Dans le rôle de Victor Lessard, Patrice Robitaille habite complètement son personnage nébuleux, toujours aussi en colère contre son père.

«Victor Lessard»: encore plus d’action

CHRONIQUE / La qualité de production de «Victor Lessard» est chaque année indéniable; on est devant une série de calibre international, tant dans le récit que visuellement. Et la troisième saison, en ligne jeudi sur le Club illico le confirme encore une fois.

On repart donc avec 10 nouveaux épisodes d’une heure, alors que le héros de Martin Michaud a quitté les Crimes majeurs pour travailler à la sécurité au Casino de Montréal, ce qui ne lui va pas du tout. Et quand sa fidèle partenaire Jacinthe Taillon (Julie Le Breton) l’appelle à la rescousse, il rapplique assez vite. Deux histoires occupent cette nouvelle saison : l’assassinat d’un journaliste d’enquête et le passé du père de Victor, qui n’était peut-être pas le monstre qu’il croyait. Contrairement aux deux premières saisons, vous connaîtrez l’auteur du crime dès le début de la série. Et on sait que les criminels de Martin Michaud commettent rarement leurs meurtres de manière banale.

Michaud a eu le défi d’écrire son nouveau roman en même temps (ou à peu près) que la série, alors que les précédentes saisons s’inspiraient de romans publiés des années plus tôt. D’ailleurs, Ghetto X, lancé en août dernier, est déjà en réimpression, ce qui augure bien pour la série, coécrite avec Frédéric Ouellet et Martin Forget.

Le duo Lessard-Taillon est toujours aussi irrésistible. Dans le rôle principal, Patrice Robitaille habite complètement son personnage nébuleux, toujours aussi en colère contre son père. Il y a une scène savoureuse de hold-up dans un dépanneur, où Lessard va se chercher du café. Impassible comme toujours, notre anti-héros ne bronche pas à l’apparition du voleur, qui menace le commis avec un couteau. Je ne vous dis pas comment ça finit, mais je trouve que cette scène résume à elle seule la nature singulière de ce personnage.

Nouvellement élu député du Bloc québécois dans Longueuil–Saint-Hubert, Denis Trudel revient dans le rôle du commandant de la section des crimes majeurs. Guy Nadon hérite du rôle important d’un ex-agent du Service national de renseignement et de sécurité et ancien directeur du Service. Marc Beaupré est un ancien enquêteur aux affaires internes du SPGM, qui donnera un bon coup de main à Victor pour déchiffrer des cryptogrammes laissés dans les affaires de son père, alors que Danny Gilmore incarne un bien dangereux personnage, que je vous laisserai découvrir en début de saison.

Mario Clément, un des producteurs chez Pixcom, affirme que les deux premières saisons, réalisées par Patrice Sauvé, avaient une touche plus européenne, alors qu’on montrait davantage les enquêteurs dans leurs bureaux. Celle-ci est de facture plus américaine, «plus dans l’action», dit-il. Ce changement coïncide avec l’arrivée de François Gingras à la réalisation. À l’époque de Fortier, je me souviens avoir écrit plus d’une fois que la série de Fabienne Larouche, réalisée par Gingras, pouvait rivaliser avec n’importe quelle série américaine, et je le pense encore. C’est pareil pour Victor Lessard.

Une mention spéciale aux effets spéciaux; quand on regarde Victor Lessard, on se rend compte à quel point on a fait du chemin en peu de temps en ce domaine. La scène de l’assassinat du journaliste est stupéfiante de vérité. Les habitués de films de superhéros ne seront peut-être pas impressionnés, moi, je le suis encore. On ne se contente plus de lancer des gouttes de faux sang sur le mur pour qu’on imagine le reste; on nous en montre juste assez, et on y croit.

Quand je disais que la série était de calibre international, il semble que Victor Lessard ait un bel avenir hors de nos frontières. Charles Lafortune, qui produit la série, affirme que Pixcom fait les choses toujours avec l’idée de la vendre à l’étranger, dès le début du processus. Vous pouvez vous abonner au Club illico sans être un abonné Vidéotron, mais il vous en coûtera un peu plus cher : 15 $ au lieu de 10 $ par mois.