C'est bon de voir Patrice Robitaille et Julie Le Breton jouer des rôles auxquels ils ne nous ont pas habitués.

Victor Lessard d'une redoutable efficacité

CHRONIQUE / C'est à croire que le Club illico a commandé la tempête d'hier, jour qu'il a choisi pour mettre en ligne son nouveau thriller psychologique, Victor Lessard. Un temps idéal pour dévorer les 10 épisodes d'un coup. Très bon pour les abonnements.
Eh bien, ceux qui ont payé n'auront pas payé pour rien. Parce que Victor Lessard est le genre de série qui rend accro, d'une redoutable efficacité. C'est lui le meurtrier. Non, c'est elle. Finalement, ce doit être lui. Je ne sais plus!
Patrice Robitaille et Julie Le Breton incarnent le duo vedette de cette série inspirée du troisième roman de la série des Victor LessardJe me souviens, de l'auteur Martin Michaud. Le romancier québécois a transposé son univers à l'écran avec les auteurs Frédéric Ouellet (Grande Ourse) et Michelle Allen (L'Échappée), et le réalisateur Patrice Sauvé (Karl & Max).
Enquêteur à la Section des crimes majeurs, Victor Lessard revient d'un congé forcé après avoir été suspendu pour des raisons qu'on ignore. Un être tourmenté, sensible, bien différent des machos un peu rustres que Patrice Robitaille a l'habitude de jouer. C'est bon de le voir dans un rôle plus sérieux, qui dissimule un mal profond.
Lessard retrouve sa coéquipière et complice, Jacinthe Taillon, qui n'est pas obèse comme dans les romans de Martin Michaud, mais ne soigne pas son apparence, porte des vêtements amples et masculins, en plus de se gaver de pizza et de réglisse, sa «portion de fruit» quotidienne. Il faut un certain temps pour s'adapter au jeu de Julie Le Breton, tant le personnage est loin des rôles de jolies filles un peu parfaites qu'on lui attribue généralement. Mais une fois qu'on a accepté cette proposition, on embarque et on aime cette bougonne aux méthodes carrées, qui vit avec sa conjointe. Sa présence réussit bien souvent à alléger l'atmosphère, qui n'est vraiment pas jojo. Exemple de réplique : «Arrêtez de parler de vos érections les mononques, on a de la job, nous autres.» Ou encore : «O.K. les gars, on arrête de se pogner la poche. Le premier qui me trouve une balle, j'y paye une douzaine de beignes!»
Soyez prévenu : la scène qui ouvre le premier épisode fesse fort. Du genre à ce que vos yeux quittent l'écran quelques secondes pour ne pas tout voir. Une scène de torture insoutenable, mais pas du tout inutile, réalisée par l'oeil sadique de Patrice Sauvé. On pense que ça donne le ton à la série, mais rassurez-vous, c'est l'une des pires, sinon la pire scène des 10 épisodes; on n'est pas dans Walking Dead. La comédienne Lise Roy y est exceptionnelle et on souffre pour elle.
Ce meurtre sordide n'est que le premier d'une série, dont Lessard et Taillon voudront trouver l'auteur. En parallèle, le suicide d'un sans-abri (Martin Dubreuil) les mènera à un éminent avocat, puis à différents indices. Se mêle à l'enquête l'agente Nadja Fernandez (Sarah Dagenais Hakim), d'un autre poste de police, qui entretient avec Victor une relation bien particulière. Paul Doucet, Gilbert Sicotte, Germain Houde, Marc Béland et Michel Dumont s'ajouteront au fil des épisodes.
Certains petits détails risquent d'irriter les plus pointilleux. Je doute fort qu'un enquêteur qui souhaite se glisser incognito parmi des sans-abri se promène avec un téléphone intelligent. Au deuxième épisode, le montage serré vous fera voir le Pogo le plus vite englouti de l'histoire par Jacinthe.
Je n'ai pas perçu de réelle différence sur l'écran de cinéma au visionnement de presse, mais la série a été tournée en 4K, ce qui accentue la clarté des expressions, pour ceux qui possèdent un tel écran. Patrice Sauvé a accompli un travail remarquable et donné une couleur unique, rude et presque américaine à Montréal.
Charles Lafortune, qui a eu l'idée de produire la série chez Pixcom après avoir dévoré le roman, prévient qu'on ne regarde pas Victor Lessard de façon passive, et il a raison; l'oeil est continuellement sollicité. Si la série fonctionne, on pense produire une deuxième saison inspirée d'un autre roman de la série, et éventuellement, créer une histoire originale pour une suite. C'est en tout cas très bien parti.
Sébastien Diaz dans la fiction
Verra-t-on bientôt le nom de Sébastien Diaz au générique d'une série de fiction? L'animateur, qui a réalisé des magazines, vient de tourner une intrigante websérie d'épouvante, intitulée (T)erreur 404, en référence au message Internet «Erreur 404». Produite chez Casablanca (Série noire), la série est coécrite par William S. Messier et Samuel Archibald. Huit épisodes dans l'esprit des séries La quatrième dimension et Alfred Hitchcock présente, qui promettent des frissons, mais aussi de l'humour noir. Pour la distribution d'acteurs, seul le nom de son épouse Bianca Gervais a été dévoilé, elle qui piquera une crise mémorable, me dit le réalisateur. À voir dès la fin du mois, dans le volet gratuit d'ICI Tou.tv.