Télé et radio

Papa Guy et Bébéatrice dans une série

CHRONIQUE / Les abonnés du compte Twitter de Guy A. Lepage connaissent bien Bébéatrice. C’est le surnom qu’il a donné à sa fille, dont il relaie les remarques et réflexions, tantôt adorables, parfois irrévérencieuses. Après avoir inspiré un livre, publié en 2015, voilà que ces phrases glanées dans le quotidien de la fillette, se retrouveront dans une série d’animation, intitulée «Bébéatrice».

C’est la première fois qu’ICI Tou.tv initie une œuvre d’animation, qui sera disponible gratuitement, et non sur l’Extra. Bébéatrice se déclinera d’abord en 20 capsules de quatre à cinq minutes, disponibles dès l’automne. Celles-ci seront ensuite réunies en quatre demi-heures, qui seront présentées sur ICI Radio-Canada Télé en décembre.

Bébéatrice est vraiment une affaire de famille, parce que Mélanie Campeau, conjointe et bientôt épouse de Guy A. et mère de Béatrice, coproduit la série avec Luc Châtelain, chez Écho Média et Les productions Mélomanie. Celui-ci parle de «la première téléréalité en série d’animation au monde». Parce que l’œuvre s’inspire effectivement de la vraie vie de cette famille, bien qu’elle emprunte aussi les histoires des autres.

On parle d’une série comique qui s’adresse à toute la famille, mais qui aura aussi ses moments touchants. «Il y a des gags et des commentaires plus heavy», prévient Guy A. La jeune Béatrice Lepage est capable de réflexions profondes sur des sujets aussi sérieux que le féminisme, la mort et le terrorisme. Comme celle-ci, partagée à son père, le jour de la tuerie de Charlie Hebdo : «Quand on aime pas un dessin, il faut pas tuer les gens, il faut retourner le dessin, c’est tout.» Et plus récemment : «Quand tu vas mourir, qui va te remplacer?»

Alors qu’elle a maintenant huit ans, Béatrice n’a encore que quatre ans et demi dans la série. En plus d’initier le projet avec l’auteur et illustrateur Éric Godin, Guy A. Lepage prête sa voix au personnage de Papa Guy, au menton démesurément long, Mélissa Désormeaux-Poulin incarne la mère, Mamanie, Guillaume Lambert est Théo, le grand frère de 18 ans, né de l’union avec Louise Richer, et qui en a maintenant 26 dans la vraie vie, alors que Muriel Dutil joue Grand-maman Suzanne. Le chien Attaque, un caniche miniature, complète le portrait de famille.

Comme il se doit, le nom de Béatrice Lepage apparaîtra au générique en tant qu’auteure, ce qui en fait la plus jeune scénariste du Québec. «Elle est membre de la SARTEC [Société des auteurs de radio, télévision et cinéma] et reçoit des droits. Je suis le script-éditeur de ma fille», insiste son père.

Guy A. Lepage est toujours resté discret sur sa vie familiale, mais était prêt pour le compromis du dessin. D’ailleurs, Béatrice Lepage, qu’il faut maintenant surnommer «Béactrice», n’était pas présente au lancement de la série, mercredi. La jeune Élia St-Pierre, qui joue Coralie dans le téléroman O’, lui prêtera sa voix. On en dit le plus grand bien sur le plateau, puisque les voix sont enregistrées avant que l’équipe d’animation y juxtapose les images, alors qu’on procède à l’inverse habituellement.

En plus d’être à l’origine des personnages animés et de figurer parmi l’équipe d’auteurs, Éric Godin agit comme directeur artistique, et Didier Loubat, comme réalisateur. Laurent Paquin participe aussi aux textes. Comme vous le verrez, on a opté pour une illustration minimaliste, question de mettre l’accent sur les textes. Toute l’animation est réalisée ici.

