, qu’on verra en flashbacks. Pour vous situer, Blaise Tardif jouait un agent correctionnel dans Unité 9, et Caroline Bouchard, celle qui se faisait «fucker son pH» dans Série noire.

Bien qu’inspirée du livre et de la vraie vie de François Morency, la série, aussi intitulée Discussions avec mes parents, se permet plusieurs libertés. De sorte qu’à peu près 70 % de ce qu’on peut lire dans le livre se retrouvera à l’écran, dont une scène où le père décide de prendre un autre chemin au retour d’une pratique de baseball pour expliquer au petit François les mystères de la vie. Morency, qui a deux frères et une sœur dans la vie, a laissé tomber son deuxième frère dans la série, un actuaire trop près de sa propre personnalité. À part François, tous les prénoms ont été changés.

Écrite en collaboration avec son complice Pierre Prince, et produite par Guillaume Lespérance, de A Média, Discussions avec mes parents sera tournée à partir de la fin mai. La série n’est pas à proprement parler une émission à sketchs; chaque épisode sera bouclé, avec un fil conducteur qui reliera chacune des scènes.

François Morency remarque qu’on présente toujours des familles torturées et dysfonctionnelles dans nos fictions. La sienne n’entre pas dans cette catégorie. De la même façon, la série ne sera pas peuplée de malaises, souvent créés par des non-dits. Les membres de cette famille s’expriment et ne gardent rien en dedans, c’est la franchise absolue. 

Contrairement à Grosse vie ou La vie rêvée de Mario Jean, Discussions avec mes parents ne s’intéresse pas vraiment à la vie professionnelle de son personnage principal. «C’est pas un show sur ma carrière», confirme François Morency, qui veut plutôt décrire des situations très personnelles, dans lesquelles plusieurs d’entre nous pourront se reconnaître.

C’est en publiant sur Facebook ses discussions avec ses parents que François Morency a eu l’idée de les transposer dans un livre. Facebook a mauvaise presse ces jours-ci, mais l’humoriste y voit du bon, notamment pour ce lien que le réseau social lui permet de maintenir avec ses fans. «Si ça n’avait pas été de ce statut-là, écrit il y a trois ans, il n’y aurait ni livre ni série», insiste-t-il.

Réalisée par Pascal L’Heureux, à qui on doit les deux dernières saisons des Pêcheurs, la série se déroulera dans la capitale, où vivent toujours les parents de François. Ajoutez à cela que Marie-Ginette Guay est une actrice de Québec, et que Vincent Bilodeau en est originaire. Mais seulement quelques scènes extérieures seront tournées à Québec, l’essentiel du plateau étant à Montréal. N’empêche, on attend toujours un projet de série de fiction tournée et produite entièrement à Québec, ce que Radio-Canada ne nous a pas donné depuis La chambre no 13 en… 2006!

On parle pour l’instant de 13 épisodes d’une demi-heure, même s’il y a un potentiel pour plusieurs saisons. La série prendra-t-elle la case horaire laissée vacante par la fin des Pêcheurs, le mercredi à 21h? Trop tôt pour le dire, même si ce serait logique. François Morency ignore encore si Ouvrez les guillemets, son rendez-vous du vendredi à 21h, sera renouvelé pour une deuxième saison, mais le diffuseur est satisfait de l’émission.