Trois grosses pointures de la danse composent le jury, qu’on appelle «les Maîtres» : Steve Bolton, Lydia Bouchard et Jean-Marc Généreux.

Une Révolution s'annonce à TVA

CHRONIQUE / TVA parle d’«une variété de grande envergure» et du «plus grand événement de danse au Québec», rien de moins. Avec Révolution, la nouveauté du réseau prévue pour l’automne prochain, Danser pour gagner, que produira Julie Snyder cet hiver à V, et Les dieux de la danse, possiblement renouvelée à ICI Radio-Canada Télé, l’année 2018 sera celle de la danse à la télé.

Contrairement à Danser pour gagner, qui est une adaptation d’un concept de Warner, Révolution est 100 % québécoise, conçue à la fois par Québecor Contenu et Fair-Play. Vous me direz : qu’y a-t-il d’original à concevoir une compétition de danse, et de remettre le sort des candidats entre les mains d’un jury et du public?

D’abord, les candidats pourront participer en solo, en duo ou même en troupe, quel que soit leur âge, de 7 à 77 ans. «Ça peut être un couple de 70 ans qui fait du cha cha depuis 60 ans, une jeune ballerine de 7 ans, ou un jeune Billy Elliot de 15 ans. C’est large», explique la productrice au contenu, Marianne Boulet, chez Fair-Play. Puis, l’émission comptera sur une technologie bien spéciale, qui permettra de voir la danse sous tous ses angles, d’où le titre Révolution. La production reste encore mystérieuse sur cette nouvelle technologie, mais elle sera la marque de commerce de l’émission, au même titre que les fauteuils qui tournent le sont à La voix.

Trois grosses pointures de la danse composent le jury, qu’on appelle «les Maîtres», à commencer par le plus célèbre, l’explosif Jean-Marc Généreux, ancien chorégraphe de So You Think You Can Dance et juge de la version canadienne. Les deux autres sont Steve Bolton, qui est derrière le succès québécois des comédies musicales Footlose et Mary Poppins, et qui a oeuvré entre autres sur America’s Best Dance Crew, le format qu’a acquis Julie Snyder pour V; et Lydia Bouchard, éminente chorégraphe des spectacles de la Série Hommage du Cirque du Soleil, et qui a travaillé avec Robert Lepage sur La damnation de Faust.

D’une dizaine de semaines, la compétition se déroulera en trois étapes, ce qu’on appelle dans le jargon de la télé un format non linéaire. D’abord, les auditions devant les juges. Puis, des face à face. Et enfin, les meilleurs s’affronteront lors des trois dernières émissions, en direct. À chaque étape, les candidats pourront s’appuyer sur des professionnels du monde de la danse pour tenter d’accéder à la suivante. Ce sera au public d’élire son ou ses préférés parmi les finalistes. Chaque émission aura une durée de 90 minutes.


On veut vraiment démontrer que le Québec est une pépinière de talents pour la danse
Marianne Boulet, productrice au contenu chez Fair-Play

Selon Marianne Boulet, la province fourmille de bons danseurs, dans tous les styles, du ballet classique au hip-hop. «On veut vraiment démontrer que le Québec est une pépinière de talents pour la danse, et on veut mettre la lumière sur cet art-là. On va avoir un appel à tous, on veut ouvrir ça à tout le monde.» Les écoles de danse du Québec, mais aussi du reste au pays, ont déjà été invitées à se préparer pour la compétition, et les auditions auront lieu cet hiver.

Le titre comme le concept de Révolution se vendront bien à l’étranger, croit le producteur exécutif chez Fair-Play, Guy Villeneuve. «On nous reproche souvent d’acheter des concepts étrangers. Nous, on en crée un qu’on va vendre dans le monde entier, comme j’ai fait à l’époque avec Surprise sur prise et Les gags», dit-il. Selon lui, des concepts comme Dancing with the Stars et So You Think You Can Dance commencent à avoir fait leur temps, ce qui pourrait favoriser Révolution.

La productrice déléguée Marie-Ève Dallaire admet avoir été surprise par l’annonce d’une nouvelle émission de danse à V, produite par Julie Snyder, avec qui elle a travaillé durant plusieurs années. Mais elle considère que les concepts de chaque chaîne visent des créneaux différents : la danse plus urbaine en troupe, plus jeune, de Danser pour gagner, les vedettes aux Dieux de la danse, et le concept qui ratisse plus large de Révolution. «C’est bon pour la danse, parce que les trois grands réseaux du Québec auront chacun leur émission de danse, à leur image.»

Une émission pilote avait déjà été tournée, avec Maripier Morin à l’animation. «Le projet a beaucoup évolué depuis», précise Marie-Ève Dallaire. L’animatrice est toujours sur les rangs pour Révolution, mais elle a entre-temps hérité du nouveau grand jeu de TVA, Face au mur. On ignore encore si Révolution sera logée le dimanche soir, créneau de La voix junior à l’automne.