TROIS RETOURS CONFIRMÉS

On avait fait tout un mystère du retour de La voix, que n’avait pas annoncé Charles Lafortune à la dernière émission. Voilà que TVA s’est entendu avec le détenteur du format néerlandais, Talpa, pour une septième saison. Après avoir laissé plané le doute, le diffuseur a aussi confirmé le retour de Charles Lafortune à l’animation. ICI Radio-Canada Télé confirme aussi le retour d’Ouvrez les guillemets, l’émission d’humour de François Morency, qui aura en plus sa série de fiction, Discussions avec mes parents, la saison prochaine sur le même réseau. Enfin, le Club illico vient de donner le feu vert à une deuxième saison de La dérape, cette série produite entièrement à Québec par Parallaxes, qui a connu un succès fulgurant à sa sortie en février dernier.

Télé et radio

«La fureur», pour un soir seulement

CHRONIQUE / À la simple idée de ramener «La fureur», ne serait-ce qu’un soir, on réentend le thème, «chantez, dansez», on revoit la chorégraphie de l’ouverture, on se replonge dans l’ambiance survoltée du studio 42. Vingt ans après la première et plus de 10 ans après la fin d’une émission qui a marqué notre télévision, Véronique Cloutier et son équipe reprendront du service pour un soir seulement, le samedi 5 janvier prochain sur ICI Radio-­Canada Télé.

C’est en reprenant le concept pour Mariloup Wolfe à 1res fois cet hiver que l’idée est venue de faire revivre La fureur. «Sur le plateau, c’est comme si on était revenu 20 ans en arrière», confie Véronique Cloutier. Ce soir-là, les réseaux sociaux se sont emballés, réclamant le retour de l’émission. Le diffuseur a saisi l’occasion pour exaucer les fans.

Cette spéciale de 90 minutes sera présentée en direct du même studio, comme à l’époque. Quatre équipes se disputeront la victoire, deux composées de vétérans, et les deux autres, de recrues, trop jeunes à l’époque. Pour l’instant, on sait que deux joueurs étoiles de La fureur, Sébastien Benoit et Élyse Marquis, agiront respectivement comme capitaines des équipes des gars et des filles. Quant aux recrues, on peut s’imaginer que des Phil Roy, Jay Du Temple et Mariana Mazza auraient un plaisir fou à vouloir répondre aux questions.

Née à l’été 1998, La fureur était une adaptation d’un concept français. La version québécoise est celle qui a duré le plus longtemps parmi toutes les adaptations du concept dans le monde. Véronique Cloutier avait animé les cinq premières saisons, avant de céder son siège à Sébastien Benoit. Au moment de l’enregistrement de l’émission-pilote, les concepteurs français étaient convaincus qu’il était impossible de présenter l’émission en direct. Au bout de 274 émissions, on peut dire que l’équipe québécoise les a fait mentir.

Le 5 janvier 2019, les fans retrouveront avec plaisir les chants de ralliement, les danseurs et danseuses, et les jeux qui ont fait la renommée de l’émission, dont la chanson arrêtée, la «fausse» aux chansons, Carmen et la chanson à étages, peut-être aussi «Va t’asseoir» et «Je l’ai eu, tu joues pus», créés pour neutraliser Sébastien Benoit, devenu trop fort.

Véronique Cloutier, qui a visionné de vieilles émissions de La fureur, affirme que le concept a bien vieilli. «À part les looks!» blague l’animatrice, qui ajoute qu’aucune autre émission du genre à laquelle elle a participé n’est arrivée à la cheville de l’ambiance de La fureur. «C’était comme 700 bouteilles de 7 Up qui s’ouvrent en même temps», affirme Ève Déziel, qui était là dès le début, et qui revient comme productrice au contenu, tout comme le réalisateur Alain Chicoine. KOTV a racheté les droits, qui appartiennent maintenant à Endemol. Je garde pour ma part un souvenir impérissable de La MégaFureur au Colisée en 2002, que j’ai couvert de la passerelle, et qui avait attiré près de 12 000 spectateurs. C’était phénoménal.

L’an dernier, ICI Radio-Canada Télé avait fait renaître SNL Québec, le premier samedi de janvier. «Ça avait été un gros succès et ça nous a conforté d’utiliser cette case pour profiter de la disponibilité du public quelques jours après les Fêtes», affirme la directrice générale de la Télévision de Radio-Canada, Dominique Chaloult. Un second retour de SNL n’est cependant pas prévu.

Ceux qui rêvent d’un retour hebdomadaire de La fureur devront se faire à l’idée : 1res fois va trop bien pour que Véronique Cloutier pense à laisser tomber cette formule, de retour l’hiver prochain pour une deuxième saison.

LE CHIFFRIER DU DIMANCHE

La première du Beau dimanche a attiré l’attention de 453 000 téléspectateurs dimanche soir sur ICI Radio-Canada Télé, une baisse par rapport à la première de l’an dernier, qui en avait retenu 542 000. Pas convaincu de la place occupée maintenant par Rebecca Makonnen, à droite de l’animateur plutôt que du côté des invités, où on la sentait plus impliquée, moins en retrait. On verra à l’usage. Plus tôt sur le même réseau, la première du talk-show animalier Les poilus a été vue par 482 000 curieux, et celle de Viens-tu faire un tour?, par 531 000. Mais c’est Conversation secrète avec Mike Ward qui a obtenu le plus gros score de la soirée, avec 694 000 téléspectateurs à TVA. Avec des chiffres pareils, ça paraît que l’été s’en vient.

Télé et radio

Claude Legault succède à Marc Labrèche au «Bye Bye»

BLOGUE / Marc Labrèche ne sera hélas pas du prochain «Bye Bye», qui en sera à sa 50e édition, mise à part une apparition. Voilà qui laisse une place libre, accordée à l'acteur Claude Legault, qu'on a surtout vu jouer des rôles dramatiques dans les dernières années.

Grand manitou de la revue humoristique d'ICI Radio-Canada Télé, Simon Olivier Fecteau en a fait l'annonce lors de la première de la saison du talk-show Le beau dimanche.

Anne Dorval, Patrice L'Ecuyer, Pierre Brassard et Véronique Claveau seront tous de retour. Le concepteur a révélé que plusieurs invités seraient de la fête pour souligner ce 50e Bye Bye et a laissé entendre que Marc Labrèche serait là d'une façon ou d'une autre. Il n'est donc pas exclu qu'on le revoit dans une autre formidable parodie de Céline Dion. Labrèche ne manquera pas d'occupation durant la prochaine saison, puisqu'il animera Cette année-là à Télé-Québec, en plus de revenir au printemps à Info, sexe et mensonges, maintenant sur ICI Radio-Canada Télé.

Bien avant 19-2 et Fugueuse, Claude Legault a pu exploiter son talent comique dans les séries Le club des 100 watts, Dans une galaxie près de chez vous, 450, chemin du Golf, au cinéma dans Les trois p'tits cochons et à la Ligue nationale d'improvisation. Comme plusieurs d'entre nous, il affirme regarder le Bye Bye depuis son enfance. «J'y ai rêvé longtemps», a admis le comédien à l'animateur Jean-Philippe Wauthier. Conscient que le défi est énorme, il affirme que sa première réaction à cette proposition a été de «vomir». «Et l'autre, ça a été de vouloir fuir.» Il a finalement dit oui, sachant qu'il devra se prêter à des imitations.

Simon Olivier Fecteau a également profité de sa présence pour confirmer le retour d'En audition avec Simon, sur ICI Tou.tv.

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Richard Therrien

Vol de banque et corps congelé

CHRONIQUE / Nous sommes en août 2003 dans la ville d’Érié en Pennsylvanie. Un livreur de pizza commet un vol de banque. Intercepté par la police à sa sortie, Brian Wells prétend avoir sous ses vêtements une bombe, prête à sauter. La suite est l’une des histoires les plus étranges et les plus sordides que vous aurez entendues. Triste aussi, mais bien réelle et parfaite pour une série documentaire captivante.

J’ai dévoré en une soirée les quatre épisodes de Génie du mal: La vraie histoire du plus diabolique vol de banque d’Amérique (Evil Genius), disponibles en français et en anglais sur Netflix depuis une semaine. Du calibre des grandes séries documentaires du service de vidéo en ligne, qui vous tient sur le bout de votre fauteuil. Il faut dire qu’il y a tout dans cette histoire abracadabrante pour «accoter» les meilleurs polars. Je me demande quel auteur aurait été assez tordu pour inventer une affaire pareille. J’aurais été le premier à tourner en ridicule son imagination trop fertile et l’invraisemblance de son scénario.